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il les déclara complètement innocents de toutes les accusations portées contre eux jusqu'à ce jour. Le roi allait beaucoup plus loin que le duc, qui s'était borné à élargir les seigneurs, mais qui, pour les maintenir, avait eu la précaution de les laisser sous le coup d'une sentence différée, mais pouvant être exécutée un jour de mécontentement. Parmi les seigneurs suédois qui, mêlés aux prêtres et aux magnats polonais, faisaient une cour assidue au roi, brillaient au premier rang le comte Axel Lejonhufvud et le baron Glas Fleming. Charles, mécontent, fit observer à son neveu que la présence à la cour de ces deux hommes qu'il considérait comme des ennemis personnels , et non compte des antagonistes politiques, l'obligerait de s'en éloigner, puisqu'il ne répondait pas assez de lui pour se trouver en face d'eux, sans danger pour eux, sans souffrance pour lui^ sans scandale pour tous. Sur les instances du duc, le roi promit d'être plus réservé envers les seigneurs accusés : mais, comme il se bornait à des promesses qu'il ne tenait jamais ; qu'au contraire la faveur de ces hommes était chaque jour plus grande , et leur présence au château plus assidue , le duc ne put plus douter que, puisqu'on ne voulait pas les lui sacrifier, on désirait qu'il se sacrifiât lui-même. Ayant rendu un compte succinct de son administration, il prit congé du roi, et se retira à Nykôping; mais, violent comme tous les Wasas , avant de quitter le palais , il s'emporta contre les deux seigneurs, les seuls que pouvait atteindre sa colère , et les rendit solidaires des malheurs qui menaçaient la patrie et le souverain.
Sigismond avait cru faire un coup de maître en se débarrassant de son oncle; il ne fit qu'accrottre les
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obstacles dont il était enveloppé et les ennuis dont il était tourmenté. Il n'était obéi de personne , à peine salué par le peuple, insulté dans toutes les églises (1). Ces épreuves auraient été utiles à tout homme moins entiché de ses droits de naissance, moins opiniâtre et plus clairvoyant que lui ; elles passèrent inaperçues de Sigismond qui, dans sa stupide imprévoyance, accumulait d'autant plus de dangers sur sa tête qu'il était plus impuissant à les détourner. Entouré de fanatiques, d'ambitieux et de traîtres, qui, par passion, par intérêt, par perfidie, lui cachaient la vérité, il semblait se coniplaire à prendre toutes les mesures propres à détruire le peu de considération et d'autorité qu'il devait encore au prestige attaché au rang suprême.
On lui avait donné pour son propre usage la chapelle du château. Non content de cette concession trèsgrande dans ce*tte époque de fanatisme, il demanda que le consistoire de Stockholm lui cédât l'église des Franciscains^ et que, à l'exemple de la capitale, toutes les grandes villes livrassent une église à ses coreligionnaires. Il prit sous sa protection les religieuses de Wadstena, s'obstina à méconnaître la validité du synode d'Upsal, et, mécontent de l'opposition du clergé, il affecta de ne laisser aucun de ses membres arriver jusqu'à lui ; enfin il déclara qu'il ne devait , ne pouvait et ne voulait être sacré roi de Suède que par un prêtre de sa religion, et cet honneur revenait de droit à son ami, à son hôte, au cardinal Malaspina.
Ces sottes prétentions , ces mauvais procédés n'effrayèrent personne, mais causèrent de l'indignation.
(l) Messenius, Soond, illustr,, tom. VIII) pag. 15.
SIGISMOND. [i»9S1
.%.-.«< 4i ^'rt^ouiie du roi était sacrée, les attaques M-^^^ttl de tous côtés, des chaires, des églises et .^ ..<: -vf^tes, des boutiques, des chaumières ou des .. .«,c^ .Uiieut dirigées contre les papistes polonais. .«.V iHVtres répondaient à ces attaques en termes V o uo(U$ violents et provoquèrent les pasteurs à des * iMcu^uces publiques que ceux-ci eurent le bon sens .V viuser, non pas parce qu'ils doutaient de la bonté c !t ur cause, mais parce qu'ils ne voulaient pas, divv*\ut*ils, tenter Dieu; cependant, tout en évitant le .v>uibat> ils n'en poursuivirent pas moins le cours de \ui^ diatribes. Chaque jour, les esprits s'exaltaient viu^autage, et les Polonais, exposés aux fureurs d'une (K>^ulace fanatisée, ne pouvaient plus sortir de leui's Uvuieures que de jour, en nombre et avec des armes. Mais, comme ces hommes étaient arrogants et audacieux de caractère, les dangers mêmes qu'ils couraient ui) faisaient qu'accroître leur insolence.
A cette époque, les églises servaient de cimetières. t() consistoire avait permis aux gens du roi d'entertvr leurs morts dans l'église de Riddarholm, mais à la audition expresse que les cérémonies du culte qui l^récédaient l'ensevelissement seraient faites ailleurs. Les Polonais voulurent exiger que , pour prononcer l*oraison funèbre du défunt, c'est-à-dire pour une cérémonie commune aux deux cultes , la chaire leur fût cédée. Cette seconde faveur découlait naturellement de la première ; elle aurait dû leur être accordée. Soit qu'elle eût été mal demandée , soit que le consistoire eût été égaré par le fanatisme, elle leur fut refusée. Les Polonais, indignés, à la première occasion escaladèrent la chaire de force. Les gardiens de l'église appe*