EMPRUNTS POUR LA CULTURE. — LES SOCIÉTÉS D'ÉCONOMIE RURALE
non fonciers. A la fin des années 1880 et 1898, la valeur de tons les immeubles et le montant des hypothèques dont ils étaient grevés, s'élevaient aux chiffres qui ressortent du tableau ci-après:
Valeur évaluée. Dette hypothécaire. En %. Jm campagnes: CoaTonoet. Couronnes.
En 1880 2,302.306,035 795,691,446 345
En 1898 2,7 6,049,640 1,111,305,516 399
Les villes:
En 1880 732,478,366 329,893,782 450
En 1898 1,4%,581,170 834,842,669 558
Le rojanme entier:
En 1880 3,034,784,401 1,125,585,227 37l
En 1898 4,282,630,810 1,946,148,185 454
Ainsi, la proportion pour cent des dettes hypothécaires présente-elle, pendant cette période, une augmentation très considérable.
Emprunts pour la culture.
Pour** le dessèchement des lacs et des régions marécageuses, de même que pour la mise en culture des terrains desséchés, des emprunts de TÉtat sont accordés à certaines conditions, et deux fonds spéciaux, gérés par la Trésorerie, sont affectés à cet emploi. Le capital destiné à ces prêts pour la culture est fixé à un maximum de 1 million de couronnes par année, et dans chaque cas particulier, la somme maxima concédée s'élève au montant des frais de dessèchement et de drainage. L'emprunteur doit fournir la garantie que le dessèchement et le drainage, de même que la mise en culture, seront effectués dans le délai convenu. On ne paye pour le capital emprunté ni intérêt, ni amortissement pendant les cinq premières années; mais pour les sommes touchées pendant ce laps de temps, un intérêt de 5 ^ est comptée et ajoutée au capital après les cinq ans révolus. D'après les premiers règlements de 1883, il devait être payé pour ce nouveau capital, à partir de la sixième année comprise, 10 ^, dont 5 % d'intérêt Mais en 1885, l'annuité fut réduite, pour les prêts dès lors concédés, k S %, dont 4^/a % de intérêt. En 1895, la rente fut de nouveau réduite, à 4 ^, et en 1898 l'annuité fat fixé à 7 ^ et la rente à 3*6 %. Les annuités sont réparties entre les exploitations agricoles qui ont une part dans les entreprises en question, et versées avec les impôts.
Les Sociétés d'économie rurale.
Au commencement de ce siècle furent fondées dans quelques gouvernements des sociétés d*économie rurale qui reçurent un caractère officiel en 1813, alors qu'à la demande de l'Académie d'agriculture, il fut décidé que les statuts des sociétés d'économie rurale seraient sanctionnés par le roi.
Le but de ces sociétés est de travailler à « l'amélioration de l'économie rurale par des renseignements, des modèles, des encouragements et des récompenses».
Des sociétés d'économie rurale ne tardèrent pas à être fondées dans tous les gouvernements du royaume, la ville de Stockholm exceptée naturellement; et leur nombre s'élève aujourd'hui à 26, les gouvernements de Kalmar et d'Elfsborg
n. AGRICULTURE ET ÉLEVAGE DE LA SUÈDE.
possédant chacun deux sociétés. Chaque année, les membres s'assemblent une on deux fois, et les affaires sont traitées par une commission executive, pounrue d'un président et d'un secrétaire.
Les sociétés d'économie rurale, qui ont rendu les plus grands serrices an pays, n'avaient pour revenu assuré jusqu'en 1855 que le produit des cotisations des membres. Depuis cette époque, elles touchent une part considérable de l'impôt sur la vente des eaux-de-vie, et ont pu, grâce à cette concession, étendre considérablement leurs travaux et soutenir de différentes manières les diverses branches de l'industrie agricole. Elles reçoivent aussi, à cet effet, des subventions de l'Ëtat et des conseils généraux.
Les sociétés d'économie rurale qui, en certains cas, ont dépendu de l'Académie d'agriculture jusqu'en 1890, doivent, depuis cela, envoyer, chaque annéç, à la Direction de l'agriculture, un rapport sur leurs travaux et sur leur situation financière, et fournir communication des avis et renseignements demandés.
Le tableau ci-dessous donne un exposé des recettes et des dépenses des sociétés pendant les dernières années.
Tabl. 25. Recettes et dépenses des Sociétés d'économie rurale.
