DEUST (LES
vaux de Reiffenscheid. A l’aide d’un kymographe, cet auteur (6) enregistrait, chez des femmes enceintes arrivées au voisinage du terme de leur grossesse, simultanément le temps, la respiration et les battements du pouls maternel, ainsi que les mouvements ondulatoires d’Ahlfeld sur le ventre de la mère. Il a pu constater ainsi que ces ondulations ne présentaient aucun rapport ni avec le rythme respiratoire maternel, ni avec les contractions utérines, mais qu'elles ressemblaient au contraire et par leur fréquence — 36 à 70 à la minute -- et par leur forme aux mouvements respiratoires des nouveaux-nés. On s’est donc demandé si ces mouvements respiratoires intra-utérins ne pouvaient pas par eux seuls déterminer l'aspiration de liquide amniotique. Ahlfeld les croyait suffisants pour faire pénétrer jusqu’à la bifurcation des bronches les sécrétions dans lesquelles baigne le fœtus. Mais, comme l’a montré Reiffenscheid, ces mouvements sont trop superficiels pour forcer le sphyncter laryngé. Celui-ci normalement reste fermé chez le fœtus ; il constitue une barrière puissante qui protège tout l’appareil respiratoire contre la pénétration de corps étrangers et il ne se relâche qu’en cas d’asphyxie déjà assez avancée. Les mouvements ondulatoires d'Ahlfeld sont donc insuffisants pour expliquer la présence de grandes quantités de liquide amniotique ou de méconium dans les alvéoles pulmonaires d’un cadavre de nouveauné et seule la souffrance du fœtus peut expliquer sa
submersion dans l'utérus.