‹ La SuèdeChapitre 106 sur 361 · BIBLIOTHÈQUES PAROISSIALES ET POPULAIRES · texte numérisé non relu

BIBLIOTHÈQUES PAROISSIALES ET POPULAIRES

Bibliothèques paroissiales et populaires.

L'origine des bibliothèques paroissiales (sockenbibliotek) remonte jusqu'au 17™® siècle, mais ce n'est que dans le dernier siècle qu'elles ont gagné de l'importance. Le même mouvement intellectuel qui, par la loi de 1842, donna à la Suède les écoles primaires obligatoires, fut aussi la cause de la fondation des bibliothèques paroissiales en plus grand nombre. Peu à peu, l'intérêt s'affaiblit pourtant, et ce n'est que de nos jours qu'il s'est ranimé. Pendant le dernier temps, un grand nombre de nouvelles bibliothèques ont été créées, et plusieurs anciennes ont été réorganisées et agrandies. Les bibliothèques de ce genre s'élèvent présentement au chiffre approximatif de 1,800, mais un grand nombre ne renferment que de vieux livres, rarement lus.

Les bibliothèques paroissiales et communales, ainsi que celles des villes, sont des institutions fondées en vue dn grand public et appartenant aux communes. Elles sont subventionnées par la générosité privée. Depuis bien longtemps, il a été mis en avant de donner à ces collections de livres une allocation annuelle par le Riksdag, et comme toute autre institution suédoise s'occupant de l'instruction primaire jouit d'une allocation, il faut espérer qu'il ne tardera pas longtemps avant que les bibliothèques paroissiales et populaires aient le même avantage.

Les bibliothèques paroissiales de la campagne ne contiennent ordinairement que tout au plus 500 volumes.

La hibliothhque populaire de la ville de Oothembourg.

Dans les villes, les bibliothèques contiennent, à peu d'exceptions près, de 1,000 à 3,000 volumes.

Les livres sont le plus souvent d'une portée populaire, et les différentes branches de cette littérature y sont représentées. Les bibliothèques, bien soignées et augmentées annuellement, sont beaucoup visitées. En général, les emprunts à domicile sont faits par des ouvriers, surtout dans l'âge de 15 à 30 ans, et la lecture préférée se compose de livres de style narratif, de récits de voyage et d'ouvrages historiques. Viennent en second lieu des œuvres d'histoire naturelle, des ouvrages populaires d'astronomie, de physique et de chimie. En général, on n'emprunte que peu de livres de piété, puisqu'on en a ordinairement beaucoup dans chaque maison.

La principale des bibliothèques populaires de la Suède est celle de la ville de Goihembourg (Gôteborgs stads folkbibliotek), fondée sur une donation de 300,000 couronnes, faite par des membres de la famille Dickson. La bibliothèque est logée dans un édifice très beau et très commode, et dans les grandes salles de lecture, il y a non-seulement des livres, mais aussi des journaux et des revues. En 1899, la bibliothèque possédait 8,160 volumes et 90 journaux et revues, qui sont prêtés grataitement à tout habitant de la ville. Dans le cours de la même année, le nombre des visiteurs était de 126,996, celui des volumes apportés à leur usage de 78,509, et celui des prêts à domicile de 23,667.

U Suède, l. 24

370 IV. l'enseignement et la culture intellectuelle en suède.

Plusieurs bibliothèques privées sont aussi établies dans les Tilles et dans les grands établissements industriels de la Suède, et les plus considérables d'entre elles se trouvent à Stockholm. Ainsi, pendant les dernières années, on a commencé à établir des salles de lecture (l&sestugor) dans les parties de la ville habitées par des ouvriers. Ces collections comprennent des livres et des revues qui peavent être lus dans les salles ou prêtés à domicile. On paye pour chaque fois oa par année.

Les étudiants d'Uppsala ont fondé deux sociétés, le « VerdandU et le ^Heim» dahy dans le but de contribuer à la fondation de bibliothèques populaires et à Is publication de livres bons à l'usage du peuple. L'Association générale des instituteurs primaires a contribué à la création des bibliothèques pour élèves QSjjungebibliotek), ouvertes tant aux élèves qu'à leurs frères et soeurs et à leun parents.

Presse périodique.

Le premier joiiriial de la Suède parut en 1645, et existe encore sous le nom de «Post- och Inrikes Tidningar» (Les Nouvelles des postes et de l'intérieur). C'est donc l'un des plus anciens journaux du monde. Depuis 1791, l'Académie suédoise a le privilège de la publication de ce journal, qui est, à certains égards, l'organe du gouvernement et qui contient, en première ligne, toutes les publications officielles.

