HISTOIRE
il nous reste plusieurs œuvres de haute valeur, écrites par le dernier archevêque catholique de la Suède, Johqnnea Magni (1488/1644), et par son frère Olaus Magni (1490/1557), tous les deux morts en exil. Quoique représentants de la culture de la Renaissance, et épris d'une sympathie ardente pour la civilisation du Midi, ils s'efforçaient tous les deux de faire connaître et estimer leur patrie à l'étranger. Johannes rédigeait une histoire des archevêques d'Uppsala et une histoire de Suède, très fantastique. Olaus, historien bien supérieur à son frère, a publié une carte notable du Nord et une description ethnografique de la Suède, onvrape d'une très grande valeur.
En Suède, le réformateur Olaua Pétri (1493/1652) est le plus grand historien du 16™* siècle. Par sa faculté d'estimer la valeur de différentes sources et par son intelligence sans passion, il se distingue d'une manière avantageuse de ses prédécesseurs et de ses premiers successeurs. Sa «Chronique de Suède» est DU des cbef8-d'œu^Te de notre littérature historique. Du reste, nous trouvons dans ce siècle principalement des chroniques, en forme d'annales, et des écrits en partie politiques. Le niveau de «Scandia illustrata» par Johannes Messeniua (1679/1636) est beaucoup plus haut. L'auteur traite dans cet ouvrage l'histoire de Suède depuis lé déluge universel jusqu'à 1616; la description du 16™® siècle est assez importante. Le roi Gustave- Adolphe commença un grand ouvrage sur son propre règne, mais il n'avait le temps d'achever que l'introduction. A l'époque suivante, on fit avec zèle et suècès des recherches sur l'histoire la plus ancienne. Cependant, les études scientifiques furent mêlées avec des expositions d'une tendance de chau^in. A l'exemple de £. Olai et de J. Magni, les auteurs de cette catégorie cherchaient à reconstruire l'histoire ancienne de Suède. Leur méthode était pourtant plus scientifique que celle de leurs prédécesseurs. Le plus illustre entre eux est 0. Rudbeck père (1630/1702), dont l'ouvrage «Atland» attira beaucoup d'attention, et dans sa patrie, et à l'étranger. Les études sur l'histoire pure furent, au contraire, négligées, de sorte que les meilleurs représentants de l'histoire suédoise sont deux étrangers au service de la Suède: B. P. v. Chemnitz (1606/78), qui a décrit la guerre de Trente ans, et S. r. Pufendorf (1632/94), qui a aussi traité la guerre des Suédois en Allemagne et l'histoire du règne de Charles X. Ce temps se distingue, en outre, par un vif intérêt à recueillir des documents historiques, qui plus tard ont beaucoup profité à l'histoire. On commençait aussi à étudier avec énergie le droit public.
Une nouvelle période de notre littérature historique commence par 0. v, Dalin (1708/63), qui s'opposait aux théories exagérées de l'école de Rudbeck. Son c Histoire du royaume de Suède» excelle dans une critique relativement sévère et dans une exposition claire. Comme historien, il est surpassé par S. Bring, anobli sous le nom de Layerhrwg (1707/87), qui a décrit notre moyen âge dans son «Histoire du royaume de Suède». En outre, il y avait quantité de collecteurs de documents et d'historiens, représentants des opinions de Rudbeck anssi bien que de celles de Dalin et de Lagerbring. — Au milieu du 18™® siècle, on chercha avec succès à faire un exposé systématique de la constitution politique suédoise de ce temps. — Le premier grand historien après Lagerbring est J. Hallenberg (1748/1834). A la fin du 18™« siècle, il a exposé r«Histoire de Gustave-Adolpe» (jusqu'à 1626) d'une manière excellente. Des études sur l'histoire locale et sur celle de la civilisation furent faites par plusieurs auteurs. Un grand nombre de personnes distinguées du temps de Gustave III et du commencement du 1 9"® siècle ont aussi laissé des mémoires aussi intéressantes que remarquables. L'historien le plus éminent du 19™« siècle est E. G, Geijer (1783/1847). Ses on^Tages (c Histoire de Suède» jusqu'à 1654, et plusieurs autres) sont des chefsd'oeuvre, montrant une critique sévère et une exposition limpide. Il a eu le coup d'oeil plus juste que tous ses prédécesseurs pour le développement de l'histoire, et il a laissé des descriptions sociales et des caractéristiques, faites avec un
404 IV. l'enseignement et la culture inlellectuelle en suède.
talent supérieur. Sans contredit, il était un philosophe et un savant des plus distingués de son temps en Suède, et il a exercé une influence dominante sur nos historiens modernes. A, AL Strinuholm (1786/1862) a traité une partie du temps de Gustave Vasa et publié un grand ouvrage sur Thistoire la plus ancienne de Suède. A. Fryœell (1796/1881) a publié une série de cRécits, tirés de l'histoire de Suède». Ces récits ont été d'une grande importance, parce qu'ils ont contribué à augmenter l'intérêt général de notre peuple pour l'histoire. F, F, Carlson (1811/87) a décrit notre histoire de 1654 jusqu'au commencement du 18™® siècle, et C. G, Aialmatrôm (né en 1822 — ancien directeur en chef des archives de l'État), le plus distingué de nos historiens vivants, a publié un ouvrage étendu de la plus grande valeur sur l'histoire de Suède de 1718 à 1772, ouvrage qui fait preuve de recherches d'une exactitude extraordinaire et d'un jugement très sain. Le règne de Gustave III a été décrit d'une manière excellente par C T. Odhner (né en 1836; directeur en chef des archives de l'État). M. Odhner a aussi publié des manuels d'histoire, dont on se sert ordinairement dans nos écoles.
Le centre des études actuelles sur l'histoire est Stockholm, où se trouvent les archives centrales. Des recueils de manuscrits importants y sont publiés, comme cDiplomatarium suecanum>, € Actes de la diète suédoise depuis 1521 >, «Lettres du Roi Gustave I», «Procès-verbaux du conseil royal», etc., par les archives de l'État; «Traités de la Suède» jpss le Ministère des affaires étrangères; «Mémoires et correspondance d'Axel Oxenstierna» par l'Académie des belles-lettres, d'histoire et d'archéologie; et «Actes d'his- . toire» par la Société établie pour publier des manuscrits, concernant l'histoire de Scandinavie, etc. Parmi les recueils, publiés plus tôt, citons «Scriptores rerum suecicarum medii «vi»
(trois volumes 1818/76) et » Actes concernant l'histoire de Scandinavie» (40 volumes, 1816/60). Donc, il y a longtemps qu'on a publié des documents en Suède, et on l'a fait sur une échelle si vaste et d'une manière si consciencieuse que ces publications ont donné une certaine empreinte à toutes les études historiques suédoises. Aussi notre histoire se fonde-t-elle de plus en plus sur des études, faites directement sur les archives. Parmi les historiens qui ont fait de telles publications, mentionnons en première ligne C, G. Styffe (né en 1817; des ouvrages précieux sur la Scandinavie pendant l'Union de Kalmar), C*. Silfoerstolpe (1840/99), E. Hildebrand (né
Erik Crustaf Geijer.'