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SOCIÉTÉS COOPÉRATIVES

Le nombre des grrèTes et lock-onts a été, pendant chaque année de la période de 1863/99:

Total

Sociétés coopératives.

Outre les laiteries coopératives et les sociétés de construction et de domicile, les entreprises coopératives de Suède se composent principalement de sociétés ayant pour but la vente aux membres de comestibles et d'articles manufacturés. — Ces entreprises sont de deux espèces: soit sociétés commerciales par actions, soit sociétés de consommation.

Les sociétés commerciales par actions sont fondées conformément à la loi de 1895 concernant les sociétés par actions. Il y eu a pourtant plusieurs qui, constituées avant cette loi, ont été fondées sur d'autres articles, surtout pour ce qui regarde le montant d'une action, qui ne peut être fixé à la somme plus basse de 10 couronnes que si le fonds social ne dépasse 10,000 couronnes; autrement, la somme minima est de 50 couronnes.

Les sociétés de consommation (ou de commerce) sont fondées sur la loi de 1895 concernant les sociétés économiques, qui est appliquée depuis 1897. Les sociétés constituées auparavant ont été obligées de changer leurs statuts conformément à cette loi. Elle porte que les sociétés pourront être formées soit sans responsabilité personnelle, soit avec une responsabilité limitée à un certain montant. Les prescriptions en vigueur auparavant rendirent tous les membres solidairement responsables. Des membres nouveaux sont reçus n'importe quand. Le montant de l'apport est variable, ordinairement il est de 5 à 25 couronnes. Les affaires de la société sont gérées par la direction et le directeur du commerce. Communément, les membres ont des réunions d'une à quatre fois par an.

Les sociétés commerciales par actions, aussi bien que les sociétés de consommation, doivent être enregistrées pour avoir des droits et devenir juridiquement responsables.

Les opérations commerciales se fondent ordinairement sur le capital formé par les actions ou les apports de chaque membre. Ce capital, souvent, ne suffisant pas pour payer comptant les achats, on les fait à un crédit de 3 à 6 mois. Les marchandises, ça et là, se vendent au comptant seulement, mais ordinairement à crédit, lequel, suivant les intervalles entre les payements des salaires des pratiques, varie de 8 à 30 jours. Les sociétés constituées dans les derniers temps, achètent aussi bien que vendent généralement au comptant. Des bénéfices gagnés, une partie est ordinairement déposée en fonds de réserve; on donne sur les actions des membres un intérêt de 5 %, dans certaines sociétés anciennes, de 10 fi même. Le reste du profit est distribué aux membres proportionnellement aux emplettes. Pour vérifier celles-ci, on tient un livret de contrôle avec chaque membre. Ce n'est qu'exceptionnellement qu'il est permis de placer le profit de l'année à in-

^ Sur ce nombre, il y a une forte proportion de grèves d'ouvriers agricoles.

512 Xri. LÉGISLATION OUVRIÈRE ET STATISTIQUE SOCIALE DE LA SUÉDE.

térêt dans le commerce, et il est souvent prescrit qu'un nombre n'y pourra prendre part qu'avec un apport simple. Par suite de ces dispositions, le risque diminue pour chaque membre, mais le fonds de roulement se restreint, ce qui rend plus difficile le commerce et rend impossible le développement de la production.

On attribue la cause du mauvais succès de beaucoup de sociétés de consommation à la méfiance et à l'ignorance, à la perte à cause du crédit trop étendu, et aux bas appointements des directeurs, qu'on a dû souvent choisir parmi les moins compétents.

Le nombre des sociétés commerciales par actions et des sociétés de consommation, fondées en partie ou entièrement par des ouvriers, s'élève, suivant les rapports d'enregistrement, à 324, dont 197 de celles-là et 127 de celles-ci. D y a de plus un nombre inconnu de sociétés non enregistrées.

