CLIMAT
De la surface totale de la Suède, 65,000 kilomètres carrés, ou environ 15 centièmes, sont situés au nord du cercle polaire; le reste appartient à la zone tempérée. Il a déjà été indiqué dans ce qui précède que relativement à sa situation boréale, la Scandinavie jouit d'un climat extrêmement favorable. La cause principale en doit être cherchée dans les mers tièdes qui baignent les côtes de la Norvège, et qui sont chauffées à leur tour par le Gulf-Stream. Ce régime de chaleur produit directement une répartition particulière de la pression atmosphérique, qui amène la prédominance des vents du sud-ouest soufflant des mers chaudes dans tout le nord-ouest de l'Europe, surtout en hiver. Il en résulte une élévation tout à fait anormale de la température hivernale sur les côtes de la Norvège, avec un adoucissement très marqué de la saison froide même dans les parties intérieure et orientale de la péninsule Scandinave.
Fleuve d'Indaîselfven (en Medelpad).
La vaste extension de la Suède dans la direction du nord au sud, soit à peu près un sixième de la distance du pôle & Téquateur, suffit à elle seule à produire des différences climatologiques considérables. Deux autres causes tendent à augmenter cette différence. L'une est que la
La Suèdt. I. "i
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CLIMAT
partie septentrionale de la Suède est séparée par la chaîne des Alpes Scandinaves de l'influence des vents attiédis du sud-ouest, et Tautre, que l'altitude moyenne de cette partie est plus grande que celle de la partie méridionale. Comme conséquence, la température annuelle moyenne descend au-dessous de zéro dans les parties situées le plus au nord, tandis que sur les côtes sud et sud-ouegt de la Suède, elle s'élève jusqu'à VC, et même légèrement au-dessus. Le tableau suivant donne les tem- )H$ratnre8 annuelles moyennes en degrés Celsius (centigrades) pour quelques localités de notre pays, d'après des observations faites, dans la plupart des cas, pendant les années 1860/94.
Tabl. 2. Températures annuelles moyennes de quelques localités.
SUtioos.
Latitude nord.
Altitude»
en mètres.
Degrés Celsius.
Stations.
Latitude nord.
Altitude»
en mètres.
Degrés Celsius.
Selon les ob-
MTVHr
lions.
Réduction au Divean de la mer.
Selon leeob- »«»rTations.
Réduction au niveau
de la.
mer.
Kuresnando..
Jockmock
Haparanda ...
Pite4.
Strômstad ...
Askersund...
Nykflping....
Linkdping ...
Venersborg..
Skara
JOnkOping...
Vestervik ...
Gothembonrg Visby
Stenscle
Dmeâ
Ôstersoiid ....
Hernasand....
Gefle
Falun
UppMla*
Vesterâa
Karhtad
Stockholm^..
Ôrebro
Vexjô.^
Halmstad....
Kalmar
Earlshamn ..
Lund»
Ajontons, à titre de comparaison, que la température annuelle moyenne est de 9-r à Berlin (intérieur de la ville), de lO-o* à Londres (observatoire de Greenwicli) et de 10-7° à Paris (intérieur de la ville).
Les chiffres du tableau ne montrent cependant pas toute la différence qui existe entre les climats des régions septentrionales et méridionales de la Suède, ni entre ces dernières régions et l'Europe centrale, car la différence varie fortement avec les saisons. On aura une idée plus exacte de ce fait en étudiant les courbes du diagramme page 23, qui mettent en évidence la température moyenne de chaque jour de Tannée, d'une part à Paris, de l'autre sur trois différents points de la Suède: Lund dans la partie la plus méridionale de notre pays, Stockholm dans la partie centrale, et Haparanda sur la rive septentrionale du golfe de Bothnie. Le diagramme nous montre que le mois de juillet est partout le plus chaud, mais qu'à Paris c'est le mois de janvier qui
' L'observatoire astronomique. — ' L'altitude est indiquée pour la place où ont été installég les instruments d'observation.
