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ÉTAT-CIVIL ET MARIAGES

comptait, en 1890, que 8*7 ^ de célibataires, contre 14*6 % parmi la population féminine du même âge. Les moyennes correspondantes de toute TEurope occidentale sont lO'o % pour les hommes et 12*2 % pour les femmes. Ainsi, quant aux homm^, le chiffre suédois est même plus favorable que la moyenne générale.

La raison de la diminution dans la fréquence des mariages en Suède pendant la dernière génération, ne peut être que le fait déjà signalé, que notre pays a été entraîné, pendant ce temps, de sa vie industrielle antérieure relativement isolée, dans la concurrence universelle, au milieu des circonstances tout particulièrement défavorables, auxquelles nous reviendrons dans la section traitant de notre vie économique. A mesure que Ton parviendra à surmonter ces difficultés transitoires, — ce que des signes évidents permettent déjà d'entrevoir, — il y a toute apparence de voir cesser le phénomène regrettable mentionné.

Mariages* L'exposé qui précède vise la répartition de la population d'après l'état-civil. Il nous reste à examiner quelques-uns des détails démographiques ordinaires concernant le mariage. Le tableau 16 cidessous donne l'essence des principaux éléments d'appréciation.

Tabl. 16

Nombre i

elatif des mariages.

Marimges

Bur 1 million

Sur 1 miU. iVhtih.

Nombre des

Snr 1 mill. d'hab.

Nombre des

Suri mill. d'hab.

mariages de

Moyennes des

mariages sur mille

mariages sur mille

céli-

céll-

années.

d'habit.

Hommes

Mariages

bataires

Femmes

Mariages

batolres

célibat.,

de

de 30/fiO

célibat .

do

de 20 ^4«

Venf^.

Veuves.

20/60 nus.

garçons.

20/45 ans.

flUes.

ans.

8,36ii

1801rJ5..

Sf>\fb

D'abord il y a lien de signaler la diminution extraordinaire du nombre des personnes remariées dans notre pays, circonstance sans nul doute en relation avec la diminution de la mortalité. A l'heure présente, les convolations en nouvelles noces sont plus rares chez nous que dans presque tout autre pays de notre continent.

JJâge moyen de l'entrée en mariage a comporté, pendant les années 1891/95, 30'68 ans pour les hommes et 27'64 ans pour les femmes. La différence d'âge est par conséquent de 3'04 ans. £lle a été jadis très basse en Suède, mais elle s'est accrue ces derniers temps. Si l'on ne prend en considération que les premières noces, l'âge moyen des hommes était de 28' s s ans et celui des femmes, de 27'02 ans. Dans les secondes noces, l'âge des hommes comportait 45*7 6 ans et celui des femmes 41*05 ans.

Du total des hommes entrés en mariages dans les années 1891/95, 0*4 3 % avait moins de 21 ans, contre 12'44 % pour la totalité des femmes. Ces chiffres sont, dans son genre, les plus bas dans l'Europe entière. La question de la portée des mariages prématurés au point de vue physique, moral et social.

n. LE PEUPLE BDADOIS.

a été Tobjet d'un travail très approfondi de Tauteur suédois EMILE SVENSÉN. E constate en général, chez les peuples où ces mariages sont nombreux, un manque de maturité physique et intellectuelle, un certain arrêt à Tétat infantile (<infantisme»). Un développement physique et intellectuel complet, la force de la volonté et le respect de soi-même appartiennent de préférence aux nations contractant le mariage dans un âge plus mûr. Les chiffres qui viennent d'être donnés pour la Suède, doivent par cette raison être considérés comme particulièrement avantageux. On ne trouve aussi chez aucun autre peuple Tâge minimum, prescrit par la loi, de Tentrée en mariage de la femme aussi élevé qu'en Suède (actuellement 17 ans).

