‹ La SuèdeChapitre 17 sur 361 · OROGRAPHIE ET HYDROGRAPHIE · texte numérisé non relu

OROGRAPHIE ET HYDROGRAPHIE

Le nord-ouest de l'Europe, c.-à-d. la péninsule Scandinave, la Finlande et le nord-ouest de la Russie, jusqu'à la Neva, au Ladoga, à l'Onega et à l'embouchure du fleuve de Wyg dans la Mer Blanche, est un massif continu de roches primitives, offrant en général le même faciès géologique et les mêmes formations de terrain. La partie de ce massif appartenant à la Suède se compose de deux régions principales: la Suède du Nord et la Suède du Sud, la première, plus grande et plus élevée, dont les eaux se rendent au golfe de Bothnie, la seconde, plus basse, envoyant ses eaux à la Baltique et au Kattegat.

Quoique la Suède du nord offre en effet une assez grande altitude moyenne, elle n'atteint nulle part une hauteur bien remarquable. Comme le montre le tableau 1, environ la moitié de la Suède ne s'élève pas à 200 mètres au-dessus de la mer, et un cinquième seulement dépasse 400 mètres. Nos plus hautes montagnes n'atteignent qu'à une hauteur faiblement supérieure à 2,000 mètres, tandis que p. ex. le Mont- Blanc va jusqu'à 4,800 mètres environ. On peut donc dire qu'en général, à l'exception des régions alpines et alpestres du nord-ouest, la Suède est principalement un bas pays, circonstance naturellement très avantageuse au point de vue climatologique.

Si toutefois la Suède présente en prépondérance les caractères d'une altitude peu considérable, elle n'offre cependant que d'assez faibles étendues de plaines. La majeure partie du pays se compose de vallées que séparent des collines intermédiaires. C'est dans ces vallées que la population est réunie et le sol cultivé; la forêt prédomine sur les flancs et sur les hauteurs. Le fond de la vallée est toujours occupé par un cours d'eau, grand ou petit, qui s'étend en lac dès qu'il rencontre un obstacle sur son passage. Aussi la Suède est-elle, après la Finlande, le pays de l'Europe le plus riche en eaux. Sur le chiffre global de 447,862 km.c, les lacs occupent 36,667 km.c, par conséquent au delà de 8 %, surface à peu près aussi grande que tout le royaume de Danemark. Dans ce chiffre ne sont pas même comptés les innombrables baies qui souvent, avec leurs bras multiples, pénètrent profondément danâ les terres.

Ces nombreuses nappes d'eau douce, dont plusieurs appartiennent aux plus grandes de l'Europe, forment le trait le plus caractéristique du paysage suédois, et contribuent éminemment à sa beauté.

Passant à l'aperçu succinct des conditions topographiques de notre pays, nous commençons par

A) La Suède du Nord, désignation sous laquelle nous comprenons ici non-seulement toute la partie de notre pays que l'on a coutume d'appeler le Norrland, mais aussi la province de Dalécarlie en Svealand.

OROGRAPHIE BT HYDROGRAPHIE.

Tabl. 1. Répartition de la superficie (Taprès les latitudes et la hauteur

au-dessus de la mer.^

Entre les latitudes.

Superficie totale.

Kilom. c.

Dont à une hauteur au-dessus du niveau de la mer de

plus de 400 m.

au-dessous de 100 m.

Plus

de 400

Audessous de 100 m.

m— es . .

Total

La partie occidentale de la Suède du nord forme une région alpestre s'étendant en longueur du nord au sud et s'abaissant vers la mer. La région alpestre, dont les parties situées du côté de la frontière norvégienne sont d'ordinaire appelées « Kôlen > (quille), a ses sommets les plus élevés sur le territoire suédois. Cette région est traversée par un grand nombre de vallées profondes qui vers Test vont s' élargissant en une série de grands lacs, d'où sortent des fleuves puissants coulant vers le sud-est et le golfe de Bothnie. Le pays entre et autour de ces lacs forme une vaste région lacustre occupant une zone au centre de la Suède septentrionale, et à Test de cette zone se trouve la région côtière le long du golfe de Bothnie.

La région alpestre peut être divisée en un grand nombre de groupes, dont environ une dizaine de sommets atteignent une altitude de 2,000 mètres et au-delà; un grand nombre d'autres sommets ne leur sont que faiblement inférieurs. Ces hautes montagnes forment avec leurs glaciers et pics neigeux un grandiose monde alpestre, à peine inférieur en beauté majestueuse aux alpes suisses ou norvégiennes, bien que peu connu encore des étrangers.

