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ART DRAMATIQUE

Les premières traces positives d'un art dramatique, né en Suède, proviennent des 16°^« et 17"^® siècles. A cette époque, les lycéens et les étudiants d'université jouaient des drames, dits d'étude. Quelquefois, ces acteurs amateurs avaient la permission de paraître devant la cour. Mais les représentations dramatiques et les ballets, arrangés à la cour, étaient généralement donnés par des troupes de comédiens étrangers. Une troupe vraiement suédoise ne paraît qu'en 1737. Cet an, une troupe fut formée, composée de jeunes employés et d'étudiants. On leur céda la Scène royale suédoise. Le directeur de ces comédiens fut le français Ch. Langlois. Les plus connus du personnel de cette scène sont probablement P. Lindahl, P, Stenborg (1762/1813) et M™« Olin (1740/1828). Cependant, Langlois ne réussit pas à soutenir la Scène royale. Avec une énergie infatigable, Stenborg s'efforça alors de fonder un nouveau théâtre. Ses efforts furent couronnés de succès quand Gustave III établit le Théâtre suédois, dont le personnel passa plus tard au Théâtre dramatique. Le premier instructeur de ce théâtre fut le Français Monvel, père de M"® Mars.

Des acteurs excellents du temps de Monvel étaient A, De Broen (1758/1804), L. Deland (1772/1823) et G. F. Abergaaon (1776/1852) et plusieurs autres. Parmi ceux qui faisaient leur éducation d'acteur dans l'école de Monvel, mentionnons l'artiste le plus illustre de tout notre théâtre L. H, HjorUberg (1772/1843), maître de chaque branche de son art, excepté de la vraie tragédie. Il était encore actif bien avant dans le 19™® siècle.

Entre 1840 et 1860, un développement plus riche se fait voir dans le domaine de notre art dramatique. Ce fait, nous le devons en grande partie au capitaine A. Lindeberg (1789/1849). C'est qu'après de nombreux efforts, il réussit à faire annuler le privilège de la Scène royale d'être seule à jouer des drames dans la capitale. En 1842, Lindeberg eut la permission d'établir un nouveau théâtre, oh bien des drames suédois commençaient à être représentés. Puis, plusieurs autres théâtres ont été fondés.

Parmi les artistes dramatiques distingués de ce temps, citons 0. U. Torsslow (1801/81), sa femme M°^« aS. F, Toraalow (1796/1869), N. V. Almlôf père (1799/1875), K. Almlôf fils (1829/98), acteur de caractère hors ligne, sa'femme M°»« B. Almlôf (1831/82), le tragédien G. Dahlqvist (1807/73), F. Deland, comique d'un rare talent (1812/94),, M"« E. Hôgqvist (1812/46), E. Swartz (1826/98), célèbre surtout comme Hamlet, C. G. Sundberg (1817/98), premier amoureux, G. Fredriksson (né en 1832), qui a introduit l'influence prédominante de la comédie française, le réaliste E. Hillberg (né en 1862), A, F", J, Elmlund (né en 1838), T. Holmqvist (1842/96), humouriste plein de bonhomie, et M™® E, H casser (1831/94), tragédienne d'un talent suprême. Le temps où étaient tous ces artistes à l'apogée de leur activité, a été nommé l'âge d'or du théâtre suédois. Ils ont laissé des vides qui ne se remplissent pas facilement.

Parmi les artistes d'aujourd'hui, nommons en première ligne: N, Personne (né en 1860), 0. Bœckstrôm (né en 1854), G. Bergstrôm (né en 1837), B. 0. Palm£ (né en 1856), J, A, Lindberg (né en 1846), T. Svennberg (né en 1858), A. de Wahl (né en 1869), M°^« J. Hâkansson (née en 1853), M°»« /.. FahU man (née en 1866), M^^» 7. Àhlander (née en 1865), M°»« Z. Sandell (née en 1861) et M"« G. Lundeqvist (née en 1871).

Quant à l'art dramatique de l'opéra et les artistes lyriques, voir l'article Musique ci-dessus.

LETTBES BT SGIBKCES. THÉOLOGIE. 395

Lettres et sciences.

Les. courts exposés du développement des différentes sciences, donnés ci-après, ne peuvent, naturellement, indiquer que les traits principaux les pins importants. En surtout, cela s'applique aux œuvres des savants qui vivent maintenant, dont Timportance, en général, ne peut être appréciée que par l'avenir. — Quant à Tordre dans lequel les sciences sont traitées, celles-ci sont groupées à peu près selon les vieilles facultés de nos universités.

