SERVICES PÉNITENTIAIRES
Pour obtenir la surface totale du territoire de la Suède, il faut y ajouter 9,109 km. carrés pour les quatre grands lacs de la Suède centrale.
Qu'il nous soit permis enfin de citer quelques traits principaux de la statlstiipie Judiciaire de la Suède. Le nombre annuel des procès civils portés deyant les tribunaux de première instance présentait, en comparaison aussi avec la population, les cbifires suivants:
Années Population Moyenne annuelle Par
moyenne. des procès. mille hab.
1881/90 4,673,2îJ5 39,700 8-60
L'étonnante diminution de ces chiffres doit évidemment être attribuée à Tinstrnction de plus en plus répandue dans le peuple, laquelle, contrairement à ce que Ion aurait cru, paraît évidemment avoir diminué Tancien goût pour la chicane. D'antre part, il est également probable que Ton a de nos jours moins souvent recours aux tribunaux, parce que notre époque enfiévrée ne s'accommode pas de la lentear des formalités judiciaires. Du nombre total des affaires en matière civile portées aux tribunaux, environ 40 % se terminent d'ordinaire par un arrangement à l'amiable ou par l'abandon de la cause.
Sur chaque mille procès civils jugés en première instance pendant les années 1891/95, 110 en moyenne furent portés en appel devant les cours royales, et dans 21 cas les procès furent poursuivis jusqu'à la Cour suprême. Sur mille procès en matière criminelle^ en revanche, 32 seulement aUèrent aux cours royales et seulement 9 jusqu'à la Cour suprême. Le goût de l'appel aux cours royales semble avoir augmenté pendant la période de. 186 1/7 5, mais depuis il a de nouveau diminué.
Parmi les jugements des tribunaux inférieurs dont il a été fait appel aux conrs royales pendant les années 1891/95, 63*4 % des affaires civiles et 76*3 % des affaires criminelles furent confirmés. La Cour suprême, d'autre part, confirma 81*1 % des causes civiles jugées par les cours royales et dont on avait appelé devant elle, et 86*9 % des causes criminelles. Si l'on suit la marche des procès dans les diverses instances depuis les tribunaux inférieurs jusqu'à la Cour suprême, on trouve pour les années 1887/91 que 57*5 % des jugements des tribunaux cantonaux et 64'7 % de ceux des tribunaux d'hôtel de ville dont il a été fait appel, forent , confirmés en suprême instance. Relativement à tous ces chiffres il doit être remarqué que les modifications dans les verdicts sont assez fréquemment on de peu d'importance, ou basées sur des preuves nouvelles. Surtout dans les tribunaux cantonaux, on n'a que rarement recours à des avocats légistes, d'où il résolte assez souvent que l'examen de la cause est incomplet et doit être complété dans les instances supérieures.
Services pénitentiaires.
Le système pénitentiaire de la Suède, qui, on doit le reconnaître, a atteint de nos jours un très haut degré de développement, est, dans sa forme actuelle, le résultat de tout un travail réformateur persévérant «t profond, qui s'est soutenu pendant le cours de presque un demisiècle.
214 m. LA CONSTITUnOîT BT L'ADMIUflSTRATION DB LA SUÈDE.
L'impulsion première a été donnée à ce travail de réforme par TouTrage bien connu publié . en 1840 par le roi Oscar î^, alors prince royal, sur cLes peines et les établissements pénitentiaires» (Om straff och straffanstalter). Ce traité préconisait le système philadelphique, — autrement dit le régime cellulaire, — comme le plus propre à servir de base à tout régime pénitentiaire. Le système d'Auburn devait être appliqué seulement dans le cas des récidivistes sans espoir, et aussi dans le cas des prisonniers condamnés «à un temps de détention plus long que celui qui permettait d'appliquer, sans danger pour la santé du prisonnier, le principe de l'isolement». Et encore devait-on c laisser de côté le système d'Aubum dans la mesure où l'expérience autoriserait une application plus étendue du principe de l'isolement». On se mit aussitôt à appliquer le système cellulaire dans les prisons départementales, et lors de la promulgation de la loi de 1867 sur l'exécution des peines, — loi d'après laquelle la peine cellulaire devenait obligatoire pour tous les condamnés aux travaux forcés pour une période de deux ans et au-dessous, — la plupart des gouvernements avaient été pourvus de prisons avec cellules.
