‹ La structure du protoplasma et les théories sur l'hérédité et les grands problèmes de la biologie généraleChapitre 91 sur 251 · HÉRÉDITÉ COLLATÉRALE · texte numérisé non relu

HÉRÉDITÉ COLLATÉRALE

Tout cela n"a aucune valeur. Tout étant possible , on peut toujours trouver des exemples à' élection, de mélange, de combinaison, de ressemblance directe et de ressemblance croisée; mais, donner à ces groupements le nom de lois est tout à fait abusif, quand aucun d'eux non seulement n'est pas exclusivement vrai, mais encore ne l'emporte sensiblement sur le mode inverse de transmission. En réalité : // n'y a jms de loi de ressemblance entre r enfant et ses parents : tout est possible, depuis une différence si grande quil n'y ait aucun trait com,mun entre eux et lui, jusqu'à une presque identité entre lui et ïun quelconque cV entre eux, en passant par tous les intermédiaires de mélange des caractères et de combinaison des ressemblances .

b) Hérédité collatérale ou ressemblance avec les parents collatéraux.

Les faits de ressemblance entre cousins, ou entre oncles ou tantes avec leurs neveux ou nièces, sont connus de tous, et tout le monde est d'accord que les traits communs ne peuvent venir que par bérédité directe d'un ancêtre commun. Mais il ne suffit pas d'une ressemblance entre collatéraux pour qu'il y ait hérédité collatérale, bien que plusieurs auteurs

et autres hemitéries se font aussi souvent en direction directe qu'en direction croisée.

Quelques auteurs admettent une sorte d'hérédité croisée double comme dans le cas observé par Buffon où, d'une Louve et d'un Chien naquirent deux petits, un femelle, semblable à la mère par le corps , mais doux comme le père, l'autre mâle, semblable au Chien, mais féroce comme la mère.

. RiCHARZ (80) trouve que l'hérédité croisée est la règle, l'appelle développement ennomique; l'hérédité non croisée constitue le développement parartomi^we; elle favoriserait la transmission des maladies héréditaires. Enfin il appelle développement autonomique celui où le produit ne tient pas de ses parents, ce qui, selon lui, favoriserait la dégénérescence.

Comme les autres, cette théorie correspond à un groupe de faits triés et non à l'ensemble.

THÉORIES DE L HÉRÉDITÉ

Quelques faits groupés sous le nom d'Hérédité alternante montrent le peu de solidité de ces distinctions. Gmou (28) cite le fait suivant :

Dans leur enfance, deux jeunes garçons ressemblaient à leur mère et leur sœur à son père. C'était un cas d'hérédité croisée qui frappait tous ceux qui en étaient témoins. Au moment de l'adolescence la jeune fille cessa de ressembler à sa mère et les deux garçons prirent les traits de leur père.

Lucas (47 et 50) raconte que deux petites filles, issues d'un père châtain et d'une mère à cheveux noirs de jais, avaient l'une et l'autre les cheveux noirs de leur mère. C'était de l'hérédité directe. Mais, au bout de quelques mois, elle se transforma en hérédité croisée : leurs cheveux devinrent châtains comme ceux du père. Le fait est d'autant plus à remarquer que d'ordinaire la nuance des cheveux se fonce avec l'âge plutôt qu'elle ne s'éclaircit.

LES FAITS

définissent la chose ainsi. S'il y a un ancêtre commun qui ait eu les traits que l'on trouve communs entre les collatéraux, c'est une double hérédité directe et rien de plus. Pour qu'il y ait vi^aiment hérédité collatérale, il faut que les traits communs ne se retrouvent pas dans un ancêtre commun, comme si le collatéral le plus âgé était le seul parent dont le collatéral cadet pût tenir sa ressemblance. Comme le bon sens indique que cela ne se peut pas, il semble qu'il y ait là une difficulté insoluble. La connaissance des caractères latents rend la chose toute simple à comprendre . L'hérédité collatérale nest rien de plus que la transmission à deux collatérai(j\, par leur ancêtre commun, de caractères qui sont restés latents chez celui-ci. La transmission des caractères latents ayant été démontrée plus haut, l'hérédité collatérale n'a plus besoin ni d'exemples ni d'explications ^

c) Réversion et Atavisme.