A l'est des hautes régions alpestres, les montagnes s'abaissent graduellement et remplissent les intervalles entre les lacs, tantôt de rochers dénudés, tantôt de hauteurs boisées qui bientôt se confondent avec le vert tapis de la plaine en une immense zone forestière. Cette < mer de forêts >, qui s'étend ainsi sur une grande partie de la Suède du nord, joue un rôle colossal dans l'économie du monde entier: c'est

^ Selon M.. 0. Appelberg.

Cen.srab.Lit.Ansr.Stockholm.

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grâce à elle que la Suède a pu s'élever au rang de premier pays exportateur de bois du monde.

Les parties les plus basses de la région centrale sont occupées sur une foule de points par des marais et des prairies inondées, à Tavenir cultural desquels notre agriculture attache de grandes espérances. Dans la région côtière de la Suède du nord, Tagriculture, exploitée avec succès depuis des siècles, est sans nul doute encore susceptible d'nn vigoureux développement.

Mont BuotivarCf en Laponie.

Par suite de la formation en terrasses qui vient d'être décrite, les cours d'eau de la Suède septentrionale sont fortement encombrés de rapides et de chutes, ne leur donnant qu'une faible importance comme moyens de communication. Leur valeur économique consiste principalement en ce qu'ils servent au flottage des bois jusqu'aux scieries des côtes. Les rapides et les chutes d'eau possèdent cependant encore une autre importance grâce à leurs immenses ressources en forces naturelles qui, à mesure du développement de l'électricité, seront un levier d'une valeur inappréciable pour l'industrie suédoise. Les immenses forêts viennent d'être mentionnées. D'une valeur non moins grande sont les trésors presque inépuisables de minerais de fer et d'assez grandes quantités de minerais d'autres métaux.

La Suède du nord renferme huit grands bassins principaux. Le plus septentrional est

a) La vallée de Torned. Cette région, parcourue par le fleuve de Tornedelfy avec ses affluents, et par le Kalixelf, qui forme avec le premier le phénomène géographique très rare d'une bifurcation, n'appartient que par sa partie occidentale à la Suède, le pays à l'est du Muonioelf étant territoire finlandais.

Fleuve de Luleâelf {en Laponie).

Photo, y. ODKLBsno.

La partie suédoise de la vallée de Tomeâ comprend 45,000 kilom. carrés,^ soit un peu plus de la moitié de l'Ecosse. Malgré sa situation septentrionale (en majeure partie au delà du cercle polaire), ce bassin fluvial se distingue, dans sa partie inférieure, par sa fertilité et par l'abondance des terres cultivables. Il tire néanmoins sa principale importance de sa richesse en minerais de fer (mines de Gellivare, Kirunavara,* Luossavara etc.), dont l'exploitation a récemment commencé. — De même que les autres bassins fluviaux, celui de Torneâ possède aussi sa grande nappe d'eau douce, le lac de Torned (360 km.c). Entouré d'imposantes montagnes neigeuses, ce magnifique lac alpestre attirera sans nul doute un courant considérable de touristes lorsque, dans deux

^ Les chiffres mentionnés ici pour la superficie des yallées sont ceux donnés par M. 0. Appelberg, et ne comprennent pas les petites vallées latérales.

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OU trois ans, la voie ferrée, la plus septentrionale du monde, en longera les rives. La vallée de Torneâ est de plus remarquable au point de vue touristique, comme étant l'endroit le plus accessible pour la contemplation du célèbre phénomène qui se nomme le t soleil de minuit >.

Dans la partie septentrionale de la vallée s'élève, près des sources du Kalixelf, le plus liaut sommet de la Suède, le Kebnekaisé (2,135 mètres), qui est en même temps la plus haute cime de l'ancien monde au nord du cercle polaire.

b) La vallée de Luled (25,000 km.carrés), autour des deux fleuves de Luleâ et des gfands lacs du même nom situés au centre de la vallée, Tune des régions les plus sauvages, mais aussi les plus grandioses de l'Europe entière. Spécialement connus et admirés sont les deux immenses chutes d'eau, le Stora Sjôfallet et le Harsprânget, ainsi que les deux pics de Sarjektjâcko (2,125 m.) et de Sulitelma (1,880 m.). Cette partie également est riche en minerais qui lui promettent un grand avenir.

c) La vallée de Pited (24,000 km.c.) enceignant les fleuves de Fiteâ et de Skellefteâ. C'est par ce dernier cours d'eau que se déverse le grand lac Hornafvan, formant, avec l'Uddjaur et le Storafvan, une vaste mer intérieure de 800 km.c. au centre des montagnes.

