IV. L*ENSEIGNEMENT ET LA CULTURE INTELLECTUELLE EN SUÈDE
baleinier, il arriva cette année à Tembouchure de Tlénisséi. L'année suivante il entreprit encore une fois le même voyage avec succès, cette fois à bord d'un vapeur. L'expérience, acquise par ces voyages, démontrait la possibilité d'un passage du nord-est. M. Nordenskiôld forma donc le plan de l'illustre expédition, nommée d'après le vapeur «la Vega». Sous le commandement de M. Palander, ce vapeur, armé de toute une troupe de savants, partit de Karlskrona le 22 juin 1878. Tous les calculs, faits par M. Nordenskiôld, se montrèrent bien fondés, La mer libre le long de la côte du nord de l'Asie permit à l'expédition de passer vite l'embouchure de l'Iénisséi, la pointe la plus septentrionale de l'Asie et l'embouchure de la Lena, et ce ne fut que près du détroit de Behring qu'elle fat sérieusement gênée par les glaces. «La Vega» hiverna heureusement du 18 septembre 1878 au 18 juillet 1879. Peu de jours après que le bateau se fut délivré des glaces, le passage du nord-est était achevé. Le retour fut une marche triomphale grandiose, due à l'exécution d'un des plus glorieux exploits du 19°* siècle dans le domaine des découvertes géographiques.
Comme on le pense bien, les voyages des Suédois ne cessèrent pas après cette expédition. Dès 1880 quantité de grandes et de petites expéditions et même des naturalistes particuliers risitèrent différentes parties des régions boréales. Parmi les chefs de ces expéditions il faut citer A. E. Nordenskiôld, A. G. Natliorst (né en 1850), le baron G. De Geer (né en 1858), G. Nordenskiôld (1868'95), ./. Bjôrllng (1871/93) et A, Ilamherg (né en 1863). En 1898, une grande expédition, dirigée par M. Nathorst, a relevé le tracé de la «Terre du roi Charles > et fait le tour autour du Spitzberg.
En 1895, iS. A, Andrée (né en 1854) a présenté le hardi projet d'atteindre le pôle nord en ballon, projet fondé sur les observations sur la possibilité de diriger un ballon à l'aide de guideropes qu'avait faites M. Andrée pendant plusieurs ascensions en ballon. Dans ce but, une grande expédition au Spitzberg fut éciuipée en 1896, un hangar élevé à l'île des Danois et le ballon gonflé, mais les vent» favorables ne vinrent pas. L'expédition eut beau attendre près d'un mois. Enfin, il lui fallut retourner en Suède sans avoir pu monter. L'année suivante, M. Andrée est reparti pour le Spitzberg pour essayer encore une fois, et le 11 juillet 1897 à deux heures et demie de l'apnVmidi, le ballon Ornen (l'aigle) a fait son départ du port de Virgo. Dès ce jour, on n'a eu d'autres nouvelles certaines de M. Andrée et de ses deux compagnons N. Strindberg (né en 1872) et K. Fi'(nnkel (nv en 1H70) que celles reçues dans une bouée, trouvée en Islande en mai 1899, jetée du ballon à 10 heures 55 minutes le soir du jour du déi)art, et celles données par un pigeon voyageur, rencontré au nord du Sjjitzberg. Ce pigeon api)ortait une dépêche qui annonçait que le ballon se trouvait le 13 juillet à midi à 82' 2' de latitude nord et lô** 5' de longitude est.
S. A. Andrée.
VOYAGES SCIENTIFIQUES. GÉOGRAPHIE
En été 1899, on a aussi trouvé sur la côte septentrionale de la «Terre du roi Charles > la plus gi-ande des bouées qu'avait apportées M. Andrée. Malheureusement, elle ne contenait aucune nouvelle. Et hélas, tous les voyages faits pour chercher l'expédition ont jusqu'aujourd'hui été inutiles. De tels voyages ont été faits en Sibérie par J, Stadling (né en 1847) et F, Martin (né en 18G8) et dans la partie nord-est du Groenland par M. Nathorst. Pendant son expédition susnommée de 1898, celui-ci avait déjà fait des recherches d'Andrée. Une grande expédition faite exprès pour faire de telles recherches partit en 1899 pour le Groenland. Elle a soigneusement relevé le tracé du profond «Golfe de François-Joseph» et découvert un grand golfe au sud de celui de «François-Joseph*. Ce nouveau golfe a reçu le nom du roi Oscar II.
