VI AVANT-PROPOS
uns même, c'est à peine si Ton entrevoit quelle idée poursuivait Tauleur ni quel intérêt oflrenl les résultats.
Toute celte activité n'a réussi qu'à faire naître un scepticisme sans précédent. Les caractères faciles à voir à l'œil nu sont surannés, les caractères anatomiques sont infidèles, la subordination des uns et des autres est un vain mot : il n'y a plus de classification. La principale cause de ce malaise est peut-être l'inconséquence de la plupart des botanistes qui, tout en proclamant à l'envi les principes transformistes, considèrent chaque caractère conune une entité immuable et de valeur constante.
Sans me dissimuler les difficultés du problème, j'ai pensé faire œuvre utile en cherchant à déterminer la valeur respective des caractères d'un certain ordre. Je me suis adressé à la feuille de préférence à la fleur, parce que l'emploi relativement restreint des caractères de la feuille dans les classifications actuelles permettait d'éviter des idées préconçues, tout en offrant des données assez importantes pour étayer des résultats positifs. J'ai choisi un phylum de préférence à un. groupe fermé pour ne pas préjuger la question qu'il s'agit de résoudre; car si j'avais choisi une tribu par exemple, j'aurais, par le fait même, considéré comme dominateurs les caractères servant à la définir. Le genre Anthyllis était un excellent sujet d'étude, parce que les dissentiments qui régnent au sujet des limites de ce genre m'affranchissaient de l'autorité des auteurs et aussi parce que la feuille y offre un type assez mal défini pour éveiller l'idée d'affinités multiples.
Je m'étais préparé à cette étude par une série de recherches sur la structure des plantes dans ses rapports avec la classification, dont j'avais exposé les premiers résultats en 1884 dans mon Mémoire sur la Tige des Composées.
Les recherches consignées dans le présent Mémoire ont