d) La vallée éCTJmed (27,000 km.c.) enserrant le fleuve du même nom et celui de Vindelelfven, qui finissent par se réunir.

e) La vallée de VÂngermanelfven (31,000 km.c.) comprenant le bassin de ce fleuve et de ses affluents. C'est dans cette vallée et dans les deux suivantes, que s'est principalement concentrée la grande industrie des scieries suédoises. Toutes les trois sont célèbres par leurs beautés naturelles. On s'accorde spécialement à appeler l'Angermanland le «jardin du Norrland», et son fleuve majestueux, qui, seul de tous les grands cours d'eau du Norrland, est navigable sur une partie considérable (100 km.) de son cours, est regardé par bien des personnes comme l'emportant en beauté sur le Rhin et sur le Neckar. On y rencontre, comme aussi, mais plus rarement, sur quelques autres points de la Suède du nord, des formations naturelles toutes particulières portant le nom de cnipor». Ces formations, les Bluffs de l'Amérique du Nord, se produisent partout où le terrain descend abruptement vers le fleuve, et consistent en des parois ayant jusqu'à 30 m. de hauteur, tantôt ayant la couleur blanche du sable et de l'argile, tantôt recouvertes d'herbe et rappelant alors des glacis gigantesques. Une autr^ particularité de cette vallée est que les montagnes et les hauteurs accompagnent le fleuve jusqu'à la mer.

f) La vallée du Siorsjôn (37,000 km.c), englobant les grands cours d'eau de VIndalselfven et de la Ljungan, comprend la majeure partie de la province de Jemtland et la totalité du Medelpad. Déjà dans la partie supérieure de la vallée s'étend une plaine considérable entourant

Gen.srab Lir.Ansr.Srockholm.

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le lac Storsjôn (540 km.c, la superficie du lac de Constance), plaine dont la fertilité, les cultures et la densité de la population n'ont guère leurs pareilles entre le 63°»® et le 64°*® degré de latitude. L'air frais et fortifiant des hautes montagnes environnantes a provoqué la création d'une quantité de sanatoriums. On pourrait même dire que tout le Jemtland n'est en réalité qu'un «immense sanatorium», circonstance que confirme d'une manière éclatante la statistique de la mortalité. Au point de vue de l'exploitation des forêts et de l'industrie des bois, cette vallée est la première de notre pays, et sa capitale, Sundsvall, est, comme port d'exportation des bois, le plus important du monde entier. La vallée est non moins digne d'attention pour ses beautés naturelles. Des sommités alpestres de sa partie supérieure, les plus connues sont VAreskutan (1,472 m.)^ et le Syltoppen (1,790 m.), ce dernier au voisinage de la frontière norvégienne.

Bapides de Porsiforsen, dans le Luleâelf.

g) La vallée de la Ljusnan (20,000 km.c), autour de la grande rivière du même nom, comprend les provinces de Herjedalen, au nordouest, l'une des régions les plus désertes de la Suède, et de Helsingland, au sud-est, beaucoup plus peuplé et infiniment mieux cultivé. Ces deux provinces sont d'une richesse inouïe en forêts.

h) La vallée du Dalélfven (28,000 km.c.) entourant le fleuve du même nom et ses deux branches. Cette vallée est la plus méridionale de la Suède du nord. Quoique Ton y rencontre aussi les deux sommets de Svuckustôten et de Stàdjan, qui s'élèvent aux altitudes respectives de 1,758 et de 1,176 mètres, la nature alpestre a généralement disparu, et tout en continuant à recouvrir une forte partie du pays, les montagnes n'atteignent pas dans la règle une hauteur bien considérable. La majeure partie de cette vallée est occupée par la romantique province de Dalécarlie, Tune des plus célèbres parties de la Suède par sa ravissante beauté, sa richesse en minerais, ses nombreux souvenirs historiques et l'originalité de sa population. C'est principalement autour du lac Siljan (340 km.c), que la nature et la vie dalécarliennes offrent leurs caractères typiques. Au nord du cours inférieur du Dalélfven se trouve la petite province de Gestrikland. Avant de se jeter dans la mer, le fleuve forme la grandiose cataracte à*Elfkarleby.

Avec un certain nombre de vallées plus petites passées ici sous silence, la Suède du nord comprend une superficie d'environ 290,000 km.c, soit près des deux tiers de la superficie totale du pays, mais, quant au nombre des habitants, elle ne comporte que 1 million, ou seulement le cinquième de sa population.