On a désigné sous le nom d'Atavisme trois choses fort différentes : 1° La transmission, dans une famille, de caractères individuels qui, après avoir fait défaut pendant quelques générations, réapparaissent subitement ;

2° La réapparition plus ou moins régulière, dans une race, de caractères qui appartiennent normalement à une race voisine, dont la première provient par des croisements pertinemment constatés ;

3° L'apparition exceptionnelle de caractères tératologiques pour la

' Lucas (50) en cite un cas typicjue.

Un hommebien conformé a des collatéraux affectés de bec de lièvre. Il se marie deux fois et a, de sa première femme, onze enfants à lèvre fendue et de la seconde deux aftèctés, l'un et l'autre, de cette difformité. La chose est encore plus fréquente et plus aisée à comprendre pour les maladies, car il y a là toujours une cause occasionnelle qui laisse le caractère latent, si elle n'intervient pas pour faire passer la tendance latente à l'état de fait confirmé.

Enfin Darwin (73) trouve et montre par des exemples que la règle suivante souffre peu d'exceptions : Les variations qui apparaissent pour la première fois,

chez un individu de l'un ou de l'autre sexe, à une époque tardive de la vie, tendent à ne se développer que chez le produit de même sexe; tandis que celles qui se produisent pendant l'enfance, chez un individu de l'un ou de l'autre sexe, tendent à se développer chez les produits des deux sexes. D'où ce corollaire : Quand un caractère apparaît de bonne heure chez le jeune, il est commun aux deux sexes; et, réciproquement, tout caractère spécial à un sexe apparaît tard. Ainsi les cornes des Rennes appartenant aux deux sexes, apparaissent à quelques semaines, tandis ([ue celles des cerfs qui appartiennent aux mâles seuls ne se montrent qu'à un an.

ATAVISME

race où ils se montreiit, mais qui sont normaux dans des races que Ton suppose être les ancêtres de celle-ci.

Nous les distinguerons sous les noms à' Atavisme de famille, Atavisme de race, et Atavisme tératologique . Autant les deux premiers sont certains, autant le dernier est sujet à contestation.

a. Atavisme de famille. — La ressemblance d'un enfant avec un grandpère ou un aïeul, sans ressemblance avec les parents intermédiaires, est un fait assez fréquent. Nul ne le conteste et ce serait perdre son temps que lui consacrer de longs développements. Il s'explique d'ailleurs sans difficulté, comme l'hérédité collatérale, par les caractères latents. Les caractères communs à l'aïeul et à l'enfant sont restés latents chez les parents intermédiaires ^

p. Atavisme de race. — Cette forme a été étudiée avec beaucoup de soin et de compétence par Sanson (93) qui a démontré son existence par des exemples nombreux et irréfutables.

Toutes les fois que l'on a créé par croisement une race soit de Chevaux, soit de Moutons, soit de Bœufs, après l'avoir obtenue, on observe constamment des types qui font retour à l'une des formes mères et il faut une sélection incessante pour la maintenir et la fixer.

Il est aussi certains cas, sur les confins de l'Atavisme de race et de l'Atavisme tératologique, qui semblent pouvoir être attribués à une véritable réversion vers une forme ancestrale, bien qu'il ne s'agisse pas de races récemment créées par l'homme, mais d'espèces naturelles. Telles sont les zébrui'es des Mulets et des Chevaux gris, les anomalies musculaires décrites par Testut (84), qui reproduisent chez l'Homme des dispositions particulières aux Singes anthropoïdes, et le pelorisme de certaines plantes

•De Quatrefages (64) cite le cas, officiellement constaté, d'un Métis issu d'un Blanc et d'une Négresse et qui, étant entièrement noir, eut d'une Négresse une fille entièrement blanche comme son père.

On cite parfois comme exemple d'atavisme la transmission de certains traits pendant de longues générations, comme le nez des Bourbon par exemple.

On suppose que c'est le nez de quelque ancêtre qui reparait ainsi dans une lon-

gue suite de descendants. C'est mal comprendre les choses. Ces cas appartiennent à l'hérédité directe et doivent être cités seulement comme exemples de force héréditaire ou de prédominance d'un des parents. Pour qu'il y ait vraiment atavisme, il faut que la transmission ait été interrompue pendant au moins une génération.

