FLOTTAGE
du premier pays sur le marché international des bois tient en partie au nombre de nos rivières et à leur application comme routes de flottage. Les grandes rivières de Norrland et de Dalécarlie, qui prennent leurs sources dans les hautes montagnes, possèdent, grâce à la fonte des neiges, là-haut, un débit si important, que le flottage peut, ordinairement, se faire durant tout Tété. Quant aux ruisseaux et aux affluents des grandes rivières, dont le débit n'est suffisant qu'au printemps, les lacs et les gouffres de marécage existant dans ces endroits-là, ont pu être transformés, au moyen de digues d'un bon marché relatif, en réservoirs au service du flottage.
Rigole de flottage.
On distingue les routes de flottage publiques et pricêe», A peu près tous les fleuves de la Suède septentrionale sont routes de flottage publiques, ainsi que nombre d'affluents. Actuellement, les routes de flottage privées ne se trouvent guère que dans le cas où le même propriétaire possède la forêt entière dont les bois doivent passer par ce cours d'eau. Le règlement des rivières pour le flottage public est établi par le gouverneur sur la demande d'un ou de plusieurs propriétaires forestiers intéressés. Un ingénieur compétent, désigné par l'administration préfectorale, procède ensuite à un examen. Dès lors, après avoir entendu les propriétaires riverains ou autres, dont les intérêts peuvent être touchés, on décide et quelles constructions il faudra faire, et quel amortissement devra en résulter, et la division de la rivière en districts, et enfin combien de temps durera la construction. Une fois les travaux exécutés, une inspection a lieu et
on ouvre la rivière pour le flottage; en même temps, le gouverneur publie un règlement pour une société de flottage, qui doit veiller au flottage et porter les frais au débit de chacun des flotteurs; ces frais comprennent aussi ramortissement des constructions.
Certaines de nos grandes rivières ont pu, sur un parcours plus ou moins grand, sans aucune entremise, être utilisées au flottage des bois. Le réglage des affluents exige d'ordinaire, dans une certaine proportion, de grands travaux et de gros frais; aussi n'est-ce, généralement, que bien après celui des fleuves eux-mêmes qu'on a réglé leur débit pour le flottage. A l'heure actuelle, il paraît qu'on en a curé la plupart; il en reste pourtant une partie. Le taux d'amortissement de réglage, ainsi que le taux de flottage, dépend des frais exigés par le réglage, aussi bien que de la quantité de bois qui doit passer par le fleuve. Mais (m peut établir comme règle qu'il est rémunérateur de régler même assez petits com d'eau.
Dans le grand courant des rivières, on a fait beaucoup de travaux pour k formation du canal de flottage. Ils consistent surtout à faire sauter les rochen qui occasionnent des enliages, à établir des caissons pour régler les rapides m les chutes d'eau ou resserrer le thalweg, à revêtir les rivages susceptibles d'érosifli» à placer des barrages pour contraindre les matériaux flottés à prendre la directe qu'on désire; et on peut protéger ainsi les basses prairies riveraines, les macli hydrauliques, les piles de ponts, etc. Bans ces grandes rivières, ainsi qne des cours d'eau plus petits qui se jettent directement dans la mer, on con à l'embouchure des barrages de triage oh les matériaux flottés sont classés d*a leur marque et délivrés aux différents propriétaires. Dans les affluents, souvent besoin, en outre, d'étangs artificiels pour régler le débit: ces petits seaux n'étant pa«, à l'instar des grandes rivières, grossis par la fonte des des hautes montagnes, ne possèdent pas, sinon lors de la crue des eaux da] temps, une quantité d'eau suffisante pour le flottage. Ces étangs sont soit au point où la rivière sort d'un lac, lequel au moyen de bar être changé en bassin de réserve, — c'est le cas le plus habituel, — trémité la plus basse de quelque marécage qui sert au même but, soit < quelque point du cours d'eau où le courant est plus faible. Les bar faits de caissons, consolidés sur le parement par des remblais. On j des ouvertures, qui, au moyen de vannes, peuvent être fermées entièrem€ partie, et permettent de régler le niveau de l'eau; pour le passage des flottés, on ouvre une issue spéciale, un pertuis. Celui-ci, comme les vertures, est aux côtés en bois cloisonnés et au fond pourvu d'une partie en rondins.
