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ÉTENDUS ACTUELLB DE L'INDUSTRIE DES SCIERIES

Tendus à une association qui se compose en partie de Suédois et en partie d'étrangers. Aux environs de Luleâ, nous avons encore Stensborg (avec 4 châssis), appartenant à la société anonyme de bois dite Cari Palmgren, et, dans la paroisse de Pit«A, rétablissement de Munksund (possesseurs: la société anonyme de Munksund), avec 6 châssis et une exportation d'environ 10,000 standards. Sur un affluent du Piteâelf est située la scierie Storfors, appartenant à une société anonyme du même nom, laquelle possède en outre, dans le gouvernement de Vesterbotten, un antre établissement appelé Br&nfors; l'exportation des deux scieries est censée s'élever à 13,000 standards.

Dans le gouvernement d.e Vesterbotten se trouvent encore, non loin de SkellefteA, trois scieries importfintes: S&venâs, Lejonstrôm et BjOmsholmen, dont A. Markstedt et fils sont les possesseurs; leur production réunie représente une valeur d'environ un million de couronnes. Robertsfors, dans la paroisse de Bygdeâ, est une scierie à eau avec 5 châssis et 2 scies d'équarrissage ; il y est annexé un atelier mécanique. A l'embouchure du fleuve d'Umeà se trouvent Holmsund, Obbola et Sandvik, chacun appartenant à une société anonyme. Plus au sud, dans la paroisse de Nordmaling, nous trouvons Rundvik (avec 7 châssis) et la scierie de Mo; celle-ci, qui est la plus importante au nord du district de Sundsvall, possède 12 châssis et 3 machines à raboter; l'exportation s'élève à environ 16,000 standards. Cet établissement appartient à la société anonyme de Mo et Domsjô (voir plus bas).

Hutte d'ouvriers forestiers.

Le gouvernement de Jemtland^ plus éloigné de la mer, ne compte qu'un nombre restreint de scieries importantes. Les plus considérables sont: Hjerpen (ou Hnsâ), Ocke et Trângsviken, dont les deux dernières appartiennent à des Anglais. Tous ces trois établissements exportent leurs productions par la Norvège.

Par contre, le gouvernement de Vesternorrland se signale par ses nombreux établissements grandioses. Nous n'en pouvons énumérer que quelques-uns. Au district d'exportation d'OrnskOldsvik appartiennent Husum, Jerfed (muni de 9 châssis), Kôpmanholmen, et Domsjô, muni de 7 châssis et de 2 machines à raboter;

ni. FORÊTS ET INDUSTRIE FORESTIÈRE DE LA SUÈDE.

celui-ci appartient à la société anonyme de Mo et DomsjO, et son exportation s'élèTe à 9- à 10,000 standards. Pour donner une idée de l'étendue des forêts dont peuvent disposer les grandes scieries, il suffit de nommer que cette dernière société a à sa disposition plus de 150,000 hectares de forêts avec droit de propriété à perpétuité; elle jouit en outre du droit d'exploitation de 160,000 hectares, dont 30,000 hectares de forêts privilégiées, cette société étant du nombre restreint de celles qui ont gardé, jusqu'à nos jours, le privilège de la coupe des forêts de l'État (dont nous parlerons plus en détail ci-dessous).

Transport en traîneaux.

Des deux côtés du fleuve Ingermanelfven^ les scieries sont très rapprochées les unes des autres. A Nyland, où peuvent monter les grands vaisseaux de mer, on trouve les premières scieries à vapeur. Non loin de Nyland, nous remarquons Marieberg, KOje et, sur la rive droite, BoUsta, appartenant à la société anonyme de Graninge, avec une exportation de 12,000 standards de bois sciés et de 7,000 poutres hollandaises; te bois blanc y entre en grande partie, attendu que près de 60 % des forêts d'Ângermanland se composent de cette essence. Plus au sud, oo trouve Lugnvik, Hallsta, Dal (avec un grand établissement de rabotage), Sandô, situé dans une île du fleuve, Sandviken, Kramfors, StrOmnfts et Sprftngsviken ; le plus important de ces établissements est Kramfors, appartenant à une société anonyme de Gothembourg. Il possède en tout 12 châssis, 3 machines à rabotage, ainsi que des scies d'équarrissage et des établissements de charbonnage, etc.; son exportation s'élève à 18,000 standards de bois sciés et 3,000 standards de bois rabotés. Près de Hemôsand, il y a Ulfvik, muni de 5 châssis et ayant une exportation de 7,000 standards, et, dans la ville même, la scierie de HemOs&nd, autrefois entre les mains de propriétaires anglais, mais appartenant actuellement à une société anonyme suédoise; son exportation est censée s'élever à enfiron 6,000 standards.