est le plus froid, tandis que dans les trd[a^ofalités suédoises, S'est février. Pendant ce dernier mois, la température *dè Paris présente sur celle de Haparanda un excès s'élevant jusqu'à 15*8 , tandis qu'en juillet la différence n'est que de 3-9°. Quant à Stockholm, la température y est de 7*6** au-dessous de celle de Paris pendant février, les températures de juillet comportant 18*9° dans la capitale de la France et 16-9° dans celle de la Suède. On voit donc que, malgré sa courte durée, l'été de notre pays septentrional n'est pas singulièrement inférieur à celui de la France par rapport au degré de chaleur. Cela explique plainement pourquoi il est possible en Suède de cultiver la terre avec succès même au nord du cercle polaire, où la température moyenne de l'année se tient au-dessous de zéro.
La courte durée de notre été est du reste contre-balancée dans une certaine mesure par la longueur des jours d'été et leur abondance de lumière solaire, dont l'influence salutaire sur la vie des végétaux et des animaux trouve sa plus ample expression dans un pays septentrional comme le nôtre. A Karesuando (68° 26' de latitude nord), le soleil reste au-dessus de l'horizon pendant 53 jours consécutifs, du 26 mai au 18 juillet, à Haparanda (65° 50') un peu plus de 23 heures au solstice d'été, à Stockholm 18 heures V2, et à Lund 17 heures V« etc. Ce résultat est causé en partie par la réfraction atmosphérique, qui augmente la durée moyenne du jour de 30 minutes au nord et de 15 minutes au sud de notre pays (le nombre correspondant n'étant que de 4 minutes à l'équateur). Mais, ce qui est plus important encore, le crépuscule dans la partie septentrionale du pays ajoute plusieurs heures de plus à la durée du jour pendant l'été. En effet, on jouit déjà à Hernôsand (62° 38') d'un jour non-interrompu du 16 au 27 juin.
L'été suédois est donc, surtout dans le nord du pays, une saison où il fait un jour à peu près continu. Ces soirées et ces nuits claires, où la nature entière semble plongée dans une rêverie silentieuse, ont une beauté magique pour l'étranger qui nous visite, et lui laissent un souvenir ineffaçable.
L'influence bienfaisante des jours d'été en Suède est encore augmentée par le nombre considérable des heures de soleil, plus grand p. ex. dans cette saison à Jockmock, dans l'intérieur de la Laponie, qu'à Rome ou à Madrid. Cela s'explique par le long séjour du soleil au-dessus de l'horizon, et par la nébulosité relativement faible de l'été dans nos contrées. En effet, il n'y a en moyenne, pour tout le pays, que 50 centièmes de la voûte céleste couverts de nuages en juin, contre 74 en décembre. Ce phénomène, dont on ignore la cause, entraîne des conséquences importantes pour notre climat. L'insolation agit ainsi avec une grande liberté relative pendant l'été, tandis que la perte de chaleur causée par le rayonnement est en grande partie interceptée dans la saison d'hiver, ce qui nous donne un été relativement chaud et un hiver sans froid excessif. L'intérieur et le nord de la péninsule possèdent cependant deux régions où le rayonnement hivernal est
Tabl. 3.
CLIMAT
Durée des saisons dans quelques localités.
Stations.
Latitude nord.i
Date du commencement de chaque saison.
Durée des saisons en jours.
HlTar.
Printemps.
Été.
Automne.
Hiver.
Printemps.
Été.
Automne.
Kaiesnandc.
Jockmock
Haparanda...
Ume&
4 oct.
29 sept.
21 oct.
28 oct.
21 oct.
15 nov.
24 nov. 18 nov.
29 nov.
2 déc.
5 déc.
18 déc.
24 déc.
26 nov.
17 déc.
