‹ La Subordination des caractères de la feuille dans le phylum des AnthyllisChapitre 38 sur 90 · MORPHOLOGIE COMPARATIVE EXTERNE. — IV · texte numérisé non relu

MORPHOLOGIE COMPARATIVE EXTERNE. — IV

une foliole impaire. Au fond de l'échancrure qui séparait les deux pallies inégales d'un tel limbe chez un Trifolium agrarium, le bord de la plus grande foliole reprenait, sur une faible longueur, la forme d'unpétioluleet portait même quatre émergences caractéristiques des nœuds foliolaires. La décurrence extérieure du limbe, qui descendait jusqu'au niveau de l'insertion du deuxième segment, appartenait donc clairement à une foliole paire, qui était restée confondue avec la terminale.

Le nombre des folioles devient pair, sans répondre davantage au type paripenné, quand les pétiolules ne sont pas exactement opposés. Il y a souvent quatre folioles dans les feuilles alternipennées de VOnonis Nalrix (fig. 235).

Dans les feuilles paripennées par bifurcation du rachis, figurées par Germain de Saint-Pierre chez le Haricot, je suis porté à ne voir, d'après les cas analogues que j'ai étudiés, qu'une fascialion incomplète.

J'ai rencontré souvent des feuilles de Trèfle ou de Haricot à deux folioles ; l'anomalie devait encore son origine à la concrescence d'une pièce latérale avec la terminale, plus rarement à l'avortement d'une foliole latérale. Dans les cas exceptionnels où la réduction portait sur la foliole terminale, celle-ci était encore indiquée par un rudiment.

Il résulte de ces diverses anomalies que les feuilles trifoliolées exagèrent aisément leur caractère de feuille palmée ou de feuille imparipennée, mais qu'elles n'ont guère de tendance à réaliser le type différent de feuille paripennée. Les feuilles alternipennées des Ononis sont celles qui ont perdu le plus complètement la forme définie des espèces trifoliolées et qui sont, par suite, le plus prédisposées à reprendre leur équilibre dans un type foliaire diflerent. Cette imperfection du type foliaire est bien d'accord avec la place du genre aux confins de la tribu.

Les feuilles multijuguées ont souvent aussi des feuilles alternes; le nombre des folioles y devient facilement pair (Aslragalus, Ww/arîa, etc.). Chez beaucoup d'exemplaires de Wistaria Sinetisis, la dernière foliole latérale est rapprochée de la terminale. Une concrescence plus ou moins étendue s'établit entre la foliole impaire et une fotiole latérale.

Le passage des feuilles paripennées aux feuilles imparipennées est plus commun ; ces feuilles font alors retour au type originel , dont elles représentent une altération cénogénique et incomplète. La foliole impaire reparait par transformation de la vrille en limbe chez quelques Viciées. M. Wittrock' a signalé une foliole impaire, parfois une paire terminale, dans des feuilles élevées de Vicia saliva portant en outre huit paires de folioles. C'est un phénomène d'atavisme analogue à celui que j'ai indiqué sur la première feuille assimilatrice du Vicia Faba. Ici toutefois la métamorphose régressive est plus compliquée, puisqu'elle entratne la suppression d'une adaptation spéciale, pour faire revivre une adaptation d'ordre différent, tandis que, dans la feuille inférieure il suffisait de faire intervenir la suppression d'un arrêt de développement. Je rappellerai à ce propos que Darwin' a observé une foliole de la feuille composée du Vicia saliva convertie en une vrille : là encore nous voyons combinés une régression et un progrès, mais en sens inverse de ce qui s'est passé dans le cas décrit par M. Wittrock.

Certains retours à la disposition imparipennée sont seulement apparents et dus à l'usurpation d'une foliole latérale. Les anomalies des feuilles apiculées sont très instructives à cet égard. Chez un OrobvtS vemus, une feuille munie d'une paire de folioles avait en outre une foliole impaire placée dans le prolongement de l'axe ; mais l'apicule était rejeté sur le côté à la façon d'une stipelle. A la base de l'épine terminale du Caragana orborescens, il n'est pas rare de voir une foliole unique, sub terminale. Celle-ci a d'ailleurs les moitiés un peu inégales et appartient à une paire incomplète ; la seconde foliole est rudimentaire dans d'autres spécimens. Souvent encore trois folioles naissent au niveau de l'épine ; il n'y a là qu'un dédoublement, dont on observe des exemples dans les fo« lioles inférieures et même dans les folioles ascidiées du Caragana Chamlagu. Le dédoublement devient plu$ commun au sommet, grâce à l'espace libre laissé par la grande réduction du vestige de la foliole terminale. Au lieu d'un dédoublement, j'ai vu la

1. Wittrock, Bulletin de la Société botan. de Stockholm, 26 septembre 1883, cité dans Jtist's Botan. Jahresbericht.

2. Darwin, De la Variation des animaux et des plantes, t. II, p. 417.

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