‹ La Subordination des caractères de la feuille dans le phylum des AnthyllisChapitre 33 sur 90 · MORPHOLOGIE COMPARATIVE EXTERNE. — II · texte numérisé non relu

MORPHOLOGIE COMPARATIVE EXTERNE. — II

sont légèrement en avance sur la seconde feuille. La diflférenciation de la feuille primoixliale est clairement liée, dans le genre Onobtychis, à la faiblesse de la végétation du début.

Darwin ' a mentionné la fréquence de la disposition trifoliolée dans la première feuille du Trifolium Pannonicum, tandis que certaines plnntules offraient des feuilles primordiales à foliole unique ou des formes intermédiaires. 11 croyait y voir un rare exemple d'empiélement graduel d'une structure propre à un âge avancé sur une condilion plus ancienne ou embryologique. Mais, d'après les données de la morphologie comparée, on peut voir dans ce cas une simple régression atavique vers le type trifoliolé primitif.

Un retour analogue se présente accidentellement, chez les espèces normalement munies d'une feuille primordiale unifoliolée. J*ai rencontré deux plantules robustes de Trifolium ntbens, très étroitement enchevêtrées par leurs racines multiples dès le niveau du collet. Les deux tiges divergeaient en faisant avec la verticale un angle d'environ 15"*. Les deux plantules avaient leurs plans médians confondus et leur première feuille du même côté. Par conséquent, elles avaient été orientées de la même façon dans la graine et il y a tout lieu de supposer qu'elles provenaient de la même graine polyembiyonnaire. Il n'y avait aucune greffe entre les deux plantules, malgré l'intrication des racines. En revanche, des pieds très grêles de la même espèce et du Trifolium procumhens avaient deux feuilles unifoliolées. J'ai fait la même observation sur un pied de Luzerne, dont la seconile feuille était sortie prématurément presque en face de la première. Dans des exemplaires chétifs de Pocockia Cretica, les tiois folioles de la deuxième feuille étaient concrescentes en une pièce légèrement trilobée.

Dans un semis de Clianthus Dampieri, le premier-né n'avait qu'une feuille primordiale unifoliolée, la suivante trifoliolée. Le second plant avait deux feuilles à limbe unique. Encore la foliole de la première feuille était-elle munie de deux écbancrures indiquant un vestige de trilobation. Un exemplaire malingre avait

t. Dabwin, La Faculté mofrice (trad., p. il 7),

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deux feuilles unifoliolées et la troisième bifoliolée. Deux exemplaires encore plus grêles avaient chacun trois feuilles unifoliolées. Ici encore la faiblesse de la végétation au début étend le stade caractérisé par les feuilles primordiales.

Au lieu des trois folioles habituelles, la première feuille du pied le plus vigoureux d'un semis d'Astragalus galegiformis en avait cinq, et la première feuiUe du suivant avait, à la base de la foliole terminale, le rudiment unilatéral d'une seconde paire. Inversement, des exemplaires malingres d'As<ra<7ûr/u^ Ctc^r avaient seulement deux folioles à la première feuille, par avorlement, tantôt d'une pièce latérale, tantôt de la terminale.

Chez le Dorycnium suffruticosum, les deux premières feuilles, opposées ou à peu près, ont trois folioles. A partir de la troisième apparaissent, au moins d'un côté, les folioles complémentaires, homologues des stipules secondaires des Lotus. Sur un plant très fort, la seconde feuille avait déjà quatre appendices; sur des plants grêles, le nombre trois se maintient dans la troisième et même dans la quatrième feuille.

Le Bonjeaiiea recta présente parfois, à côté de la tige prin*cipale, deux rameaux, axillaires des cotylédons, déjetés tous deux du côté opposé au hile, tandis que la tige est du côté du bile. La première feuille de la tige, dans ce cas, aussi bien qu'en l'absence de bourgeons cotylaires, est dépourvue de stipules secondaires. Les rameaux axillaires des cotylédons peuvent avoir des feuilles semblables; mais souvent ils portent, dès la base, des feuilles du type habituel. On peut aisément se représenter, d'après cela, comment le type des Tetragonolobus s'est substitué au type des Lotus, par suite de la suppression de l'axe principal.

Chez le Lotus omithopodioides, il n'y a, le plus souvent, qu'une tige déjetée latéralement (probablement un rameau) à feuilles toutes normales. Chez des individus portant cinq et sept tiges au nœud cotylaire, toutes les feuilles étaient encore normales. Parmi eux se trouvait un pied plus grêle à six tiges, dont les deux plus fortes avaient une feuille sans stipules secondaires. Un autre pied enfin, ayant, comme ceux du Bonjeanea, trois tiges, dont deux axillaires des cotylédons, ne portait une feuille simplement trifoliolée que sur la troisième tige.

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Des feuilles réduites se montrent, en dehors du premier stade uDtogénique, dans les régions dont la vigueur est médiocrQ et notamment à la base des rameaux ; elles affectent souvent Taspect caractéristique des feuilles primordiales. Les branches grêles du Lotiis comiculattis et surtout du L. tennis, du Bonjeanea recta, axillaires ou non des cotylédons, ont fréquemment une ou plusieurs feuilles inférieures sans stipules secondaires. *

Sur une plantule d' Aslragaltis Cicer, les rameaux axillaires des deux premières feuilles avaient chacun une feuille unifoliolée, puis une feuille trifoliolée ; les rameaux issus du troisième et du quatrième nœud portaient d'abord une feuille trifoliolée. C'est là un fait intéressant ; car il montre dans les rameaux précoces, plus faibles que la tige principale, la forme propre aux feuilles primordiales, réalisée chez des espèces où la première feuille de la plante a gardé le type trifoliolé. Le type à limbe unique qui apparaît au début de l'ontogénie n'est donc pas nécessairement, comme on était porté à le supposer, la reproduction de l'état adulte des ancêtres immédiats des espèces à feuilles primordiales, La première feuille des rameaux du Galega officinalis est souvent trifoliolée et les suivantes acquièrent successivement une nouvelle paire de folioles. Çà et là, on trouve même une feuille unifoliolée à la base de la tige embryonnaire.

Un exemplaire Trifoliumrubens portait deux rameaux robustes à l'aisselle des cotylédons ; le premier avait à la base deux feuilles opposées, concrescentes par la gaine, l'une munie d'une seule foliole, l'autre de trois ; le second avait une feuille inférieure imparfaitement trifoliolée, une des folioles latérales étant presque entièrement confondue avec la terminale.

Les rameaux inférieurs du Desmodium panicîilcUum présentent à la base une feuille unifoliolée. Dan^sin ^ s'est arrêté à l'étude des avortements de cette nature chez le Desmodium gyrans. Les folioles latérales y sont rudimentaires, morphologiquement et physiologiquement, et assez inconstantes, même sur la plante adulte. € La disparition fréquente, soudaine et complète d'une des folioles rudimentaires ou même de toutes deux est un fait

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