On se conyainqnit de pins en plus des avantages que présentait un développement considérable du système cellulaire, et une nouvelle loi, promulguée le 29 juin 1892, fixait à trois ans le maximum du temps à passer en cellule; elle décidait en efi^et que le prisonnier, condamné à quatre ans de travaux forcés, ou moins, serait maintenu pendant la durée de sa peine dans une chambre isolée, cette durée étant diminuée du quart du chiffre primitif; en outre, celui qui a été condamné à plus de quatre ans, ou bien à perpétuité, devra faire en cellule les trois premières années de sa peine; et dans le cas des travaux forcés à terme au-dessus de quatre ans, on retranchera du temps qui reste à faire le tiers du temps passé en cellule.
Lors de la promulgation de cette dernière loi, il se trouvait déjà un nombre de cellules suffisant, — ou peu s'en faut, — pour faire face aux nouveaux besoins. Après la reconstruction ou l'agrandissement de quelques établissements pénitentiaires, ainsi que l'inauguration d'une nouvelle prison départementale à Stockholm, la situation est comme suit. Nous possédons trois maisons centrales pour les hommes condamnés à plus de deux ans; ce sont: la prison de lAngholmen près de Stockholm, avec 200 cellules pour le jour et 300 pour la nuit; celle de Malmô, avec 137 cellules pour le jour et 284 pour la nuit; enfin celle de Nya Varfvet près de Gothembourg, avec 215 cellules de jour (y compris 40 chambres de travail) et 116 de nuit. Ajoutez à cela une maison centrale pour les femmes à Gothembourg^ avec 6 cellules de jour et 60 de nuit; elle est réservée aux prisonnières qui ont déjà subi dans certaines prisons départementales deux années de régime cellulaire. Le nombre total de cellules dont disposent nos maisons centrales, s'élève ainsi à 1,318, dont 760 cellules de nuit. Les travaux forcés de deux ans et au-dessous s'accomplissent dans 24 prisons départementales et dans 20 maisons d'arrêt (kronohâkten), représentant en tout 2,439 cellules de jour.
A la fin de l'année 1897, il y avait dans les établissements dont nous parlons 2,401 détenus, dont 1,506 condamnés aux travaux forcés. Sur ces derniers, il y avait 165 condamnés à perpétuité, 605 condamnés à plus de deux ans, et 735 à deux ans et au-dessous. Dans la première catégorie 16, et dans la deuxième 464 étaient détenus en cellule, conformément à la ïoi du 29 juin 1892. Il y avait en tout 193 femmes, dont 36 de la première catégorie, 74 de la deuxième et 83 de la troisième.
BSRVIOEB PÉNÎTENTIAIRES. 215
Quant aux antres prisonniers, — soit 896, — internés dans ces établissements, ils se décomposaient ainsi: 265 condamnés pour crime on délit; 252 condamnés à la prison non conversible; 343 condamnés à la même peine faute de pouToir payer l'amende; enfin, 36 arrêtés pour vagabondage ou mendicité. Le nombre des femmes était de 67, se répartissant ainsi dans les catégories précédentes: 27, 18, 16 et 6.
Pour l'accomplissement des peines prononcées pour vagabondage, mendicité, ou bien par décision de l'assistance publique, il y a quatre maisons centrales de travail correctionnel pour les hommes: à Svartsjô (337 cellules de nuit), pour ceux qui n'ont jamais fait auparavant de travaux forcés; à Karlskrona (300 cellules de nuit), pour les hommes valides qui ont déjà subi les travaux forcés; à Landskrona (108 cellules de nuit), pour le même genre de condamnés, mais peu valides; enfin à Nya Varfvet (31 cellules de nuit), pour les condamnés qui n'ont pas atteint l'âge réglementaire de vingt et un ans. Pour les femmes qui ont déjà subi les travaux forcés, ou bien qui sont originaires de Stockholm, il y a une maison à Norrkôping^ avec 156 cellules de nuit. Les femmes non originaires de Stockholm condamnées pour vagabondage, et qui font des travaux forcés pour la première fois, accomplissent leur peine dans les prisons départementales. Le nombre total des cellules de nuit dans les maisons centrales était ainsi de 932, et le nombre des condamnés aux travaux correctionnels, de 758, dont 193 femmes.
