QUESTION DES BIENS MÉNAGERS
La fabrique de Husqvarna près de Jônkôping a fait construire des habitations qu elle loue aux ouvriers. Elle a aussi donné à ces derniers des terrains et leur a concédé un emprunt pour la construction de modestes habitations privées. Chacune de ces petites maisons appartient à un seul propriétaire. Jusqu'en 1898, 113 maisons comprenant 412 logements ont été construites. Le loyer de 2 pièces s'élève à 96 couronnes, celui de 3 pièces à 144 couronnes. La valeur de ces habitations ouvrières est estimée à 609,700 couronnes; sur ce capital, il reste une dette de 130,000 couronnes.
La Société métallurgique de Sandviken a élevé environ 130 habitations d'ouvriers d'une valeur de 1,100,000 couronnes. 3,674 peronnes y habitent sans payer de loyer. De petits jardins sont attenants aux constructions. La distribution des eaux a lieu par des borne-fontaines établies dans les rues. La société a construit une église, 4 maisons d'école ainsi qu'un établissement de bains. Elle a son médecin, son pharmacien et son hôpital particuliers et les ouvriers reçoivent des
soins gratuits
I. Boaillonnerie de la Société Mnnheni. IT. Une chambre de la Société pour la conatruction de demeures
ouvrières à Stockbolm. III. Ferme de T. Association des biens ménagers en Octtrogothie. IV'. Maison de
la Société des biens ménagers aux environs de Stockho'm.
Question des biens ménagers.
L'idée de préparer des biens ménagers à la campagne pour les gens peu aisés a été longtemps l'objet de l'attention des pouvoirs publies, mais, au cours des derniers temps, l'intérêt qu'excite cette question s'est avivé chez le peuple même.
518 xrr. législation ouvrière et statistique sociale de la suède.
La première décision da Riksdag à ce sujet était plus d'économie politique que sociale. En 1874 et en 1879, ainsi qu'en 1887 et en 1888, le Riksdag décréta la vente des petites propriétés de la Couronne. Les conditions de payement rendaient cependant difficile aux personnes peu aisées d'en tirer partie. En 1891, le Riksdag demanda au gouvemement de vider la question de savoir si les pouvoirs de TÉtat ne pouvaient aider les petits ménagers à posséder des biens propres. I^ gouvernement nomma un comité qui rendit sou rapport en 1892. Le projet que le gouvemement déposa, en 1894, au Riksdag, était en majeure partie basée sur ce rapport; le projet du comité n'envisageait pas cependant le dessèchement des terrains humides on la colonisation des immenses terrains appartenant à l'État en Norrland, bien qu'il eût été recommandé de traiter ces questions à fond. Le Riksdag approuva en majeure partie la proposition du gouvemement. Il fut donc décidé que l'on procéderait au morcelage, total ou partiel, ou au démembrement eu petits biens ménagers des propriétés de la Couronne désignées x>oiir.la vente. On vota en outre des fonds pour l'étude de la question de colonisation en Xorrland. Jusqu'ici, on a concédé le sol aux particuliers, dans cette partie du pays, pour 20 ans tout au plus, et on leur a accordé, en outre, un secours de construction h certaines conditions.
En 1899, le Riksdag n'a pas soulevé moins de cinq motions sur la question des biens ménagers. On y signale la situation défavorable de l'ouvrier agriculteur comparée à celle de l'ouvrier des villes. La possibilité pour les premiers de se préparer, à des conditions avantageuses, des biens ménagers, non seulement entraînerait pour eux des bénéfices tant moraux que sociaux, mais encore l'État y gagnerait beaucoup au point de vue économique ou autres. L'État devrait leur porter secours au moyen d'emprunts à petit intérêt et à long terme d'amortissement. Â l'occasion de ces motions, le Riksdag demanda des études sur la question des biens ménagers, particulièrement à l'égard des ouvriers de la campagne. A ce propos fut nommé un comité qui n'a cependant pas encore terminé ses travaux.
Par des lois sur la question du morcelage des terres (la dernière date de 1896), le Riksdag a cherché de faciliter le partage de propriétés privées, et, en effet, le résultat en a été que plusieurs grandes propriétés ont été partagées en une quantité de petites. Il y a encore à taire sur ce sujet, attendu que la manière actuelle de procéder entraîne de bien gros frais et divers inconvénients.
On a déjà parlé plus haut des tentatives faites pour constituer des biens ménagers dans les villes à l'article des cités ouvrières (p. 513 et 516). A Stockholm, il a régné les dernières années une grande activité pour préparer aux ouvriers des biens ménagers à la campagne, aux portes mêmes de la ville. Des particuliers et des sociétés ont acheté dans ce but des propriétés, les ont morcelées, et ont vendu le terrain aux ouvriers, qui ont élevé eux-mêmes leurs habitations. Entre antres nous voulons nommer la Société par actions des biens ménagers à la campagne {Aktiebolaget Hem pu landet) aux environs de Stockholm (voir la figure à la l)age 517). C'est la question des communications qui a offert les plus grandes difficultés. Pour les résoudre, il fallut exiger le concours de l'État. Il a été proposé au Riksdag de concéder des propriétés de la Couronne, sises à proximité de la ville, pour la formation de biens ménagers, tout en conser\-ant pour l'État le droit de propriété. Ce projet a été, jusqu'ici, rejeté par le Riksdag. A plusieurs fabriques à la campagne, on a préparé des biens ménagers pour les ouvriers, mais ils sont souvent situés sur le terrain des propriétaires, ce qui fait que les ouvriers ne se sentent pas indépendants.
En certains endroits, les ouvriers ont formé des associations pour créer des biens ménagers. La plus grande de ces associations est la «Egnahemsfôreningen» (Association des biens ménagers) en Ostrogothie, fondée en 1889. L'association comprenait, en 1899, 2,382 membres qui possédaient 13,110 parts à 10 couronnes. 11 y a 72 succursales répandues dans 7 districts. Les constructions ont été élevées,