GaBNiBE et GoDaoN, Flore de France
3. Bentham et Hooiia, Gênera Plantarum. Londres, t. I, 1862-1867.
2U CARACTÈRES DK LA FKUILLE DANS LE PUTLUM DES ANTHTLLIS.
A. P. de Candolle rapporte les ArUhyllis à la Iribu des Lotées. LesLûlées de de Candolle sont un groupe disparate, n'ayant d*au- Ire raison d'être que rimpossibilité de baser des divisions sur des caractères invariables : nullo caractère cerlo dividendœ. Cette pénurie tient à Tinsuflisance des données sur lesquelles opérait Tauteur du Prodrome ; la feuille à elle seule fournit des distinctions essentielles. Toutefois on ne doit pas s'attendre à voir s'effacer toutes les transitions. Les progrès de la science révèlent tant de types intermédiaires imprévus, qu'il faudra plutôt se résoudre à établir les classiQcations sur des bases moins absolues.
De Candolle trouve même aux AnthyUis des affinités en dehoi^ de la tribu ; car il dit des Lotées : Tribus... ad Hedysareas accedens mediantibus Anihyllidibus comicinis et Medicaginibus hymenocarpis finciu transverse loculari donalis. Les Lotées lui paraissaient aussi reliées aux Sophorées par le genre Anwrpha et la section Chronopodium du genre Astragalus parmi les Galégées et par un genre incertœ sedis c Ammodendron > . Il soupçonnait de plus des points de contact avec les Pbaséolées.
Les Anthyllis terminaient la sous-tribu des Génistées, faisant suite aux genres Ononis et Bequienia. Ce dernier genre partageait, à i^on avis, avec les Heylandia et Hallia, son affinité pour les Anthyllis. C'est en efTetdans les Génistées qu'il plaçait encore les Hallia^ genre éminemment critique, dont il disait : Geiius Psoraleœ aut Antliyllidi, nec Hedysaro affine. Thunberg avait compris d'abord les Hallia parmi les Hedysarum, tandis que Ja« quin It^s mettait, au nombre des Pbaséolées, dans le genre Glycine. Endlicher les laisse dans les Génistées ; mais Bentbam et Hooker les ramènent dans les Ilédysarées, malgré la monadelphie.
Tout en insistant sur les liens étroits unissant les Anthyllis aux Requienia, de Candolle indiquait leur parenté avec les Trifoliées, en mettant en tète de cette dernière tribu la section Hymenocarpos du genre Medicago « Sectio ad Anthyllides comicinas valde accedens ]>. On voit que de Candolle hésitait à placer les Anthyllis dans les Génistées ou dans les Trifoliées. Le nom de la première section Dorycnioides montre assez qu'il trouvait d'étroits rapports entre ce genre et les Dorycnium et Lotus, compris aussi dans les Trifoliées.
Endiicher laisse les Anthyllis à la place même que de Candolle leur avait assignée, mais en ramenant les Erinacea au milieu des Génistées et en rejetant les Dorycnopsis entre les Dorycnium et les Lotus.
Grenier et Godron traitent comme Endiicher les trois genres provenant du démembrement des Anthyllis et placent encore le genre Anthyllis entre les Génistées et les Trifoliées. Seulement pour trancher la question d'aflinité (|ui avait embarrassé leurs devanciers, ils créent une sous-tribu des Vulnérariées, intermédiaire aux précédentes et formée des Anthyllis et Hymenocarpus, les deux genres que leur affinité mutuelle avait attirés aux contins des anciennes sous-tribus.
Bentham et Hooker érigent en tribus les trois sous-tribus des Lotées d'Endlicher : Tnfoliées, LotéeSy Galégées. Les Anthyllis viennent à la suite des Trifoliées, mais séparées de cette tribu pour prendre la tête des Lotées. Les Lotées elles-mêmes sont partagées en deux sections. La première section a pour caractéristique : Legtimen indehiscens vel tardius bivalve. Elle comprend, outre les Anthyllis : les Helminthocarpum, Hymenocarpus et de plus les Securigera que de Candolle et Endiicher, ce dernier sous le nom de Bonaveria, plaçaient parmi les Hédysarées. Les auteurs recommandent de comparer àcell^ section le genre &orpiurus, qu'ils laissent dans les Hédysarées, tout en observant que les articles de la gousse s'isolent peu ou point. Au reste ils insistent sur les affinités des Hedysareœ Coronilleœ avec les Lotées, qui n'en difiërentque par le légume inarticulé. Si l'on songe à l'imperfection de ce dernier caractère chez les Coronilles elles-mêmes, ce rapprochement paraîtra digne de la plus grande attention.
La seconde section des Lotées, à légumes bivalves, comprend les Cytisopsis, Dorycnium, Lotus, Hosackia ; elle a des rapports morphologiques avec la section Podolotus du genre Astragalus, en pleine tribu des Galégées.
D'autre part le genre Trifoliumy bien qu'homogène, relierait étroitement les autres Trifoliées aux genres précédents ; car, aux yeux de Bentham et Hooker, les sections Lagopus, Trichocephalum, Fragifera et Vesicastrum de Koch formeraient un sousgenre Anthyllidi et Cytisopsi accedens.
La monadelpbie de plusieurs Anthyllis rappelle les Génistées, qui offrent, de leur côté, chez les Erinacea, le calice de noire genre. Les Bequienia deviennent une simple section du genre Tephrosia, de la tribu des Galégées; tandis que les Rallia qui, pour de Candolle, étaient, avec les Anthyllis, leurs plus proches parenls, sont renvoyés à la fin des Hédysarées. Les Glitoriées du Prodrome sont démembrées de telle façon, que le genre Psoralea passe aux Galégées, le genre Clitoria aux Phaséolées.
Les séries de M. Bâillon^ concordent avec les tribus de Ben- Iham et Hooker. Bien que Tordre des séries et des genres qui les composent présente plusieurs interversions, les relations des Anthyllis avec les deux sections de Lotiers elavec les Trèfles sont essentiellement les mêmes.
Le Gênera de Bentham et Hooker me parait être le guide le plus avantageux à suivre pour constituer le phylum des Anthyllis; mais le i*apide exposé qui précède montre que la question est complexe et que les données actuelles de la morphologie nous offrent un écheveau singulièrement enchevêtré. Le problème posé exige en effet la connaissance des tribus et des genres mentionnés et des genres avec lesquels ces tribus et ces genres pourraient avoir des affinités plus étroites qu'avec les Anthyllis,
Les Podalyriées, lea Viciées, les Dalbergiées et les Swartziées sont les seules tribus dont les représentants n'ont pas été indiqués comme ayant des liens directs avec les Anthyllis ou avec les types voisins. Pourtant les Podalyriées ont de nombreux rapports avec les Génistées; les Viciées elles Trifoliées semblent se joindre par l'intermédiaire des jOnonis et des Cicer. Ces deux genres sont d'ailleurs aberrants dans leur tribu respective et leurs connexions pourraient bien ne pas s'étendre au reste des tribus. Je dois dire toutefois que les types les plus anlhenliques des Trifoliées et des Viciées ont, dans les caractères de la feuille, d'étroites relations jusqu'ici méconnues. Mais ces relations portent précisément sur les particularités qui nous amèneront à rejeter les Trifoliées du phylum des Anthyllis. Les Génistées ellesmêmes doivent en être bannies, comme on le verra plus loin. Les