CHAPITRE XX
Opposition plus TiTO du clergé à la liturgie* EntreTue de Jean III et de Sigismond à ReTel. lie due de Sudemianie à la tête des affaires de la Suède.
La liberté étant pour les peuples ce que la santé est pour les hommes, non-seulement le plus précieux des biens, mais celui sans lequel les autres n'existent pas , il en résulte que son culte peut bien disparaître du cœur des masses ; mais c'est alors que les esprits d'élite lui sont le plus dévoués. Ce feu que l'on croyait éteint brûle sourdement sous la cendre, et il s'agit d'un souffle venu l'on ne sait d'où pour lui rendre toute son ardeur et tout son éclat. La hardiesse presque révolutionnaire des sénateurs avait tiré le clergé de ses lâches défaillances. — Abraham Angermannus compose à Hambourg, où il est exilé, et publie à Wittenberg un livre passionné contre la liturgie, qu'il a l'audace de dédier aux évêques de Suède. L'archevêque essaye de combattre les arguments qu'il renferme; mais sa défense est mise en pièces par un nouvel écrit du pasteur exilé. C'est en vain que le roi, outré de colère, rassemble le plus grand nombre d'exemplaires de ces deux ouvrages et les fait brûler de la main du bourreau; la plus grande partie du
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clergé est ouvertement ou en secret du côté du recteur contre le roi , et n'hésite pas à dire que le feu est le plus détestable des arguments. Cependant ce n'était pas de l'étranger, mais des duchés que partait l'opposition la plus vive. Appuyés par leur maître, les prélats les plus inQuents et les plus instruits adressent à Jean III un mémoire où ils déclarent que , malgré tout leur désir de plaire à Sa Majesté, pour ne point déplaire à Dieu, ils ne peuvent pas accepter la liturgie qu'elle veut leur imposer (1).
En vieillissant , le roi était devenu plus irascible, plus morne, plus ennemi de toute contrainte et moins capable de supporter une contradiction. Il traite les signataires de menteurs, de disciples du diable, les accuse d'hérésie, de rébellion et de trahison , et les menace d'un châtiment terrible , s'ils ne viennent pas lui demander pardon et faire amende honorable. Les traits lancés par le roi ne portaient ni bien juste, ni bien loin; ses menaces étaient peu redoutées de quiconque avait la protection du duc; aussi le clergé des duchés s'assemble-t-il à Ôrebro sans tenir compte de la mercuriale dont il est l'objet, repousse-t-il avec plus d'énergie que jamais le livre rouge qu'il déclare contraire à la Bible, à la Confession d'Augsbourg et au catéchisme de Luther, et, comme si le roi n'était pas le seul maître en Suède, s' adresse- t-il au sénat et le supplie-t-il de ne rien entreprendre contre la véritable Église du Christ. Les emportements et les menaces du roi vinrent encore se briser contre l'entêtement de ces hommes décidés à rester sourds aux
(1) Puffendorf, Hùt, de Suède, tom. II, p. UO.