‹ La structure du protoplasma et les théories sur l'hérédité et les grands problèmes de la biologie généraleChapitre 99 sur 251 · HYBRIDES DE GREFFE · texte numérisé non relu

HYBRIDES DE GREFFE

1>) IIyl>i'i«les de g^reffe.

On pourrait presque qualifier àliybridea les Pommes de terre qui ont subi, à un tel degré, l'influence du porte-greffe. Mais ce nom convient surtout à des cas où le mélange des caractères des sujets unis par la greffe est bien plus intime et surtout se manifeste, non sur le Greffon lui-même, mais sur des tiges nouvelles poussées sur la cicatrice de la greffe, et dont on ne saurait dire si elles appartiennent au Greffon ou au Sujet. Des Pommes de terre, des bulbes de Jacinthe de couleurs différentes, coupés en deux, exactement par l'axe du bourgeon, et accolées, ont pu quelquefois se souder et produire une tige unique qui a porté des tubercules ou des fleurs réunissant en combinaisons variées les couleurs des deux variétés. Au nœud de soudure d'un Rosier devoniensis greffé sur un Rosier Banksiae, poussa une branche qui produisit des roses nettement intermédiaires aux deux variétés précédentes.

Le cas le plus célèbre est celui du Cytisus Adami produit, dans des conditions semblables, par un C. lahurnum et un C . pur'pureus grefFés l'un sur l'autre et qui porte une variété extraordinaire de fleursjaunes comme celles du lahurnum, de fleurs rouges comme celles du purpureus et de fleurs mixtes présentant tous les mélanges possibles de ces deux nuances.

Ce Cytisus Adami est un vrai hybride partiel. Ses fleurs jaunes ou rouges sont fertiles et reproduisent, les premières le labwiium, les se-

sur le Porte-greffe a été aussi constatée, mais comme elle n'a porté que sur la panachure, on ne saurait en tirer une conclusion solide jusqu'à ce que la question de l'origine de cette particularité ait été tranchée. Cependant le cas de la Bizarria (V. note suivante, à la fin) serait un exemple remarquable de cette influence, si vraiment le Porte-greffe a eu ses rameaux anciens modifiés, au lieu de produire des rameaux modifiés seulement au point où avait eu lieu la tentative de greffe. Malheureusement, nous manquons de renseignements circonstanciés sur ce cas intéressant.

Certaines modifications proviennent évidemment des conditions nouvelles créées par l'opération plutôt que d'un transfert

de propriétés. Ainsi Darwin rapporte que le Noyer Lalande pousse ses feuilles du 20 avril au 15 mai, et ses produits par semis héritent invariablement des mêmes propriétés. D'autres Noyers, au contraire, ne prennent des feuilles qu'en juin. Or, si on greffe un Noyer Lalande sur une autre souche de Noyer Lalande, les produits de semis du Greffon poussent leurs feuilles en juin. Les graines des Poiriers greffés sur Cognassier produisent des individus plus variés que celles des Poiriers greffés sur Poirier sauvage. C'est encore là un effet dû à un faible degré de métissage produit par la différence des deux plantes unies plutôt qu'une transmission des caractères spéciaux du Porte-greffe au Grelîon.

LES FAITS

condes le purpurem ; ses fleurs mixtes sont stériles comme celles d'un vrai hybride, même lorsqu'on les féconde par le pollen d'une des espèces parentes. Et il est à noter que ces deux espèces parentes sont stériles entre elles par voie sexuelle

' Cette histoire si curieuse du C. Adami mérite d'être rappelée avec un peu plus de détails qu'on ne fait habituellement. En 1830, un simple jardinier du nom d'Adam greffa un morceau d'écorce du C. purpureiis, espèce petite et délicate, sur le C. laburnum, arbre rustique et de bonne taille, dans le dessein de le rendre plus vigoureux. Le bourgeon que portait ce morceau d'écorce resta dormant pendant un an, puis donna plusieurs rameaux. L'un de ceux-ci, beaucoup plus fort que les autres, fut vendu par Adam, avant sa floraison, comme une variété du C. purpureus, et ce n'est que plus tard que se montrèrent, sur les rejetons de ce rameau, les particularités que nous allons maintenant décrire. C'est M. Poiteauqui, constatant les particularités des fleurs de cette greffe, adressa à M. Adam un mémoire sur ce sujet.

La plante se comporte d'abord comme un arbrisseau ou un arbuste peu différent d'aspect du C. laburnum, mais ses rameaux, plus petits, portent des feuilles très foncées, des fleurs plus rares, d'un rouge rabattu de jaune, ou panachées de jaune et de rouge. Elles sont toujours stériles, soit entre elles, soit avec les formes parentes. De temps en temps, une année ou l'autre, il pousse un rameau vigoureux de C. laburnum ; puis, quand l'arbre est devenu plus vieux, il pousse des rameaux de C. purpureus; parfois ce sont ceux-ci qui se montrent les premiers. Ces fleurs de laburnum ou. Au purpureus ne sont cependant pas tout-à-fait semblables à celles de ces espèces pures, et il en est de même de leurs produits obtenuspar semis ;elles montrent un certain degré de métissage, mais sans cesser d'être parfaitement fertiles. Plus l'arbre est vieux, plus les rameaux des formes

parentes l'emportent, par leur nombre et leur force , sur ceux de la forme mixte.

Malgré la netteté de ces commémoratifs, des incrédules ont objecté que la plante pouvait provenir simplement d'un croisement sexuel qui aurait une fois par hasard réussi. A cela Focke (81») répond que, chez les Légumineuses, les espèces, même voisines, sont rarement fertiles entre elles et que celles qui diffèrent au même point que les deux Cytises en question ne le sont jamais; en sorte que cette stérilité n'est pas seulement un fait, mais vérifie une règle sans exceptions ; d'autre part, on sait (pie les Hybrides sexuels d'espèces très différentes ont des caractères constants et qu'un polymorphisme comparable à celui du C. Adami ne se rencontre que chez les métis fertiles des variétés très voisines. Par tous ses caractères, le C. Adami se comporte comme un être exceptionnel et nullement comme un Hybride sexuel ordinaire. La formation de rameaux des espèces parentes, déplus en plus dominants à mesure que la plante avance en âge, si elle s'explique par la réversion, plaide contre l'origine sexuelle de la plante, car une réversion aussi accentuée est aussi rare chez les Hybrides qu'elle est commune chez les Métis. Si elle ne s'explique pas par la Réversion, mais par le fait que la plante n'est que partiellement hybride et contient à la fois du plasma pur des formes mères et du plasma mixte, cela exclut radicalement l'idée d'une origine sexuelle. Dans ce faible degré de métissage, des fleurs fertiles s'expliqueraient par une réaction analogue à l'influence du Porte-greffe sur le Greffon.

Très curieuse aussi est l'histoire de la

LA VARIATIOX.

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