9 mai
23 avril
27 avril 18 avril 13 avril
1 avril 29 mars
28 mars 20 mars
24 mars 20 mars
9 mars 18 mars 23 mars
7 mars
10 juin
8 juin
9 juin 6 juin 2 juin
25 mai 22 mai 14 mai 28 mai 19 mai 16 mai
15 août 25 août
2 sept.
4 sept.
31 août
16 sept.
24 sept.
19 sept.
28 sept.
23 sept.
25 sept.
20 oct.
30 sept.
22 sept.
2 oct.
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Stockholm ...
Ôrebro
Strômstad....
JOnkdping....
Vcstcrvik
Gotkembonrg Vîsby
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Lond
moins gêné par les nuages, tandis que les vents du sud-ouest sont interceptés par la chaîne des Alpes Scandinaves, et oi\, par conséquent, il se forme pendant cette saison deux «centres de froidt qui jouent un rôle important dans le climat de la Suède.
Les faits que nous venons de décrire sont mis en évidence par les deux cartes pages 18 et 22, qui représentent la répartition moyenne de la température pendant les mois de janvier et de juillet. Les isothermes de ces cartes indiquent la température moyenne actuellement observée et non celle réduite au niveau de la mer. Cela explique les sinuosités des courbes, qui indiquent aussi approximativement et en gros traits la configuration orographique de la Suède.
On trouvera de plus ci-dessous un tableau montrant la durée inégale des saisons sur divers points de notre pays. Pour les saisons nous adopterons ici les définitions suivantes, correspondant assez bien à ce qui, selon l'opinion populaire des Suédois, caractérise les quatre saisons de notre pays, bien qu'elles ne s'appliquent pas à un climat plus chaud que le nôtre. «L'été» sera le temps de l'année pendant lequel la température moyenne du jour sur un point quelconque reste supérieure à 10* C, «l'hiveri, celui où cette température reste au-dessous de zéro. Les temps intermédiaires formeront «l'automne» et «le printemps».
Dans la partie la plus septentrionale de notre pays, Vété ne commence donc que Ters le milieu de juin, et sa durée n'excède guère deux mois, l'automne faisacnt son entrée dès le milieu d'août. Sur nos côtes du sud et du sud-ouest, Tété commence par contre déjà vers le milieu de mai, et dure jusqu'au commencement d'octobre, à Gothembourg même jusque vers la fin de ce mois. La durée de l'été excède donc de quelque peu 4 mois V* dans cette ville, de même qu'à Lund.
' La longitude Est de Greenwich est pour Haparanda 24° 9^, pour Karesnando 22** 30\ pour StrGmstad 11** 11', et pour les antres stations elle est comprise entre 12° et 2(f . Quant à Valtitude, qui est naturellement ici d'une grande importance, voir le tabl. 2.
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CLIMAT
L'hiver ne dure pas moins de sept mois dans la Laponie septentrionale, savoir d'octobre à mai, tandis que dans la partie méridionale de la Suède et dans l'île de Gotland, la durée n'en atteint pas trois mois. A Stockholm, l'hiver commence le 24 novembre, le printemps le 29 mars, l'été le 25 mai et l'automne le 24 septembre. Le printemps et l'automne durent donc chacun deux mois, l'été et l'hiver chacun quatre. L'île de Gotland se distingue par la longue durée de l'automne, l'hiver ne faisant son entrée que le 24 décembre, date plus tardive que pour tout autre lieu de notre pays. En revanche, le printemps de cette île dure longtemps, et ne cède que tard à l'été. Il est clair que ces particularités sont dues à l'influence de la Baltique. A l'inspection du tableau, on trouvera que le même phénomène, bien que moins prononcé, se produit aussi aux autres stations à situation maritime.
La température moyenne à chaque jour de Vannée,
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JoDT. Pérr. Mars. Avril. Mai. Juin. Juillet. Août. Sept. Cet. Nov. Dec.
