COMMENTAIRES DE L'OBSERVATION III
Cette observation nous paraît très intéressante à plusieurs points de vue :
a) Elle démontre d'une façon éclatante que toute la dose de gardénal ne se fixe pas d'emblée sur les centres nerveux. En ellet, alors que la malade, dix heures après le début de son intoxication, était simplement obnubilée et somnolente, nous l'avons retrouvée le lendemain matin dans le coma avec aréflexie.
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b) Il a suffi de 4 centigramme de strychnine pour tirer la malade de ce coma en moins de cinq minutes, confirmant ainsi ce qu'avait rapporté Ide. Mais remarquons que ce réveil véritablement surprenant ne se produit que dans les cas d'intoxication légère (conférer l'observation XD.
OBsERvATION IV.
Intoxication par le véronal (5 grammes).
Guérison après injection de 5 centigrammes de strychnine.
Mile X..., 19 ans, est amenée à l'Hôpital Saint-André le 10 décembre 1933, vers 19 heures, et admise dans le service de M. le Prôfesseur Carles.
On apprend par son ami qu’elle a ingéré vers 3 heures du matin plusieurs cachets de véronal dans le but de se suicider. Aucun renseignement précis sur la dose absorbée.
La malade est dans le coma depuis quinze heures environ.
Un médecin appelé une heure avant l’admission à l'Hôpital a pratiqué une injection de caféine.
A son arrivée, la malade est dans le coma complet.
L'examen pratiqué par l’interne de garde montre que :
Les pupilles sont en myosis.
Tous les réflexes sont abolis.
Il y a incontinence d’urine.
Le pouls est à 110.
Tension artérielle : Mx, 11; Mn, 5
ï AIO
19 h. 30 : Injection sous-cutanée de 1 centigramme de strychnine (solution au centième). Solucamphre, 1Q cm3.
20 h. 30 : Caféine, 1 cm3. Solucamphre, 10 cm.
22 heures : La malade a plusieurs mouvements spontanés. Elle réagit à la piqûre au moment de l'injection des toni-cardiaques.
23 heures : On fait 1 centigramme de strychnine sous-cutané, suivi de mouvements spontanés.
Pendant le reste de la nuit, on fait simplement des toni-cardiaques.
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Nous voyons la malade le lundi matin 11 décembre, à 9 heures : Nous la trouvons dans un coma léger, mais qui est cependant beaucoup plus accentué que la veille au soir à 23 heures. Il n’y a. plus de mouvements spontanés.
Les pupilles sont en myosis, ne réagissent pas à la lumière.
Tous les réflexes tendineux sont abolis.
La respiration est régulière, légèrement stertoreuse. La malade est un peu cyanosée.
Le pouls est bien frappé. N
La matinée se passe sans modification très importante. Toutefois, à 11 heures, la respiration est beaucoup moins bonne, très superficielle, la cyanose s’est accentuée.
11 h. 45 : On fait 1 centigramme de strychnine sous-cutané.
Quelques minutes après, mouvements spontanés. Réactions aux excitations des téguments.
Respiration ample. Bonne coloration.
12 h. 15 : Malade de nouveau dans le coma. Aucun réflexe; plus de réaction à la piqûre et au pincement.
Î centigramme de strychnine sous-cutané. Trois minutes après, la malade s’agite, essaie de s'asseoir sur sôn lit. Grognements inarticulés. Réflexes rotuliens abolis.
14 heures : 1 centigramme de strychnine sous-cutané, suivi d’agitation, de cris inarticulés, de réflexes rotuliens.
Au bout d’un quart d'heure, retombe dans un sommeil profond dont on arrive toutefois à la tirer par de fortes excitations.
C’est ainsi qu’on peut lui faire boire quelques gorgées de liquide.
16 heures : La malade continue à dormir profondément, mais, après quelques excitations, mouvements spontanés, tire la langue au commandement, ouvre les yeux. |
Les réflexes rotuliens sont vifs.
Il n’est pas fait d’autre strychnine.
On retire par sondage 600 cm3 d’urines.
12 décembre. — La nuit a été calme. Le matin, la malade est dans le même état que la veille au soir, état qui persiste sans changement toute la journée du 12 décembre.
Il n’est pas fait d’autre strychnine.
13 décembre. — A midi, la malade est presque complètement réveillée.
Dans la soirée, elle répond bien aux questions et raconte sa tentative de suicide.
Quitte l’hôpital trois jours après, entièrement guérie. Depuis son réveil, s’est plainte de céphalée assez vive.
A l’arrivée la température (axillaire) est de 37° 1.
Le 11 décembre : matin, 38° 2; soir, 39° 2.
Le 12 décembre : matin, 37° 1; soir, 37° 9.
Le 13 décembre : matin, 38°; soir, 37°.
Le 14 décembre : matin, 37°; soir, 37.
Dosage d’urée (13 décembre) : 0 g. 48 par litre.
Analyse d'urine : Rien d’anormal.
A noter la quantité d’urée élevée dans l'urine : 27 grammes par litre et 29 grammes au second examen.
D’après les renseignements*donnés par la malade à son réveil, on peut évaluer à 5 g. 50 environ la dose de véronal absorbé.
Il s’agit d’une fille de mœurs légères, spécifique, en traitement, qui présente depuis quelque temps une crise de dépression mélancolique avec idée de suicide. À son départ, la malade se promet de renouveler sa tentative de suicide.
Revue quinze"jours après, la malade ne se plaint d'aucun trouble, son état psychique est meilleur.
Nora. — Elle a renouvelé sa tentative de suicide le 149 avril 1934 avec du gardénal (Cf. obs. VIT).