Becettes et dépenflos.
Moyennes 1882/85.
Moyennes 1886/90.
Moyennes 18yi/95.
Recettes.
Cotisationg
Rentes, loyers, fermages
Droit sur la vente des eanx-de-vie
Allocation de PÉtat
Allocation des conseils généraux
Vente du bétail
Recettes diverses
Total
Dépenses.
Agriculture en général
Élevage des chevaux
Bêtes à cornes, laiteries
Antres animaux domestiques
Vétérinaires
Jardinage
Silviculture, garde-chasses
Pêcheries
Industries domestiques
Réunions et expositions
Frais d'administration
Frais divers
Total
l&ii,«74
Un trait caractéristique du «selfgovernmentt suédois, c'est que des deniers publics de cette importance sont gérés par ces sociétés privées, qui élisent ellesmêmes leur direction et choisissent leurs membres.
Les fonds des sociétés d'économie rurale s'élevaient, à la fin de 1880, à 3,454,831 couronnes, à la fin de 1890, à 3,658,209 couronnes et, à la fin de 1897, à 4,868,233 couronnes. En ajoutant à cette dernière somme les fonds affectés à différents usages spéciaux (provenant de legs ou d'autres sources), on atteint le chiffre de 5,360,310 couronnes. En cette même année 1897, les prêts divers accordés par les sociétés se sont élevés à 269,668 couronnes.
STATIONS CHIMIQUBS. 101
Le nombre des membres^ qai en 1890 s'éleyait à 26,369, avait en 1897 atteint le chiffre de 33,302.
Une tâche spéciale qui incombe aux sociétés d'économie rurale, c'est de recueillir des matériaux pour la statistique iigrieole* Au sujet de la méthode à saivre, on s'en remet à la décision de chaque société, d'où il résulte que la valeur des matériaux recueillis est assez inégale. La plupart des sociétés cherchent à s*acquitter de leur tâche en faisant chaque année des recherches très exactes dans de petites parties de la circonscription, jusqu'à ce que cette dernière soit complètement examinée, après quoi on entreprend une nouvelle série de recherches. Les données recueillies sont publiées par les soins du Bureau central de statistique, qni, en outre, recueille les rapports préliminaires des commissaires de police rurale relatifs aux résultats de la récolte. Ces chiffres préliminaires sont toujours publiés avant la fin de Tannée courante, tandis que les rapports détaillés des sociétés d'économie rurale ne paraissent qu'une année plus tard.
Stations chimiques.
Depuis que la récente chimie agricole a enseigné à l'agriculteur pratique la nécessité de chercher une aide, pour le développement de sa profession, dans les recherches exécutées sur des fondements scientifiques, la valeur de l'analyse chimique est devenue beaucoup plus considérable.
Aux laboratoires du champ d'expériences de l'Académie d'agriculture et à l'institut agricole d'Ultuna, aussi bien que dans les laboratoires créés par plusieurs particuliers, les agriculteurs ont trouvé exécutées les analyses désirables, mais c'est seulement en 1876 que le Riksdag accorda 12,000 couronnes de subvention pour l'établissement de 4 stations chimiques pour les besoins de l'agriculture et de l'industrie. Le crédit s'éleva, en 1887, à 26,000 et, en 1889, à 28,000 couronnes de subvention pour 7 stations, savoir à JOnkôping, Ealmar, Halmstad, Skara, Orebro, Testeras et HemOsand. Le Riksdag de 1899 a, en outre, alloué 3,000 couronnes pour une nouvelle station chimique à Yisby. Les règlements de travail des stations furent établis en 1876 et renouvelés en 1888. L'instruction actuelle pour les stations chimiques est établie par la Direction de l'agriculture de 1895. En dehors des stations de l'État susnommées, huit sociétés d'économie rurale accordent des subventions à des établissements chimiques de leur région, savoir à Ultuna, .Yisby, Kristianstad, Alnarp, Borâs, Molkom, Gefie et Umeâ. Plusieurs laboratoires privés sont aussi à la disposition du public^ comme ceux de Helsmgboi^, Gothembmug, Stockholm, etc.