Le nombre total des prisonniers de diverses catégories détenus soit dans des établissements de travaux forcés, soit dans les maisons affectées simplement aux travaux correctionnels, s'élevait ainsi, à la fin de 1897, au chiffre de 3,159, qui, comparé au chiffi*e de la population suédoise, donne une proportion de 6*3 1 sur dix mille habitants. Voici une comparaison des chiffres correspondants dans les périodes antérieures:
Annéfifl Population Nombre moyen Sur dix
, Aouct». moyenne. des détenos. mille hab.
A la fin de 1897 5,010,000 3,169 6-81
Cet abaissement considérable dans le nombre des prisonniers doit être incontestablement attribué pour une très grande part à un abaissement dans le chii&e de la criminalité, fait dont les chiffires cités plus haut (p. 133) témoignent clairement. Mais il faut aussi faire une large part à l'adoucissement de notre législation. £n particulier on a pris désormais l'habitude de gracier beaucoup de condamnés à perpétuité après qu'ils se sont bien conduits pendant un certain nombre d'années. £n 1855 on trouvait dans les prisons de la Suède 1,520 condamnés à perpétuité; en 1897 on n'en trouve plus que 166.
Le nombre des forçats nouvellement arrivés s'élevait, en 1891/95, au chiffre moyen de 1,718, dont 236 femmes. Sur ce nombre, 541 avaient déjà subi les travaux forcés, soit 31*5^, Le nombre annuel de prisonniers condamnés à la prison subsidiaire était de 840; le nombre de ceux qui entraient pour convertir lenrs amendes en prison, était de 15,144. Ces deux derniers groupes comprenaient respectivement 60 et 988 femmes.
Pour terminer ce résumé, donnons la statistique des exécutions autrefois et de nos jours. Pour chaque million d'habitants, nous trouvons, en 1749/73, une proportion annuelle de 14*91 exécutions; déjà en 1774/95, cette proportion tombe à 4'06; elle n'a été que de 0-04 en moyenne pendant la période do 1891/95. En effet, dans ces cinq dernières années, une personne seulement a été exécutée.
Les établissements pénitentiairea des deux catégories sont placés sons les ordres de la Direction générale des prisons, laquelle se compose d'un directeur général et de deux chefs de bureau: ceux-ci font les fonctions de rapporteurs, l'un auprès de la chancellerie, l'autre auprès de la commission des finances. Les établissements spéciaux sont administrés par des directeurs, quelques prisons de moindre importance par un gardien-chef; de plus, à chaque établissement pénitentiaire sont attachés un aumônier et un médecin. Dans les maisons centrales, il y a en outre des trésoriers, pour la gestion des comptes, et des surveillants faisant fonction de sous-chefs. Le corps des gardiens est choisi avec un soin scrupuleux, et des augmentations successives de salaires ont permis d'exiger d'eux des garanties de plus en plus grandes d'instruction et de moralité. Un gardien jouit au bout de dix ans de service d'appointements annuels d'environ 950 couronnes, plus le logement et le chauffage.
En ce qui concerne le traitement auquel sont soumis les prisonniers, nous avons déjà dit qu'il est fondé sur le système cellulaire. Une exception est faite pour un nombre relativement restreint de prisonniers, savoir les condamnés aux travaux forcés pour un temps supérieur à quatre ans, et les condamnés à perpétuité: après trois ans de cellule, ils entrent dans des salles de travail en commun; mais la nuit et dans les moments de loisir, on a bien soin, de les isoler dans des cellules de nuit. Les maisons où l'on pratique le travail en commun, sont toutes pourvues de cellules de nuit; et il a même été question, au sujet des jeunes détenus correctionnels, de les séparer plus complètement les uns des autres, afin d'obtenir de meilleurs résultats pédagogiques.