La durée du temps où l'on n'a pas de gelées^ joue un grand rôle dans la végétation. Les gelées précoces de la fin de l'été sont les ennemis les plus dangereux de l'agriculture dans les provinces septentrionales de la Suède. A Karesuando, la dernière gelée a lieu en moyenne le 16 juin et la première de l'automne le 27 août; il n'y a donc que 72 jours sans gelées. Dans les environs de Stockholm, 4 mois ^/2 sont sans gelées, et à l'île de Hven, dans le Sund, même plos de six mois.
On peut dire, en général, que le climat de la Suède tient le milieu entre le type continental et le type maritime. Le climat du nord se rapproche toutefois du premier type et celui du sud du dernier. La
différence entre la température de Tété et celle de Thiver est beaucoup plus grande que pour l'Europe de l'ouest, mais beaucoup plus petite que pour l'intérieur de la Russie et la Sibérie. La température maxima de l'été s'élève dans la plupart des années et des stations jusqu'à 30** C, tandis que la température minima de l'hiver descend jusqu'à — IS'* ou — ^ 20' dans la partie méridionale, et à — 30'' ou — 40*' dans la partie septentrionale de la Suède. Au voisinage des icentres de froid», il n'est pas rare que le mercure gèle, et l'on a même vu le thermomètre à alcool descendre jusqu'à près de — SO** C. Il résulte néanmoins de l'étude des tables de mortalité que nos hivers rigoureux ne sont pas malsains. Il est évident que les peuples de l'Europe du sud souffrent plus d'un excès de chaleur que les peuples septentrionaux d'un excès de froid. L'hiver boréal a du reste ses charmes particuliers, qui ne le cèdent guère à ceux de l'été.
Vue des districts miniers de la Suède centrale {Grangàrde.)
La neige tombe chaque hiver dans toute la Suède, mais la durée pendant laquelle le sol reste couvert de neige, varie considérablement de province à province et d'une année à l'autre. En Scanie, la couche de neige ne reste dans les plaines ouvertes que pendant 47 jours en moyenne, dans le reste du Gôtaland pendant 50 à 93 jours, dans le Svealand 86 à 140 jours, dans la partie méridionale du Norrland 140 à 170 jours, et dans la partie septentrionale de cette partie du pays 170 à 190 jours. Dans l'hiver rigoureux de 1880/81, la
CLIMAT. 25
neige couTiit le sol du gouvernement de Stockholm-campagne pendant 166 jours, mais dans l'hiver doux de 1881/82, seulement pendant 33 jours. En général, la neige se maintient sur le sol plus longtemps dans la forêt que sur la plaine ouverte, la différence de temps variant de 2 à 15 jours.
La couverture de neige joue un rôle très important dans l'économie rurale de la Suède, par la grande facilité qu'elle offre au transport des bois dans nos vastes forêts. Le manque de cette couverture est considéré, par cette raison, dans plusieurs de nos provinces comme un désastre à peu près comparable à une maQvaise récolte. La couverture de neige protège aussi le sol contre un trop grand refroidissement, mais en revanche elle fait baisser la température de l'air. Elle forme de plus une provision emmagasinée d'eau alimentant par sa fonte les sources, les eaux courantes et les lacs.