Dans les villes, on a eu le plus de difficultés à cause de la vive concurrence, mais il y a pourtant aussi des exemples d'entreprises coopératives bien réussies. A la campagne peu peuplée, elles sont rares. Le résultat a été le meilleur dans des usines dans la Suède centrale et en Scanie et dans les scieries du Norrland. Ainsi, il y a dans les environs de Sundsvall une vingtaine de sociétés, dont plusieurs ont été fondées vers 1875. Il y en a beaucoup qui ont une vente de plus de 100,000 couronnes, un fonds de réserve de 20,000 à 30,000 couronnes et des bureaux à elles. Le profit, souvent, s'élève à 10 k 12 % de la vente.

Pour unir les sociétés différentes et chercher à former la communauté des achats, un congrès fut assemblé en septembre 1899 à Stockholm. A ce congrès furent représentées 41 sociétés avec quelque 8,000 membres. Dans l'c union coopérative» (Kooperativa fôrbundet), constituée à ce congrès, sont entrées, jusqu'au 1*^ mai 1900, 42 sociétés avec 9,016 membres.

En fait de sociétés de production, il y a à remarquer des sociétés de scierie, de moulin, de flottage, de boulangerie, etc., qui, pourtant, ont eu, jusqu'à présent, peu de développement.

Habitations ouTrières.

Par suite de l'immigration des populations rurales dans les villes, la question des habitations ouvrières étant devenue d'une grande importance dans les cités, il convient de résumer ici ce qui s'est produit & ce sujet dans les plus grandes villes du royaume.

Habitations ouvrières à Stockholm. L'insuffisance des logements d'ouvriers à Stockholm fut démontrée, en 1896, par une recherche faite à l'instigation da conseil municipal. D'après cette inspection, on put établir qu'à la fin de l'année 1895, près d'un quart de la population ouvrière de Stockholm partageait le logement d'autres ouvriers logeurs ou d'autres familles, et que les loyers payés dans ces conditions étaient souvent exorbitants. Le loyer moyen d'un mètre cube de la contenance d'une chambre s'élevait à 2'83 couronnes. Voici ce qui, en dehors des entreprises particulières, a été fait de plus important pour les habitations ouvrières.

Par les soins de VÉtat, des logements ont été fournis aux ouvriers des chemins de fer de l'État, et deux groupes de maisons ont été loués à cet effet La ville de Stockholm a logé à ses frais 39 familles d'ouvriers attachés au service des eaux de la ville. £n 1899, le conseil municipal a décrété la constructîoii de 8 maisons d'habitation, devant contenir ensemble 273 chambres à feu pour les ouvriers de la ville. 105 de ces logements doivent comprendre une chambre

et une cuisine, et 21, 2 chambres et une cuisine. Un capital de 575,000 couronnes a été alloué pour ces constructions. Toutefois, cette entreprise ne peut être considérée que comme un essai, destiné à prendre de Textension, si le résultat se montre satisfaisant. Plus de 1,500 ouvriers et individus de condition analogue sont employés dans divers services de la ville.

Un petit nombre seulement de fabriques et établissements industriels ont fait construire des habitations ouvrières d'une certaine importance: nous nommerons la Fabrique de porcelaine de ROrstrand et la Société par actions des ateliers mécaniques J. & G. G. Bolinder. Le premier établissement a fait élever 19 maisons de pierre de plus ou moins d'importance, et de petites maisons de bois. Ces logements, ainsi que d'autres loués par la société, sont habités par 378 des 900 ouvriers de la manufacture. L'établissement Bolinder dispose de 230 demeures ouvrières, comprenant 310 chambres et 201 cuisines.

De 1870 à 1880, la pénurie de logements causa une vive agitation parmi les ouvriers, et leur fit prendre la résolution de se faire construire eux-mêmes des demeures. Des associations pour la construction de maisons (bostadsfôreningar) furent organisées. Vers 1885, ce mouvement avait atteint son apogée: les sociétés possédaient, 64 immeubles, évalués à près de 10 millions de couronnes. £n 1896, elles en avaient 67, avec 4,810 chambres à feu; mais l'évaluation officielle avait baissé de près d'un demi-million. Environ 30 % du capital était couvert par les sociétaires. Chaque logement était la propriété de celui qui l'occupait, et tous les membres étaient, d'après la loi alors en vigueur, solidairement responsables pour l'entreprise. Le résultat atteint par ces sociétés n'a pas été satisfaisant: d'une part, la forme s'est montrée défectueuse, et d'un autre côté, les annuités et rentes ayant été trop élevées pour une quantité d'ouvriers, beaucoup d'entre eux éprouvèrent de grandes pertes, et l'on cessa de construire.

