‹ La SuèdeChapitre 144 sur 361 · MÉTÉOROLOGIE · texte numérisé non relu

MÉTÉOROLOGIE

Les premières observations météorologiques régulières en Suède furent organisées entre 1720 et 1740, avec le soutien de la Société royale des sciences d'Uppsala, par E. Burman (1692/1729) et A, Celsius (1701/44), d'abord à Uppsala et ensuite à différentes places en Suède. A défaut d'exactes observations thermométriques, la valeur de ces séries n'est pas bien grande. Ce n'est <IQe vers 1755, et après que Celsius et Linné avaient donné au thermomètre sa forme actuelle, que les circonstances furent plus favorables. Il existe pourtant quelques observations assez utilisables faites à Uppsala à partir de 1739 {a?ec des lacunes plus ou moins grandes), à Stockholm à partir de 1754, et à Lund à partir de 1740. On se servait aussi de baromètres et de pluviomètres;

430 IV. l'enseignbmknt btjla culture intellectuelle en suède.

pourtant, d'après les exigences de nos jours, les résultats en sont presque nuls. En 1786, on commença, sous la direction de l'Académie des science et selon le système international d'observation, introduit par «Societas palatina» à Mannheim, à faire des observations météorologiques régulières à quelques-uns des lycées du royaume.

En 1848, A. Erdmatm (1814/69) organisa des observations météorologiques et hydrographiques régulières à vingt phares. En 1868, E, Edluud (1819/8BX physicien de l'Académie des sciences, organisa un système de stations dites de seconde classe (la plupart aux bureaux télégraphiques), avec des observations faites trois fois par jour. En 1866, on commença, à l'observatoire d'Uppsala, à faire chaque heure des observations, exécutées par des assistants volontaires, dont la plupart étaient des étudiants, sous l'inspection générale de G. Svanberg (1802/82) et sous la direction de B. Rubenson (né en 1829). Trois anné^ plus tard, ces observations personnelles furent remplacées en grande partie par des appareils enregistreurs, construits par A, G. Theorell (1834/76). En 1873» H. H, midebrandason (né en 1838) fut chargé de la direction de ces travaux. En 1878 fut créée une chaire de météorologie. En 1873, l'Institut météorologique central de Stockholm fut fondé dans le but de publier les observations météorologiques, faites en Suède, et des bulletins diurnes concernant le tempe. M. Rubenson en devint le directeur.

Depuis 1870 sont recueillies, par les soins de l'administration du pilotage, des données relatives à l'état des glaces dans les eaux navigables en Suède. En 1878 fut organisé à Stockholm le Bureau nautique- météorologique qui, entre autres, dirige et utilise les observations météorologiques et hydrographiques faites à bord des vaisseaux et à certains phares. F, Malmberg (né en 1831) en fut le premier directeur. Après 1870, M. Hildebrandsson organisa des observations, faites par bon nombre d'observateurs volontaires, sur l'état des glaces dans les lacs et les fleuves, sur les orages, les nuits de gelée, les phénomènes dans le règne végétal et animal ainsi que sur le mouvement des nuages. En 1878, H, E. Hamberg (né en 1847) en fit autant relativement à la quantité de l'eau tombée et à la température. C'est encore lui qui, sur l'initiative du gouvernement, dirigeait, pendant la période de 1876 à 1897, un système d'observations organisé dans le but de vérifier l'influence des forêts sur le climat.

Pendant l'année 1898, des observations météorologiques furent faites en Suède à 1 station de V^ classe (Uppsala), à 64 stations de 2°** classe, à 348 stations de 3"* classe et à 134 stations de 4™« classe.

Les expéditions arctiques suédoises ont été d'une grande importance pour la science météorologique, surtout à partir de 1872, alors que le baron A. E, Nordenskiôld^ (né en 1832) eut l'heureuse idée d'établir à Mosselbay, sa station d'hivernage au Spitzberg, un observatoire météorologique-magnétique complet de première classe. Aussi fit-on, pendant cette expédition et les suivantes, non seulement des observations horaires sur les phénomènes ordinaires de météorologie et de magnétisme terrestre, mais aussi des observations spéciales concernant la lumière solaire, la température de la neige et de la terre à différentes profondeurs, le flux et le reflux, l'électricité atmosphérique et l'aurore boréale, etc. Des mesurages relatifs à la hauteur et au mouvement des nuages furent entrepris à la station météorologique-magnétique Cap Thordsen au Spitzberg, en 1882/83, par A^. Ekholm (né en 1848), et à Uppsala, à partir de 1884, par Ekholm, K, L. Hagstrôm (né en 1866) et d'autres. Au congrès international de Munich en 1891, on convint, sur la proposition de M. Hildebrandsson, de faire, simultanément à plusieurs places différentes, de tels mesurages, lesquels sont déjà entrepris, pour la Suède, à Uppsala, par •/. Westman (né en 1867) et A. Lundal (né en 1864).