La eODTertnre de glaee des lacs dure en moyenne environ 115 jours dans, le sud, 150 jours dans la Suède centrale et 200 jours ou plus encore dans celle du nord. 1a débâcle a lieu en avril dans les parties méridionale et centrale du pays, tandis qu'elle ne se produit qu'en mai ou en juin dans les régions situées plus au nord. Les lacs sont pris en novembre ou en décembre, et dans la partie da nord-est du Norrland déjà en octobre. Le régime des glaces dans les mers qoi entourent les côtes de la Suède, joue un rôle important pour la navigation. Le long des côtes de Vouest et du sud, la mer ne se couvre de glace que pendant les hivers les plus rigoureux. Cette couverture, le plus souvent en forme de glaçons flottants, ne s'étend pas particulièrement loin au large, et ne dure pas longtemps, de sorte qu'elle n'empêche pas sensiblement la grande navigation, si ce n'est dans des cas tout à fait exceptionnels qui ne se présentent qu'une ou deux fois par siècle. Le Sund a été couvert de glace praticable pendant quelques hivers très rigoureux. Les parties nord et centrales de la Baltique ne sont prises, en dehors de la région archipélienne {skàrgàrd^ ceinture de récifs), que pendant les hivers les plus rigoureux, la banquise ne formant d'ordinaire le long des côtes qu'une bande large tout au plus de quelques dizaines de kilomètres et ne durant que quelques jours ou quelques semaines. Les glaces flottantes peuvent cependant, dans ces conditions, couvrir une partie considérable de la surface de cette mer, et s'entasser en amas gigantesques. Ce n'est que dans les hivers les plus doux que la navigation dans ces parages peut s'effectuer sans obstacles causés par la glace; entre Stockholm et Yisby elle cesse d'ordinaire vers la fin de décembre, et commence de nouveau environ le 10 avril. Pendant les hivers très rigoureux, la mer d'Âland (détroit situé entre la Baltique et le golfe de Bothnie) se couvre de glace traficable pour des véhicules, La partie méridionale du golfe de Bothnie (dite Mer de Bothnie) est prise chaque hiver le long des côtes, mais rarement. Binon jamais, dans la partie centrale. La navigation y est arrêtée en moyenne, par des banquises ou des glaces flottantes, depuis la fin de novembre jusqu'au commencement de mai, avec quelques différences suivant les ports et des variations s'élevant jusqu'à 6 ou 8 semaines d'une année à l'autre. Il est arrivé parfois que le port de Hemôsand a été libre de glace tout l'hiver. Le détroit de Qcarken (entre le sud et le nord du golfe de Bothnie) se couvre de glace traficable tous les trois ou quatre ans. Le golfe au nord du Qvarken se couvre régulièrement de glace chaque hiver. La congélation le long des côtes s'effectue en moyenne an milieu de novembre, parfois vers la fin d'octobre ou au commencement de décembre. La débâcle arrive ordinairement entre le 15 et le 31 mai, rarement avant le 15 mai, et quelquefois elle n'a lieu qu'au commencement de juin.
Le brouillard n'est pas fréquent dans les parages de la Suède. Pour le golfe de Bothnie et la Baltique du nord, jusqu'au Gotland, le maximum de fréquence, 4 à 8 fois par mois, se produit en avril ou en mai; pour la Baltique du sud et les parages de l'ouest, il survient en hiver et s'élève à 7 à 10 fois par mois.
L'eau tombée (pluie, neige, grêle, grésil etc.) constitue, après la température, Télément climatologique le plus important. Une quantité suffisante de pluie et une température ni trop basse ni trop haute sont les conditions essentielles de la végétation.
Le tableau suivant, qui a été calculé à l'aide des observations faites dans environ 430 stations d'après les résultats publiés par M. H.-E. Hamberg, indique le total annuel d'eau tombée dans chaque gouvernement en moyenne des années 1880/94. Nous avons constaté que la moyenne de ces années ne diffère pas beaucoup de celle déduite des observations faites dans environ 30 stations pendant les années 1860/98.
Gouvernement. mm. GonTemement. mm. Gonvernement. mm.
Stockholm 482
Uppoala 482
Sôdermanland 504
Ôstergôtland 525
Jônkôping 605
Kronoberg 599
Kalmar» 477
Gotland 442
Blekinge 522
KrÎBtianstad 588
Malmôhos 56S
HaUand 627
Gôteborg och Bohns. 642
Elfsborg».: 682
Skaraborg 577
Vermland 625
Ôrobro 603
Vestmanland ......... 588
Kopparberg 540
Gefleborg 516
Vesternorrland 468
Jemtland 463
Vesterbotten » 459
Norrbotten * 401
La moyenne pour toute la Suède est de 501 mm., mais pour les deux gouvernements de l'extrême Nord seulement de 420; pour le reste du Norrland elle comporte 476» pour le Svealand 552 et pour le Gotaland 574 mm. Le total pour la côte Est est sensiblement inférieur à celui de la côte Ouest. Sur la première, une sécheresse prolongée n'est pas rare, surtout au printemps et pendant la première partie de l'été. — Dans le haut pays de la Laponie de l'ouest, où l'on n'a pas encore fait d'observations, la quantité d'eau tombée est probablement beaucoup plus grande que ne l'indique le chiffre ci-dessus pour le Norrbotten.
