‹ La SuèdeChapitre 38 sur 361 · IMMIGRATION ET ÉMIGRATION · texte numérisé non relu

IMMIGRATION ET ÉMIGRATION

•Tabl. 23. Émigration et immigration totales en 1851/93.^

Age.

Immigr

Excédant de rémigration.

Total.

Hommes.

Femmes.

Total.

Hommes.

Femmes.

Hommes.

Femmes.

ToUl

Dont:

Enfants*.

MariéB ...

Célibat. 3.

Parmi les enfants la perte s'est élevée à 132,000, mais elle a atteint le chiffre considérable de 563,000 dans la période d'âge la plus propre au travail, celle de 15 ''35 ans. Dans le groupe de 35/50 ans on compte 68,000, et dans le groupe entier au-dessus de 50 ans, un chiffre de 27,000 personnes. Chez les personnes mariées la perte est de 125,000, contre 533,000 chez les célibataires adultes. Ces derniers comptaient 329,000 hommes et seulement 204,000 femmes.

En général, ^intensité de Témigration n'a dépassé la moyenne que dans les classes d'âge de 15/35 ans. Le résultat en doit nécessairement être que ces groupes croissent plus lentement que le reste de la population, si même ils ne subissent pas une réduction absolue, et que par conséquent, au point de vue de leur importance numérique, ils sont en voie de recul vis-à-vis de la totalité. Il en suit de même aussi, comme conséquence parfaitement naturelle, une réduction du nombre des naissances. Les âges de 5/15 ans et de ^blio sont par contre plus épargnés, surtout ceux de 50/ ca.

Pendant la période entière de 1851/95, environ 768,000 émigrants se sont rendus dans les pays transocéaniques, la majorité sans comparaison la plus grande aux États-Unis de l'Amérique du Nord,* tandis que 148,000 ont émigré dans des pays européens. Parmi ces derniers, 48,000 se sont rendus en Norvège, 63,000 en Danemark, 12,000 en Finlande et en Russie, 20,000 en Allemagne, et 5,000 seulement dans les antres pays de l'Europe. L'émigration dans les pays voisins se tient à un chiffre presque constant d'environ 5,000 personnes par année; la plupart de ces émigrés reviennent en Suède. Des Suédois émigrés en Amérique, au contraire, seulement 6 % rentrent au pays.

^ Pour 88,073 émigrés et 20,861 immigrés (additions approximatives aax chiffres officiels) la répartition par âges et par état-civil a été calculée. — ' An-dessoas de 15 ans. — ' T compris les veufs et les venves. — ^ Nons croyons devoir signaler en passant qne l'immigration suédoise en Amérique est souvent portée à un chiffre plus élevé qne ne rîndiquent les sources suédoises. La raison en est que les chiffires américains comprennent une forte quantité de Finlandais passant par la Suéde.

118 n. LE PEUPLB SUÉDOIS.

Les émigrants suédois se composent en majeure partie d'ouvriers (agricoles, industriels, simples manœuvres) et de gens de service. Toutes les autres classes de la société y sont du reste représentées. Parmi les femmes célibataires, l'émigration sur une grande échelle ne commença qu'un peu plus tard, mais elle atteignit aussi bientôt des proportions considérables. De la Suède du nord en pleine voie de prospérité, qui vit en grande partie de l'industrie forestière, l'émigration a toujours été sensiblement plus faible que celle des régions agricoles de la Suède méridionale.

Les effets de cette grande émigration se sont indubitablement étendus à chaque domaine de la vie sociale. Elle a produit, au point de vue économique, un allégement pendant les temps où les groupes d'âge de la jeunesse étaient en excédant et les occasions de travail insuffisantes, comme c'était le cas aux environs de 1880. A d'autres époques, la perte de ces nombreuses forces de travail a naturellement dû exercer une action paralysante, et dans la règle, il ne peut être à l'avantage de l'économie d'un pays de faire les frais de l'éducation et de la formation pratique d'une jeunesse allant en tirer parti dans les pays étrangers. La production d'un pays ne peut pas subîr non plus d'accroissement considérable sans une augmentation simultanée de la population consommatrice. Si l'on passe du domaine de l'économie à celui de la culture intellectuelle, l'émigration a fait subir une perte sensible à notre pays en lui enlevant une forte partie de sa population la plus intelligente et la plus vigoureuse.

D'un autre côté, le peuple suédois a retiré un bénéfice très appréciable des relations fructueuses que l'émigration lui a fait nouer avec la grande république de l'autre côté de l'Atlantique, d'où des impulsions salutaires ont déjà fait sentir leurs effets dans notre vie sociale. 11 ne peut pas être non plus sans importance pour notre peuple, petit et relativement pauvre en lui-même, de prendre du moins de cette manière une part active à l'édification de Tune des grandes puissances du monde. Plus d'une intelligence supérieure suédoise trouve ici un champ grandiose d'activité que ne pouvaient lui offrir les conditions plus limitées de son ancienne patrie.

Pour V Amérique^ la population suédoise sera sans nul doute aussi d'une valeur indiscutable. Il est vrai que la plupart de nos émigrants se composent de travailleurs manuels, presque toujours dans une situation économique plus ou moins gênée. Il est facile de comprendre que dans de pareilles conditions ils n'aient pas encore pu jouer un rôle bien important dans la vie intellectuelle de leur nouvelle patrie. Mais la civilisation suédoise, poursuivie avec conséquence pendant des siècles, doit néanmoins toujours constituer une base précieuse pour l'avenir. Quel autre pays a p. ex. envoyé en Amérique des colons chez lesquels Vinstruction élémentaire eut générale depuis plusieurs géné'ations? Les beaux côtés du caractère national suédois: l'amour du travail, le sentiment du devoir, la soumission aux lois et l'esprit chevaleresque, ont

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