Parmi les habitations ouvrières construites dans un but philanthropique, nous signalerons la Société par actions pour la construction de demeures ouvrières à Stockholm {Aktiebolaget Stockholms arbetarehem\ fondée en 1892 à l'initiative de M"® Agnes Lagerstedt. Le but de cette société est de procurer, aux meilleures conditions possibles, des logements aux ouvriers et de travailler au rehaussement moral des locataires. De même que dans les entreprises ci-dessous mentionnées, le gain des actionnaires est limité à 4 ^. Quatre maisons de moyenne grandeur ont été construites jusqu'ici (voir la figure à la page 515). Elles comprennent 140 logements, dont 29, loués à raison de' 120 à 144 couronnes par an, sont d'une pièce unique avec poêle servant à la fois pour le chauffage et pour la cuisson des aliments; 105 de ces logements comprennent chambre et cuisine, et sont loués en moyenne 188 couronnes par an, somme qui paraît être de 50 à 75 couronnes inférieure au prix ordinaire de location.

Une buanderie et une salle de bain sont tenues gratis à la disposition des locataires. Les pièces sont particulièrement agréables, comme on peut en juger par la figure à la page 517. Le résultat des travaux de cette société a été très satisfaisant. Les loyers ont été ponctuellement payés, bien que beaucoup des locataires fussent des ouvriers les plus pauvres, et les actionnaires ont participé à un intérêt de 4 %, Une caisse de secours mutuel en cas de maladie a été fondée. Des exercices religieux ont lieu dans une grande salle, où se tiennent également des réunions de couture pour les femmes, et où les enfants sont exercés à différents travaux manuels. A cette sorte de cité ouvrière est adjointe une boutique dont les bénéfices sont répartis entre les clients.

La Société Holmia (Bostadsaktiebolaget Hohnià) a aussi pour but d'établir des habitations ouvrières saines et à bon compte. A Kungsholmen sont alignées sur deux rangs 28 maisons de pierre à 2 étages. Les maisons qui ont une façade de G- s m. de longueur, comprennent, au rez-de-chaussée, un logement de

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2 chambres et cuisine, et au premier un logement d'une chambre et cuisine. Les frais de construction se sont élevés à 1,600 couronnes par chambre à feu. Dans la partie sud de la ville (Sôdermalm) ont été élevées 3 maisons de pierre, à 3 étages, aux frais de 1,920 couronnes par chambre à feu,

La Société par actions pour la construction d'habitations à bon marché {Aktiebolaget Billiga hostàder) a fait bâtir dans différentes parties de la ville 5 maisons de bois à un étage, habitées par 94 familles, moyennant un loyer de 9 à 10 couronnes par mois pour une pièce.

Parmi les autres sociétés auxquelles on doit des habitations ouvrière en quantités importantes, nous indiquerons la Société Saint-Erik (Bt/ggriacUaklieholaget S:t Erik), fondée dès Tannée 1876, et parmi les constructions de cette compagnie pour les ouvriers, citons les immeubles situés rue de Scanie (Skânegatan), dans la partie sud de la ville (Sôdermalm): 6 maisons de pierre de moyenne grandeur à 2 étages, comprenant chacune 12 logements, dont 8 d'une chambre et cuisine et 8 mansardes.

On doit à la Société Manhem {Byggnadsaktieholaget Manltem, 1894) la construction, dans la paroisse S*® Marie dans la partie sud de la ville (Sôdermalm), de 24 maisons à 5 étages, comprenant 886 chambres à feu, louées chacune de 121 à 136 couronnes. Des logements, soit d'une ou de deux pièces avec cuisine, soit d'une pièce unique, et même quelques logements plus importants, sont aménagés dans ces 24 maisons. Chaque logement est en général précédé d'une antichambre. Les cuisines sont assez vastes, pourvues d'une conduite d'eau, d'un fourneau et d'une dépense. Les chambres sont très agréables. Pour les locataires de cette cité ouvrière, qui s'élèvent à 3,000 environ, on a fait élever une église; une succursale de l'Union chrétienne des jeunes gens a été installée dans un local, où sont tenues des conférences et données des soirées récréatives. Une bouillonnerie été a créée pour les ouvriers célibataires (voir la figure à la page 517), et les actionnaires ont participé à un revenu de 6 à 6 %.