La Suède méridionale, à laquelle nous passons maintenant, nourrit par contre 4 millions d'hommes, sur une superficie de 160,000 km.c. seulement. Il est donc parfaitement naturel qu'à l'heure présente, du moins, le centre de gravité de la Suède se trouve dans cette partie de notre pays.

B) La Suède du Sud. Quoique aucune partie de la Suède méridionale n'atteigne une bien grande hauteur au-dessus de la mer, on peut cependant distinguer ici de même entre les basses régions intermédiaires de la Suède centrale et le haut-plateau de Smâland, auxquels vient s'adosser, comme une partie distincte, la région la plus méridionale de la péninsule, la province de Scanie.

a) La basse région de la Suède centrale forme une dépression allant de la Baltique au Kattegat, sur laquelle la mer roulait ses vagues dans des temps lointains, et dont les parties les plus basses sont encore occupées par les grands lacs de la Suède centrale: le Màlaren (1,163 km.c), le Hjelmaren (480 km.c), le Vettern (1,899 km.c.) et le Venern (5,568 km.c).* .Dans ces lacs se réunissent les eaux de la Suède centrale, et les plaines considérables qui ceignent leurs rives ont été les premiers centres de la civilisation suédoise. C'est aussi dans ces régions que s'est effectuée la concentration politique du royaume de Suède. Au point où le Mâlaren unit ses eaux douces aux eaux salées de

^ La superficie des lacs est indiquée partout dans cet oavrage avec déduction de leurs îles. Quant au lac Hjelmaren, la superficie vient d'être diminuée au dessous du chifi're cité par suite de dérivations de ses eaux.

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la Baltique, s'élève la capitale de la Suède, Stockholm, et là où le Gôtaelf déverse dans l'Atlantique les eaux du Venern, se trouve notre seconde ville. Grotliembourg.

A travers ce bas pays s'étend, des rives orientales du Venern aux rives septentrionales du Vettern, et de là, en décrivant une courbe du côté du nord, vers les rivages de la Baltique, une large zone forestière portant les noms de Tiveden et de Kolmârden, dont la faible intensité de culture et la population clair-semée se reflètent dans la carte de la densité de la population.

Rapides de Vângforsen, dans V Angermanelfven. ^^^^•^\^' nilssox,

Les régions forestières et montagneuses qui séparent la Suède centrale de celle du nord, se distinguent par leurs grands gisements de fer (provinces de Vermland, de Vestmanland et d'TJppland), qui, sans pouvoir, il est vrai, se mesurer en extension avec les immenses champs ferrugineux de la Suède du nord mentionnés ci-avant, sont toutefois en qualité les meilleurs que possède le monde. L'agriculture et l'élevage des bestiaux constituent néanmoins les principales industries de la Suède centrale. On y trouve cependant aussi des forêts considérables.

Ici, les montagnes et les cours d'eau sont en général insignifiants. Sur la plaine séparant le Venern du Vettern, s'élèvent toutefois quelques éminences remarquables au point de vue géologique, telles que le Kinnekulle, le Halleberg, le Hunneberg etc., et dans la région à Test du Vettern, VOmberg^ intéressant par la même raison. En général, le

pays est très coupé dans la Suède centrale, ce qui, en combinaison avec ses nombreuses et étincelantes nappes d'eau douce, donne à cette région des charmes naturels tout particuliers. Les parties les plus célèbres à cet égard sont les provinces de Sudermanie au sud du Mâlaren, et de Vermland entre le Venern et la Suède du nord.

Aux plus grandes beautés naturelles de la Suède appartiennent aussi trois des grands lacs de la Suède centrale: le Mâlaren avec ses verdoyants rivages et ses 1,200 îles, le Vettern aux eaux cristallines, et le Venern avec son immense surface aquatique où, comme sur la mer, les côtes s'évanouissent à l'horizon. (On se rappellera que la superficie du Venern dépasse au moins dix fois celle du lac de Constance.) Célèbre est aussi le plus grand cours d'eau de la Suède centrale, le Klarélfven, qui se déverse dans le Venern, dont il entraîne les eaux vers la mer sous le nom de Gôtaélf, C'est ce dernier cours d'eau qui forme les chutes célèbres de Trollhàtfan. Après le Klarelfven et le Gôtaelf, le plus important cours d'eau de la Suède centrale est le Motalastrôm, qui porte à la Baltique les eaux du Vettern.