La saison de l'entrée en mariage a coutume de présenter des différences caractéristiques de pays à pays. Pendant les années 1881/90, le chiffre considérable de 16*9 ?i de la totalité des mariages en Suède s'est produit en décembre; 14*4 % ont été célébrés en novembre et 13'2 % en octobre. Ainsi 44-5 % des mariages tombent dans les trois derniers mois de l'année. Les trois premiers mois n'ont donné par contre que 14* i %. Ces différences s'accusaient encore plus à des époques antérieures qu'à l'heure présente, et elles sont plus tranchées dans les campagnes que dans les villes.

I.a fréquence des mariages a varié considérablement de province à province pendant les dernières périodes décennales. La carte de la page 102 fait ressortir en pleine évidence la grande supériorité de la Suède du nord, où l'industrie forestière procure un travail abondant et des salaires élevés, sur la Suède méridionale, où l'agriculture est en général la principale industrie.

Naissances.

On a vu par le tableau 6 que le nombre des enfants nés vivants s'élevait annuellement à 34-4 4 ^jw de la population dans la période de 1751/75. Descendu presque sans interruption depuis lors, il ne comporte plus qu'environ 28* tu ®/Oo dans les années 1876/1900.

Tabl. 17.

Nombre relatif des femmes accottchées. *

' Moyennes 1 des années.

Sur 1 million d'habitants.

Accon-

chées,

°/oo.

Snr 1 mill. d'hab.

Accouchées, o/oo.

Sur 1 mill. d'hab.

Accou-

Femmes,

Femmes

Femmes

Accouche-

Femmes non-

Âcconche-

chées. 1

*i0/4£ ans.

accou-

mariées.

ments légi-

mariées,

menta il-

chées.

15/46 ans.

ttmes.

2U/4Ô ans.

légitimes.

On aurait tort néanmoins de conclure de ce fait à un abaissement de la fécondité matrimoniale. Il résulte en effet du tableau 17 que pendant la période de 1751/1800, sur mille femmes mariées de l'âge de 15/45 ans correspondait une moyenne annuelle de 294 femmes

^ Pour les périodes plus anciennes, en partie d'après des calculs approximatifs.

Nombre annuel des accouchement* léçitimea I sur mille femmes mariées dan* l'âge de fS/45 ans:

rn Moins de 290.

! î Plus de 320.

Minimum: GocUnd 190, Stockholm, camp. Kl.

Maximum: Veiterboitcn 356, Norrhotten 366.

Le royaiuM entier :t9f 0/^

Quant aux lignes frontières ^m voir page \

tt Eet de GreeRw

Ee*l of Creeiw

Gen.Stab.Lif An»t StocVhcirr.

accouchées d'enfants légitimes. Cette moyenne est d'environ 292 pour la période de 1851/1900, chiflFre presque identique au premier. La diminution du nombre des naissances ne dépend donc que de celle de la fréquence des mariages.

La moyenne de l'Europe occidentale est d'environ 270 V*», — avec exclusion de la France, d'environ 290 Voo. La fécondité est donc à peu près normale en Suède. Si l'on se rappelle que les mariages se concluent chez nous plus tard qu'ailleurs, le résultat sera même qu'en Suède la fécondité est supérieure à celle de la plupart des autres pays, au moins dans les âges plus avancés.

Le tableau 18 donne l'aperçu historique du nombre des naissances et du chiffre de la fécondité dans différents âges, le seul de son espèce que soit à même de fournir la démographie d'un pays.

Tabl. 18.

Accouchées par âges.

Moyennes des annéed.

Accouchements sur 1,000 femmes de chaque groupe.^

Accoachements légitimes snr 1,000 femmes mariées de chaque groupe.*

ao/86.

Ce qu'il y a de plus saillant dans ce tableau, c'est l'augmentation remarquable de la fécondité matrimoniale dans les âges de 35 à 45 ans pendant la période de 1826/75. Cette circonstance dépend évidemment de l'ajournement de l'entrée en mariage pendant une grande partie de la période. Le tableau montre aussi incontestablement que la fécondité n'a pas diminué d'une manière appréciable, surtout si l'on fait abstraction de la période anomale de 1751/75.

