‹ La SuèdeChapitre 41 sur 361 · ÉTAT PHYSIQUE ET INSTRUCTION · texte numérisé non relu

ÉTAT PHYSIQUE ET INSTRUCTION

Analphabètes parmi les conscrits.

\ Sachant lire. H Analphabètes.

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Boède. Empire Dane- SuIkm. Pays- Fin- France. Bel- An- Hon- Italie. Btisfie. Serbie. Id'Allem. mark. Baa. lande. gique. triche, grie.

Un fait intéressant que notre statistique militaire nous permet de constater d'une façon péremptoire, est U augmentation considérable de la taille pendant la seconde moitié du siècle présent. La taille moyenne des jeunes gens de 20/21 ans propres au service militaire s'est élevée (en moyenne), dans les périodes quinquennales de 1841/45 à 1866/70 et de 1891/95,* aux chiffres respectifs de 167-0, 167*1, 167'5, 167*7, 168*2, 169'3 et 170*1 cm., soit par conséquent une augmentation de non moins de 3 cm. Ce qui frappe le plus ici, c'est que l'accroissement de la taille a pu se poursuivre même après le commencement de l'émigration, bien que celle-ci se recrute principalement parmi les hommes les mieux doués au point de vue physique.

Les variations de la stature corporelle dans notre pays sont données par la carte page 120, d'après M. J.-ViLH. Hultcrantz. Ainsi, la population ayant la plus grande taille se rencontre dans le Norrland méridional, de même que dans les villes de Stockholm et de Gothembourg. On peut rapprocher de ce dernier fait celui que, suivant les recherches de M. A. Kby, la taille moyenne des élèves de nos établissements publics d'enseignement secondaire est plus élevée que celle de la totalité de la population du pays aux mêmes âges. Au point de vue de la stature comme à celui du poids, ces recherches de M. Ket donnent des résultats très avantageux pour nous, en comparaison de ceux d'autres pays, tant à l'égard des élèves masculins qu'a celui des jeunes filles.

Les chiffres indiqués plus haut relatifs à la stature de nos conscrits, témoignent évidemment des progrès réalisés par notre peuple dans son développement physique. Ceux donnant le pour-cent des jeunes gens impropres au service militaire vont dans le même sens. Le nombre de ces jeunes gens donnait en moyennes dans les six périodes décennales de 1831/40 à 1881/90, ainsi que pour les années 1891/95, la série de chiffres suivante: 36*7, 36*4, 36*7,. 27*8, 23-6, 20*2 et 21*7 %, par conséquent en somme une amélioration considérable. La proportion de conscrits renvoyés est donc très faible en Suède, en comparaison de celle des autres pays. Il y a lieu en même temps de rappeler la ffltoation si particulièrement favorisée de notre pays au point de vue de la mortalité, et la forte diminution survenue dans le taux des décès principalement dans le cours des dernières périodes décennales.

En ce qui concerne Vinstruction populaire, il est généralement reconnu que tous les peuples Scandinaves occupent à cet égard une position fort avantageuse. Un fait caractéristique * pour la Suède,

Pour les années de 1871/90 les chiffres ne sont pas accessibles.

c'est que l'art de lire y est généralement répandu depuis plusieurs générations. Il en est résulté, pour le peuple suédois, une maturité d'esprit offrant une base singulièrement solide pour un développement intellectuel ultérieur. Peut-être que, par là même, il lui manque cet enthousiasme juvénile de s'instruire que l'on rencontre fréquemment chez les nations où les grandes masses ne sont arrivées que tout récemment à puiser aux sources de l'éducation par les livres.

De nombreuses générations de notre peuple ont, par conséquent, déjà été introduites dans ce travail éducatif de la pensée qu'amène toujours la connaissance de la lecture. D'un autre côté, le pays étant très étendu et la population clair-semée et souvent bien pauvre, la vie elle-même ne fournit pas chez nous un aussi grand nombre d'occasions de développement intellectuel que dans les pays plus riches et plus peuplés. Il en résulte que le développement intellectuel paraît souvent inégal chez notre peuple, et qu'il ne sait pas se faire bien valoir dans la vie pratique. De même sur bien des points il lui reste encore une certaine rudesse d'esprit, héritage des guerres continuelles pendant les siècles passés, et peut-être aussi de la période d'adonnement aux boissons fortes qui a caractérisé la première partie du siècle écoulé.

Les qualités guerrières ont toujours été fortement prononcées chez notre peuple, et sans exagérer, on pourrait dire que l'histoire militaire de la Suède est parmi les plus belles que possède une nation. Bien des signes démontrent clairement que ces qualités se sont perpétuées en dépit de quatre-vingts années de paix. A peine il éclate de nos jours une guerre sur un point quelconque de la terre sans qu'un nombre considérable de Suédois n'y prennent part de leur propre initiative, et il est rare qu'ils ne fassent pas honneur à la vieille renommée de leur nation.

Qu'on pense ce qu'on voudra de la guerre, toujours est-il sûr qu'elle développe à une hauteur extraordinaire la vigueur humaine et qu'elle donne à chaque peuple belligérant un témoignage des plus patents de son caractère intrinsèque. Pour ce qui concerne le peuple suédois, on voit alors clairement apparaître les qualités franches, loyales, pour ainsi dire brillantes de son naturel: le courage, la témérité même, une valeur indomptable, un dévouement désintéressé et un noble esprit chevaleresque. Ce sont là des qualités qui se font le plus valoir sur les champs de bataille. Par contre, le Suédois ne connaît guère ce sombre fanatisme qui amena par exemple les bourgeois de Numance et de Saragosse à s'enterrer sous les ruines de leurs villes. L'esprit d'une haine implacable est tout aussi étranger au Suédois. Vis-à-vis d'un ennemi vaincu, il est toujours indulgent et prêt à la réconciliation» souvent même plus que la prudence et ses propres intérêts ne devraient le lui permettre.

De ce qui vient d'être dit, il s'ensuit indiscutablement qu'un esprit fortement prononcé à'humaniié est l'un des traits principaux du carac-

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