Le droit de publier des écrits périodiques était autrefois un privilège spécial, accordé par le roi. En outre, les périodiques devaient, comme tous les autres imprimés, être soumis à une censure préalable. Pendant l'époque dite de la liberté (Prihetstiden), on proclama la liberté de la presse, et il est à remarquer que la Suède est le premier pays où une loi semblable devînt fondamentale (1766). Parmi les quatre différentes lois fondamentales du royaume, étant en vigueur à présent, il . y en a aussi celle sur la liberté de la presse (Tryckfrihetsfôrordningen) de 1812, contenant des dispositions nettes quant au droit de publier des écrits imprimés, à la responsabilité de celui qui les publie, et à la manière d'agir dans les procès de presse.

A présent, pour publier des journaux et des écrits périodiques, il suffit d'une demande au ministre de la justice, et l'autorisation de la publication ne peut être refusée à moins que le solliciteur ait été condamné pour crime ou pour délit grave, ou qu'il ait été déclaré indigne d'ester en justice. Quand il s'agit de la responsabilité d'un article d'un journal ou d'un écrit périodique, le gérant en est considéré comme l'auteur.

Le tableau 50 donne un aperçu statistique du développement de la pre^ périodique en Suède, ainsi que du nombre et de la manière dont furent publiés à différentes époques les journaux politiques, de nouvelles et d'annonces.

Parmi les journaux les plus connus en Suède, on doit remarquer: le journal ci-dessus nommé Post- och Inrikes Tidningar; Stockholms Dagblad (modéré); Aftonbladet, Dagen, Dagens Nyheter, Stockholmstidningen, Svenska Dagbladet, Svenska Morgonbladet (libéraux); Nya Dagligt Allehanda, Vârt Land (conservateurs); Sodaldemokraten (socialiste), tous publiés à Stockholm.

Parmi les journaux de la province, il faut surtout citer: GOteborgs Handelsoch Sjôfartstidning, Sydsvenska Dagbladet et Sk&nska Dagbladet (à MalmO), Nerikes

PBESSE PÉRIODIQUE.

AUehanda (à Orebro), OstergOtlands Dagblad (à Norrkôping), Sundsyalls Tidning (libéraux); NorrkOpings Tidningar, OstgOta Correspondenten (à Linkôping), Morgonposten (à Gothembonrg), GOteborgs Aftonblad, Helsingborgs-Posten, Gefle-Posten, SmilandspoBten (à VexjO), Sandsvalls-Posten (conservateurs).

Des 323 journaux politiques qui existaient en Suède Tannée 1898, 43 étaient pabliés à Stockbolm, et des 54 journaux quotidiens (ou paraissant plus d'une fois par jour), 12 étaient publiés dans la capitale. Pendant les dernières années, làjpre9se de la province s'est beaucoup développée. Ainsi, en 1860, il n'y avait qnun seul journal quotidien outre ceux de la capitale, et en 1898 il y en avait 42.

Le prix de T abonnement aux journaux suédois n'a jamais été très élevé, et, dans les derniers temps, il a été diminué encore par la concurrence. Pour les journaux qui paraissent douze fois par semaine, on paye 10 à 18 couronnes par an, et pour les autres journaux quotidiens, de 3 à 18 couronnes par an (les frais de port et de distribution à domicile y compris). Le prix des annonces est de 6 à 90 Ore la ligne.

Quant à la propagation^ tel journal a atteint une édition d'environ 100,000 exemplaires, cbiffre qui est sans doute fort élevé pour une population de 5 millions d'âmes. Que les journaux paraissent en une ou plusieurs dizaines de milliers d'exemplaires, c'est très ordinaire. Par contre, les abonnés aux revues aont en général peu nombreux.

En parlant de la presse il faut aussi nommer V Association des journalistes de la Suède (Publicistklubben), fondée en 1874 à Stockholm. Son but est de discuter les affaires communes de la presse, de prendre des résolutions à cet égard, et d'ailleurs de faire connaissance personnelle les uns avec les autres, indépendamment de différentes opinions politiques et religieuses. Au commencement de 1900, l'association comptait 440 membres, dont 22 dames. Pour les Congrès internationaux de la Presse se réunissant depuis 1894, l'association a envoyé des délégués. En 1897, elle a aussi reçu le quatrième congrès à Stockholm. C'est aussi cette association qui a chargé M. Bernhard Lundstedt de dresser la Bibliographie de la littérature périodique de la Suède (Sveriges Periodiska Litteratur), où il a décrit, en suivant l'ordre chronologique de leur création, tous les périodiques publiés en Suède. Deux volumes en ont déjà paru, et le troisième est sous presse.

TabL 60.

AperpjL statistiqiLe des périodiques.

Groupes.

Nombre total des périodiques.

Nombre des périodiques publiés pendant les années ci-dessous.

Journaux politiques, de nouvelles et d* annonces:

Paraissant une fois par semaine

> deux > > >

> trois > > > » quatre» » »

» six > > »

> sept > > >

> douze > » >

Total Revues générales et littéraires Revues théolog. et de piété....

Aatres revues spéciales

Total

372 IV. l'enseignement et la culture intellectuelle en suède.

Page 1