Dans l'application du régime cellulaire, on s'efforce de combattre dans la mesure du possible un isolement dangereux pour les prisonniers, on s'efforce de leur rendre la punition profitable moralement, et cela au moyen d'un travail régulier et méthodique, au moyen d'une sortie journalière d'une demi-heure au moins dans l'enceinte de la prison, et aussi par des instructions sur la gymnastique rationnelle affichées dans les cellules, par des bibliothèques de prisons judicieusement composées (en tout 50,000 volumes environ), par des instructions religieuses, par l'enseignement, enfin au moyen de visites faites dans les cellules par les fonctionnaires de la prison et parfois même par des personnes de bonne volonté. On maintient avec la plus grande vigilance l'observation rigoureuse des règlements; et toute espèce de luxe, comme par exemple le tabac à fumer et à priser, est défendue aussi bien aux forçats qu'aux prisonniers correctionnels et aux simples condamnés à la détention subsidiaire. Les prévenus et les prisonniers simples qui peuvent et qui veulent améliorer leur régime et se procurer im peu plus de bien-être qu'il n'en est accordé au commun des détenus, en ont le droit, autant que cela ne porte pas atteinte à l'ordre ni à la sécurité intérieurs de la maison.
La question particulièrement importante de la rémiuiération du trarail des prisomiiers et celle des mesures à prendre pour prévenir le gaspillage de cet aiigent après la libération, ont reçu, en ce qui concerne les maisons centrales, une heureuse solution par le règlement du 24 octobre 1890 sur les salaires. Les salaires économisés sont placés dans la caisse d'épargne postale, et, au cas où la somme dépasse 20 couronnes, le prisonnier libéré ne peut la toucher que par mensualités. Si x>endant cette période il est arrêté pour délit ou pour vagabondage, il n'a pas le droit de disposer de la somme qui reste en dépôt, et s'il se fait condamner pour délit ou bien aux travaux correctionnels, il perd définitivement tont droit à son salaire. Il est clair que ce règlement contribue à empêcher les récidives. En 1897, le montant total des sommes déposées à la caisse d'épargne postale et touchées par les libérés, s'élevait à 23,953 couronnes. Dans la même année, les sommes perdues par suite de la récidive formèrent un total de 755 cour.
Pour mettre les prisonniers en état de secourir dans une certaine mesure ceux qn'ils ont, par leur faute, réduits au besoin, et aussi pour maintenir ou renouer les liens de famille, on leur a donné le droit d'envoyer à leurs parents les plus proches des secours prélevés sur la partie dite disponible de leur salaire; de plus, grâce aux fonds fournis dans ce but par la donation David Carnegie, la Direction général des prisons peut ajouter des suppléments à ces secours. Pendant Tannée 1897, 243 prisonniers détenus dans les maisons centrales ont envoyé chez eux une somme totale de 1,631 couronnes, auxquelles la Direction, grâce à la fondation dont nous avons parlé, a pu ajouter 1,171 couronnes.
L'œuvre de l'assistance des prisonniers libérés est administrée en partie par l'Union centrale pour la protection des libérés, en partie par l'Asile de la reine et par 23 asiles on associations pénitentiaires dans les gouvernements. Ces sociétés ont pris sous leur protection, en 1897, 140 hommes et 44 femmes, qu'ils ont soutenus en leur cherchant des places, en leur procurant du travail, en leur donnant des vêtements, des outils, des indemnités de voyage, etc. £n outre, 218 hommes et 53 femmes ont, pendant cette même année, reçu à l'occasion des secours de moindre importance.
Les dépenses nettes totales nécessitées par les services pénitentiaires de la Suède, — en y comprenant le prix d'entretien des bâtiments, mais non la construction de prisons nouvelles, — se sont élevées, pendant les années 1891/95, à une moyenne annuelle de 1,766,044 couronnes. La dépense pour la nourriture par jour de chaque prisonnier a été de 29-50 ôre (41-oo centimes) pendant le même temps. En 1897, les dépenses totales étaient de 1,719,083 couronnes et l'entretien journalier, de 29'92 ôre (41*59 centimes), soît 26*07 ôre (36*24 cent.) pour les maisons centrales ainsi que les maisons correctionnelles, et 33*32 <3re (46*3 1 cent.) pour les prisons départementales.
Santé publique et services médicaux.