Mont Âreskutan, en Jemtland.

b) Le Haut-plateau de Smâland. Au sud du Vettern, les parties intérieures de la Suède sont occupées par un plateau qui s'élève audessus des basses régions de la Suède centrale, quoique seulement à une altitude d'environ 300 mètres ou, à ses points les plus élevés, de 380 mètres au-dessus de la mer. De ce plateau, comprenant, à côté de la

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majeure partie du Smâland, qui lui a donné son nom, quelques régions des pTOYinces voisines, le pays descend vers les côtes à Test, à l'ouest et au sud. Sur quelques points, les hauteurs vont jusqu'à la mer, comme dans la petite province côtière de Blekinge, Tune des plus pittoresques de la Suède; à cette exception près, la côte forme généralement une plaine. Le haut-plateau est bien boisé, mais se distingue en général par un sol stérile et une population clair-semée. Les rapides et les nombreuses chutes formés par les cours d'eau se rendant dans toutes les directions, fournissent par contre une excellente force motrice, qui a commencé à être utilisée sur une assez vaste échelle au profit de l'industrie.

Séparée du haut-plateau smâlandais, quoique le rappelant à certains égards, la petite province de Bohuslàn occupe la partie la plus septentrionale des côtes occidentales de la Suède au nord de Gothembourg. Avec ses hauteurs escarpées et ses vallées étroites, elle peut être considérée plutôt comme une partie de la Suède du nord, envoyant ici le long des frontières norvégiennes ses derniers embranchements vers la mer. Le Bohusl&n se compose en grande partie de rochers nus, et est excessivement pauvre en forêts comparativement aux autres parties du pays. Les étroites vallées sont néanmoins d'une grande fertilité, et il se fait en dehors des côtes une pêche importante; aussi cette région est-elle bien peuplée au point de vue suédois. C'est ce que l'on ne peut pas dire, par contre, des régions situées immédiatement au nord, le long de la frontière norvégienne, qui appartiennent aux plus pauvres de notre pays.

Sous la latitude du Smâland se voient, dans la Baltique, les grandes îles à'Ôland (1,345 km.c.) et de Goiland (2,959 km.c.). Toutes deux ont en partie des côtes escarpées, mais les régions intérieures forment des plaines d*une grande fertilité, circonstance à laquelle contribue, surtout à Gotland, la douceur du climat insulaire. Cette dernière île, qui formait au moyen âge un État à part, et domina pendant une certaine période le commerce de la Baltique, possède encore, depuis ces temps lointains, une richesse de monuments historiques, qui en font l'une des plus intéressantes contrées de l'Europe septentrionale.

c) La Scanie^ la presqu'île suédoise s'avançant le plus au sud, de la superficie de 11,000 km.c, se compose en majeure partie d'une plaine basse fertile, le ^grenier de la Suède». Non moins de 75 % de la région sud-ouest de cette province se composent de terres cultivées, certains districts mêmes en ont jusqu'à 80 à 90 j^. A côté de cette richesse de la terre, la Scanie possède aussi les seuls charbonnages de la Suède, d'où vient que la péninsule scanienne se livre en outre à une industrie et à un commerce considérables. Son importance dans la vie économique de la Suède est par conséquent infiniment plus grande, que l'on ne pourrait s'y attendre d'après sa superficie relativement faible.

Lac Anjanf en Jemtland.

Les côtes de la Suède offrent une particularité qu'elles ne partagent qu'avec la Norvège, la Finlande et un petit nombre d'autres pays situés sous des latitudes à peu près correspondantes. Une chaîne de rochers plongés sous la mer ou immergeant à sa surface, interrompue seulement sur un point, entoure la Scandinavie tout entière du cap Nord à Haparanda, d'où elle suit les côtes finlandaises. Ces rochers, ces îles, ces îlots et ces récifs, dont le nombre se chiffre par millions, portent chez nous et en Finlande le nom de Skftrg&rd (enceinte ou barrière de récifs, les Scheeren des Allemands), indiquant qu'ils forment comme une palissade ou une barrière autour de nos côtes, et brisent la force des vagues avant qu'elles ne parviennent à la terre ferme. Si même les eaux rugissent et se déferlent en dehors dans toute leur violence, elle permet de naviguer sans crainte à l'intérieur à peu près comme dans des eaux calmes. Les côtes du Halland méridional et de la Scanie manquent seules de skàrgdrd.

Cette formation côtière joue naturellement un grand rôle dans la défense de la péninsule Scandinave, la navigation sur nos côtes étant l'une des plus dangereuses du monde pour ceux qui n'en connaissent pas les dédales.

CLIMAT

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