‹ La SuèdeChapitre 214 sur 361 · ÉTENDUE ACTUELLE DE L'INDUSTRIE DES SOIERIES · texte numérisé non relu

ÉTENDUE ACTUELLE DE L'INDUSTRIE DES SOIERIES

engagé en ces sortes de travaux. L'expérience a pourtant démontré que, dans bien des cas, les capitaux que les paysans ont acquis par les ventes de forêts, n'ont pas été employés au profit de l'agriculture, mais seulement gaspillés en luxe. Le caltiTateor, qui autrefois avait peu de besoins et était habitué à une vie simple et fragale, regardait l'argent si subitement gagné comme une source de richesse inépuisable, jusqu'à ce qu'il le vit s'écouler aussi vite qu'il était venu. Le cultiYStenr n'a donc d'autres ressources pour se procurer de petits bénéfices qu'en a'engageant à travailler dans les forêts, et, comme il doit se contenter de la paye qae lui offre la société, le grand avantage qu'il espérait gagner se trouve changé ea dépendance.

Quand les coupes n'ont pas été réglées (et cela n'est jamais le cas en Norrland), tous les arbres à abattre sont marqués à cet effet; ces marques sont faites au tronc et à la racine, de préférence à quelque grosse branche de racine pour que, après l'abattage, on puisse contrôler que tous les arbres marqués, et point d'autres, ont été coupés. Pour Texploitation de la forêt^ le propriétaire d'une scierie engage ordinairement par contrats des charretiers pour le transport; ceux-ci sont, le pins souvent, les fermiers de la société, ou bien on s'adresse aux paysans d'alentour. Le propriétaire des forêts fait ordinairement surveiller l'abattage par des gens à lui, si toutefois cela lui est possible, dans le Irat que les troncs d'arbres soient débités dans la longueur voulue; autrement, le débitage pourrait être négligé de sorte qu'il y aurait des pertes considérables lors du sciage. Dans le cas où l'endroit du coupage est trop éloigné d'un village ou d'une ferme pour que les ouvriers puissent trouver à s'y loger, il faut ériger des huttes dans la forêt. La coupe des bois commence ordinairement aux mois d'octobre ou de novembre, et dure tout l'hiver. C'est que cette saison offre plusieurs avantages: le bois est plus facilement transporté hors de la forêt, on a plus de bras à sa disposition, puisque les travaux de labour reposent, et enfin la qualité du bois coupé en hiver est bien meilleure. La coupe commence généralement par la partie de la forêt qui est le plus éloignée de la route de flottage. Pour faciliter le transport du bois, il est nécessaire d'établir différentes voies au travers de la forêt. Les principales de ces voies sont faites aussi solides et aussi larges que possible, et on s'applique à les maintenir en bon état; parfois, on y répand de l'eau qui se glace facilement. De celles-ci partent les différentes voies de traverse qui mènent aux parties intérieures du district de la coupe. Au nord de la Suède, où la neige abonde en hiver, on n'établit que des chemins d'hiver ou schlittages.

De nos jours, où la concurrence est si grande, l'ancienne méthode peu économique de couper l'arbre à quelques pieds du sol, a été presque généralement abandonnée; l'arbre est scié juste au ras de terre, et la couche de neige, qui mesure quelquefois plus d'un mètre de profondeur, doit être enlevée pour permettre aux ouvriers de se servir librement de la scie. Ce dernier outil remplace presque partout la hache, attendu que plus de bois est détérioré par les coups de hache que par l'emploi de la scie. Lors de la coupe, l'ouvrier doit prendre garde que les arbres tombent de telle sorte qu'ils ne nuisent pas au bois envi-

152 Iir. FORÊTS ET INDUSTRIE FORESTIÈRE DE LA SUÈDE.

ronnant. L'arbre une fois abattu, le tronc est débité en une ou plusieurs billes de la longueur voulue. Les billes, mesurant à la cime un minimum de 12*5 cm. (pour le bois blanc) et de 15 cm. (pour le bois rouge), sont débitées dans une longueur de 4*5 mètres. Plus l'abattis se trouve éloigné des ports de mer, plus les billes doivent être grosses pour payer les frais du transport. Le bois de construction doit mesurer au moins 18 cm. à la cime et avoir une longueur de 8 ou 9 mètres. Les poutres équarries doivent mesurer au moins 23 cm. de largeur au centre; la longueur peut être différente. Ce qui ne peut pas être utilisé comme bois de construction ou comme bois de grande valeur, est fendu en bois de chauffage aux endroits où l'on trouve à le vendre.

Le moyen dont on se sert le plus souvent pour transporter les bois, sont des traîneaux ou ramasses. Ces traîneaux, d'une construction souvent très primitive, ne consistent qu'en deux barres de bois reliées vers le milieu par une traverse plate et une autre sur le devant. Les pièces de bois de moindre grandeur sont transportées sur des traîneaux de 2 à 3 mètres de longueur; pour les pièces de grandes dimensions on emploie deux ramasses, sur les traverses desquelles les bouts des troncs sont attachés. De cette manière, un seul cheval suffit pour traîner sur les chemins lisses des quantités énormes de bois, 10 à 12 poutres d'une longueur de 18 pieds. Dans la partie la plus septentrionale du Norrland, on emploie parfois des rennes au lieu de chevaux. Aux endroits, assez rares du reste, où l'on ne pourrait se servir de bêtes de trait dans les forêts, il faut recourir aux bras d'hommes. Pour peu que la couche de neige ait assez d'éiMll* seur, on fait alors glisser les troncs, la cime la première, le long de porili escarpées. Les chariots ne sont employés pour le transport du bois que twkl bons chemins, et, bien entendu, seulement quand la terre n'est pas converti !• neige.

Flottage.

Il y a quelques scieries si bien situées qu'on peut charrier le lÉb de leurs forêts directement à la fabrique. Une autre quantité de wtk est transportée aux scieries par chemin de fer. ■ Toutefois, le flù^Êfi est le procédé le plus employé pour transporter les bois de constructfi»: il semble, du reste, comporter quelques avantages. Le bois ronge qui a séjourné dans l'eau pendant quelques mois, offre moins de propensions à travailler que ce même bois débité immédiatement après la coupe. Les bois de flottage sont aussi plus faciles à traiter, et sont d'une couleur plus égale, mais, par contre, les bois non flottés sont plus résistants. Sur ce sujet, les avis sont un peu partagés: en Angleterre, on ne veut avoir que les bois de flottage, débarrassés de la sève et de la résine, tandis que dans quelques autres pays, tels que l'Allemagne, le Danemark, aussi bien que dans la Suède du sud, on accepte aussi volontiers le bois non flotté. Outre les bois qui sont destinés aux scieries, on fait encore flotter, en assez grande quantité, des poutres, du bois pour charbon, pâte à papier et aussi, en certains cas, pour combustible.

S'il n'y avait des rivières flottables en Suède, il serait, en maints cas, impossible d'utiliser la production forestière des régions intérieures du pays à autre chose qu'aux besoins de l'endroit même. Notre position

Page 1