‹ La SuèdeChapitre 199 sur 361 · LES OUVRIERS AGRICOLES · texte numérisé non relu

LES OUVRIERS AGRICOLES

Les aides de ragriculteur snédois appartiennent anx qnatre catégories suivantes: a) les domestiques, c.-à-d. les travailleurs célibataires (hommes et femmes) nourris par le maître; b) les ouvriers mariés (staifolk, statare) avec ménages propres et salaires en argent et en nature; c) les tenanciers (torpare), ayant et exploitant pour leur compte une petite ferme ou tenure (torp), appartenant au domaine, moyennant TobUgation de faire un certain nombre de journées à la ferme du propriétaire; et enfin d) les ouvriers libres, ou journaliers, travaiUant à la journée pour un temps plus court, principalement à l'époque des grandes récoltes*

A) Dès le principe et pendant des milliers d'années, les domestiques ont constitué les aides de travail constants et les plus rapprochés de l'agriculteur.

Même jusque dans la période décennale de 1841/50, et dans la plupart des demeures rurales suédoises, on hébergeait et Ton nourrissait Tannée durant, en les vêtant de plus en partie, autant de domestiques des deux sexes que les cuisines pouvaient contenir pour les cinq repas quotidiens» Les salaires en argent étaient faibles, à peine le tiers des salaires actuels, mais la nourriture était abondante, et les vêtements de l'espèce la plus modeste, mais durables, les occasions de dépenses extraordinaires étant rares; d'où il arrivait assez souvent qu'il était fait des économies. Les changements de gens de service étaient de bien loin aussi communs qu'à l'heure actuelle. Les départs n'avaient ordinairement lieu que par suite de différends, d'actes délictueux ou criminels ou par raison de mariage. Le domestique célibataire devenait fréquemment c vieux dans la maison» («gam* mal i garde»).

Tout cela s'est foncièrement modifié dans le courant des 50 dernières années. La mère de famille n'aime * désormais pas à avoir un seul serviteur mâle à sa table, et, en fait de domestiques femmes, elle n'en prend que le nombre rigourrasement indispensable pour la cuisine et pour le soin de la maison* La fille de service ne veut pas non plus se charger d'autres travaux que de ceux-ci.

Le soin des animaux de ferme est généralement confié aux ouvriers mâles. Ce n'est qu'exceptionnellement que l'un d'eux est nourri par le maître ou appartient à la sous-division des ouvriers célibataires. Ceux-ci ne se rencontrent guère que dans les vieilles demeures de paysans ou chez les petits propriétaires et les tenanciers, et souvent le terme de leur engagement ne court que du printemps à

Page 1