‹ La Suède au XVIème siècleChapitre 71 sur 142 · I«87] CONDITIONS IMPOSEES PAR LE SENAT A SIGISMOND · texte numérisé non relu

I«87] CONDITIONS IMPOSEES PAR LE SENAT A SIGISMOND

mais il payera avec de l'argent polonais la solde des hommes et les autres dépenses qu'ils auront faites. Sigismond, devenu roi de Suède, ne pourra être sacré que par Tarchevôque d'Upsal. Son fils aîné lui succédera sur le trône de Gustave Wasa , et son fils cadet pourra avoir un fief en Suède, mais jamais en Finlande ni en Livonie. Ses autres enfants, fils ou filles, seront à la charge de la Pologne. Si le roi Jean laisse des enfants de la reine Gunnila, Sigismond sera contraint de respecter à leur égard les volontés de son père, telles qu'il les aura exprimées dans son testament ; de plus, les dépêches et documents, intéressant les deux royaumes, devront être écrits en suédois; enfin, pour couronner Tœuvre, il fut déclaré que l'inexécution d'une seule des promesses faites parle prince entraînerait de plein droit sa déchéance du trône.

Les gouvernants et les gouvernés ont eu , de tous temps et dans tous les pays , des intérêts opposés , et l'histoire est pleine des conflits que cette opposition a fait naître. Toutes les fois qu'un homme de génie est monté sur le trône, ses efforts n'ont tendu qu'à agrandir les prérogatives royales au détriment des franchises, de ses sujets, de même que ceux-ci ont toujours abusé des embarras et des fautes d'un prince médiocre pour amoindrir sa puissance au profit de leurs privilèges. Ces luttes ont lieu surtout dans les pays libres où l'autorité du souverain et l'obéissance du peuple ont des limites variables*

Nous venons de voir les dures obligations que les sénateurs suédois avaient imposées à Sigismond, pour lui permettre de sortir de Suède ; nous allons voir à quelles conditions les magnats polonais, accourus à sa

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rencontre à Dantzig , lui permettront d'entrer en Pologne.

Une alliance étemelle devra exister entre la Pologne et la Suède. A la mort de Jean III, Sigismond ne pourra pas renoncer à ses droits sur la couronne de Suède, qu'il doit transmettre à son fils aîné. Il devra employer la flotte suédoise à la défense de la Pologne et de la Lithuanie, comme aussi faire servir l'armée à la conquête des provinces de Smolensk, Pleskow et Novogorod. Il devra faire construire à ses frais cinq forteresses sur les frontières des deux royaumes. Les étrangers qui le suivront à Cracovie n'y pourront pas séjourner ; ils devront être renvoyés chez eux après leur salaire payé. La garde de son corps sera confiée exclusivement à des Polonais et à des Lithuaniens. Eux seuls seront aptes à recevoir dés fiefs, des titres et des emplois en Pologne. Sigismond aura à payer, le jour de son couronnement, les arriérés de solde des troupes qui ont servi sous Etienne Bathory; il assurera aux dissidents la liberté religieuse ; il maintiendra la nation dans tous ses droits, libertés et privilèges ; enfin, il restituera à la couronne de Pologne la province de Livonie qui en fait partie depuis des siècles, et dont le plus grand nombre des districts, en ces derniers temps, en ont été détachés par abus de la force et contre le droit des gens.

Avant l'élection, les Polonais avaient voulu faire de cet abandon une condition sine qua non. Mais Jean III l'avait repoussée avec autant de persistance et d'énergie qu'on en avait mis à la lui imposer. Le comte Éric Sparre, croyant au dernier moment ne pouvoir sauver qu'à ce prix la candidature de son maître,

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