VOYAGES SCIENTIFIQUES. GÉOGRAPHIE. 431

D'importantes recherches sur le climat de la Suède ont été publiées par Edlond, Rubenson, Hildebrandsson, Hamberg et d'autres, et sur la classification des nuages et les courants d*air supérieurs par Hildebrandsson et d'autres. Une contribution importante à ces matières a été donnée par 6\ A* Andrée (né en 1854), qui, pendant ses neuf voyages en ballon en Suède, a fait des observations minutieuses. M. Andrée a aussi fait de belles recherches sur l'électricité atmosphérique.

Série de publications officielles: «Bulletin mensuel de l'observatoire météorologique de l'université d'Uppsala», «Observations météorologiques en Suède >, publiées par l'Académie des sciences, par les soins de l'Institut météorologique central, et «Bulletin du Nord», publié en commun de la Suède, de la Norvège et du Danemark. Mi-officielle est la «Revue mensuelle de l'état de l'atmosphère en Suède», publiée souS l'inspection de l'Institut météorologique central par M. Hamberg.

VOYAGES SCIENTIFIQUES. GÉOGRAPHIE

La Suède n'a pris aucune part aux découvertes maritimes du commencement de l'histoire moderne, ni comme colonisateur, ni d'aucune autre manière. Au dedans des frontières de la Suède, il y avait pourtant un grand territoire où il nous fallait remplir le rôle de colonisateur, c'est-à-dire dans les parties les plus septentrionales du pays, surtout dans la province de Laponie. Le premier à décrire l'état de ces régions fut 0. Magni (1490/1658) qui en 1618/19 a voyagé dans la Scandinavie septentrionale jusqu'au Haut-Tomeâ. Sa grande carte du Nord, publiée à Vefnise en 1639 et, à un encore plus haut degré, son «Historia de gentibus septentrionalibus», imprimée à Rome en 1666, intéressèrent vivement le reste de l'Europe. A l'époque suivante, ces régions attirèrent une attention encore plus vive en vertu de conflits relatifs aux limites, et la première carte spéciale de la Laponie septentrionale fut publiée en 1611 par A. Bureus (1671/1646). La première expédition scientifique, sortie de Suède, fut dirigée vers la Laponie. Cette expédition fut ordonnée par le roi Charles XI, en 1696. J. Bilberg (1646/1717) et A. Spole (1630/99) y prirent part en qualité d'astronomes, et l'illustre 0. Rudbeck fih (1660/1740) en qualité de botaniste.

A l'époque de notre grandeur politique, l'horizon du peuple s'étendit au delà des propres frontières, mais la Suède était trop occupjée sur les champs de bataiUe de l'Europe pour pouvoir s'intéresser aux pays inexplorés. Grâce aux explorateurs privés et aux ambassades, envoyées aux souverains des pays lointains, la connaissance de ces pays fut répandue en Suède, mais les recherches géographiques n'en tirèrent aucun, ou presque aucun, profit. L'expérience, faite à cette époque, d'établir une colonie près du fleuve Delaware, où «La nouvelle Suède» subsistait de 1638 à 1666, et une autre colonie sur la côte de la Guinée, près du cap Corso, de 1660 à 1663, ne contribua non plus à augmenter la connaissance géographique de ces pays lointains. Les descriptions de ces régions, faites par les prêtres qui y furent envoyés, même après que la relation politique «itre la Suède et ces pays eut cessé d'exister, sont pourtant d'une assez grande valeur. Les guerres de Charles XII mirent des hommes suédois en rapport intime avec l'Orient. Suivant l'ordre du roi C Loo9 (mort en 1738) visita en 1710/11 l'Egypte, la Syrie et l'Asie mineure, d'où il rapporta des cartes, des plans et des desseins. M. Eneman (1676/1714) voyagea dans ces mêmes pays en 171 M 3, principalement pour faire des études philologiques. Les nombreux prisonniers suédois, qui, après la bataille de Pultava, furent emmenés en Sibérie, contribuèrent pour une grande partie à faire connaître ce pays et l'intérieur de l'Asie. En première ligne, il faut nommer F. J. v, Strahlenberg (1676/1747)

432 lY. l'enseignement et la culture intellectuelle BN 8UÈDB.

qui a fait ane grande carte de la Sibérie. Des descriptions d'un intérêt ethnographique des koriaks furent faites par J, B, Mûller, et des races de l'Asie la plus orientale, surtout des Tschouktchis par A, Molin^ tandis que L. Langt^ Suédois entré au service de la Russie, visita la Chine quatre fois entre 1715 et 1737.

