‹ La Subordination des caractères de la feuille dans le phylum des AnthyllisChapitre 7 sur 90 · III. — Le phylum des Anthyllis · texte numérisé non relu

III. — Le phylum des Anthyllis

Le terme phylum n'équivaut ni à tribu, ni à section, ni à aucun des termes par lesquels on désigne habituellement les cadres de la classification. Établir un phylum, c'est même, dans un sens, chercher à renverser leis barrières posées arbitrairement à travers la série des êtres pour aider la mémoire et à faire apparaître l'évolution lente, progressive et souvent indépendante des divers

caractères originellement uniformes, dont la combinaison permet les distinctions spécifiques. Établir un phylum : c'est chercher des liens plutôt que des séparations.

Le phylum d'une plante, c'est-à dire sa lignée, n'est pas l'ensemble des espèces qui ont avec elle une affinité révélée par un, deux, trois caractères convenus et désignés d'avance comme de premier ordre, d'après l'opinion qu'on aura pu se former de leur importance dans un groupe difl*érent. C'est l'ensemble des plantes reliées entre elles par des intermédiaires insensibles concernant tous les caractères importants, de façon qu'on puisse les considérer comme unies par un lien généalogique. Si le groupement répondant à cette définition comprend un grand nombre de genres, il peut se faire que certains caractères, par l'accumulation de variations faibles, se soient totalement tranformés à travers la série. Par conséquent l'affinité n'est pas une conséquence forcée de la filiation. Deux plantes d'un même phylum peuvent n'avoir aucun caractère commun.

Quant à l'étendue même du phylum, elle est théoriquement illimitée. On a même de bonnes raisons de croire que tous les êtres vivants ne forment qu'un phylum. Les hiatus qui séparent les groupes conventionnels de nos classifications tiennent en partie à l'extinction qui a supprimé les termes de passage ; ils tiennent aussi à ce que, bien souvent, ces groupes sont mal formés. Par exemple le phylum des Anihyllis comprend des genres classés constamment dans des tribus difTérentes (Hédysarées, Galegées), tandis qu'on ne saurait y rattacher aussi directement des plantes considérées comme en étant très affines et même certaines espèces rangées par plusieurs auteurs dans le genre Anihyllis.

L'établissement d'un phylum ne constitue donc pas précisément un groupement commode, donnant une clef pour la détermination facile des espèces. Toute préoccupation utilitaire doit même en être écartée au début. Le résullat pratique vient ensuite de luimême ; car les séries de plantes dont on connaît exactement la filiation peuvent être classées d'après des principes plus rationnels et bien des difficultés nées d'un groupement prématuré disparaissent naturellement. J'aurai donc à indiquer, comme conséquence

CABACTERKS DR LA FRQILLK.

de mon étude, quelques réformes à introduire dans la coordination des Papilionacées.

En raison de l'étendue de la famille, j'ai dû d'abord circonscrire mon sujet. Le choix des AiUhyllis comme point de départ n'est pas arbitraire. Ce genre est un de ceux que les méthodes vulgaires ont le plus de peine à définir. Ses limites varient avec les auteui*s ; ses afBnités sont évidemment multiples. L'étude de la structure est appelée à contrôler les caractères extérieui's incertains, à suppléer les données morphologiques insuiBsanles.

Linné ' définit le genre ArUhyllis d'après les caractères de la fleur. A. P. de Candolle* en exclut les Ebenus de Linné qu'A. L. de Jussieu, à la suite de Lamarck, y avait rattachés. Il les place parmi les Euhédysarées, où ils sont maintenus par les auteui^ plus récents : Endlicher, Benlham et Hooker, etc. Vahl ' les fait même rentrer dans le genre Hedysarum. Cette épuration faite, de GandoUe trouve dans la fleur un ensemble de caractères distinctifs des plus nets. Et pouitant la variabilité de l'habitus lui laisse des doutes sur l'homogénéité du genre, car il ajoute : An genus dividendumf II y distingue cinq sections.

Boissier^ opère un premier démembrement en érigeant en genres deux des sections du Prodrome : Erinacea et Dorycfiopsis, et en dédoublant en deux genres .Corniana et Pliysanlhyllis, la section Comicina de de CanduUe. Clusius et Tournefort faisaient déjà des Erinacea un genre. Lapeyrouse avait rattaché les Dorycnopsis aux Dorycnium, Savi réunissait la section Comicina au Medicago circinnata dans le genre Hymenocarpus. Mônch rétablit, aux dépens de la section Vulneraria, les deux genres de Tournefort Vulneraria et Barba-Jovis.

Endlicher* maintient comme genres : Erinacea ei Dorycnopsis et admet dans le genre Anlhyllis, à titre de sections, les genres Vulneraria et Barba-Jovis, de HAonch y Physanthyllis ei Comici$ia, de Boissier.

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