Le service de l'hygiène publique et les services médicaux sont payés pour la plus grande partie par les conseils généraux et par les communes; mais comme l'Etat lui aussi fournit une contribution importante, rétribue un grand nombre de fonctionnaires, et, par l'intermédiaire de ses autorités centrales et gouvernementales, exerce une surveillance sur tous ces services, cette branche de l'administration peut fort bien être traitée comme faisant partie de l'administration de l'État.
ni. LA iCONSTITUTION ET L* ADMINISTRATION DB LA SUÈDE.
ss
Les médecins apparaissent, dans l'histoire de la Snède, pour la première fois au 16™* siècle- A cette époque, ils se formaient dans des éolces de médecine à Tétranger, et ils trouvaient des places soit au service de la cour, soit au service des nobles riches, soit à l'armée. Mais ils étaient isolés, sans lien entre eux, et n'étaient soumis à aucune direction médicale. H faut attendre longtemps avant de voir poindre xm commencement d'organisation dans les services- médicaux. Quelques médecins pratiquants de Stockholm obtinrent, après demande respectueuse, Tautorisation de fonder un collegium medicorum, qui reçut un privilège en 1663^ sous la régence du roi Charles XI. C'est dé cette association de médecins, toute privée au début, que sortit peu à peu l'administration qui en vint à avoir la haute main sur les services sanitaires du royaume.
La surveillance générale de toute l'administration médicale suédoise, avec tontes les institutions civiles et militaires qui s'y rattachent, est confiée à la Direction générale des services médicaux (Medicinalstyrelsen). Elle se compose d'un président, qui a le titre de directeur général, de trois conseillers pour les services civils et du médecin en chef de Tannée. Ces cinq fonctionnaires sont médecins; ils sont nommés par le roL Pour l'administration des services vétérinaires, le roi leur adjoint en outre un médecin-vétérinaire.
Quiconque a subi l'examen de la licence en médecine, possède le titre suffisant pour exercer en qualité de médecin. Le temps d'études des étudiants en médecine est fort long, et peut être évalué à une moyenne de 11 ans à partir du baccalauréat. En général, ces jeunes gens dépassent Tâge de trente ans avant d'avoir terminé leurs études. Le droit d'exercer la médecine est accordé aux femmes depuis 1870. Les médecins se forment dans les deux universités d'Uppsala et de Lund, et aussi à l'Institut médico-chirurgical Carolin (Karolinska Institutet) à Stockholm.
Tabl. 34. Personnel et établissements du service médical^ en 1860/97.
1 A U fin de
Nombre total des
Sur 100,000 de la population.
Tannée.
HédecloB.
Sage., femmes.
Hôpitaux.!
Lits des hôp. •
Pharmacies.
Médecins.
Sagesfemmes.
LiU des hôp.
Phannacies.
' Établissementa civils (les maisons d'acconchement, les hôpitaux pour enfants et les ^espices d'aliénés non compris).
Le tabl. 34 donne le nombre des médecins à diverses dates à partir de 1860. A la fin de 1898, on comptait dans le royaume 1,282 licenciés en médecine, dont 9 femmes. Si Ton déduit de ce total les médecins qui, par suite d'une position officielle, à cause de leur âge, ou pour toute autre raison, sont empêchés de pratiquer, fl en reste à peu près 1,150 qu'on peut considérer comme exerçant directement les services sanitaires civils et militaires.
A l'exception d'environ 300 médecins qui exercent à titre exclusivement privé, les médecins civils sont chargés d'un service: 274 pour la campagne, 120 pour les villes, 146 près des hospices et des asiles d'aliénés, 61 près des prisons, 87 pour les chemins de fer de l'État, etc. — Le même médecin peut cumuler deux ou plusieurs services.
UHÔpital de Sofiahemmet, à Stockholm.
Phot. GuîrrAF Ijxd- QUI8T, Stockbolm.
Parmi les médecins de campagne on compte 138 médecins provins ciaux: ils constituent, avec les médecins de villes, l'institution médicale la plus ancienne de notre pays; ils sont rétribués exclusivement par l'Etat; les autres médecins de campagne, au nombre de 136, portent le titre de médecins provinciaux surnuméraires, et sont payés à la fois par l'État et par la commune, ou bien par la commune seule, ou bien par une administration privée. Parmi les médecins provinciaux de chaque gouvernement (la ville de Stockholm exceptée), il y en a un qui porte le titre de médecin provincial en chef, et qui exerce la surveillance, non-seulement des services sanitaires et médicaux du district qui entoure immédiatement le chef-lieu du gouvernement, mais aussi de ce qui touche à la médecine civile, — et en particulier à la santé publique, —
dans tonte l'étendue du gouvernement. Ils ont pour les assister des médecins provinciaux auxiliaires, nommés par la Direction générale, qui en place un auprès de chaque médecin-chef. Pour les services médicaux de Tarmée et de la marine, on compte 250 médecins militaires et 9 hôpitaux.