A Kungsholmen, la Société Fridhem (Bosiadsaktiebolaget Fridhem) a fait bâtir 2 grandes maisons de pierre, contenant ensemble 230 logements de 1 à 2 pièces et cuisine.

Gothembonrg. Dans la seconde ville du royaume, Gothembourg, le vif intérêt de certains particuliers et la bienveillance des autorités municipales ont fait beaucoup pour la question des haBîtations ouvrières. Dès l'année 1847, les représentants de la ville avaient décidé la construction d'habitations ouvrières. De 1847 à 1850 furent élevées 12 maisons de bois, comprenant 87 logements, habités en 1890 par 249 personnes. Ces immeubles appartenant à la ville passèrent, en 1878, à l'Institution Robert Dickson {Robert Dicksons stiftelse), institution qui avait été fondée par le négociant Robert Dickson, décédé en 1858, et dont les fonds, s'élevant à 330,000 couronnes, devaient être employés principalement à la construction d'habitations pour les personnes de classe moins aisée. Des terrains furent cédés par la ville à des conditions très avantageuses. Vers la fin de 1890, l'institution possédait 44 maisons de pierre, comprenant ensemble 339 logements, habités par 1,500 personnes environ, moyennant un loyer annuel de 180 à 240 couronnes pour 2 chambres et cuisine; de 120 à 168 couronnes pour 1 chambre et 1 cuisine; et de 54 à 102 couronnes pour une seule chambre à feu. Chaque maison est pourvue d'une conduite d'eau, d'une buanderie et d'un four. Les cours sont vastes et plantées. Voir la figure à la page 516.

Tandis que les immeubles dont nous venons de parler, étaient la propriété de l'Institution Dickson, les maisons construites par les soins de la Société pour la construction d'habitations ouvrières (Arbetarebostads-Aktiebolaget) et par la Caisse d'épargne, devaient revenir en propriété aux locataires après un certain temps d'amortissement. La première entreprise dans ce but fut l'acquisition,

faite par trois hommes influents de la ville, d'une superficie importante qui fut reprise à prix coûtant par la ville. Après un nouveau règlement du plan de Gothembourg, ces terrains furent achetés en 1873, à raison d'en\iron 5 ôre par pied carré, par la société alors complètement organisée; mais la ville devait se charger de paver les rues et de les pourvoir d'égouts et de conduites d'eau; 89 maisons furent construites, dont 3 simples, 40 doubles et 6 d'une construction intermédiaire. Les maisons doubles (voir la figure ci-dessous) se composent de deux maisons simples séparées par un mur mitoyen. Chaque moitié de ce bâtiment comprend 2 logements de 2 chambres et cuisine, à l'étage supérieur un logement d'une seule chambre à feu ou d'une chambre et d'une cuisine. La jouissance des dépendances et d'une cour plantée est commune à toutes ces demi-maisons. Moyennant une somme de 400 couronnes, versée en arrhes, et un loyer mensuel de 52 couronnes, les locataires deviennent propriétaires, et l'amortissement de l'immeuble, estimé à 8,700 couronnes, doit être accompli au bout de 20 années environ. Des maisons plus importantes, d'un loyer mensuel de 64 à 90 couronnes, ont aussi été élevées. La société a payé aux intéressés un revenu de 4 à 5 %,

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I. Habitation de rAssociation des ouvriers i^i Gothembourg. II. Id. Plan. III. Plan de maisons de la Sociét4^ pour la construction de demeures ouvrières à Stockholm. IV. Maison de l'Institution Robert Dickson. V. Maison de la Société pour la construction d'habitations ouvrières à Gothembourg. VI. Id. Plan.

Les locataires, devenus propriétaires, ont, en maints endroits, fait démolir leurs maisons pour les remplacer par de nouvelles constructions agrandies sur les terrains ou sur les cours, autant que l'ordonnance sur les constructions de la ville l'a permis. La hausse colossale du prix d'achat des terrains a amené ce résultat

qui, on le comprend, n'a été avantageux ni au point de vue sanitaire ni à celui du confort.