Encore plus important que le district de HemOsand, tant par la grandeur de l'exportation que surtout par rapport aux prix auxquels se vendent les bois exportés, est le district de Sandsvall (ou de Medelpad). Le principal propriétaire

ÉTENDUE ACTUELLE DE l'INDUSTRIE DBS SOIERIES. 145

de scierie y est la société anonyme de SkOnvik, qui possède, entre autres, les grandes scieries: SkOnvik (munie de 15 châssis, 3 scies d'équarrissage. 2 machines à raboter et 2 scies à refendre) et Ostrand (11 châssis, 2 scies d'équarrissage, 2 machines à raboter et 2 scies à refendre). La société, fondée en 1861, a eu on succès exceptionnel, tout en dépensant de fortes sommes pour des expériences chimico techniques. Son exportation totale s'élève à environ 20,000 standards de bois sciés (dont 8,000 standards de bois rabotés), 15- à 20,000 poutres hollandaises, 1,500 standards de bois de fente, sans compter le charbon de bois.

Vifsta, au nord de Sundsvall, est, comme nous l'avons dit autre part, la plus ancienne des scieries à vapeur en Suède. Fondé en 1851, cet établissement a été plus tard reconstruit et agrandi. La société de Vifsta (fondée en 1798), célèbre par ses gros dividendes, presque sans exemple en Suède (plusieurs cents ^ par an), a dernièrement (en 1896) été transformée en société anonyme. Les scieries comptent en tout 14 châssis et 3 machines à raboter; l'exportation s'élève à environ 18,000 standards. Cette société possède en outre la scierie Byn près de Sundsvall.

Le troisième grand établissement du district est Svartvik, près de l'embouchure du fleuve Ljungan au sud de Sundsvall. Elle se compose de 2 scieries à vapeur, ayant en tout 16 châssis et 5 machines à raboter. La production est évaluée à 2,600,000 couronnes, et l'exportation est censée s'élever à 20- à 25,000 standards, dont 10- à 12,000 standards de bois rabotés. Svartvik appartenait autrefois à la famille Dickson de Gothembourg, nom bien connu dans l'histoire de l'industrie du bois; à présent, cet établissement se trouve entre les mains de la société de Svartvik (société non anonyme).

Parmi les plus grands exportateurs de bois, nous signalons encore J.-A. £nhOming, société anonyme de bois, qui possède Kubikenborg (avec 3 châssis) au sud de Sundsvall, et qui a pris à ferme Ôrtviken (10 châssis) au nord de la ville. L'exportation est censée s'élever à 20,000 standards de bois sciés, à 10,000 standards de bois rabotés et à 5,000 loads de bois équarris. Fagervik, près de Vifsta, exporte 15,000 standards de bois sciés, 2,000 standards de bois rabotés et une quantité considérable de bois équarris. De plus, nous nous contentons de nommer seulement les établissements suivants: Mon (le plus ancien et le plus renommé des établissements à raboter), Sund, Hofvid, Johannedal, Klampenborg et Tunadal dans le voisinage de Sundsvall; dans l'ile Âlnô, qui défend contre les tempêtes de la mer, se trouvent Karlsvik, Eriksdal, Gustafsberg, Nacka, Strand et Johannesvik, et enfin, dans un îlot près d'Alnô, la scierie HOmingsholm (appartenant à deux particuliers).

Passant ensuite en Helsingland, nous trouvons, aux environs de Hudiksvall, les trois scieries à vapeur BergsjO, Forssa, Hâstholmen et, à l'intérieur de la province, Hybo, toutes entre les mains de la société anonyme de bois de Hudiksvall; de leur production, s'élevant à environ 22,000 standards, une grande partie (environ 8,000 standards) est vendue en bois rabotés. Iggesund, au sud de Hudiksvall, est une des plus importantes scieries à eau de la Suède. Elle est munie de 7 châssis, et sa production s'élève à environ 8,000 standards, dont à peu près le quart se compose de bois rabotés. Cet établissement appartient à la même société que l'usine bien connue d'Iggesund; la société possède, en outre, la scierie de Nianfors, et est intéressée aux établissements de Stocka et de Sandame. Les forêts de la société, comprenant environ 125,000 hectares, s'étendent par la province de Medelpad jusqu'en Heijedalen et en Jemtland.