En dehors des stations chimiques proprement dites, il y a une station chimique, biologique, botanique située à Luleày dans le gouvernement le plus septentrional du pays, le Norrbotten. Elle a pour but, entre autres, de faire des recherches scientifiques sur la vie des plantes et les formes de la vie sous les hauts parallèles sous lesquels ce gouvernement est situé, ainsi que des essais pratiques pour la culture et l'amélioration des céréales et des plantes fourragères convenant an climat du Norrland supérieur; en dehors de cela, l'établissement travaille aussi comme station chimique pour les besoins de l'agriculture et de l'industrie. La station entra en activité en 1895, et touche annuellement un crédit de l'État de 5,000 couronnes, plus 3,000 de la société d'économie rurale et du conseil général du Norrbotten.
Déjà à la fin de 1880, on éleva la voix pour un contrôle obligatoire des engrais et des foun^ages se trouvant dans le commerce, mais cela ne parut pas alors nécessaire. Plus tard, cependant, le contrôle sur les engrais et les fourrages, et aussi sur les graines, a paru être une nécessité. En conséquence, le Riksdag de
102 l^n. AGRICULTURE ET ÉLEVAGE DE LA SUÈDE.
1896 fut saisi d'une proposition sur l'organisation d'un tel contrôle. La Direction de l'agriculture fut chargée d'élaborer ce projet pour les articles de loi nécessaires au commerce des marchandises en question, projet qui, toutefois, est encore soumis à l'examen du gouvernement.
Dans les 7 stations chimiques de l'État furent faites, de 1886 à 1890, 13,073 analyses en moyenne, de 1891 à 1895 en moyenne 28,002, et en 1897 jusqu'à 51,859. Dans les établissements subventionnés uniquement par les sociétés d'économie rurale furent faites en outre, dans cette dernière année, 29,867 analyses. Les subventions de l'État montèrent en 1897 à 33,000 couronnes, et celles des sociétés d'économie rurale à 25,299 couronnes.
Les stations d'essais de semences.
La première fois où l'on apprenne, en Suède, que des expériences systématiques ont été faites pour constater la faculté germinative^ est relatée dans les Annales de l'Académie d'agriculture de 1 année 1820, où, dans une étude intitulée: cRenseignements sur la culture des arbres sauvages», on parle de cla façon de vérifier la bonne qualité des semences».
Déjà il y est parlé en faveur des épreuves de germination. Ce fut cependant seulement après que les résultats des recherches du professeur Fr. Nobbe furent plus généralement connus que l'attention commença à se fixer, en SaMe, sur le contrôle des semences; ces recherches, qui font époque, furent faites dau les stations d'essais de semences, créées en 1869 à Tharandt.
Dans plusieurs sociétés d'économie rurale, l'intérêt avait commencé à s'éntter sur ce fait d'importance, et plusieurs stations de contrôle se fondèrent fW après l'autre, plus ou moins subventionnées par les différentes sociétés. En URf^, la station d'essais de semences du gouvernement du Halland entra la preiiiièii€& activité, mais déjà en 1877, elle a été suivie de trois nouvelles, puis de plntan autres, si bien qu'en 1897 il y avait 18 stations organisées.
Au début, les stations n'étaient soutenues que par les subventions des mHKh d'économie rurale, mais, dès 1887, le Riksdag mit à la disposition du gouTSmement' un crédit de 10,000 couronnes à allouer comme subvention à de teDes stations d'essais de semences qui reçoivent des conseils généraux et des sociétés d'économie rurale un secours au moins égal à la contribution de l'État, et sont soumises aux cpnditions et prescriptions fixées par le roi. L'instruction mise en vigueur maintenant par la Direction de l'agriculture, pour les stations d'essais de semences, date du 11 septembre 1898. En 1897, le nombre total de ces établissements était de 18; on y avait fait 10,333 analyses et àe& plombages de cmtrôle représentant 2,126,837 kg. Comme fonds publics, ils touchaient les susdites 10,000 couronnes de l'État, plus 15,526 couronnes des institutions de leurs gonvernements.
Amélioration des semences.
Parmi les mouvements intéressants dans le domaine de l'agriculture suédoise, une attention particulière est due au dessein d'une utilisation meilleure des récoltes en semences et en graines de notre pays, dessein qui se fit jour après 1870. Une, expérience souvent citée veut que les récoltes d'un climat plus froid, ensemencée^ dans des pays plus méridionaux, produisent une moisson plus vigoureuse, p'^u hâtive et plus riche qu'on ne peut autrement l'obtenir. On a donc envisagé*** possibilité de développer une exportation, dans le continent d'Europe, de gra- 10