HISTOIRE LITTÉRAIRE ET DES ARTS. ESTHÉTIQUE
£n Suède, comme dans les antres pays, Thistoire de la littérature est nne 6dence relativement jeune, dont le développement a parcouru à peu près les. mêmes phases chez nous qu'à l'étranger.
Au commencement, elle n'est qu'une discipline philologique et bibliographique. Le premier ouvrage suédois traitant l'histoire de la littérature est un excellent Catalogne de livres «Svecia litterata» par J, Schefferus (1621/79). Cet ouvrage fut suivi par quantité de bibliographies, dont plusieurs ne sont pas encore imprimées. A cette première époque, on s'intéressait presque exclusivement à l'histoire d'érudition. C'était souvent l'usage de traiter la littérature d'une ville ou d'une province particulières. Cependant, la plupart de ces ouvrages ne sont que des recueils de notices sans ordre, qui ne montrent aucune conception historique, ni esthétique.
Influencée par les éloges français, une nouvelle tendance, introduit par 0. r. Dalin (1708/63), fit son entrée au 18™® siècle. Les, notices savantes furent dédaignées, et on s'efforça principalement de donner à l'exposition une forme éloquente. Mais de cette manière, on n'est arrivé qu'à produire des panégyriques pompeux et peu instructifs.
L'histoire de la littérature n'obtint en Suède, de même qu'à l'étranger, une forme scientifique que par l'école romantique. Les nouveaux romantiques avaient plus d'j§rudition et des vues plus étendues que les vieux académiciens. Par conséquent, ils étaient plus capables que ceux-ci de rendre justice aux temps anciens. Mais an commencement du 19°*® siècle, tout ce qu'il y avait de science était subordonné à la philosophie. Ainsi, l'histoire de la littérature fut une science philosophique après avoir été une science philologique. On ne vit plus dans l'histoire de l'art et de la littérature qu'une esthétique mise en pratique. X. Hammarêkjôld (1782/1827) fut le premier à introduire cette tendance par son ouvrage initiateur, quoique aujourd'hui vieilli, «Les belles-lettres suédoises». Une œuvre qui reste encore d'une importance scientifique est «Devins et poètes suédois», publiée par P. D, A. Atterbom (1790/1866). C'est une série . chronologique de portraits de poètes suédois, peints avec une finesse psychologique et une humanité noble rappelant celles de Sainte Beuve. Cette méthode a atteint son apogée avec G. Ljunggren (né en 1823). De sa main, nous avons une recherche sur la poésie de Bellman, recherche faite avec beaucoup de goût et de jugement esthétique, un exposé de l'histoire du drame suédois jusqu'à 1666 et enfin, un tableau détaillé et consciencieux des belles-lettres suédoises depuis la mort de Gustave III jusqu'au milieu du 19°^® siècle.
Nos jeunes critiques sont entrés dans une nouvelle voie, en partie sous l'influence de Taine et de Brandes. Ils ne voient dans l'histoire de la littérature ni une science esthétique, ni philologique, mais historique, et pour eux l'histoire de notre littérature est l'histoire de la civilisation suédoise, autant que celle-ci se fait voir dans la littérature. Ce qui importe avant tout, c'est donc de montrer à quel degré la littérature reflet le caractère du peuple, l'esprit de l'époque et l'individualité des auteurs différents. Cette opinion est acceptée surtout par les disciples de C. R, Nyblom (né en 1832).. Citons parmi eux les trois professeurs d'université U. Schûck (né en 1866), K, Warburg (né en 1852) et 0. Levertin (né en 1862). M. Schûck a, d'autres œuvres exceptées, publié le premier tome de l'c Histoire de la littérature suédoise», ouvrage commencé sur une grande échelle et exécuté en perfection. En collaboration avec M. Warburg, il a aussi publié un exposé moins étendu de la littérature suédoise jusqu'à nos jours. M. Warburg a enrichi la littérature scientifique de plusieurs monographies intéressantes. M. Levertin est connu par une série de tableaux magnifiques du temps
408 IV. l'enseignement et la culture intellectuelle en suède.
de Gustave III. Parmi les antres critiques, il faut aussi nommer C. D. af Wirsén (né en 1842), E. Wrangel (né en 1863) et 0. Sylwan (né en 1864).
L'étude historique des arts a été peu pratiquée en Suède avant les dernières dizaines d'années, où elle fut reprise ardemment par un grand nombre de cher^ cheurs. A citer parmi eux C, R. Nyldom (né en 1832), J. Bôttiger (né en 1863) qui a écrit de magnifiques études sur l'art suédois ancien, des gobelins -dans des propriétés suédoises, etc., G. Gôthe (né en 1846) dont le travail le plus remarquable porte sur le sculpteur suédois Sergel, F, Martin (né en 1868) qui à écrit des études sur l'industrie artistique du 17°** siècle, 0. Levfrtin (né en 1862) qui a rédigé des monographies sur l'art au même siècle, et O. Granberg (né en 1868) qui à écrit des études sur l'art étranger, et en particulier sur l'art hollandais ancien.
Des exposés plus étendus ont été produits par K, Eiclihom (1837/89) dans «Études Suédoises», et par G. Nordensvan (né en 1866) dans «l'Art suédois an 19'°® siècle» et aussi dans le livre actuellement en cours de publication «Histoire des arts plastiques». X. Loostrdm (né en 1848) a donné l'histoire de l'Académie des arts, tandis que A^ F. Sander (1828/1900) à décrit la galerie de tableaux du Musée national. Enfin nous devons citer le grand ouvrage en cours de publication «L'Architecture Renaissance en Suède» par G. H. W. t/pmarJfc (1844/1900).
Pour la partie esthétique il n'a été produit de travaux scientifiques que dans la seconde moitié du 19°*® siècle. G. Ljunggren (né en 1823) a donné un «Exposé des principaux systèmes esthétiques»; C. R. Nyblom des «Études d'Esthétique», et V. Rydherg (1828/96) des «Etudes de Philosophie esthétique».