Sven Hedin.
La dernière grande entreprise des Suédois dans les régions arctiques est le vaste travail pour mesurer les degrés. Aujourd'hui on est occupé de ce travail au Spitzberg. La section suédoise, dirigée par E. Jàdetin (né en 1852) — l'autre section est russe et payée par la Uussie — fit des ouvrages préliminaires en 1898 et hiverna au Spitzberg en 1899/1900.
Ix?3 résultats des explorations suédoises des régions arctiques peuvent être résumées en ces mots. Pour la première fois, on a relevé le tracé du Spitzberg, des îles et des archipels voisins du Spitzberg et des parties des côtes naguère connues de l'Asie septentrionale et du Groenland. - Les Suédois ont contribué pour une très grande part à la connaissance générale des régions arctiques du
43(> IV. l'enseignement et la culture intellectuelle en suède.
Golfe de Baffin à l'ouest jusqu'au Détroit de Behring à l'est. Nous devons ces résultats non seulement à ceux qui ont pris part aux expéditions mai» aussi au Roi Oscar II et à 0. Dickson (1823/97), tous deux illustres mécènes des explorations arctiques suédoises.
Des explorateurs suédois ont aussi été très actifs dans d'autres parties du monde pendant la dernière moitié du 19"® siècle. Nous ne voulons mentionner ici que quelques-unes des explorations les plus importantes.
En Asie, S. Hedin (né en 18G5) a entrepris deux voyages en Perse en 1886/86 et en 1890/91, et un en 1893/97 à travers l'Asie. Pendant ce dernier voyage, il a traversé le Pamir, le désert de Takla-makan, le bassin du T<irim et le Thibet septentrional. Exposé à des dangers gi-aves et à de grandes souffrances, il s'est servi de chemins, en partie non frayés. En retournant, il a pris la route qui, sortant de Peking, traverse la Mongolie et la Sibérie. En 1899, il est parti encore une fois pour l'intérieur de l'Asie. Des explorations ethnographiques sont faites par Hj. Stolpe (né en 1841) aux Indes et par F. Martin dans l'Asie russe, et des explorations géologiques par Hj. Sjôgren (né en 1856) à la Caucasie et dans les pays transcaspiens.
Plusieurs des explorateurs suédois ont choisi l'Afrique pour champ d'activitA Le manteau de Wahlberg fut relevé par Cli. Andei^sson (1827/67), qui voyageîtit de 1850 à 1867 dans les pays de Damara et d'Ovambo. I/activité de commerçant et de collecteur d'Andersson a été poursuivie par A, Ericsson. Bien des Suédois ont travaillé au service du nouvel État indépendant du Congo. Parmi c<îux qui se sont fait un nom ou en publiant des écrits ou en faisant des collections, citons E. Gleerup (né en 1860), P. Môller (né en 1858), G. Pageh (né en 1855), A. Wester (né en 1856), M, Juhlin-Dannfelt (né en 1859), If, /y. r. Schwerin (né en 1853). Dans le Cameroun, G, Waldau (xi{^ qh 1862) et K, Knutson (né en 1857) ont occupé la même place que M. Ericsson pins loin vers le sud.
