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On ue laisse entrer qu'après les avoir soumis à la désinfection les chiffons, les vêtements et les fournitures de lit ayant déjà servi, et aussi des articles tels que fourrures, peaux, coton, lin, chanvre, etc., lorsque ces objets ou marchandises proviennent d'endroits infectés par la peste.
D'après la loi, tous les enfants doivent être Taccinés avant deux ans accomplis. Nul n'est admis à l'école s'il n'a été vacciné, ou s'il n'a déjà eu la variole. Le droit de vacciner n'appartient pas seulement aux médecins, mais aussi aux sacristains, aux sages-femmes et en général aux personnes des deux sexes qui témoignent des connaissances requises pour faire une inoculation. La revaccination n'est pas obligatoire, excepté dans l'armée, pour les recrues. Sur le nombre des revaccinations opérées en 1897 dans l'armée, 67 % ont donné des résultats positifs. Il y a un grand nombre de vaccinateurs, un ou plusieurs dans chaque commune. Les vaccinations sont placées sous la surveillance du comité d'hygiène ou du comité exécutif de la commune, des médecins officiels, des pasteurs, etc. Afin d'assurer l'approvisionnement en vaccin de bonne qualité, on a établi, outre le dépôt principal de Stockholm, 12 dépôts de vaccin répartis dans les villes, dans diiSFérentes parties du royaume. Ils sont confiés à la garde des médecins officiels. Les négligences dans la vaccination sont punies d'amende. On stimule le zèle des bons opérateurs par des récompenses en argent, le don d'instruments vaccinatoires, de médailles. Le service de la vaccination a pris en Suède un tel développement et atteint un tel degré de régularité, qu'il a servi de modèle à d'autres pays. On reconnaît partout que la Suède est «le pays le mieux vacciné du monde». Dans les discussions scientifiques sur la valeur de la vaccination, une
* Pour les années 1750/1773, les chiffres originaux ont été ici diminnés d'an tiers, ponr en séparer les cas de rougeole, — proportion vraisemblable en moyenne, mais variant en effet d'année en année. Il est à observer que la vaccination fut introduite en Suéde dés 1801.
grande importance a été attribuée aux riches matériaux fournis sur ce sujet par la démographie suédoise: on peut se faire une idée des résultats de cette statistique dans le diagramme donné à la p. 226.
Pendant le temps des chaleurs, la Suède, avec son riche assortiment de lacs, fleuves, rivières, avec ses c^tes, fournit des bains en abondance. On trouve sur les côtes d'admirables stations balnéaires. Les plus fréquentées sont celles de Varberg, de Lysekil, de Strômstad et de Marstrand sur la côte ouest, celles de Visby, de Borgholm, etc. sur la Baltique. Des établissements pour cures de bains chaud» sont installés à Sôderkôping, à Môsseberg, à Hjo, à Bie, etc. De plus, il y a dans les grandes villes des bains chauds publics. Ils appartiennent en général à des sociétés ou à des particuliers. Toutes les variétés de bains y sont représentées. La quantité d'eau employée pour chaque bain est très forte: en moyenne de 600 à 700 litres, mais souvent 1,000 litres. Des variétés particulières à notre pays sont les bains d^air chaud et les bains de boue. Le bain d'air chaud, qui est un intermédiaire entre le bain turco-romain (air chaud et sec) et le bain nsso-finlandais (vapeur), consiste en une sudation, suivie d'abord d'ablutions dans nne grande chambre maintenue à un degré moyen de cHaleur et d'humidité, et enfin d'un refroidissement dans un bassin. Ce bain, appelé bain russe (bodstubad ou tout simplement badstu)^ ne coûte pas cher, et est très apprécié dn penple et des écoliers. Le bain de boue, qui est exclusivement suédois, tire son origine de Loka (gouvernement d'Orebro), et est en usage depuis plus de 200 ans. A la différence de ce qui se pratique dans les autres pays pour les bains de ce genre, on frotte la peau avec lïi boue, après quoi on pétrit les muscles. Grâce à la grande quantité d'infusoires siliceux qu'elle contient, cette boue administrée en frictions agit comme un puissant stimulant.
La Suède est riche en stations thermales et balnéaires. En dehors de celles que nons avons déjà citées, elle en possède plus de 50. Les sources minérales sont nombreuses. Ce sont en général des sources ferrugineuses, contenant dn fer sous forme de carbonate ou de sulfate. Les seules exceptions à cette règle Bont les sources de Sophie (près de Helsingborg) et de Linné (près de Gotbembonrg), sources salines contenant de l'iode et du brome. Les sources minérales les plus fréquentées sont celles de Ronneby, de Medevi, de Ramlôsa, de Lundsbrunn, de Sâtra et de Porla. En 1897, toutes les stations suédoises rénnies ont compté, en dehors des visiteurs d'occasion, plus de 21,000 hôtes réguliers, sur lesquels environ 13,000 femmes et 8,000 hommes. 15,000 environ ont fait nsage des sources de ces stations ou d'autres eaux minérales, 7,000 ont fait nne cure complète d'eaux . thermales, 6,600 ont suivi un traitement par la gymnastique médicale et le massage, etc. Les maladies le plus ordinairement traitées dans les stations de cures, sont le rhumatisme musculaire, les maladies nerveuses, lanémie et la chlorose, les maladies de l'estomac et des intestins, les affections dn cœur et des vaisseaux, et aussi les maladies des articulations et du système osseux.
La lutte contre la tuberculose a été, dans ces dernières années, une des questions du jour les plus brûlantes, et elle a excité tout spécialement dans notre pays un intérêt très vif. Donnons ici un exposé sommaire de cette grave question, pour terminer notre exposé des services sanitaires et médicaux de la Suède. La tuberculose, considérée spécialement sous sa forme la plus ordinaire, c'est-à-dire la tuberculose pulmonaire, atteint son minimum de fréquence dans le gouvernement de Jônkôping et son maximum dans celui de Norrbotten, où cette fréquence est environ 3 fois plus forte. C'est particulièrement en Norr-
land que le fléau a fait de grands progrès dans ces dix dernières années. En général, ces progrès ont été limités à la population des campagnes; cependant, la situation dans les villes a été aussi très variable pendant ces derniers temps. On a pris dernièrement des mesures très étendues pour lutter contre la maladie. Il faut citer en première ligne rétablissement de sanatoriums populaires, dont trois sont en construction: un en Néricie, un autre en Angermanland, le troisième en Smâland, et qui devront être prêts en 1900 et 1901. La somme disponible pour ces fondations se monte en tout à presque 3^/2 millions de couronnes: la plus grande partie de cette somme est due à la généreuse initiative du roi, qui a voulu employer à une œuvre charitable les fonds recueillis en 1897 pour fêter le jubilé de sa vingt-cinquième année de règne; le reste (850,000 couronnes) a été fourni par le Kiksdag.
Environs de Kolàsen {établiasement pour cures d'air^ en Jemtland).
Quant à Tadministration des sanatoriums, la haute direction en est confiée à des chefs, au nombre de 60 au moins, de 80 au plus, choisis par le roi dans différentes parties du royaume. Parmi ces chefs ou en dehors d'eux sont choisis cinq membres, pour former l'administration supérieure des fonds du jubilé et des sanatoriums. Le président est désigné par le roi. Les autres membres seront choisis aussi par le roi pendant toute la durée du règne d'Oscar II, et ensuite par les chefs dans leur réunion annuelle.
L'administration plus directe des sanatoriums est entre les mains d'une direction composée d'un président nommé pour quatre ans par le roi, d'un médecinchef et de 2 membres désignés pour 4 ans par la direction supérieure. La di-.