PHILOLOGIE
n^étaJt le plus souvent qu'une servante de la théologie ou d'un faux patriotisme. On s'est accoutumé à considérer comme père de la philologie suédoise J, Bureua (1568/1652), qui s'était enfoncé dans l'étude de la runologie, de même qu'il connaissait très bien l'ancien suédois. Parmi ses successeurs, citons G. Stiemhielm (1598/1672) et «/. Schefferus (1621/79), celui-ci connu aussi comme philologue classique. Les études de la langue maternelle entrèrent dans une nouvelle voie vers la seconde moitié du 17"'® siècle. Par ordre du gouvernement, on fit alors paraître un grand recueil de manuscrits islandais. Ces matériaux furent remaniés principalement par 0. Vereliua (1618/82), qui a publié, entre antres choses, un dictionnaire islandais, J» Peringskôld (1654/1725) et J. Hadorph (1630/93). Ces anciens philologues avaient un vif intérêt pour Témendation et la culture de la langue vivante. De leur temps, il nous reste plusieurs grammaires, p. ex. celles de N, Tiàllman (1652/1718) et de «/. Svedherg (1653/1735). La plus intéressante de ces œuvres est un projet de grammaire, nommé cLe soin à donner aux mots», publié par S. Columbus (164t2 79), On y trouve des opinions, qu'on n'a pu apprécier que de notre temps.
La philologie orientale est assez bien représentée. On l'a fondée par l'introdaction de quantité de manuscrits orientaux, surtout arabes, d'une grande valeur. (j. Peringer Liljeblad (1051/1710), G, Sparfvenfeldt (1655/1727) et aM. Eneman (1676/1714) s'occupaient à faire des recueils et des études dans cette branche de la linguistique.
Avec «/. Ihre (1707/80), la philologie suédoise entre dans une nouvelle période, caractérisée par une critique plus sévère et par des vues plus étendues que dans le temps précédent. Ihre a peut-être montré le plus grand esprit parmi tons les philologues suédois. Il donnait à l'étude de la langue maternelle une base plus vaste, en consultant la langue gothique et les autres langues anciennes germaniques. La plus connue de toutes ses nombreuses œuvres est le «Glossarium sTiogothicnm», comme dictionnaire étymologique encore seul en son genre. Les dialectes nationaux furent aussi examinés. Le dialecticien le plus digne d'être nommé est S, Hof (1703/86). Entre autres choses, il a écrit un ouvrage excellent sur le dialecte de Vestrogothie. Par sa saine critique scientiiique et son fin esprit d'observation, le runologue 0. Celsius (1670/1756) s'est montré un digne collègue de Ihre et de Hof. Vers la fin de cette période et au commencement de la soivante, nous rencontrons le runologue •/. G. Liljegren (1789/1837). Parmi les auteurs de grammaires et de dictionnaires, on doit aussi se souvenir de A. SahUtedt (1716/76) au point de vue de son activité et de son influence sur certaines choses concernant la culture de notre langue, bien qu'il fût moins remarquable comme philologue. — Orientalistes distingués étaient ledit 0. Celsius, J.Bjômstâhl (1731/79) et M. Norherg (1747/1826). Le plus célèbre est J. D, Âkerblad (1763/1819), appelé «le premier égyptologue», parce qu'il a contribué pour une part importante à l'interprétation de l'inscription de Rosette.
An milieu du 19°^® siècle, la philologie historique et comparée, — la science de Rask, de Grimm et de Bopp — entre dans la philologie suédoise. Déjà avant ce temps, il y avait des matériaux magnifiques grâce à l'édition des anciennes lois suédoises, très bien faite par C. J, Schlyter (1795/1888), et aux publications de la c Société des anciens textes suédois». C'est J. E, Rydqvist (1800/77) qui a mis en système en Suède la méthode historique par son vaste ouvrage «Les lois de la langue suédoise». Parmi les philologues d'aujourd'hui, s'occupant de la philologie Scandinave, citons L. F, Lâffier (né en 1847), qui a contribué d'une manière fondamentale à l'explication de la phonologie et de l'histoire d^ langues germaniques et Scandinaves. A. Noreen (né en 1854) est un auteur très actif et important. Par ses premières œuvres, il fit époque dans l'histoire des études sur les dialectes de notre pays. Depuis, il a publié des ouvrages de grammaire renommés sur les langues anciennes du Nord occidental et
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402 IV. l'enseignement et la culture intellectuelle en suède.