Dans rAmériquc du Sud, le médecin suédois A, Regnell (1807/84) s'est établi en 1840. Durant quarante- quatre années, il travaillait avec un succès extraordinaire à explorer le Brésil au point de vue de l'histoire naturelle de ce pays. De son vivant aussi bien qu'après sa mort, il a, en faisant des donations dans ce but, rendu possible à plusieurs explorateurs suédois de faire des études dans cette partie du monde. 0. Nordenskiôld (né en 1869) s'est dirigé en 1895/97 vers les pays de Magelhaens. Dans l'Amérique centrale, C, V. Hartman a fait de vastes recherches archéologiques et ethnographiques, et G, Nordenskiôld a fait des fouilles importantes dans les districts limitrophes du sud des États-Unis.
Ces voyages scientifiques, de même que plusieurs autres, faits par les Suédois vers la fin du 19^® siècle, ont été exécutés moins pour faire des découvertes géographiques que pour faire des recherches universelles sur l'histoire naturelle des divers pays. Les résultats de ces recherches sont exposés soit dans des descriptions de voyage particulières, soit dans les publications de l'Académie royale des sciences. Ce sont surtout les recherches exclusivement scientifiques qui sont exposées dans ces dernières publications. La Société suédoise d'anthropologie et de géographie, fondée à Stockholm en 1873 et plus tard réorganisée, a été très importante pour ce qui concerne les études géographiques et ethnographiques, surtout par sa revue ^Ymer^, dont la vingtième année a commencé en 1900. (Voir en outre la page 353).
Plus nous connaissons la géographie universelle, plus nos recherches géographiques portent sur des études fort détaillées de notre pays à nous. En effet, les Suédois ont aussi fait de telles études à côté de leurs voyages dans les pays étrangers. Une riche littérature topographique sur différentes parties de la Suède a paru, principalement dans les temps plus reculés. Parmi les descriptions résamces de la Suède, il faut nommer les omTages de D, Djurherg (1744/1834),
VOYAGES SCIENTIFIQUES. GÉOGRAPDIE.
de 6'. V, Tham (1812 73; sa description n'est pas achevée) et de M. Hôjer (nd en 1840). Une description de la Suède correspondant aux exigences de la science moderne nous manque encore, mais dans les publications de la statistique officielle ainsi que dans les cartes officielles, il y a des matériaux considérables pour en faire une. La géographie physique s'est développée grâce aux importantes recherches géologiques, faites en Suède pendant ces dernières dizaines d'années. I.es meilleurs résultats de ces recherches sont exposés dans vingt-deux volumes d'actes, publiés par la Société géologique de Stockholm, fondée en 1871. Dans la climatologie, la géographie des plantes et d'autres domaines qui sont en rapport avec la géographie botanique, des ouvrages remarquables sont faits, dont des résumés sont donnés dans d'autres parties de ce chapitre. Dans l'histoire de la cartographie et de la géographie, la Suède peut se vanter des ouvrages initiateurs de A. E. Nordevskiôhl «Facsimile-Atlas'^ (publié en 1889) et «Periplus» (publié en 1807).
Le départ de Andrée vers le pôle nord, le 11 juillet 1S97.
TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES
L«â chiirt^ I et II indiquent la première et la seconde partie. Les petits chiffres romains se réfèrent anx pages i — ix an commencement de Tonvrage.
Les caractères suédois â, â, ô suivent le caractère z.
Abeilles. II: 70.
Abel. 1: 427.
Abrahamssonf A. I: 282.
Abyssinie. I: 283.
Académie d'agriculture. 1: 352, 11: 90, 91, 376. j
— de musique. I: 353.
— des beaax-arts. 1: 352, 408. |
— des belles-lettres, d'histoire et d'archéologie. I: 351, 368, 402, 404.
~ des sciences. I: 351, 355, 368, 422, 430. II: 367.
— des sciences militaires. I:
~ saédoise. L 350, 365, 402.
Accidents pendant le travail.
Accises. 1: 188.
Acétylène. II: 337, 364, 498.
Acharius, E. I: 415.
Acide azoUque. II: 339, 342.
— carboliqne. II: 337.
-carbonique. 11:331,345,346.
— chlorhvdrique. II: 339.
— lactique. Il: 345.
— sulfurique. II: 338.
Icier. II: 231, 248, 250, 346,