Qu'il nous soit permis de tirer, enfin, les quelques faits principaux suivants des riches renseignements de détail que contient la statistique suédoise sur les naissances.

Dans la période de 1751/75, les enfants nés vivants se répartissaient de la sorte qu'à mille filles répondaient 1,044 enfants mâles. Désormais (années 1876/95), le nombre des garçons s'élève à 1,054 contre mille enfants du sexe féminin. Cette proportion est à peu près la même que dans la généralité de l'Europe. Dans la totalité des naissances (y compris par conséquent les enfants morts-nés), le nombre relatif des garçons s'est élevé de 1,051 à 1,061.

La totalité des naissances fournissait en 1751/55 une moyenne de 25 ^'oo dC enfants morts-néa. Abstraction faite de la période de 1801/20, cette fréquence augmenta successivement jusqu'aux années 1861/65, où elle s'éleva à 33 ^00. Il s'est produit depuis lors un retour très marqué vers le premier chiffire. A cette heure-ci, le nombre des enfants morts-nés n'est plus que de 27 ®/oo, chiffre relativement bas en comparaison de ceux de la plupart des autres pays européens.

^ Pour la période de 1751/75, calcul approximatif. — ' Avant 1870, d'après des calcnls approximatifs. Qaant anx ftges de 20/30 ans, la méthode de ces calcnls n'est pas toat à fait satisfaisante; pourtant nons croyons le résultat fourni à peu près admissible.

MORTALITÉ

Les naissances multiples sont plus fréquentes en Suède que dans aucun autre pays de l'Europe, à l'exception de la Finlande. Entre 1760 et 1815, cette fréquence subit une augmentation très considérable, savoir de 1,014*7 à environ 1,018 enfants sur chaque millier de mères. Il s'est produit un recul depuis lors. Pendant les 50 dernières années, cependant, le nombre est resté à peu près constant, savoir 1,01 4* 5 enfants nés sur mille mères. (Dans les années 1871/90: sur mille accouchements légitimes, 1,014*54 enfants, et sur mille accouchements illégitimes, 1,01 4' 9 9.)

Mortalité.

Pendant la dernière période décennale écoulée, c.-à-d. dans les années 1886/95, le nombre des décès en Suède ne s'est élevé en moyenne qu'à 16*4 9 pour mille de la population, le chiffre le plus bas constaté jusqu'ici chez un peuple européen. Il a parfois été indiqué des chiffres encore plus bas pour certaines parties de l'Amérique et de l'Australie, mais ils doivent être considérés comme sujets à caution. Il est dès lors probable que notre chiffre suédois est le plus bas que l'on ait jamais observé dans le monde.

Tabl. 19. Mortalité en Suède comparée à celle dans quelques autres pays.

Moyennes des

Mortalité, «/oo.

Mortalité en Suède en % de celle dans les pays soasdits.

années.

Europe oocid.

Suède. -Norvège.

AnKleterre.

France.

Earope occid.

Norvège.

Angleterre.

France.

Le tableau 6 fournit un aperçu de l'histoire de la mortalité dans notre pays pendant les deux derniers siècles, et Ton trouvera au tableau 19 une comparaison avec quelques autres pays pour le siècle prêt à s'écouler. Ce dernier tableau montre avec pleine évidence comment, pendant le cours de ce siècle, la situation de la Suède est devenue toujours plus favorable. Comparé avec le chiffre de la mortalité de toute l'Europe occidentale, le chiffre suédois n'y est inférieur que de 4 % pour les années 1801/20, mais par contre de 29 % dans la période de 1886/95. Antérieurement, la mortç^lité était toujours plus basse en Norvège que chez nous, mais c'est l'inverse qui constitue désormais la règle. Les chiffres de la mortalité française et de la mortalité suédoise étaient presque égaux dans les années 1801/20; actuellement, la mortalité est d'un quart plus basse en Suède qu'en France. Quant à l'Angleterre, nous la devançons maintenant de 12 %, tandis que nous ne le faisions que de 5 j^ dans la période de 1841/60.