de la Suède, aussi bien que sur la philologie en général. Des rechercbi» de premier rang ont été faites aussi par A, Kock (né en 1851), rédacteur de la revue principale en son genre de notre temps, «Archives de philologie Scandinave». Par ses nombreux ou\Tages ingénieux traitant principalement la phonologie étymologique et l'histoire de la langue suédoise, M. Kock a contribué à un extrême degré à faire connaître le développement de notre langue, peut être plus que n'importe qui que ce soit.
E, Tegnér (né en 1843) a publié des études spirituelles sur la philologie universelle et suédoise, p. ex. «Sur les genres suédois». Des études d'une hante valeur sur les mots empruntés et sur l'influence du bas allemand sur le suédois ont été faites par i^. Tamm (né en 1847), aujourd'hui occupé de la publication d'un dictionnaire étymologique suédois. J. G. K. Cederschiôld (né en 1849) s'est fait une bonne réputation par ses publications des textes islandais et par son livre populaire: «Sur le suédois comme langue écrite». Enfin, il faut nommer les études estimées sur la phonologie de notre langue, faites par 7. A. Lyttkens (né en 1844) et F. A. Wnlff (né en 1845). Parmi les lexicographes, nommons, avant tous les autres, K. F, Sôdervall (né en 1842), célèbre par une œuvre classique, «Dictionnaire de la langue suédoise du moyen âge». En fondant et en rédigeant la revue » Nouvelles recherches pour senir à la connaissance des dialectes et de la vie du peuple suédois», J, A, Lundell (né en 1851) a mérité d'une manière excellente des études sur les dialectes suédois.
La philologie comparée a aujourd'hui en Suède plusieurs de ses représentants les plus riches en succès, comme 0. A, Danielsson (né en 1852), étruscologue connu qui a surtout traité les langues grecques et italiques, K. F. Johans- 8071 (né en 1860), auteur d'un grand nombre de traités en plusieurs branches de sa science, P. Persson (né en 1857), auteur de l'ouvrage connu «Studien zur Lehre von der Wurzelerweiterung und Wurzelvariation», et JE. Lidén (né en 1862).
L'orientaliste suédois le plus illustre est probablement K. J. Tomberg (lS01l71)y qui a déployé une très grande activité dans le domaine des langues arabiques. Parmi les philologues vivants de cette catégorie, il faut nommer avant tous H. Almkviat (né en 1839). Parmi les orientalistes, il faut aussi remarquer K. Piehl (né en .1 853), égyptcdogue éminent, fondateur et rédacteur de la revue «Sfinx». — La philologie ugro-finnoise est cultivée d'une manière saillante par K. B. Wiklund (né en 1868).
La philologie suédoise s'est proposé à présent trois buts principaux. Le premier en est d'achever le «Dictionnaire de la langue suédoise», publié par l'Académie suédoise sur l'initiative de TTi. Wisén (1836/92). L'autre entreprise d'une haute import.ance, est une recherche systématique des dialectes suédois, commencée seulement, et malheureusement encore manquant les garanties pécunières. Enfin, dans les derniers jours, on a fait paraître la première livraison des «Inscriptions runiques de la Suède», publiées par l'Académie des belles-lettres, d'histoire et d'archéologie.
HISTOIEE.
De même que dans les autres pays, l'histoire commence en Suède par des annales, écrites dans les couvents. Du commencement du 14™® siècle, il y a aussi des chroniques, en général versifiées. La première grande histoire du royaume de Suède est «Chronica Gothorum» par Ericiis Olai (mort en 1486), qui ne se contente pas de faire l'énumératipn de divers événements, mais qui cherche à montrer qu'ils soDCt en rapport l'un avec l'autre. — De la première moitié du 16™* siècle,