MÉTIS ET HYBRIDES
jeune et tendent à s'effacer à mesure qu'il vieillit. Cela se constate aisément sur les zébrures des Métis d'Équidés. Cette règle de Darwix est coiitirmée par Focke.
Chez les Hybrides, au contraire, la tendance à la réversion vers une des formes parentes est exceptionnelle. Mais les formes nouvelles issues de ce mode de croisement n'en sont pas plus permanentes pour cela, puisqu'elles sont en général stériles, à la longue tout au moins '.
c) Caractères des produits de croisements par rapport aux parents.
A la première génération, les produits de croisement sont en général semblables entre eux et assez nettement intermédiaires aux formes parentes. Mais cela est surtout vrai pour les hybrides, et G^ertner a établi cette règle que les Hybrides étaient fixes tandis que les Métis étaient polymorphes dès la première génération. N^geli (84) déclare même que plus les races parentes sont différentes, plus le produit est uniforme et intermédiaire à ses deux parents, en sorte qu'il y aurait une sorte de proportionnalité entre la ressemblance des races parentes et la variabilité des produits. Mais les produits de croisement n'ont pas seulement une combinaison des caractères de leurs parents. La tendance à la variation est forte chez eux. Crampe (85) a reconnu que, souvent, leur couleur appartenait à une nuance qui ne pouvait provenir d'aucune combinaison des couleurs des parents. Chez les Métis de races voisines, les uns rappelleraient le père, les autres la mère, le plus grand nombre seraient intermédiaires à l'un et à l'autre à des degrés divers.
La différence entre AxB et BxA serait aussi d'autant plus grande que A et B seraient moins différents. Mais Focke (81) s'inscrit en faux contre la règle de Gvîîrtner et montre par des exemples que la conformité ou le polymorphisnie des produits de première génération est en quelque
1 Darwin (80) a constaté que les Métis de Canards domestiques rappellent le Canard sauvage ; les zébrures sont fréquentes chez le Mulet ; un Métis de Cochon allemand et de Cochon japonais ressemblait absolument au Sanglier. Pour ce qui est des caractères psychologiques, Darwin a reconnu que l'instinct de couver, si souvent perdu chez nos Poules domestiques, repa-
raît toujours chez leurs Métis; les Métis de Canards manifestent des instincts migrateurs ; le Mulet est plus souvent vicieux que l'Ane et le Cheval.
Les Léporides font exception à la règle des tendances ataviques comme à celle de la stérilité. Sanson (93) a reconnu qu'une réversion presque complète avait ramené les uns au Lièvre, les autres au Lapin.
LKS FAITS.
sorte individuelle et indépendante du degré de parenté des formes croisées
Isidore Geoffroy Saint-Hilaire a établi que, pour les animaux, les caractères des races parentes avaient tendance à se superposer chez les Métis et à se fusionner chez les Hybrides, et Focke (81 j admet cette règle pour les plantes. Cela se vérifie pour la couleur et plusieurs autres caractères : les métis des A ariétés de plantes cjui ne diffèrent que par la couleur sont d'ordinaire panachées, tandis que les Hylirides des espèces de couleurs différentes auraient la couleur uniforme intermédiaire. Cependant, je ferai remarquer que le Métis de Nègre et Blanc est un Mulâtre et non un Nèg-re pie ~.
Aux générations suivantes, règle générale et quelle qu'ait été l'uniformité des produits de première génération, un polymorphisme considérable se manifeste. A moins d'intervention d'une sélection méthodique assidue, les produits font retour vers l'une ou l'autre des formes parentes. Cependant il se dessine quelcjuefois, au bout de trois ou quatre générations, au milieu de cette variation désordonnée, des formes dominantes qui, fécondées entre elles, deviennent constantes. Lecoq a obtenu de ces produits fixés avec les Mirabilis, Godron avec les Linaria et surtout avec les Datura. Ces exceptions intéressantes nous occuperont de nouveau quand nous parlerons de la formation des espèces.
Les produits de croisement sont normalement plus féconds avec l'une des formes parentes qu'entre eux. Naturellement le croisement (A X B) X A favorise et accélère fortement la réversion vers la race A qui intervient de nouveau dans le croisement, et cette circonstance se produit d'elle-même si l'homme n'intervient pas pour s'y opposer. Le sexe a peu d'influence sur les caractères du produit et l'on peut ad-
' Lucas (50) rapporte que Bégon a vu aux Antilles une Négresse qui avait deux jumeaux, l'un blanc à cheveux longs, l'autre noir à cheveux crépus. Un Nègre de Berlin eut d'une femme blanche 7 filles mulâtresses et 4 fils blancs.
Les plantes fournissent de nombreux exemples de ces règles.
^ Darwin (80) cite quelques exemples remar([uables de non fusion des caractères chez les métis. Les Cochons à sabot plein croisés avec des Cochons à sabot fendu n'ont jamais de produits à sabot demi-
fendu ; leurs petits ont les sabots tantôt pleins, tantôt entièrement fendus. Les Souris blanches et noires accouplées ne donnent jamais de petits gris, mais toujours des petits blancs ou noirs. Les Métis des Chiens du Paraguay à peau glabre ont la peau glabre ou velue par plaques juxtaposées comme les couleurs d'un animal pie. Cela n'arrive pas chez les Hybrides.
Les Métis des races anciennes tendent à se rapprocher des Hybrides sous ce rapport.