Parmi les stations considérées séparément, la plas grande quantité d'eau tombe à Boras (lat. N. 67* 43', long. E. de Gr. 12" 57'), où le total de l'année s'élève à 891 mm., puis viennent Bjôrkholm (lat. N. 67' 20', long. E. de Gr. 12" 22') avec 851 mm. et Gothembourg avec 774 mm., tandis qu'à Karesuando il ne tombe que 313 et à Kalmar que 371 mm., ces nombres représentant les moyennes des 39 années de 1860/98.
Le total annuel de l'eau tombée présente des variations considérables. A Uppsala, où les observations paraissent exactes depuis 1836, le maximum a été de 812 mm. en 1866, et le minimum de 312 mm. en 1875, la moyenne des 63 dernières années comportant 646 mm. Le maximum le plus élevé qui ait été observé jusqu'ici en Suède, est celui de 1,164 mm. à Borâs en 1898, et le plus bas minimum, 172 mm. à Karesuando en 1891. Ces variations offrent une périodicité remarquable, dont cependant la longueur oscille entre 4 et 8 ans. Les variations locales et accidentelles de l'eau tombée sont eii outre toujours considérables. Le total mensuel observé à une station quelconque varie de zéro à 300 mm. Parfois, des sécheresses de plusieurs semaines sont suivies de temps pluvieux de la même constance. L'eau tombée en 24 heures varie également dans une grande limite: 30 à 60 mm. tombent à peu près chaque année dans quelques stations
> Moitié nord de la partie continentale 530, moitié snd 492, île d'Ôland 410 mm. —
* Moitié nord 666, moitié sad 698. — ' Moitié occidentale 475, moitié orientale 443. —
* Moitié, occidentale 407, moitié orientale 395.
CLIMAT
pendant l'été et l'automne sous forme de pluie, mais aussi, dans les hivers neigeux, sous forme de neige. Le maximum absolu observé jusqu'ici en Suède est 141 mm. de pluie et 90 mm. de neige en 24 heures.
Il est important de connaître en û*action du total la quantité qui tombe BOUS forme de neige restant sur le sol à l'état solide et y forme la couverture de neige. En Scanie, elle n'est que de 9 ^ du total; dans la Laponie septentrionale elle s'élève à 36 %.
Frès de Tenhult au nord du Smâland.
Pour ce qui est de la période annuelle, le maximum principal de pluie se prodruit pendant la dernière moitié de l'été dans la plupart des stations et en octobre dans quelques stations à situation maritime, savoir en Scanie et dans l'île de Gotland, où un maximum secondaire survient en juillet ou en août. Le long des côtes du golfe de Bothnie, un faible maximum secondaire s'accuse pendant le mois de mai. Le mrnîmum a lieu partout en février ou en mars. Le climat de la Suède est donc caractérisé par des pluies d'été et d'automne et par une sécheresse relative depuis la fin de l'hiver jusqu'aux abords de l'été.
Ni la grêle ni les orages ne sont rares pendant l'été, bien que ces deux phénomènes atmosphériques soient moins fréquents et moins nuisibles que dans les pays situés plus au sud.