Les rigoles de flottage ne peuvent généralement pas être évitées dans M plus petites rivières. Un ruisseau torrentueux avec un faible débit, une gnafe chute d'eau, un courant irrégulier avec un fond semé de rochers, voilà des ciroosstances qui rendent les rigoles nécessaires. On les construit soit sur chevalete, soit sur fondements de bois ou de pierres; ce dernier mode est usit^. là où la rigole est basse. En certains endroits de la Dalécarlie, on a remplacé les rigoles en bois par des rigoles en tôle qui ont paru convenables à cet emploi. Pour que le flottage se fasse bien, l'eau doit avoir, partout dans la rigole, à peu près la même profondeur. Aussi faut-il rétrécir les rigoles là où leur déclivité est plus grande. La largeur doit être relativement grande à l'entrée de la rigole, mais on doit ensuite la diminuer, parce qu'il y a toujours déperdition d'une partie de l'eau tant par évaporation que par suintement. Du reste, la largeur et la profondeur de la rigole sont proportionnées au débit de l'eau et à la quantité des matériaux flottés. Dans une rigole bien construite, on peut cependant transporter par flottage une quantité de bois incroyable, alors même que les dimensions de la rigole ne sont pas importantes.
PLOTTAGB.
A l'entrée de la rigole se trouvent des barrages pour obliger le courant à conduire le bois droit à l'ouverture. Du reste, il s'y trouve toujours posté des ouvriers pour surveiller l'écouleinent, qui doit être égal et lent afin que le bois ne saute pas hors de la rigole. On s'est inquiété de fournir, au moyen d'appareils de signal, la possibilité de donner, en cas de besoin, à n'importe quelle partie de la rigole, l'ordre d'arrêter l'écoulement. La partie inférieure de la rigole a une faible inclinaison pour que les matériaux flottés n'aillent pas, en quittant la rigole, se choquer contre le fond. Si le cours d'eaux est ici peu profond, on établit au bas de la rigole un fond en rondins, sur lequel glissent les matériaux flottés; c'est ainsi lui qui reçoit le premier choc.
On rencontre encore dans les routes de flottage d'autres constructions, telles qae des caissons de branchages, des canaux creusés dans le sol, etc. Mais le plus important procédé de réglage est de faire sauter les rochers et d'opérer ensuite le curage.
Le flottage comniencp uvpc la tUlmcle des glaef*^, an iirûitpmps. Dans les plus petits eourants d'eau, il est dn tonte importaïu-e àf* bien employer le temps; un jnur p^^rdu peut eu rertiiiiiH ea^ t'utrainer Thivernage obligé d'une partie du bois. Ce niènie fait peut st* produire SI le nombre des ou%TierB flotteurs n'est lias suffisant. Le flottage a lieu soit à billey perdues, mii en trains; ce dernier mode s^emploie particulièrement lurai^u'il faut, traYer.se r des eaux peu rapides. Les bois sont- ils placés miv la ^^hwt' d\in lae nu d'un *Hauf^, ou les
in. FORÊTS ET INDUSTRIE FORESTIÈRE DE LA SUÈDE.
enferme dans des billes ou des poutres accouplées, qui forment alors un /Cercle de barres, entourant souvent plusieurs milliers de pièces de bois. Le radeau est alors remorqué par un bateau à vapeur ou toué au moyen d'un cabestan sur un drome flottant, spécialement construit
dans ce but.
Bots hors tic hi Bcierie.
IjjrBrjue If* bois est arrivé dans la rivière, il s'agit, dès lors, de le tenir éhii^uù ik la rive au moyeu tle crocs, d'activer, eu certiiins cas, m ^ites8€% et (l't'ui pêcher iiatîiut que iinssiMe U forrnatinu lie tas. lA oh le fait se pnKiuit, il faut di'bnuiiUer les matériaux dottéîs, ce qui peut être souvent un travail nonseuleuient fatiguaut, mais méiîu' dangereux; ^i l'on peut trouver la pièce qui ;i uccasionné ramoncelkHnent, il suffit de la couiier pour que le tas se débrouille et se remette en manbe <ie lui-même, mum il faut sortir les pit-eos uoe â une, Cependiuit, un vidt ntmiieat de nus joars ce travail entrainer un accident Triorh'L — Sur ti>iUe.s bs nnUeHi de Hotta^e se trouvent des hommes qui rej< ttent dans le eouraiit b-s billes <(iii, lui cours du Hottufçe, se sont accrocbée* :iu riva^r(.^ 'IVmtv'bds, on n'eîilève entièrement ces tas qu'au fur et à mesure que la b:mtenr de l'eau baisse et le dottaj^e s'avauee, de sorte quil en reste toujours iiiir quaoîiîr û\"An suffisante pour b' ffoitage. Quand ces hommes, au cours de k ur tnivaiL sont arrivés ;ni\ barraf^es de triage, le flottage général, à bille* ÎHTdnrs, ili Tannée est atluvê. Dans la plu]isirt des roules de flottage, les bois arnviiit, de uns jrans, i\n\ scieries pendant le premier été qui a suivi leur coupe, tandis qnautrefids, avant {pie U-^ conrauts d'eau eussent été réglés, on voyait <jnlinairement les nnitériaux titatés rester eji route deux et même trois étés. I^