BOTANIQUE
E.Acharius (17 57/ 1819) se voua à l'étude dra lichens, et devint le fondateur de la lichenologie descriptive. 0.
Strar<c(1760/I818)publia, après d'importants voyages d'exploration dans le Nord de l'Amérique et dans les Indes occidentales, un grand nombre d'ouvrages de mérite, parmi lesquels ceux qui traitent des orchidées, des fougères et des mousses, sont d'une grande importance.
Ces botanistes travaillèrent tous dans la direction donnée par Linné, sans toutefois introduire d'idées nouvelles. Déjà au commencement du 1 9«™ siècle, quelques savants se distinguèrent par des pensées originales et de nouvelles méthodes de travail, ouvrant ainsi une nouvelle ère à la botanique de Suède, période qui s'étend jusqu'aux environs de 1850. Parmi ces savants, mentionnons en premier lieu G. Wahlenberg (1780/1861), qui, dans son excellent ouvruge c Flora lapponica», caractérisa les différentes régions végétales des montagnes de la Laponie et fit ressortir leur assujettissement au climat, ce qui fit de lui un des fondateurs de la géographie botanique. La botanique descriptive fit naître le besoin d'établir un système naturel et une étude plus critique des espèces cLinnéennes». Le principal représentant de ce mouvement fut Elias Fries (1794/1878), qui forma de nombreux élèves dans l'étude des espèces, parmi lesquels nous citerons C. J, Lindeberg (1815/1900) et C, J, Hartman (1790/1849), qui publia en 1820 une flore des plantes Scandinaves, ouvrage qui natteignit pas moins d'onze éditions.
Une autre branche scientifique qui à cette époque attira l'attention d'une manière particulière, fut l'étude des cryptogames. La Suède possédait alors deux célèbres représentants de cette spécialité, savoir C, A, Agardh (1785/1859), un savant distingué, qui se livra particulièrement à l'étude des algues, et E. Fries, qui par ses nombreux écrits, dont le principal est le «Systema mycologicum>, devint un des fondateurs de la mycologie.
Grâce à ces hommes, un intérêt tout particulier pour les cr}'ptogames s'éveilla panni les botanistes de notre pays, intérêt qui se prolongea jusque dans la période suivante, c'est à dire depuis 1850 jusqu'à nos jours. L'emploi du microscope pour la distinction des espèces et pour l'étude de la construction des plantes devint alors beaucoup plus général. L'algologie attira surtout l'attention; parmi
Statue de Cari von Linné, à Stockholm.
416 IV. L*ENSEIGNEBiENT ET LA CULTURE INTELLECTUELLE EN SUtDB.
ceux qui s'y firent remarquer nous citerons J. G. Agardh (né en 1813) Tun des plus grands connaisseurs en algues marines, J» E. Areschoug (1811/87), V, B, Wittrock (né en 1839), 0. Xordstedt (né en 1838), R T, Cleve (né en 1840) et F. 7?. Kjellman (né en 1846), qui a introduit l'idée de l'association des plantes dans l'étude des régions des algues marines; et enfin G. Laaerheim (né en 18C0). Un spécialiste distingué eu lichenologie descriptive est Th. M. Frieê (né eu 1832), et l'étude de mycologie à été reprise par J. Eriksaon (né en 1848) et E. Ilenninri (né en 1857), qui sont connus par leurs recherches sur les rouilles, G. Lagcrheim et 0, Jnel (ué en 1863). S. ISerggren (né en 1836), S. O. Lindberg (1835/89) et d'autres étudièrent plus spécialement les mousses.
Le changement d'idée que Darwin occasionna dans les sciences au sujet des espèce eut pour résultat d'éTeiller, dans le domaine de la botanique, an intérêt particulier pour Tétude des genres de plantes qui sont polymorphes et en état d'évolution, étude qui a formé de nombreux disciples ces derniers temps dans notre pays, p. ex. S, Murheck (né en 1869).
Des recherches remar^ quables ont été faites par les botanistes suédois sur quelques uns de ces genres de plantes, comme par exemple sur les cHieracium», <6entiana», cRubus», «Viola», «Rumex», etc.
La géographie botanique qui, dopais le temps de Wahlenberg, avait été négligée, acquit un nouvel essor dans notre pays par la découverte (en 1870) d'une flore glaciale dans les argiles d'eau douce de la Scanic, découverte qui est due k A. G. Nathorst (né en 1860); c'est le point de départ du développement historique de la végétation. L'étude des plantes fossiles dans les tourbières a été ensuite reprise par plusieurs botanistes, p. ex. Gnvnar Andersson (né en 1865) et R, Semander (né en 1866), et après que Jl. Huit (1857/99) eut introduit la théorie de l'association des plantes, combinée avec le développement de ces associations, l'étude de cette branche a porté de si bons fruits qu'on peut dire que dans aucun autre pays du monde, le développement de la végétation depuis l'époque glaciaire n'est aussi bien connu qu'en Suède, La dernière moitié du 19^"^® siècle a déjà vu les botanistes suédois diriger leurs recherches vers les pays non européens. Parmi ceux qui prirent part aux
Elias Fries.