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fois il nous semble utile de faire ici une revue rapide des différentes explications qui ont été proposées.
Et tout d’abord la théorie d’Oriel a fait ressortir deux vieilles méthodes tombées dans l’oubli qui réclament maintenant leur droit de priorité. Il semble que c’est le Pr Gougerot qui le premier montra la sensibilisation des patients aux poisons extraits de leur propre urine. Puis en 1919 la réinjection intradermique d'urine fut utilisée par Wildbolz à Berne comme moyen diagnostique seulement ; ces travaux furent repris en France par Fernand Bezançon et Mathieu-Pierre Weil pour la recherche d’antigène dans l’urine des tuberculeux. En 1929 des auteurs français Jausion et Sohier employèrent, semble-t-il, pour la première fois des injections d’urine dans un but thérapeutique et mirent au point l’autoouro-thérapie. Doit-on voir, comme notre maître Clément Simon le rappelait dans le Bulletin Medical, dans la méthode d’Oriel uneépuration, une sublimation de la méthode Jansion ? Jansion trouve d’ailleurs dans la méthode d’Oriel une confirmation de la valeur curative del’auto-ouro-thérapie (séance du 15 décembre 1933 de la Société Médicale des Hôpitaux).
Nous estimons qu’il y a lieu de pousser plus loin l’interprétation et de rechercher une hypothèse expliquant les faits apportés par cette nouvelle méthode.
Nous avons déjà exposé la théorie d’Oriel qui semble
‘adoptée en grande partie et dans ses grandes lignes par l’école lyonnaise. Elle admet que la substance P est un antigène secondaire dérivé. Thièrs va même plus loin et met en évidence la substance P dans le tissu qui souffre ;
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les auteurs lyonnais prêtent à cette asserlion la force d’une loi générale, Nous ne saurions les suivre dans celte, voie car il manque le contrôle chimique absolu de l'identité de la substance P émise dans l’urine et des substances P trouvées dans la bile, dans le liquide des bulles. Cette hypothèse pour si séduisante qu’elle puisse paraître a besoin d’une vérification chimique.
Faut-il, avec Pransnitz-Küstner, voir dans la substance P le résidu protéique d’une réaction antigèneanticorps? Cet auteur pense en outre que l’abondance du précipité n’est simplement que la preuve de cette réaction antigène-anticorps.
D’autres auteurs comme Lœper parlent avec scepticisme de cette « mystérieuse protéine, dite spécifique » et rapportent les accidents de l’anaphylaxie et de lallergie à l’histamine et à des corps voisins : les imidazols. Cette théorie de l'identité de la substance P et des corps histaminiques a été mise en avant par les adversaires d’Oriel en Angleterre. Nous avons combattu celte assertion dans l'étude des tests. La substance P n’est assurément pas de l’histamine mais il n’est pas interdit de penser qu’elle est constituée par des corps voisins : acides aminés ou imidazols. Certains auteurs ont de plus. mis en évidence l’histamine dans le tissu épidermique, dans le liquide de certaines éruptions bulleuses.
Il convient de se souvenir qu’Oriel dans ses recherches chimiques chez les sujets allergiques avait mis en évidence une augmentation du taux des acides aminés dans le sang des malades en état allergique ; il est donc bien naturel de penser que l’on retrouve ces corps
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dans les urines. De même il faut tenir compte des différences de nature de la substance P qui est tantôt blanche, tantôt jaune et ceci parfois chez le même malade.
Ne peut-on penser aussi qu’il s’agit là d’une méthode que ne renieraient pas les homéopathes ? En effet que fait-on dans la méthode d’Oriel si ce n’est l’injection en quantité infinitésimale du poison (antigène) qui, à fortes doses, est responsable des accidents à traiter ?
Pour nous résumer et conclure nous pensons que l’explication de Frausnitz est la meilleure. Il faut donc voir, dans la substance P, le résidu, protéique d’une réaction antigène-anticorps. Ce résidu est variable suivant la qualité de celte réaction et suivant sa violence ce qui rend compte des variations de structure des substances obtenues. De plus il est bien possible que ce résidu participe encore, dans une proportion plus ou moins grande, des qualités de l’antigène initial.
Mais il faut bien se dire qu’il ne s’agit là que d’une hypothèse qui semble s’harmoniser avec les faits mais qui, comme toute hypothèse, demande une preuve
rigoureuse.
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