ÉTENDUE ACTUELLE DE L'INDUSTRIE DES SCIERIES
priétaire se réservait en outre une redevance annuelle en argent ou en céréales En général, on peut dire que les scieries acquéraient le droit d'exploitation à bas prix. En ce temps-là, les forêts avaient si peu de valeur que les paysans en brûlaient de vastes étendues rien que pour obtenir des pâturages pour leur bétaiL
Ces achats de bois ont souvent valu aux propriétaires de scieries de grandes fortunes, mais, pour l'économie forestière, ils n'ont pas été avantageux, bien au contraire; aussi les inconvénients qu'ils ont amenés, ont-ils attiré l'attention des législateurs. Celui qui, par contrat, a acquis le droit d'exploiter, pendant un certain nombre d'années, la forêt d'un autre, n'a sûrement aucun intérêt à s'appliquer à l'économie forestière; il ne cherche qu'à tirer le plus grand profit de la forêt pendant la durée du contrat, et dans le cas où l'on n'avait pas fait de stipulations relatives au minimum des dimensions, le bois non mûr fut aussi exploité. Même dans le cas où le droit d'exploitation avait été limité, on abattit beaucoup d'arbres qui auraient dû rester comme arbres de repeuplée ou pour d'autres raisons, tandis qu'on laissait intacts des arbres que, dans l'intérêt de l'économie forestière, ii aurait été utile d'abattre. Par une loi de 1889, le maximum de la durée des contrats relatifs au droit d'exploitation fut réduit à 20 ans. Le but de cette loi n'a pourtant été atteint qu'imparfaitement. Pour ne jamais manquer de forêts, certaines sociétés de scieries avaient déjà, avant cette époque, commencé à acheter des propriétés foncières, et, après la promulgation de la susdite loi, cette coutume allait en se répandant. Les terres achetées consistent, pour la plupart, en de vastes étendues boisées et en de petits terrains cultivés ou cultivables, terres que la société de la scierie acquiert, pour ainsi dire, par dessus le marché. Bien entendu, la société ne se soucie guère de l'agriculture; les terrains cultivés sont donc ordinairement afi^ermés à l'ancien propriétaire contre une somme dérisoire (quelquefois même gratuitement), à condition que le fermier paye' les impôts reposant sur la terre.
Pour Véconomie forestière il est incontestablement très avantageux que les sociétés acquièrent d'aussi vastes étendues boisées que possible, car, en vue d'assurer la subsistance future des forêts dont elles sont les vrais propriétaires, ces sociétés y donnent plus de soins qu'on n'en apporte ordinairement aux forêts qui se trouvent entre les mains des particuliers, au moins en ce qui concerne celles <ies paysans. Par contre, ces achats de terres ont un inconvénient très fâcheux, attendu que la culture des terrains que possèdent les sociétés est souvent négligée. Certes, il arrive parfois que le paysan, ayant vendu sa terre à une société de scierie, en fermier coule des jours heureux et tranquilles, peut-être les plus tranquilles de sa vie, après avoir réussi, moyennant la somme d'argent qu'il a reçue de sa vente, à s'acquitter de ses dettes antérieures. Il peut donc sans entraves cultiver la terre pour en tirer le meilleur rendement possible. En effet, le petit cultivateur dans certaines contrées du Norrland et de la Dalécarlie, ne pouvant guère subsister avec les seuls revenus de sa terre, est très heureux de pouvoir compter sur des gains accessoires en travaillant dans les forêts de la scierie. C'est que, à divers endroits, l'ancien propriétaire a une espèce de privilège d'être
Ilf. FORÊTS ET INDUSTRIE FORESTIÈRE DE LA SUÈDE.