La Caisse d'épargne de Gothembourg (Gôteborps sparbanh) a fait élever des habitations d'après le même plan, bien que sur une moindre échelle. Une autre société dont les travaux sont dignes d'être signalés, est l'Association des ouvriers pour la construction d'habitations (Arhetœ^es byggnadsfôrening)^ fondée en 1872. Comme l'indique son nom, cette société était une entreprise d'ouvriers, à laquelle pouvait se joindre tout ouvrier jouissant d'une bonne réputation, moyennant un droit d'entrée de 2 couronnes et une cotisation hebdomadaire de 25 ôre pendant 10 ans. J^s maisons construites par cette société étaient réparties parmi les membres par la voie du tirage au sort En raison de l'inanfâsance des logements, l'adhésion à cette société fut très active pendant les premières années. Le nombre des sociétaires s'éleva alors à environ 2,000. La société acquit de la ville des terrains au prix de 10 ôre par pied carré, alors qoe le prix courant était de 16 à 26 ôre. Sur ces terrains furent élevées jusqu'à l'année 1881, quand on cessa de construire, 24 maisons sur 2 rangs, séparés par une large rue de desserte. (Voir la figure à la page 515) Chaque maison comprend 7 chambres et 5 cuisines, et coûte à la société, en frais de terrain et de construction, 15,000 couronnes. Le rez-de-chaussée est en pierre, et les 2 étages supérieurs en bois. Ces habitations dites <landsh0fding8hus>, qui reviennent à bon compte et sont d'une construction facile, sont très communes à Gothembourg; elles ont puissamment contribué à la solution de la question des habitations ouvrières dans la ville.

La pénurie de logements ayant diminué, l'intérêt pour cette société a baissé; elle a été dissoute en 1896, et les fonds de réserve, environ 60,000 couronnes, ont été répartis entre les membres, contre le gré de beaucoup d'entre eux. Pendant le fonctionnement de la société, une rente de 5 à 6 ^ a été payée aux int/^ressés.

On compte encore pour la construction d'habitations omTières 35 sociétés moins importantes, dont les travaux, ayant en vue la spéculation, fut donné, en général, un résultat économique très satisfaisant.

Autres parties du royaume. Les ouvriers employés dans les exploitations agricoles sont en général logés gratis par leur patron, mais ces petits logements sont, en beaucoup d'endroits, en mauvais état; aussi, on a constaté, pendant les derniers temps, parmi les ouvriers, une certaine émulation à se fournir eux-mêmes des demeures. Les efforts faits dans ce but se sont montrés très satisfaisants.

Les établissements industmeU de jyrovince accordent aussi en général le logement aux ouvriers qu'ils emploient, ce qui est presque indispensable, puisque le propriétaire de la fabrique possède d'ordinaire tous les terrains avoisinant cette fabrique. Ce mode de paiement par la concession du logement paraît du reste être très avantageux pour le patron, et, d'autre part, il tient les ouvriers dans une plus étroite dépendance. Cela a contribué à développer chez les ouvriers des fabriques un vif intérêt à avoir leurs propres demeures.

Comme types d'habitations ouvrières dans les fabriques de province, nous indiquerons les suivants. Aux grandes mines de fer de Gràngesberg en Dalécarlie, de nouvelles maisons d'ouvriers ont été construites en grand nombre. Une maison conti(^ut 4 logements d'une chambre avec cuisine, antichambre, etc. Chaque logement est compl(''t(înient indépendant, et a son entrée particulière. Les maisons scmt construites de planches, peintes extérieurement en rouge; elles plaisent tout particulièrement aux ouvriers. Chaque logement est loué à raison de 3 couronnes par mois, somme qui naturellement ne répond pas à la valeur de location de ces demeures. Soûls les (mvriers connus pour leur parfaite honorabilité sont admis à les habiter. Les ouvriers célibataires, au nombre de 625, sont logés dans des baraque>. Les n«)uv(*lles baraques contiennent 2 chambres et abritent 48 hommes.

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