Dès que Linné eut fait renaître les études des sciences naturelles, il prit l'initiative des expéditions scientifiques dans différentes parties du monde. 11 a lui-même visité la Laponie en 1732. P. Kalm (1716/79) fit des voyages dans l'Amérique du Nord en 1748/51, F. HoBselqmst (1722/52) en Egypte et en Palestine en 1749/52, P. Oabeck (1723/1805) en Chine en 1750/62, P. L^fliiiff (1729/56) en Espagne et dans l'Amérique du Sud en 1754/56, A, Martin dans la Mer Glaciale du Nord en 1758, P. Forskâl (1736/63) en Arabie en 1761/63, et C. P, Thimberg (1743/1828) dans la Colonie du Cap, l'île de Java et au Japon en 1770/79. î). SoZ(i7i(ier (1735/82) accompagna James Cook quand celui-ci fit son premier tour du monde en 1768 71, et A. Sparrman (1748/1820) prit part au deuxième tour du monde de Cook en 1772/75. Ici, il faut aussi nommer 0. Swartz (1760/1818) qui fit" des voyages aux Indes occidentales et dans différentes parties du continent du Nouveau monde, en 1783/85. Des découvertes vraiment géographiques n'entraient pour rien dans le plan de ces navigateurs, mais les résultats de leurs voyages ont été d'une très haute importance pour plusieurs branches de la géographie moderne. Sous ce rapport G, Wahlenberg (1780/1851) est plus éminent que tous les explorateurs déjà nommés. Pendant quatre expéditions en Laponie en 1800/10, pendant des voyages en Suisse et dans les monts Carpathes, il fit des déterminations exactes des hauteurs et plusieurs autres observations, qui, combinées avec ces nombreux recherches botaniques, exposées dans plusieurs ouvrages importants, ont fait qu'on le nomme, à côté de Humboldt, le créateur de la géographie des plantes.

Pendant la première moitié du 19™« siècle, bien des naturalistes suédois firent des voyages scientifiques dans diverses parties de la terre. Le plus célèbre parmi ces voyageurs est J. A. Wahlberg (1810/66) qui a choisi l'Afrique du Sud pour champ d'activité. Pendant son premier voyage, en 1839/44, il visita le Natal, le Pays des Zoulous et le Transvaal actuel; pendant le second il pénétra en 1854 de la Baie de la Baleine dans l'intérieur du pays jusqu'à 17" 41' de latitude sud, mais fut tué par un éléphant le 6 mars 1856.

C'est dans les pays arctiques que les recherches géographiques suédoises ont acquis leurs plus grands lauriers. En effet, les expéditions suédoises ont ouvert une nouvelle phase dans la connaissance de ces terres. Cette nouvelle phase a eu pour but non seulement de gagner des résultats purement géographiques, mais aussi de faire des études universelles et systématiques. Aussi la plupart de ces expéditions ont-elles été accompagnées de toute une foule d'hommes savants, et, en servant d'école pratique aux naturalistes suédois, elles ont été d'une grande importance. i

L'initiative de ces voyages fut prise par S. Lovén (1809/96), qui visita le Spitzberg en 1837. Les entreprises furent plus tard commencées par le voyage de 0. Torell (né en 1828) en Islande en 1857, le premier voyage de M. Torell et du baron A. E, Nordenskiôld (né en 1832) au Spitzherg en 1858, et celui qu'a fait M. Torell seul en Groenland en 1859. Puis, il faut mentionner la grande expédition au Spitzberg en 1861, dirigée par M. Torell. M. Nordenskiôld et encore sept autres naturalistes y prirent part. Pendant cette expédition, des recherches profondes furent faites sur les parties occidentales et septentrionales de l'Archipel. La troisième expédition au Spitzberg eut lieu en 1864, sons la direction de M. Nordenskiôld. Elle avait pour but principal d'examiner s'il y avait de possibilité d'y faire des mesures de degrés. La quatrième se fit en 1866 ayant également M. Nordenskiôld pour chef. Pendant celle-ci, le hateau à vapeur

VÔtAOËS SCIENTIFIQUES. flÉOGRAPnîE.

«la Sophie^ atteignit .81' 42' de latitude nord, la latitude la plus élevée observée jus<iue-là à bord d'un navire. Pour atteindre une latitude encore plus haute, si cela se pouvait faire, M. Nordenskiôld partit en 1872 encore une fois au Spitzberg comme chef d'une grande expédition. Il avait l'intention d'y hiverner et de marcher le printemps suivant sur la glace et, à l'aide de rennes, vers le nord, sortant de la partie la plus septentrionale de l'Archipel. A cause de quelques malheurs imprévus, l'excursion fut réduite à tel point que ce ne furent que MM. Nordenskiôld et L. Palander (né en 1842) qui franchirent les glaces de l'intérieur de la iKirtie du nord-est du Spitzberg, trajet d'où ils rapportèrent de riches résultats.

Adolf Nordenskiôld.

D'après un tableau de M. le comte G. von Rosen.

Depuis que les traits essentiels du Spitzberg et des îles voisines eurent été

connus grâce au susdits voyages, M. Nordenskiôld dirigea en 1875 ses recherches

vers Test, vers la mer de Kara, si redoutée jusqu'alors. Dans un petit navire

La Suède. L 28

Page 1