PEINTURE
Au commencement, il en est de la peinture suédoise comme de la scalptaip: elle n'est qu'un accessoire de Tarcliitecture. Des temps anciens, il ne reste 4|M des peintures décoratives des églises et des palais, peintures d'un grand inlMt, c'est vrai, mais en général de peu de valeur artistique. Ce n'est que dans ht salles des châteaux du temps baroque que commence à fleurir cet art. Là, aBtt rencontrons partout des portraits religieux, mythologiques et allégoriques des ish du temps de la grandeur politique de la Suède.
Avant tout, c'est D. KlOker, anobli sons le nom de EhrenêtrahL (1629/98X de Hambourg, qui peint quantité de tableaux et de plafonds dans le style de Bftbens et de Lebrun pour glorifier la maison royale. Au 17°^® siècle, plusieurs astici artistes étrangers furent appelés en Suède. Au siècle prochain, de nombreux peûriRs suédois apparaissent, dont plusieurs s'établirent à l'étranger, surtout en Fraafie, où plusieurs d'entre eux se sont fait une bonne réputation, comme P. A. ÉUl (1739/93), cle v. Dyck de la miniature», le pastelliste G. Lundberg (1696/l7é*X iV. Lafrensen (1737/1807), connu en France sous le nom de Lavreinoe^ À. Wertmaller (1751/1812) et A. Roslin (1718/83). Dans leur patrie roatÀiit, entre autres, L. Pasch fils (1733/1805), P. Krafft père (1720/93), E. Martm (1739/1818), élevé en Angleterre, P. Hilleatrôm (1732/1816), influencé, ysr Lafrensen et Chardin, et P. Hôrberg (1746/1816). Celui-ci a été infatigable i peindre des tableaux d'autels pour nos églises champêtres. La plupart de ces artistes vivaient et travaillaient surtout au temps de Gustave III.
Parmi les peintres qu'a hérités le 19°»® siècle du précédent, le peintre de portrait v, Breda (1759/1818) occupe une des premières places. Le paysage est déjà à ce temps richement représenté. Or, les Suédois ont toujours aimé ndeiix méditer la nature d'une manière contemplative que de faire des études psychologiques sur l'humanité. Ce trait caractéristique, on le retrouve dans notre peinture, où il y a beaucoup plus de peintres de nature que de portraits, et même dans les portraits, on rencontre souvent cet envahissement des caractères du jMiysage qui domine notre production. Le paysagiste le plus remarquable de cette époque est K. J. Fahlcrantz (1774/1861), qui a subi l'influence de Ruysdael, et qui cherche à faire entrer un esprit national dans son art. Il avait quantité de successeurs, dont N. J, Blomrnér (1816/63) est le plus admiré. Blommér excelle dans la représentation des génies mythologiques et de la nature du Nord« Ici, il faut aussi nommer le portraitiste 0. •/. Sôdermark (1790/1848). Ses portraits tranchent par la délicatesse du coloris sur l'uniformité de ton des portraits contemporains.
Un peu plus tard, nous rencontrons l'école de Charles XV, dont les membres les plus renommés sont: J. Boklund (1817/80), ami personnel du roi, J. F. Hôckert (1826/66), coloriste d'un talent extraordinaire, peintre d'histoire et de scènes laponnes magnifiques, U* Troili (1815/75), peintre de portraits, pleins d'âme. M"® Amalia Lindegren (1814/91), qui prend ses sujets dans le monde des enfants, M. E. Winge (1825/96), qui peint toujours des guerriers mythologiques, et A. Malmstrôm (né en 1829), encore actif.
Un caractère cosmopolitain se fait voir chez quelques peintres de nature et de genre qui s'étaient établis à l'étranger. Citons parmi eux l'initiateur P. Wickenberg (1812/46;, P. Fagerlin (né en 1825), le plus eminent de nos artistes dusseldorfiens, et, avant tous, Egron Lundgren (1816/75), un des plus spirituels artistes qu'ait jamais eus la Suède. Il a passé la plupart de son temps en Angleterre, où il est bien estimé, en Italie, en Espagne, en Egypte, aux Indes, et de tous ces pays il a apporté une masse d'esquisses et d'aquarelles ravissantes et pleines de vie et d'esprit.
PBINTURE.
David et Saul. Tableaa de M. J. Eronbebo.
Des initiateurs paysagistes furent Markus Larsaon (1826/64) et E. Bergh (1828/80). Celui-là était d'une riche fantaisie et d'une virtuosité pleine de hardiesse; celui-ci au contraire était calme et clair. Bergh a laissé son nom d'artiste
390 IV. l'enseignement et la cultubb intellectuelle en suède.
et son talent à son fils R, Bergh (né en 1858), aujourd'hui un de nos meilleurs peintres de genre et de portraits.
En effet, dans les derniers temps l'art suédois est devenu de plus en plus intense et original. Même à l'étranger, on a commencé à l'aimer et à le respecter. Le tableau historique cLa fin d'un héros» par N. Forsberg (né en 1841) a p. ex, été honoré d'une médaille de première classe au salon à Paris en 1888. Parmi nos peintres d'histoire, le comte G. r. Rosen (né en 1843) occupe là place d'honneur. Cependant, il est peut-être encore plus grand comme portraitiste. Ses toiles les plus admirables sont ses scènes de la vie de Erik XIV et ses portraits de NordenskiOld dans les glaces (p. 433) et de Pontus Wikner. E. Perséua (1841/90) s'occupait aussi de la triste vie de prison de Erik XIV. K, A, ffellqvtst (1851/90), le représentant suédois de l'école Piloty, est plus influencé par les Allemands que nos autres peintres d'histoire. La plus aimée de toutes nos compositions modernes historiques, le «Convoi funèbre de Charles XII» (p. 77), a pour créateur le baron G, Cetlerstrôm (né en 1845).
* La fin d*un héros*, Tableaa de M. N. Forsbebo.
Passons à la peinture de paysage et de genre. Là, nous rencontrons quantité de noms rie bonne réputation, tels que: 0, Tômâ (1843/94), P. Ekstrôm (né en 1H44), A, lÂndman (ué en 1848), K, Skànberg (1850/83), JR. Theqerstrôm (né en 1857), H. Salmson (1843/94), A. Borg (né en 1847), E, Josepjtson (né en 1851), A, Hagborg (né en 1852), G. Pauli (né en 1855), A. Jungstedt (né en 1859), J, ïirén (né en 1853), A. Wallander (né en 1862) et beaucoup d'autres. M. Tirén a presque exclusivement pris ses sujets de la vie et de la nature du Norrland, ce qui donne à ses œuvres un intérêt spécifiquement ethnographique, et M. Wallander se voue aujourd'hui, aussi bien que plusieurs de nos jeunes artistes, principalement à l'art industriel. K. Nordstrom (né en 1855), iV. Kreuger (né en 1858) et le prince Eugène (né en 1865), fils du roi Oscar II, représentent la peinture pleine d'un sentiment lyrique.