La mortalité pendant les années 1886/93, Nombre annael des décès, en Voo de la population totale.

Hiusie. Hon- Italie. Empire France. Fin- Suisse. Bel- "Phjm- É( grie. d'Allem. lande. giqne. Bas.

Angle- Dane- Nor- Bnède.

terre, mark. Tège.

Pour la période décennale de 1886/95, le chiffre total des décès a donné les moyennes suivantes dans les pays ci-dessous, en ^/oo: Suède 16'5, Norvège 16' 9, Danemark 18'7, Angleterre IS'S, Ecosse 19*o, Pays-Bas 20* i, Belgique 20*3, Suisse 20-3, Finlande 20*5, France 22*2, Empire d'Allemagne 23'8, Italie 26*5, Autriche occidentale 27*0, Serbie 27*6, Galicie-Bukovine 31*2, Hongrie 32'o, Russie 34'i; Europe occidentale dans son ensemble 23*3, Europe orientale 33'0, Europe entière 27'2. (Voir le diagramme ci-dessus.)

La forte réduction de la mortalité en Suède dans le cours de ce siècle est une preuve indéniable des progrès importants réalisés au point de vue de la civilisation comme à celui du bien-être.

Tabl. 20. Mortalité en Suède par âges, comparée à celle dans quelques

autres pays.

Taux de mortalité,

Tanx de mortalité,

Tanx de mortalité,

Age.

en 1871 8«», ^'oo.

Snède

en 1881/90, Voo.

Snède

en 1886/95, <>/oo.

Suéde

Europe „ .^ occid. 8"ède.

en %.

France.

Suède.

en %.

Angleterre.

Suède.

en *.

0/5 ans..

Total

MORTALITÉ

Mortalité par âges en Suède, en % de celle de VEurope occidentale dans les mêmes groupes. (En 1871/80.)

H Europe occldeotale.

Bnède.

SO

lO

Age. O/K 0/10 10/lS 15/30 20/2S 16/80 SO/86 85/40 40/45 45/50 50/55 55/60 60/65 65/70 70/75 75/80 80/ftf Age.

Le tableau 20 donne une comparaison par âges entre les taux de mortalité de la Suède, d'un côté, et ceux de TEurope occidentale ainsi que de la France et de TAngleteiTe, de l'autre. Ils mettent en pleine évidence que notre situation est sur chaque point extraordinairement favorable dans les jeunes classes d'âge, sans se restreindre en aucune façon à ces classes. Dans le groupe de 0/5 ans, notre chiffre est inférieur de 41 ^ à celui de l'Europe occidentale; il est àe M % audessous du chiffre français et de 31 ^i au-dessous du chiffre anglais. La différence à notre avantage est encore plus grande dans l'âge de 0/1 an.

Notre situation est par contre moins avantageuse quant à l'âge de 5/15 ans, principalement dans le groupe de 5/10 ans, la période des maladies enfantines contagieuses, par conséquent le c talon d'Achille» des pays relativement pauvres et à population clair-semée. Les pays plus riches et densement peuplés prennent ici sans peine l'avance par suite d'un accès plus facile aux soins médicaux.

Entre 15 et 75 ans, la mortalité est en Suède, pour chaque classe d'âge, environ 25 % plus basse que dans la généralité de VEurope occidentale. La régularité de ces chiffres est frappante.

La statistique de la mortalité par classes d'âge remonte dans notre patrie jusqu'à l'année 1750. Le tableau 21 en résume succinctement les résultats.

La diminution de la mortalité implique naturellement l'augmentation de la longueur de la vie. Suivant les tableaux statistiques suédois, la longueur moyenne de la vie de l'enfant nouveau-né a comporté les chiffes suivants:

Moyennes des années. Les deux sexes. Hommes. Femmes.

