DROIT
Dans toute la littérature suédoise du moyen âge parvenue jusqu'à nous, les coutumes des provinces, (des campagnes et des villes), occupent sans aucun doute le premier rang. Pour une grande partie, ces coutumes se rattachent plus ou moins directement aux récitations, faites par les sénéchaux devant les assemblées judiciaires de la population, des phrases courtes et d'un sens profond dans lesquelles s'exprimait un instinct original et sain du juste. Par le fond et la forme ces coutumes sont d'un caractère tout populaire, dans le sens le plus favorable du mot. Cependant, des études scientifiques de droit n'étaient pas trop rares. Un assez grand nombre de Suédois se préparaient à leur carrière en prenant leurs grad^ aux universités étrangères, et lors de la fondation de l'université d'Uppsala (en 1477), on décida d'y instituer des cours de droit. Aussi notre littérature dn moyen âge possède-t-elle un ouvrage de haute valeur sur la philosophie du droit («Sur le gouvernement des rois et des chefs»), écrit vers 1360 par un auteur resté inconnu.
Par plusieurs raisons, l'époque de la Réforme ne fut pas favorable à la science du droit en Suède. Au 17™® siècle, par contre, les différentes branches de cette science atteignirent un assez haut degré de développement. On étudia avec ardeur le droit du moyen âge. La législation sur le droit commun prit un essor qui donnait de grandes espérances, et on réalisa de beaux progrès dans le domaine de la législation spéciale, en particulier dans celui du droit maritime. Les nouvelles tâches et les nouveaux intérêts qui résultaient pour la Suède de sa grandeur politique, eurent pour conséquence d'élargir aussi l'horizon juridique. Grâce au changement qui s'était fait dans la situation politique du pays, on put attirer plusieurs corjphées de la science étrangère. Avec H. Grotius (1583/1645), qui n'exerça cependant au service de la Suède que des fonctions diplomatiques, S. V. Pufendorf (1628/94) est le plus célèbre des juristes de ce temps. Gelui-ci fut professeur à la nouvelle université de Lund (fondée en 1668). 11 y a écrit le grand ouvrage sur le «droit naturel et des gens» qui a surtout fondé sa haute