Dans le district de S5derlUimny nous signalons Ala, Bergvik, Djupvik, Norra Djnpvik, tous appartenant à une grande société anonyme avec un capital en partie anglais. Leur exportation totale surpasse 30,000 standards. Ljusne, appartenant à la société anonyme Ljusne- Voxna, est un établissement très important, muni de 14 châssis et 2 machines à raboter. Sa production, dont la qualité est ifort estimée,

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146 m. FORÊTS BT INDUSTRIE FORESTIÈRE DE LA SUÈDE.

s'élève à environ 24,000 standards. L'établissement de rabotage à Sandarae et la scierie à vapeur voisine Askesta appartiennent en grande partie à la nonveUe société anonyme de Bergvik et Ala; l'exportation est censée s'élever à 12,000 standards de bois sciés et à 3,000 standards de bois rabotés. Près d' Askesta, il 7 a Marma, appartenant à une autre société anonyme (suédoise).

Le district de Gefle rivalise, par rapport à l'exportation de bois sciés, avec celui de HemOsand, et ne cède la place qu'à celui de Sundsvall. Quant aux scieries d'où proviennent les bois, une partie se trouve à l'intérieur du pays, en Dalécarlie et en Uppland. Sur la mer, nous trouvons pourtant les deux principales, savoir celle de la société anonyme Korsnfts, dont la scierie, autrefois sise sur le lac Runn en Dalécarlie, a été dernièrement transférée à Bomhus près de Gefle, et puis Skutsk&r dans le gouvernement d'Uppsala; ces deux scieries sont les plus importantes de l'Europe. Skutskftr, qui est muni de 24 châssis, possède un port de mer excellent. Au moyen d'un canal de flottage long de 1 1 kilomètres, il est relié avec le fleuve Dalelfven. Un autre canal de flottage dernièrement construit relie le fleuve Dalelfven avec Bomhus. L'exportation de Korsnâs est censée s'élever à 40,000 standards, et celle de Skutskar à 50- à 60,000 standards.

Skutsk&r appartient à la société anonyme « Stora Kopparbergs Bergslag», qai, en outre, possède Domnarfvet en Dalécarlie et les scieries moins importantes de Korsâ et d'Âbacka. Domnarfvet est principalement un établissement métallurgique; toutefois, la scierie mue à l'eau est assez considérable pour occuper 200 ouvriers. Il faudra encore citer la société anonyme de scieries Kopparberg et Hofors, qui possède Avastrôm et Norrsundet en GestriklantJ, ainsi que Nas et Karlsfors en Dalécarlie; son exportation s'élève à 25,000 standards. — La scierie d'Elfkarled, sise dans une île du fleuve Dalelfven, c-à-d. sur la limite qui sépare le Xorrland du Svealand, appartient à la société anonyme de l'usine Sôderfors. Elle est munie de 6 châssis et de 2 scies d'équarrissage. — Les scieries d'Avesta et de Sftter, appartenant toutes les deux à la société anonyme Kopparberg-Avesta, exportent leurs bois par le port de V&rtan, à Stockholm.

La plupart des autres scieries de la Dalécarlie exportent leurs bois par Gothembourg; en général, les bois sont transportés par chemin de fer jusqu'à Kristinehamn, et ensuite jusqu'à Gothembourg dans des chalands recouverts. Parmi ces scieries, nous voulons citer Vansbro, Mora, Saxviken et Thyfors. C'est aussi par Gothembourg que la majeure partie des scieries de Termland et de Dalsland exportent leurs bois; quelques-unes le font par la Norvège. Parmi les scieries de Vermland, il faut surtout remarquer Bergholmen près de Karistad, Forshaga (appartenant à une société anonyme du même nom). Huit (appartenant à la société anonyme Môlnbacka-Trysil) et Munkfors (appartenant à la société anonyme d'Uddeholm); tous ces établissements se trouvent au bord du fleuve Klarelfven.