On trouvera dans les auteurs de nombreux exemples de maladies et d'hémitéries ayant sauté plusieurs générations.

LES FAITS

qui montrent, parmi leurs fleurs irrégulières, quelques fleurs régulières à 5 pétales, semblables à ce qu'étaient certainement les ancêtres moins différenciés dont elles sont descendues'.

' Les observations de Sanson ont montré que les Moutons métis Dishley-Mérinos, les Bœufs métis Charolais-Durham, les Chevaux nés du croisement des races asiatique et germanique, prennent d'abord aisément le type intermédiaire, puis font, presque invinciblement, retour à une des races mères. Les moutons du Berry ont reçu, dans le courant de ce siècle, quelques infusions de sang mérinos. Mais la pratique de ce croisement n'ayant pas été continuée, tous les caractères mérinos ont disparu. Cependant on les voit de temps à autre reparaître dans la toison de quelques individus

Les Léporides sont de deux sortes, les uns sont redevenus de vrais Lièvres, les autres de vrais Lapins.

Parmi les Béliers blancs et sans cornes de la race Southdown, il en naît fréquemment qui ont de petites cornes et le pelage noir, comme la race dont ils sont issus.

C'est bien par une sorte d'Atavisme de ce genre que les caractères moyens de la race interviennent pour rapprocher de la moyenne les produits des couples exceptionnels. Si vous accouplez des individus de très petite ou de très grande taille, qui aient la taille minima ou maxima de l'espèce, leurs produits seront plus grands que les parents dans le premier cas, plus petits dans le second. C'est l'effet de l'hérédité d'ancêtres de taille moins exceptionnelle.

Galton (89) a établi ces faits et les a même mesurés au moyen d'expériences sur les Pois de senteur et d'une statistique portant sur 160 familles. Pour les Pois , il a exactement pesé et mesuré les graines et formé des lots où toutes les graines étaient semblables dans chacun, tandis que les lots eux-mêmes diffé-

raient les uns des autres suivant une progression régulière. 11 a semé ces Pois, et en divers points de l'Angleterre, côte à côte , de manière à ce que gros et petits fussent, dans chaque point, soumis à des conditions aussi identiques que possible, et il a pesé et mesuré tous les grains de la récolte. Pour les familles humaines, il a sollicité, par la voie des journaux, des renseignements détaillés, en promettant des prix d'une valeur totale de 500 livres sterling aux auteurs des meilleurs documents. Il est arrivé d'abord à cette conclusion que les deux parents ont une influence égale sur le produit. Soient maintenant M le degré moj-en de la qualité étudiée dans la race, zh Q la quantité dont l'individu s'écarte de cette moyenne. Les deux parents ayant une influence égale, on peut prendre leur moyenne et considérer un parent moyen idéal unique qui sera, Q' étant le mâle et Q" la femelle : (M±Q')cf + (M± Q") 9 M±n

Le produit de ce parent moyen sera M ±1 Q. Il y aura donc 2 3 transmis par l'Hérédité, et 1/3 supprimé par l'Atavisme. Ces 2/3 se partageant entre deux parents, on peut admettre que chaque parent et l'Atavisme ont une influence semblable, égale pour chacun à 13 de l'excès de la qualité exceptionnelle sur la moyenne. Nous avons dit plus haut comment il ramenait la taille de la femme à celle de l'homme en la majorant de I pouce par pied, soit 1/12. Voici un exemple du calcul. Un homme a I™,72, une femme I°',62. La taille moyenne étant 1",69 pour l'homme et 1"',56 pour la femme (ces chiffres sont hypothétiques), quelle sera la taille proba,ble de leurs enfants? Remarquons d'abord que les chiffres de la taille moyenne sont conformes

ATAVISME

y. Atavisme tératologique. — Toutes les fois qu'une hémitérie rappelle un caractère qui était normal dans les espèces dont dérive celle où on l'observe, on la considère comme engendrée par l'Atavisme. L'Hipparion

à la règle, car 1",56 + 1">,56 X tÎ — l""'^^-

La taille corrigée de la mère est 1.62 + 1.62 X î7 = l-^iTSS. La taille du yjarm^wzoî/en est (l^^vo + ImjTSS) X ^ = 1™,7375 qui excède la taille moyenne de 1,7375 — 1,69 = 0,0475 dont les 2/3 sont 0,0313. La taille des enfants mâles sera donc 1,69 + 0,0313 = l'°,7213 et celle des filles sera donnée par l'é- ([uation; x + -fV ^ — 1™,7213, d'où x = 1,7213 X f! = 1",59-

Galton trouve qu'inversement, tout enfant ayant une particularité M + Q, dépassant la moyenne M de la quantité Q, a chance d'avoir un parent moyen M -r- -f Q.