THÉOLOGIE

L'intérêt pour la culture intellectuelle qui s'éveille en Suède au moyen âge, fat id, de même que dans les autres pays, attaché à l'Église. Au début, il fut nourri aux' universités étrangères et par la littérature étrangère, particulièrement par celle d'un contenu mystique. Ce n'est que dans le cercle dont la personne centrale est la Sainte Brigitte (1303/73), que commence une production suédoise indépendante. Il n'y a pas d'auteur suédois du moyen âge qui ait écrit plus que Brigitte elle-même. Ce ne sont pas les idées originales, ni le développement théorique de ces idées qui donnent de la valeur à ses livres, mais le mysticisme riche d'imagination et la force religieuse et pratique que vous y rencontrez.

Les œuvres de théologie les plus remarquables du temps de la Réforme sont celles des deux frères Olatts Pétri (1493/1662) et Laurentim Pétri (1499/1673). En général, elles sont d'un contenu polémique et ecclésiastique-pratique. Un ouvrage de grande importance est la traduction de la Bible (le NouvjBau testament en 1626, et toute la Bible en 1641). Cette traduction occupe une place éminente dans la littérature de ce temps. £lle a exercé une grande influence sur la langue suédoise et sur toute notre civilisation.

Dans le temps de l'orthodoxie (le 17™® siècle), on suivit généralement la théologie luthérienne en Allemagne. Représentants de la théologie suédoise de ce temps étaient entre autres les évêques J. Rudbeckius (1681/1646) et L. Paulinvs Goikus (1666/1646). Le vif intérêt du 18™® siècle pour les sciences ne touchait pas beaucoup à la théologie. Toutefois, quelques-uns des théologues les plus distingués ont bien mérité de la civilisation, comme les évêques E. Benzelius fils (1675/1743) et A. Rydelius (1671/1738). Celui-ci s'est fait connu avant tout par une grande activité polémique, portée sur les libres-penseurs et les piétistes. A cette époque parut la doctrine mystique et théosophique du Suédois E. Svedenhorg (1688/1772), dont il est parlé plus haut, à la page 250.

Au conmiencement du siècle passé, un intérêt religieux s'est réveillé qui a réagi favorablement sur la théologie. H, Schartau (1757/1825) est le fondateur d'une nouvelle doctrine, particulière à la Suède. A côté des tendances confessionnelles allemandes, ce schartauisme a exercé une grande influence, particulièrement sur les provinces du sud de la Suède. L'éducation ecclésiastique fut améliorée, grâce aux professeurs excellents, comme S, Ôdmann (1760/1829) et J. If. Thomander (1798/1866). Citons parmi les auteurs: H. M. Melin (1806/77) et 0. F» Myrberg (1824/99), qui se sont voués surtout à l'exégèse biblique. V. Rydberg (1828/96), F. Fehr (1849/96) — celui-ci représentant de l'école de Ritsch] — et plusieurs autres se sont opposés aux tendances confessionnelles et orthodoxes prédominantes. Philosophe religieux au sens chrétien était P. Wikner (1837/88.)

396 IV. l'enseignement et la culture intellectuelle en sutoR.

Parmi les théologiens de nos jours qui ont le pins contribué à faire avancer notre théologie, il faut nommer les évêques G. Billing (né en 1841), M. Jo' hanason (né en 1837) et «/. A. Ekman (né en 1845), les professeurs F. Rudùn (né en 1833) et P. Eklund (né en 1846). Des exégètes distingués sont entre autres le professeur E, Stave (né en 1867) et le docteur en théologie S. A. Fria (né en 1867), — P. Waldenatrôm (né en 1838), fondateur d'une secte libre, nommée d'après lui, s'est fait une réputation comme auteur. — La production des théologiens suédois est en grande partie à trouver dans les revues théologiques, dont la plus importante est aujourd'hui «Kyrklig Tidskrift» (revue ecclésiastique).

On donne aussi à l'histoire de l'Église une place dans le domaine de la théologie. Dans l'histoire ecclésiastique générale, on ne trouve presque que des abrégés et des monographies. «L'histoire de l'Église chrétienne» par C. A. Cornélius (1828/93) est pourtant digne d'être nommée. Presque exclusivement, on s'est occupé de l'histoire ecclésiastique de Suède, et la littérature est très riche en monographies. Sur Jphannes Magni, voir «Histoire» (p. 402). «L'histoire du svédenborgianisme en Suède» par U. R. F. Sundeltn (1847/96) est d'un grand intérêt. Les meilleures histoires ecclésiastiques suédoises, publiées au 19™' siècle, sont écrites par H. Reuterdahl (1796/1870; le moyen âge) et L. J. Anjou (1803/84; les 16»« et 17"»« siècles). Aujourd'hui, ces études historiques sont poursuivies avec zèle et force, surtout sous la direction des professeurs H. Lundêtrôm (né en 1868) à Uppsda et 0. Ahnfelt (né en 1864) à Lund.

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