LES OUVRIERS AGRICOLES
IlûTer. Les recensements officiels de la population indiquent nne diminution iBeessante du nombre des gens de service célibataires dans l'agriculture suédoise. Ce nombre était p. ex. tombé de 216,000 à 159,000 dans la période de 1881/90, ce qui donne une réduction de 26*4 %* Cette perte de 57,000 domestiques de ferme équivaut à une perte de 18,240,000 journées de travail, car, en y ajoutant quelques petites occupations pendant les jours fériés, un ouvrier pareil fait environ 320 journées de travail par an.
B) Les ouvriers de ferme à gages tant en argent qu'en nature, ou les statare, sont des espèces de serviteurs engagés régulièrement (lagstadda, engagés dans les formes légales) qui, au lieu de manger à la table du maître, reçoivent, outre des arrhes (stSldja), un salaire annuel, l'habitation et le bois de chauffage, avec la jouissance (stat, salaire fixé en produits alimentaires) de quantités déterminées de céréales, de racines et de lait, jadis aussi de viande, porc, fromage, etc. Ces diverses denrées sont cependant de plus en plus converties en argent comptant.
Le mari (statdrftng, domestique jouissant du stat) est ici le serviteur engagé à terme fixe. La femme ne Test presque jamais, mais s'il est possible de le faire, le maître exige volontiers, moyennant un certain salaire journalier, nue petite quantité annuelle de journées de travail de la femme et des enfants eu âge de travailler. La femme se soustrait cependant de plus en plus aux travaux du dehors. La traite des vaches, le dernier travail pour lequel on comptait sur elle, entre d'année en année toujours davantage dans les attributions des hommes.
Les données statistiques que l'on possède sur le nombre des «statare», sont défectueuses, mais il est certain qu'ils sont en forte augmentation. Il résulte d'une évaluation récentç que ce nombre est plutôt au-dessus qu'au-dessous de 40,000. Vers 1826, on ne le portait qu'à 9,000 environ.
C) Les tenanoierB (torpare), avec les membres de leurs familles, forment, après les domestiques, le groupe le plus important des travailleurs de la terre. Ils constituent en Suède une espèce de fermiers de petits enclaves de terre (torp), avec obligation contractuelle de journées à la ferme principale.
Le nombre des journées obligatoires est d'environ 150 par année et par tenure. Le nombre total des tenanciers, qui s'élevait à 100,000 environ vers le milieu du siècle, et au chiffre également approximatif de 90,000 en 1880, comportait en 1890 une somme ronde de 80,000. La dernière période décennale mentionnée indique par conséquent une diminution de 10,000 tenanciers, représentant ainsi une perte de l^/a million de journées de travail.
Il y a lieu de faire observer, quant à cette diminution, que dans une certaine partie de localités, principalement des régions forestières, où la terre est à un prix modéré et oîi la richesse en bois de travail est considérable, le nombre des tenanciers a, sans nul doute, été jadis disproportionnément grand en comparaison de l'agriculture de la ferme principale; la réduction du nombre des tenures était dès lors parfaitement légitimée. Mais dans bien des localités, cette réduction a été une perte réelle pour l'agriculture suédoise. On a pu constater surtout les avantages du système en Smâland, oîi l'institution des tenures continue à jouir d'nn développement de nature à surprendre. Ici, les cultures revêtent dans chaque ctorp» des proportions qui excitent l'étonnement de l'observateur. I^e
bénéfice qui en résulte pour l'ensemble du domaine, non moins que pour le tenancier même, est évident.
Une position intermédiaire entre les tenanciers proprement dits (jordtorpare) et les «statare» est occupée par les tenanciers à la journée (daglônetorpare). Ceux-ci reçoivent aussi, il est vrai, des parcelles de terre, mais si petites qu eUes ne suffisent pas à leur entretien complet. Aussi le tenancier à la journée a-t-il besoin, dans la rè^le, d'iiiir^ t'rtlniQtî quantité complémentaire aunuelk* de Pnurragf et de grailla du iloiïiaiuo. Ces tenanciers font des journéesi quand cela est eiigt\ contre une indetnnité ]ïar journée fixée une fois pour toutes.
MfttHon d'itu hnnnclt'r itorpan^: voir 1a page lOÎ*),
D) Il n'existe pas de données satisfaisantes concernant le nombre des ouvriers libres. Une partie d'entre eux ont des habitations propres et une parcelle de terre à ferme. Souvent ils exercent un métier pendant la majeure partie de l'année. Dans les temps de presse pour l'agriculteur, ils s'engagent moyennant une indemnité journalière, ou travaillent à forfait ou à la tâche dans l'exploitation.
Un important secours de travail était assuré, surtout à une époque plus ancienne, au petit agriculteur qui se livrait de ses propres mains à l'exploitation de sa terre, dans la personne de ses enflants majeiin restés à la maison et dans celle de ses gendres. Le recensement de 1890 indiquait encore un nombre de 127,000 fils et gendres pareils, ainsi que de 112,000 filles et 9,500 brus habitant la maison, dont l'occupation, dans la plupart des cas, du moins, était d'assister le