Tout cela s'appliquerait non seulement à la taille mais à tous les caractères physiques et intellectuels.

L'auteur tire de là une Loi de Stabilité qui maintient l'espèce en dépit de la variation individuelle.

Les chiffres de Galton sont intéressants, car ils donnent la mesure de la décroissance de l'influence héréditaire que l'on soupçonne sans pouvoir l'évaluer. Un individu A a 2 parents ou ancêtres du 1"=' degré, 4 grands-parents ou ancêtres du 2<' degré, 8 ancêtres du 3^ degré, 16 du

4" 2" du n". Admettons, pour faciliter

la discussion, la continuité du Plasma germinatif. Le Plasma de A était réparti tout entier dans ses deux parents , tout entier dans ses 4 grands-parents, tout entier dans l'ensemble de ses ancêtres de chaque génération. Si l'influence héréditaire ne subissait avec le temps aucune décroissance, celle des 2 parents, des 4 grands-parents, des 8 aïeux, des 2" ancêtres seraient toutes égales entre elles, l'influence héréditaire se diviserait donc en autant de parts égales qu'il y a de générations et, dans chaque génération , cette part se répartirait entre la totalité des ancêtres de même degré qui ia re-

présentent. S'il y avait seulement 4 générations, chacune aurait 1/4 d'influence, mais ce quart serait partagé en 2 entre les parents qui en auraient chacun 1/8, en 4 entre les grands-parents qui en auraient 1/16, en 8 entre les aïeux du 3* degré qui en auraient chacun 1/32, etc. Le nombre des générations antérieures à la dernière étant très considérable, la part d'influence de celle-ci serait presque nulle dans cette hypothèse. Les ancêtres qui représentent en somme la race avec ses caractères moyens l'emporteraient de beaucoup sur les parents immédiats et l'Atavisme serait beaucoup plus fort que l'Hérédité immédiate. S'il n'en est pas ainsi c'est que l'influence s'atténue rapidement à mesure que le degré de parenté directe s'accroît. Galton nous apprend que la part de l'ensemble des générations antérieures n'est que 13 de l'influence totale. Encore ce chiffre serait-il sans doute bien moins élevé s'il n'intervenait ici un autre facteur. Un individu de très grande taille ne naît pas d'ordinaire ainsi, brusquement, dans une famille où, depuis de longues générations, la taille était moyenne. Ses pare-nts, grands-parents et aïeux jusqu'à un certain degré étaient aussi, sans doute, de grande taille, en sorte que l'Atavisme éloigné tend seul à ramener la taille à un niveau beaucoup plus bas. Galton a fort bien remarqué que, si un couple très grand descend, par hasard, de parents moyens, la tendance à la régression chez les enfants de ce couple sera beaucoup plus forte que chez ceux d'un couple de même taille descendant de parents de taille élevée.

Il y aurait à étudier par des expériences dans le genre de celle qu'il a faite sur des Pois, la part d'influence des générations ancestrales de degré de plus en plus élevé.

LES FAITS

est censé reparaitre dans les chevaux à trois doigts, rAncliiterium dans ceux à cinq doigts dont on a observe plusieurs exemples, sans compter le cheval d'Alexandre, le Mammifère à mamelles multiples dans les Femmes polymastes, le Singe anthropomorphe dans les microcéphales, le Sing'e inférieur dans les Hommes à queue, etc., etc.