La Suède méridionale est, par rapport à l'industrie du bois, bien inférieure aux provinces citées plus haut. Il est vrai que les scieries du sud, surtout dans le haut-plateau de Smâland, sont assez nombreuses, même plus nombreuses qu'en Norrland, mais la plupart entre elles sont petites, — quelquefois elles ne se composent que de scies à locomobile transportables, — et ne travaillent que pour satisfaire aux besoins locaux. Pourtant, quelques-unes rappellent, par l'étendue de l'exploitation, celles du Norrland; telles sont Hellefors, sur le fleuve Svartelfven dans le gouvernement d'Orebro, Boxholm (scierie à eau sur la rivière Svartân en Ostrogothie), Blankaholm dans le gouvernement de Kalmar et la scierie de Falkenberg. Comme dignes d'une attention particulière, nous citons enfin les scieries de Gothembourg et de ses environs, p. ex. celles des sociétés anonymes Bark & Warburg, F.-O. StrOmman et Safveân; mais comme elles sont tontes en rapport avec des ateliers de menuiserie, elles font plutôt partie d'une autre branche d'industrie.

ÉTENDUE ACTUELLE DE l'INDUSTRIE DES SCIERIES.

Pour se procurer la matière brute nécessaire à leur industrie, les propriétaires des scieries peuvent procéder de différentes manières. Ils peuvent acquérir des terrains boisés ou bien le droit d'exploiter, pour un temps fixé, certaines étendues de forêts, ou bien acheter du bois en grume aux paysans, ou enfin acheter des arbres marqués pour le coupage dans les domaines de l'Etat.

Dans les temps anciens, à peu près deux siècles en arrière, n'importe qui avait le droit de couper des bois de sciage dans les vastes foreU de FÉfat en Vermland, en Dalécarlie et en Norrland. Au dix-huitième siècle, cette liberté fat en effet un peu restreinte, mais l'État accordait pourtant assez généreusement des privilèges pour l'établissement de scieries avec droit d'exploiter les forêts domaniales, droit qu'on appelait «droit de souche» (stock&ngst). Le plus souvent, ce droit était limité à certaines quantités, et quelquefois on faisait des stipulations relatives au droit exclusif de l'État sur les bois de mâts, etc. Tout d'abord, les impôts sur les scieries comprenaient aussi une redevance à payer pour les bois exploités, mais ensuite on mit sur ces derniers un impôt particulier, appelée taxe de souche. Cette taxe était pourtant assez insignifiante, variant de 5 à 25 centimes par arbre; parfois elle était payée en nature, comme c'était le cas à une scierie en Vesterbotten, oii la taxe pour une coupe annuelle de 1,200 arbres dam les forêts domaniales devait consister en 37 douzaines et demie de simples planches et en 6 douzaines et un quart de planches de bordage. Après 1 820, ces concessions privilégiées cessèrent, et les derniers temps, à partir de 1870, le gouvernement a cherché à abolir les privilèges, en offrant aux scieries respectives le droit d'exploiter, pour un temps bien limité, des quantités plus considérables des forêts domaniales, à condition que, à l'expiration de cette période, le droit de souche cesserait complètement. Il ne reste donc qu'un petit nombre de ces scieries dans les gouvernements de Norrbotten, de Vesterbotten et de Vesternorrland.

Lors de l'établissement des grandes scieries modernes, les industriels intéressés ne tardèrent pas à comprendre qu'en réduisant les frais du flottage (par le règlement des courants d'eau) et en perfectionnant les procédés des scieries, la valeur des forêts augmenterait considérablement; aussi se sont-ils empressés de s'assurer, au moyen de conventions avec des particuliers, l'usufruit de telles étendues boisées qu'ils jugeaient nécessaires à leur industrie. A cette tin, ils firent, avec de petits propriétaires ou des communes, des contrais selon lesquels on livrait à l'exploitation les forêts sans ou avec certaines restrictions. Les conditions attachées à ces droits d'exploitation variaient souvent. La durée des contrats était, — conformément à la loi sur les conventions relatives à l'usufruit des biens immeubles en général, — limitée à 50 ans au maximum, période le plus souvent stipulée par ces contrats, mais quelquefois ceux-ci n'étaient valables que pour une ou deux dizaines d'années. Parfois le droit d'exploitation était illimité, parfois il était réglé par certaines stipulations relatives aux dimensions des arbres à couper (variant entre 17 centimètres sur une longueur de 4*5 mètres, et 25 centimètres sur 6 mètres), parfois le sapin blanc était exempt de l'exploitation au temps où cette essence était regardée n'avoir qu'une valeur minime.

Ces stipulations ont sans doute amené une certaine confusion. Le plus souvent, on payait une certaine somme à forfait, parfois le pro-

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