1755/1775 35-20 ans. 33-90 ans. 36*60 ans.

112 n. LE PEUPLE SUÉDOIS.

Tabl. 21. Mortalité en Suède par âges, ^oo, en 17 51 1189 fi.

Age.

iMax.) 1 (Min.)

0/1 an»

1/3 ans*

0/5 ans»

Total

On voit ainsi que depuis le siècle dernier, la longueur moyenne de la vie a augmenté en Suède de 35 à 50 ans. A lui seul, ce fait est bien propre à prouver la révolution complète opérée par le 19™« siècle dans presque toutes les conditions de la vie humaine.

Dans la période décennale de 1881/90, la longueur moyenne de la vie de reniant nouveau-né s'élevait en Suède à 6O02 ans, en Norvège à 49*9 4, en Danemark à 47*85, en Angleterre à 45*43, en Belgique à 45*06, aux Pays-Bas à 43*7 5, en Finlande à 42*80 ans. En France, la vie moyenne était de 42* 13 ans dans la période de 1877/81; à l'heure présente, elle est, sans doute, un peu plus favorable. Le chiffre de 50*02 ans pour la Suède est le plus élevé qui ait jamais été atteint par un peuple entier. Dans les campagnes suédoises, la vie moyenne monte jusqu'à 51*58 ans.

Pour terminer, nous empruntons quelques détails de la riche statistique suédoise de la mortalité.

La mortalité est tombée, de la période de 1816/40 à celle de 1891/95, de 22*26 à 16*27 ^00 dans les campagnes, et de 34*44 à 18*05 ^/ùo d&m les villes. Pendant la première période, le chiffre de la mortalité des villes était donc de 55 */C plus élevé que celui des campagnes, mais il ne l'était plus que de 11 •■* pendant la dernière. Il est impossible de n'y pas voir une preuve éclatante de l'amélioration du service sanitaire et de l'administration communale, ainsi que du bien-être croissant de nos agglomérations urbaines. L'excédant de mortalité que présentent encore nos villes sur les campagnes, tombe presque exclusivement sur les plus jeunes classes d'âge (principalement parmi les enfants illégitimes) et sur la population mâle d'âge moyen.

La mortalité dans la première année de la vie a comporté, pour les années 1891/95, 102*8 sur chaque mille enfants nés vivants (premier mois de la vie 34*8 ; première semaine I60; premier jour 60). Pour les campagnes, le chiffre est de 95-8 ^^00, pour les villes de 131*3 ^/oo. Il ne s'est élevé qu'à 76 °/«> en Verraland; il a été de 77 ^oo dans le gouvernement de Jônkôping, de 80 ^tw dans ceux d'Orebro et de Skaraborg, et a atteint ses deux maximums dans le

En ° 00 des nés vivants. — ''En Voo de la popalation. — ' Année de disette.

MORTALITÉ

U Snèdt. I,

Ci«n.Srab.LitAntr. Stockholm

gouTemement de Vesternorrland (141) ainsi qu'à Stockholm (170). Il y a lieu de rappeler que le chiffre moyen de l'Europe occidentale doit être d'environ 1 80 ®/oo. Dans la période mentionnée, la mortalité en Suède a été de 95*1 ^/oo parmi les enfants légitimes, contre 168*o chez les enfants illégitimes.

Les morts violentes (à l'exception du suicide) ont fourni, pendant la période de 1821/40, un contingent annuel d'environ 640 individus par million de la population, contre 448 seulement pour la période de 1881/90. Le nombre des personnes noyées est tombé de 361 à 240 par million, et toutes les autres morts violentes réunies, de 279 à 208.