Nous avons déjà indiqué que la direction prédominante du vent est celle du sud-ouest, et que c'est à cela qu'il faut attribuer la douceur de notre climat. Les vents violents et les tempêtes sont fréquents, ce qui s'explique par le fait que les bourrasques venant de l'Atlantique sep-
tentrional traversent régulièrement notre pays. Selon l'évaluation de la force du vent faite aux phares, il se produit annuellement en moyenne 20 tempêtes sur les côtes de l'ouest, 11 sur celles du sud, 23 dans l'île de Gotland, 8 dans la partie méridionale du golfe de Bothnie, mais seulement 2 dans la partie septentrionale de ce golfe. Bien qu'elles soient souvent très incommodes et même dangereuses pour la navigation de nos parages, ces tempêtes ne sont guère comparables aux ouragans des tropiques, ni aux tempêtes les plus violentes des îles britanniques.
Chut€8 de Trollhàtian.
Quant aux Tariations séculaires de notre climat, question intéressante mais difficile à résoudre, il semblerait que les hivers soient devenus graduellement plus doux en Suède pendant les mille dernières années. Cela ressort du moins des descriptions des chroniqueurs du moyen âge sur le régime des glaces dans les mers qui baignent nos côtes, de même que des observations faites par le célèbre lycho-Brahe dans l'île de Hven pendant les années 1582/97, comparées avec les observations faites plus tard et jusqu'à nos jours. Quant à l'été, on n'en peut rien juger avant le milieu du dix-huitième siècle, faute de thermomètres. Or, bien que les observations faites à Lund, de même qu'à Copenhague, indiquent que les étés y sont un peu moins chauds à l'heure actuelle qu'ils ne l'étaient il y a 100 ans, l'espace de temps écoulé est trop court pour permettre des conclusions définitives sur une variation séculaire de cette espèce. En ce qui concerne l'eau tombée, on dirait, en comparant les anciennes séries d'observations avec les modernes, que la pluie est devenue plus abondante, s'il ne fallait conclure de plusieurs circonstances que les anciennes observations pluviométriques donnaient presque toujours trop peu d'eau tombée.
OÉOLOOIB. 29
Une qn^tion climatologique de la plus haute importance pour notre pays, et qui a été aussi examinée chez nous avec beaucoup de soin, c'est Tinfluence des forêts sur le climat de la Suède. Cette influence est, selon M. Hamberg, très petite ou même insensible pour la température et Vkumidité. Pour l'eau tombée, on a constaté une augmentation causée par la forêt. Elle est cependant assez petite dans la plupart des cas, et ce n'est que sur les côtes, par un vent soufflant de la mer, qu'elle présente un chiffre considérable. Toutefois on n'en connaît pas encore le chiffre réel, tu la difficulté de mesurer exactement la quantité de l'eau tombée, surtout celle de la neige. Selon M. Hamberg, il faut attribuer la plus grande partie de l'augmentation constatée aux erreurs d'observations qui tendent toujours à diminuer la quantité mesurée, mais dans une proportion plus grande dans les plaines ouvertes et sur les montagnes dénudées que sur celles couvertes de bois.
D'autre part, l'influence de la forêt sur Vévaporation et sur la fonte de la neige est considérable, comme il résulte aussi des recherches de M. Hamberg. Il sait de . là, que la forêt est d'une grande importance comme régulatrice des lacs, des fleuves et des sources. Gela a été démontré aussi directement par les observations et les calculs de M. 0. Appelberg. Ses recherches sur cette question peuvent être résumées comme suit: la terre cultivée provoque des inondations dans les temps pluvieux et le manque d'eau pendant les temps de sécheresse; la prairie protège contre les inondations, mais elle provoque le manque d'eau pendant les sécheresses; la forêt augmente toujours la quantité d'eau, mais ne rend que la moitié du débit de la terre cultivée dans les temps pluvieux, tandis que dans les temps de sécheresse, elle rend encore assez pour empêcher efficacement le manque d'eau; les lacs agissent comme régulateurs très efficaces du niveau des eaux, en emmagasinant dans les temps pluvieux la surabondance d'eau tombée, pour la rendre plus tard successivement pendant les sécheresses.