Il faut avouer que rien n'est moins démontré que ces assimilations. 11 n'est pas douteux que le Cheval descend d'un mammifère à cinq doigts et il est bien probable que c'est pour cela qu'à un moment de son ontogénèse, il a cinq doigts séparés. Mais si ces doigts au lieu de se rapprocher, de se souder et de disparaître, continuent à s'accroître, est-ce parce qu'il possède dans son Plasma germinatif un reste de celui de cet ancêtre éloigné, reste qui, pour des raisons inconnues , se serait tout à coup développé, après être resté latent et inactif pendant les innombrables générations intermédiaires? Rien n'est moins sûr. Toute Femme a-t-ellc latents dans son Plasma germinatif les germes des mamelles inguinales d'un ancêtre éloigné, et lorsqu'une mamelle inguinale apparaît par hasard, est-ce parce qu'un tel germe s'est développé? Rien ne le prouve. On peut même dire que tout prouve le contraire, car ces mamelles supplémentaires apparaissent d'ordinaire dans ime situation qui n'est normale chez aucun animal, comme dans l'aisselle ou sur le dos. D'autre part, cette mamelle supplémentaire n'est pas une mamelle d'herbivore ou de carnassier, elle n'est pas vêtue de poils, ni couverte d'un cuir épais comme était sûrement celle de l'ancêtre en question; c'est une mamelle de femme, à peau fine et glabre. De même cette queue qui, chez certains individus, mesure sept à huit centimètres et compte plusieurs vertèbres, n'est pas une queue de singe ; tous ses tissus sont des tissus d'homme. Comment cela se pourraitil, si elle provenait du développement d'un germe latent oublié dans un coin de notre Plasma germinatif? Il faudrait admettre qu'il y a non seulement des germes d'organes, mais des germes de tendance à l'accroissement dans une direction déterminée. Il est bien plus simple d'admettre que cette tendance s'est développée d'elle-même, sous l'influence de causes actuelles différentes de l'Atavisme. Ces causes engendrent bien d'innombrables hémitéries (syndactylie, cyclopie, reins su{)plémentaires, etc., etc.) qui ne sont normales chez aucun de nos ancêtres, pourquoi n'en produiraient-elles pas qui rappellent quelques caractères normaux de ceux-ci? Mais nous tombons ici dans la discussion Contentons-nous de

' Gegenbaur avait déjà fait une objec- - Le Pélorisme sobservc surtout chez les tion semblable à propos de la Polydactylie. Scrofulariées et Darwin (80J a montré

ATAVISME

conclure que, en fait : Des particularités normales chez les ancêtres d'une espèce peuvent se rencontrer, à titre tératologique, chez celle-ci. Mais il n'est pas démontré que leur apparition soit provoquée par l'Atavisme.

que les fleurs terminales de l'inflorescence ont beaucoup plus de tendance que les autres à montrer cette particularité. Ce fait n'est pas facile à interpréter, mais il plaide en faveur de la Réversion ; toujours dans les épis ou les gousses ce sont les grains terminaux qui manifestent la plus forte tendance à la réversion. D'autre part, on ne voit jamais l'inverse du Pélorisme, c'est-à-dire une plante à fleurs régulières porter par hasard quelques fleurs irrégulières, ce qui devrait arriver si, au lieu de réversion, il n'y avait là qu'un fait de variatioil accidentelle.

Mais on n'est nullement fondé à déclarer ataviques les malformations des dégénérés. Chez quels ancêtres simiens se rencontrent les asymétries du crâne, la torsion du pénis, etc. ? Féré (94) est bien mieux inspiré lorsqu'il voit dans la dégénérescence une dissolution de r Hérédité plutôt qu'un renforcement de l'Atavisme.

Pour la polydactylie, on sait que l'on avait poussé la théorie atavique jusqu'à dire que, lorsqu'il y avait plus de cinq doigts, c'était un souvenir de l'ichthyosaure. Les recherches récentes ont montré qu'elle consiste simplement en ce que certains doigts se sont doublés par division.

Gronberg (94) a étudié sous ce rapport les Poules Dorking etHoudan à cinq et six doigts. La Poule en a normalement quatre qui sont les doigts I, II, III, IV. Quand il y a cinq doigts, ce n'est pas le doigt V qui apparaît comme le voudrait la théorie atavique, mais le doigt I ([ui se dédouble et l'on a alors

I-I,II,III,IV; quand il y a six doigts, la formule devient II, I-I, 11,111, IV.

C'est donc un simple doublement par fissure comme on en voit chez l'homme où parfois la main entière devient dou-

ble et symétrique par rapport à un plan passant entre ses deux moitiés. Gronberg a établi ses conclusions sur une étude attentive de la distribution des muscles et des nerfs. Chez le Cheval et le Cochon, Boas (83) avait déjà démontré que la polydactylie est due à un phénomène du même genre.

