HÉRÉDITÉ IMMÉDIATE
férencc des parents sera grande, plus sera grande aussi cette variété. Cela nous conduit à distinguer autant de cas qu'il y a de degrés principaux dans cette différence. Nous en distinguerons trois : La Consanguinité, Y Union des produits de race pure et le Croisement.
a) Hérédité dans les unions de race pure.
Commençons par ce terme moyen qui représente le cas général et le plus ordinaire, celui où les parents appartiennent à deux familles différentes de la même race pure. Le produit tient de ses deux parents immédiats et de ses ancêtres aux divers degrés ; il peut donc ressembler aux uns ou aux autres; il peut même rappeler par ses caractères individuels des parents collatéraux. Nous devons étudier séparément ces trois cas.
a) Hérédité immédiate ou ressemblance avec les parents immédiats.
L'observation la plus superficielle, faite tous les jours par les personnes les moins habituées aux procédés scientifiques, a montré que l'enfant peut ressembler à son père ou à sa mère par n'importe lequel de ses traits, sous réserve, bien entendu, des caractères sexuels. Cette vérité banale a cependant été méconnue bien longtemps et l'est encore quelquefois par les savîiiits et les philosophes aveuglés par leurs théories systématiques.
L'antiquité tout entière et les temps modernes jusqu'à l'origine de ce siècle, ont eu sur la génération les idées les plus erronées. Les idées sur l'hérédité, forcément modelées sur les théories de la génération, ont donc été bizarres et même absurdes pendant cette longue période. Les uns attribuaient au père seul, les autres à la mère seule, une influence exclusive sur l'enfant. Les Spermatistes et les Ovistes ont eu là un beau champ pour déployer les conséquences de leurs opinions exclusives. D'autres enfin partageaient l'influence héréditaire entre les deux parents, mais en attribuant à chacun d'eux un domaine distinct. Ceci dépendait du père, cela ne pouvait venir que de la mère et une barrière infranchissable s'opposait aux empiétements.
Ces opinions systématiques ont duré encore quelque temps après que l'on eut découvert le fait essentiel de la fécondation. Mais quand on eut
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l)ien compris que la participation matérielle à la formation du germe fécondé est non seulement double, mais égale de la part des deux parents, il a bien fallu abandonner ces distinctions tranchées. On s'est rejeté alors sur les tendances de chaque pareiit à transmettre ceci ou cela soit indépendamment du sexe, soit de préférence à l'enfant de même sexe ou à celui de sexe opposé, et l'on a formulé les lois de ces tendances.
Lucas (50) reconnaît que chacun des deux parents peut avoir une influence sur n'importe quel caractère et fait de cela une Loi d' Universalité d'action. Mais l'enfant peut tenir d'un seul de ses parents par la totalité ou par un certain ensemble de ces caractères, il obéit alors à la Loi d'Élection; s'il tient de son père par certains caractères et de sa mère par d'autres, c'est en vertu de la Loi de Mélange; mais si ces caractères ou quelques-uns d'entre eux sont intermédiaires à ceux de ses deux parents, si par exemple, fils d'une blonde et d'un brun, il a les cheveux châtains, c'est la Loi de Combinaison qui l'aura guidé. Toutes ces lois de ressemblance constituent la Loi d' Hérédité 'dlaquelle s'oppose une loi d'Innéité à laquelle il devra les caractères nouveaux qu'il ne tient pas de ses parents. Il admet que les parents ont une égale part d'influence sur le produit quels que soient leur sexe et le sexe de celui-ci. Mais un grand nomljre d'auteui's sont d'un avis contraire. Les uns admettent une Loi d'Hérédité directe, d'autres une Loi d'Hérédité croisée. Ceux-ci croient que la fille ressemble plus au père et le fds à la mère. Ceux-là admettent l'opinion inverse ; ces deux lois sont les deux aspects d'une troisième qui les réunit, la Loi de Prépondérance d'action^.
'Lucas ne dit pas loi mais formule, Gmou de Buzareingues (28), partisan de
d'élection, de mélange, de combinaison, l'Hérédité croisée, en donne de nombreux
pour exprimer les variantes de sa loi exemples empruntés à l'histoire, mais
principale d'universalité d'action. Ribot (93) trouve dans l'histoire de non
VHérédité directe et surtout VHèrédilé moins bons exemples d'Hérédité directe.
croisée ont de nombreux défenseurs qui Les observations portant sur les animaux
apportent d'excellents exemples et ces ne sont pas moins contradictoires. Chien
exemples étant aussi nombreux et vala- de chienne et chienne de chien, disent les
bles les uns que les autres, prouvent par chasseurs, mais les éleveurs que les né-
cela même l'absence de toute loi. cessités commerciales obligent à ne pas
BuRMEiSTER assurc que les garçons se contenter d'aphorismes ne négligent
premiers nés ressemblent à leur mère pas de s'enquérir des qualités et de la
ou au père de celle-ci ; les filles premières race des mères de leurs femelles repro-
nées à leur père ou à la mère de celui-ci. ductrices ni des pères de leurs étalons. La
Les enfants suivants présenteraient des Tératologie parle encore dans le même
mélanges plus variés. sens. Les transmissions de polydactylic