La carte page 113 donne la mortalité par gouvernement pour la période décennale de 1881/90. Le chiffre de la mortalité ne s'élève qu'à 14 à 15 ®/oo dans les gouvernements situés autour du Vettem et du Venern, résultat évidemment des plus favorables. A une époque plus ancienne, la mortalité avait son plus bas chiffre en Jemtland (seulement 12*95 ^/oo dans la période de 1841/50, probablement un record universel); ces derniers temps, on y constate une augmentation, par suite du développement de l'industrie forestière et de la forte immigration qui en a été le résultat. A Stockholm, où la mortalité était très élevée dans les temps plus anciens, la situation est désormais très favorable. Dans la période quinquennale de 1891/95, la mortalité n'y a été que de 20 °/oo, chiffre inférieur à celui de la plupart des autres capitales de l'Europe.

Immigration et ëmigration.

On sait que le mouvement moderne de l'émigration date en grand de la période décennale de 1840/50. Il ne se produisit cependant qu'un peu plus tard en Suède. Les périodes proprement dites d^émi" gration tombent chez nous sur les années 1868/73 et 1879/93, A rheure actuelle, l'émigration est de nouveau peu considérable en Suède.

Il a déjà été montré, dans le chapitre sur la fréquence des mariages, comment la forte émigration de la Suède pendant cea périodes, — où les chiffres relatifs de l'émigration suédoise n'étaient dépassés que par ceux de la Norvège et de l'Irlande, — trouve sa principale explication dans les conditions défavorables sous l'empire desquelles s'effectua chez nous la transition à l'industrie moderne. On n'oubliera pas non plus qu'en Suède plus de 60 % de la population vivent de l'agriculture, chiffre extraordinairement élevé, qui doit faire comprendre que notre pays a dû souffrir fortement des crises agricoles dont le monde entier a été récemment frappé. La diminution notable de l'émigration dans le cours des dernières années doit être considérée de son côté comme indiquant que les difficultés de cette transition sont en voie d'être surmontées.

On doit toutefois attribuer les vastes proportions revêtues quelque temps par l'émigration aussi à l'esprit voyageur et aventurier de notre peuple, esprit qu'il partage avec les autres peuples germaniques, et qu'il possède même à un degré très prononcé. Depuis qu'il s'est établi en Amérique une population suédoise d'un million d'hommes, elle exerce naturellement, par la parenté et par d'autres liens, une si grande force d'attraction, qu'il est peu probable que l'émigration vienne jamais à cesser totalement.

DIUIGBATION ET ÉMIGRATION.

Gan.Srab.LilAnct.Scockholm

116 n. LE PKUFLE SUÉDOIS. .

Émigration nette^ ^/w de la population moyenne^ en 1866/99.

Le tableau 22 ci-dessous donne le mouvement général de la population dans notre pays, spécialement par rapport à l'émigration et à l'immigration.

Tabl. 22.

Mouvement de la population en 1851/95.

Facteurs da moaYemexit.

Total.

Hommes.

Femmes.

Population au 31 décembre 1850

Excédant des naissances, 1851/95

Émigrés, 1851/951

Immigrés, 1851/95^

Excédant de Témigration sur Timmigration. Accroissement de la population, 1851/95 ....

Population au 31 décembre 1895

2,227,107 f 15,552 125,164 790,3*tô

l,436,7lf

4,91f,2(IO

Il ressort donc de ce tableau que pendant la période de 45 ans qu'il comporte, il a émigré de la Suède un total d'environ 916,000 personnes, dont 125,000 ont été remplacées par l'immigration ou (le plus communément) par le retour des émigrés au pays natal. L'émigration nette se rapproche par conséquent du chiffre de 800,000 personnes, perte très sensible pour une population ne comptant que 5 millions d'hommes.

Le tableau 23 fait Toir que la perte mentionnée se répartit entre 462,000 émigrants masculins, contre seulement 329,000 émigrantes féminines. La gravité de cette disproportion s'accuse surtout à l'âge le plus important ici. Nous avons perdu 156,000 hommes dans le groupe d'âge de 20/25 ans, mais seulement 80,000 femmes dans le même groupe. A cent femmes ne correspondent ici pas moins de 195 hommes.

1 Chiffres approximativement complétés.

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