ARCHÉOLOGIE ET NUMISMATIQUE. ETHNOGRAPHIE ET FOLKLORE SUÉDOISES
L'intérêt pour les monuments et les antiquités préhistoriques, trouvés en Suède, date du 17™® siècle. Or, l'archéologie de cette époque, dont le représentant le plus distingué est 0, Rudheck (1630/1702), homme d'un génie extraordinaire, était d'un caractère fort fantastique et pénétré de chauvinisme. L'archéologie vraiment scientifique ne commence en Suède qu'environ 1830, en même temps qa'en Danemark. Les fondateurs suédois de cette science furent «S. Nihson (1787/1883) à Lund et B. E. Hildebrand (1806/84) à Stockholm. Nilsson, principalement zoologiste, introduisit dans l'archéologie la méthode comparative des sciences naturelles. Sa description de la civilisation de l'âge de la pierre est
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classique. Hildebrand qui était, durant plus de quarante ans, le chef du Musée des antiquités nationales de TÉtat suédois, s'est adonné avec un zèle extraordinaire à enrichir ces collections qui sont aujourd'hui parmi les plus considérables de cette espèce en Europe. Les deux élèves de Hildebrand, son ûîs et successeur H, Hildebrand (né en 1842; antiquaire du royaume de Suède) et le professeur 0. Montelius (né en 1843), ont contribué pour une part très importante à développer le système et la méthode de la science préhistorique. Ce sont eux qui ont introduit dans cette science la méthode typologique. Cette méthode a porté bien des fruits. Elle a pour but de montrer les modifications progressives qu'ont, subies les formes des objets originaires de l'antiquité, et de prouver comment elles se sont développées l'une de l'autre. Las «Contributions à la connaissance de l'histoire de la fibule» par Hildebrand, et «Sur la chronologie de l'âge du bronze, à l'égard spécial de la Scandinavie», par Montelius, sont des exemples excellents des résultats acquis par cette méthode. Dans leurs ouvrages, ces deux archéologues ont traité non seulement les matériaux préhistoriques du Nord mais, au même degré, ceux de toute l'Europe. L'œuvre principale de Montelius est un exposé systématique de la civilisation primitive en Italie. La première partie de ce magnifique exposé a déjà paru en français. — Parmi ceux qui ont augmenté les matériaux préhistoriques suédois, en faisant des fouilles dans un but scientifique, citons spécialement le docteur Hj, Stolpe (né en 1841). Ses vastes recherches ont été faites avec une exactitude exemplaire et un esprit d'observation subtil. — Revues officielles: «Revue d'archéologie suédoise» (Antiqvarisk tidskrîft) et «Bulletin mensuel».
L'initiative des recherches suédoises sur la namismatique.fut prise par ?l. Brenner (1647/1717) dans son célèbre ouvrage «Thésaurus nummorum sueogothicorum». Parmi ses successeurs C. R, Berch (1706/77) est le plus digne d'être mentionné. De nos jours, B, E, Hildebrand (1806/84) a fait la description des médailles suédoises. H, Hildebrand des monnaies suédoises du moyen âge, et le baron A, W, . Stiernstedt (1812/80) des monnaies de cuivre, etc. Dans le sol suédois, on trouve sans cesse de grandes .quantités de monnaies d'argent étrangères, datant des 9™®, 10°^* et 11™® siècles. Le cabinet de médailles royal de Stockholm possède nombre de ces monnaies. Certains groupes de celles-ci ont été traités dans de grandes monographies. B. E. Hildebrand p. ex. a décrit Les monnaies anglosaxonnes, et K, J. Tomberg (ISOl /11) les monnaies orientales dans son ouvrage «Numi cufici regii numophylacii Holmiensis». — B. E. Hildebrand a publié un livre sur des cachets suédois du moyen âge.
Le docteur A, Hazelius (né en 1833) a rendu des services immenses à l'ethnographie suédoise par son œuvre grandiose, le Musée du Nord à Stockholm (voir la page 361). Grâce à l'énergie phénoménale de M. Hazelius, ce musée et son annexe, le musée en plein air de «Skansen», dans l'origine très petits, se sont développés à tel point qu'ils occupent aujourd'hui le tout premier rang en leur genre du monde entier. Une abondance de matériaux servant à faire connaître la vie du peuple suédois pendant .les trois ou quatre derniers siècles y est amassée. Mais la discussion scientifique de ces matériaux est encore dans son enfance. Sur la Laponie et les Lapons il y a pourtant une monographie éminente par le baron G. v. IJûben (1822/92).
Les recherches sur la folklore de Suède sont enjcore peu développées. Un ouvrage classique traitant cette matière, «Vârend et les Virdar» par G, 0. Uylièn- Cavallius (1818/89), doit être cité. jB. Dybeck (ISll/ll) a aussi étudié cette science avec beaucoup d'application. Ces dernières années, des matériaux pour faire connaître la folklore suédoise ont été publiés dans «Les dialectes suédois» (De svenska landsmâlen), revue rédigée par le professeur J. A. Lundell (né en 1851), et dans les publications du Musée du Nord.