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faible quantité dans les alvéoles pulmonaires, il est impossible de constater sa présence si l’on ne fait pas d'examen histologique. Lorsqu'il s'y trouve en : abondante proportion, les lésions macroscopiques qu'il détermine ne différent en rien de celles de la submersion banale, et ici encore il est indispensable de recourir aux examens de laboratoire.
En résumé, dans tous les cas où l’on soupçonne la pénétration de liquide amniotique ou de méconium dans les voies aériennes d’un cadavre de nouveauné, on doit faire un examen microscopique des poumons. Seule cette méthode permettra de poser un diagnostic certain. Elle renseignera en outre. non seulement sur la présence et la nature des corps étrangers qui ont pénétré dans les voies aériennes, mais aussi sur les modifications apportées aux poumons par les mouvements respiratoires prématurés. En effet, au moment où la respiration s'établit, le sang pénètre dans la petite circulation et les efforts que fait le fœtus pour lutter contre l’asphyxie déterminent une congestion intense des poumons avec production d’ecchymoses. Celles-ci siègent surtout sous les feuillets viscéraux de la plèvre et du péri- carde, mais on peut lesrencontrer en tout autre point: muqueuses gastrique et intestinale, foie, reins, thymus, etc A l'examen microscopique, les vaisseaux pulmonaires apparaissent dilatés et gorgés de sang. Celui-ci peut même se répandre en dehors des vais- Seaux, remplir les alvéoles et constituer des infarctus plus ou moins volumineux. |
Examen histologique des poumons. — De nombreuses méthodes ontété proposées pour rechercher au microscope et caractériser dans l'appareil respiratoire du fœtus les divers éléments constitutifs du méconium ou du liquide amniotique. Toutes ces méthodes ont pour principe de mettre en évidence dans les alvéoles pulmonaires ou dans les bronches | un des éléments, considéré comme caractéristique, des corps étrangers qui nous occupent.
La première en date est celle proposée par Strassmann en 1887. Cet auteur s’attachait à la recherche des cellules épidermiques cornées, qu'il colorait avec un mélange de violet de gentiane et d’une solution concentrée de fuchsine phéniquée; puis il différenciait la matière colorante en excès dans l'alcool. Reuter en 1913 n’obtint pas de bons résultats par ce procédé, ce que Strassmann attribua à la fixation par le formol des pièces prélevées à l’autopsie.
Un autre procédé, indiqué par Richter, consiste non plus à faire des coupes des poumons suspects, mais à en exprimer le contenu qu’on examine ensuite directement, sans coloration préalable, entre lame et lamelle. Mais, comme le font remarquer M. le Professeur Balthazard et M. Piédelièvre (2) cette méthode « présente l'inconvénient de ne pas renseigner sur la quantité relative des corps étrangers dont on constate la présence, sur leur exacte répartition dans les poumons, sur l'importance de l’obstacle qu’ils apportaient à l'établissement de la respi-
ration ».
Hochheim, en 1903, a conseillé de rechercher, au lieu des cellules cornées, les granulations graisseuses du liquide amniotique ou du méconium. Voici comment il opérait : il fixait les fragments prélevés dans
les poumons en les laissant séjourner pendant 24 à
36 heures dans un mélange contenant go parties de liquide de Muller et 10 parties de formol du com” merce à 4o pour 1.000. Puis il faisait des coupes avec le microtome à congélation et les colorait par le Soudan III. Les granulations graisseuses apparaissaient alors en rouge vif. Cette méthode n’est pas exempte de critiques: les granulations graisseuses ne sont pas caractéristiques du liquide amniotique ni du méconium et, lorsqu'on les constate en faible quantité, on peut se demander si elles n’ont pas exsudé de l’épithélium des alvéoles atteint de dégénérescence graisseuse au moment où, sous l'influence. des premiers efforts inspiratoires, celui-ci se rétracte pour devenir très plat. La constatation des granulations graisseuses n’est donc pas une preuve suflisante pour aflirmer la présence dans les voies aériennes de liquide amniotique ou de méconium.
Reuter enfin recourt, comme Strassmann, à la coloration élective des cellules cornées. Il fixe dans. le formol les fragments de poumons à examiner et, après inclusion des coupes dans la paraffine, il les colore par la méthode de Gram modifiée par Weigert
pour la coloration de la fibrine : coloration par une
solution de violet de gentiane, lavage avec une solution de chlorure de sodium à 8 0/00 ; puis on traite-
FAUNE fée
pendant dix minutes au moins par la solution d’iode dans liodure de potassium ou solution de Gram, on sèche au papier buvard et l’on décolore avec de l'huile d’aniline jusqu’à ce que la coupe devienne transparente ; il ne reste plus alors qu’à se débarrasser de l’huile d’aniline par le xylol et à monter dans le baume de Canada. Les cellules cutanées apparaissent colorées en violet foncé.
A ce procédé MM. Balthazard et Piédelièvre préfèrent la méthode de Gram simple : coloration par
une solution alcoolique de violet de gentiane ; virage
par la solution iodo-iodurée de Gram, décoloration par l’alcool. Cette méthode permet non seulement d’individualiser les cellules cornées, mais aussi les
cristaux de cholestérine. Une coupe ainsi traitée mon-
tre : les cellules épidermiques,qui prennent une teinte violet foncé, presque noire ; les poils,colorés en jaune vert; les cristaux de cholestérine, qui se montrent en bleu très pâle, avec leurs angles rongés par les réactifs ; les corpuscules du méconium, teintés en vert jaunâtre. Les cellules épidermiques, lorsqu'elles sont vues à plat dans les alvéoles pulmonaires, sont larges ; vues en coupe, elles apparaissent contournées, presque linéaires, avec, sur un de leurs bords, quand la coupe n’est pas exactement perpendiculaire à la‘surface de la cellule, une zone plus ou moins
étendue, beaucoup plus pâle, à contours mal délimi-
tés, qui répond à la masse de la cellule; seule la tranche se voit avec netteté. Chez l'enfant qui a respiré et dont les alvéoles se sont dilatées, les cellules
épidermiques sont accolées à la paroi alvéolaire.
Même dans les poumons putréfiés cette méthode est encore employable, car les cellules cornées ne s’altérent que très difficilement.Il reste donc possible, longtemps après la mort du fœtus, de les caractériser, ce qui permet de faire le diagnostic tardif de la submefrsion intra-utérine. Cette méthode est en outre d’une sensibilité extrême, à ce point que quelques cellules épidermiques desquamées des doigts de l’opérateur peuvent être entraînées sur la préparation et colorées par le Gram. Mais ces cellules cornées d’ori-
gine étrangère sont très peu nombreuses, elles ne
sont pas incluses dans la lumière des alvéoles pulmonaires, elles se superposent à leurs parois. C’est d’ailleurs une cause d'erreur facile à éviter en se servant de pinces.
MM. Balthazard et Piédelièvre ne se contentent pas d'employer la méthode de Gram; sur d’autres coupes ils font agir une solution de bleu de toluidine phéniquée préparée d’après la formule de Sabrazès :
Bleu de toluidine.......... 1 gramme Alcool à 95 degrés......... 10 cmc.
Eau phéniquée à 4 0/0..... 100 cmc.
Ce procédé permet de caractériser les poils du
liquide amniotique ainsi que le mucus et les granulations du méconium. En outre, le tissu pulmonaire
étant coloré, il est facile de localiser les éléments qu’on a sous les yeux. Les poils apparaissent en bleu verdâtre; leur forme est tantôt arrondie, tantôt plus ou moins ovalaire suivant que la coupe a été faite