ViRCHOW (85) s'élève avec beaucoup de chaleur contre l'Atavisme tératologique.

La Théromorphie, comme il l'appelle, c'est-à-dire la ressemblance tératologique avec des animaux d'organisation inférieure, s'explique par les arrêts de développement rendant définitifs certains stades théromorphes de l'ontogénèse. Il nie avec raison qu'il y ait là intervention d'une force interne autre qu'une déviation pathologique, sans relation avec l'Atavisme. 11 considère toute réversion comme un phénomène pathologique et, dans les cas de microcéphalie, par exemple, où d'autres voient un Atavisme pithécoïde , il voit lui un Pithécisme pathologique.

On cite aussi parfois la mamelle de l'Homme comme un organe atavique.

C'est ne pas comprendre les choses. D'abord la mamelle rudimentaire existe sans exception chez tous les animaux mâles, il n'y a donc pas eu cette interruption d'hérédité que nécessite l'Atavisme. En outre, cet organe n'a jamais fonctionné chez nos ancêtres, puisque l'hermaphroditisme avait disparu chez les animaux nos ancêtres, bien avant que la mamelle ne fit son apparition. Il n'y a jamais eu de mammifères hermaphrodites. La mamelle de l'Homme n'est donc même pas un organe dégénéré; il n'a jamais été plus développé qu'il n'est, ce n'est pas un organe rudimentaire, mais un organe représentatif. Nous le possédons parce que nous sommes construits comme la Femme chez qui il est fonctionnel.

b) Hérédité dans les unions consanguines.

La Consanguinité a des degrés très divers. Elle est aussi grande que possible dans les hermaphrodites qui se fécondent eux-mêmes comme les Ténias et beaucoup de plantes. La différence est si faible, au point de vue de la composition du Plasma germinatif qui les constitue, entre l'ovule et le pollen d'une même fleur, que, sous le rapport de l'Hérédité, il n'y a guère de différence entre une consanguinité si étroite et la reproduction parthénogéné tique. Une consanguinité très proche s'observe encore dans diverses espèces naturelles vivant en colonies, comme certaines Fourmis dont les femelles [Dorylides et autres) ou les mâles [Anergastes , Formicoxenus , Ponera d'après Emery (93), ou Carcliocondyla, d'après Forel) sont aptères, ce qui fait que les couples appartiennent toujours à la même colonie. Pour des raisons d'économie, nos éleveurs n'achètent souvent qu'un mâle d'espèce noble qui féconde une seule femelle, puis ses fdles et petites-fdles et dont les fils fécondent leurs sœurs et leurs filles et ainsi de suite. Chez l'Homme , les usages sociaux intei'disent les unions entre parents aussi proches, mais dans certaines familles les mariages entre cousins se continuent pendant de longues générations.

La consanguinité, étant intermédiaire par sa nature entre la génération parthénogénétique et la reproduction amphimixique, produit des effets intermédiaires. Elle conserve avec beaucoup de précision les caractères des familles qui la pratiquent, et conduit aune grande uniformité dans les produits. On l'a accusée d'aboutir à l'abâtardissement, à la dégénérescence et tout au moins à la stérilité, et les exemples fourmillent de tares physiques et intellectuelles attribuées à son action. Mais des exemples non moins nombreux et authentiques montrent qu'elle est compatible avec une conservation parfaite de toutes les qualités de la race et l'opinion qui tend à prévaloir, c'est qu'elle concentre simplement les vices diathésiques et que, là où il n'y a point de tares constitutionnelles, elle ne produit aucun mal^ Comme l'absence complète de tares constitutionnelles est rare

' On a attribué aux mariages consanguins un nombre considérable de tares :

l'imbécillité, la surdi-mutité, la scrofule, le racliitisme, l'albinisme, les malformations tèratologiques, etc., etc. Mais aucune statistique comparative sérieuse n'a ja-

mais montré que ces tares fussent sensiblement plus fréquentes dans ces unions que chez les autres. Georges Darwin (75) a trouvé , que les produits d'unions consanguines formaient 3 à 4 9^ de la population des asiles d'aliénés et 2 % seule-

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