Satie d' hôpital dans une l'ilh* de prorinvf*
Pbnt. Aco, Waîii.àTltûM» Falub.
Les dem'^*'"^ r^n geignements statii^tiqaes nous donnent le ehîtt're de 141 hôpitanx eivils: sur ce nombre il y a 71 hôpitaux provinciaux et hospices pour vénériens, et 70 autres établissements médicaux; ces hôpitaux contiennent en tout 8,285 lits, soit 1 lit pour 605 habitants. Sur l'accroissement du nombre des lits depuis 1860, et en général sur le développement progressif de tous les services médicaux, nous renvoyons aux tabl. 34 et 35. Un des hôpitaux, situé «dans la commune de Jerfsô (gouvernement de Gefleborg), est spécialement consacré aux lépreux: disons du reste que la Suède ne compte pas plus de 50 lépreux environ.
En ce qui concerne les dépenses nécessitées par les services médicaux, celles rapportées par les communes et par les conseils généraux pour Tentretien des services sanitaires et médicaux (y compris les bâtiments) pendant les périodes quinquennales de 1876/80 à 1891/95 se sont élevées respectivement à 2'94, 3*i6, 4*i7 et 5'27 millions de couronnes, et à 6'04 millions pour Tannée 1897: dans ce dernier chiffre, les communes entrent pour une part de 3*3 5 millions, et les conseils généraux pour 2*69 millions. A cela s'ajoute la contribution de TÉtat, qui, en 1897, s'est élevée à 0*88 million.
222 III. LA CONSTITUTION ET l' ADMINISTRATION DE LA SUÈDE.
Tabl. 35. Mouvement des malades dans les établissements sanitaires. ^
Moyennes
des
années.
Population moyenne.
- Nombre annuel des
Sur 1,000 habitants.
Journées
pour chaque admis.-
Décès sur I.OOO!
admis. '
Malades admis.
Jonmées d'entretien.
Décès.
Admis.
Journées d'entretien.
TotaL
Les Ténériens exclus. >
En 1897 .
4,ir.R,ooo
4/J74MK) 4,^:l'i,ai^)
4ii8ii,oar)
U y avait, à la fin de Tannée 1897, 11 hospices d'aliénés et 4 asiles, ■contenant en tout 4,259 places, soit 85 places par cent mille habitants {en 1860 il y avait seulement 1,008 places, soit 26 pour le même nombre d'habitants). Ajoutons k cela 2 asiles qui étaient en construction à -cette époque, et qui ont en tout 1,800 places: ceux-ci y compris, la proportion des places s'élève à 118 par cent mille habitants. Mais là où se révèle le mieux le développement rapide des hospices, c'est dans les crédits accordés par le Kiksdag: rien que pour les constructions et agrandissements, les subventions se sont élevées, dans les dix dernières années, à la somme d'environ 4 millions de couronnes. Sur le développement du service des hospices, voir du reste le tableau 36.
Le nombre total des aliénés (sans compter les idiots) est, d'après le recensement de 1890, de 8,703, soit 182 par cent mille habitants. Ce chiffre est snpériem' à ceux des recensements antérieurs, mais il est possible que cette augmentation soit due, — en partie du moins, — à une plus grande exactitude dans les données recueillies. Les chiffres de la Suède n'ont rien d'extraordinairement élevé «i on les compare à ceux des autres pays.
Au commencement de Tannée 1899, il y avait 281 dentistes, dont "9 femmes. Le droit d'exercer la profession de dentiste est accordé à ^[uiconque a subi le baccalauréat et l'examen spécial des dentistes. Cet examen spécial exige un temps d'études de près de quatre ans. Il y a une école des dentistes à l'Institut médico-chirurgical Carolin à Stockholm.
On compte en Suède 2,704 sages-femmes, soit une pour 951 femmes {cf. tabl. 34). Pour leur instruction, il y a des écoles spéciales à Stockholm, à Gothembourg et à Lund. La durée de cette instruction doit être de neuf mois au moins. De plus, à l'institut de Stockholm on enseigne la pratique des accouchements chirurgicaux aux sages-femmes en titre qui se sont distinguées par leur science et leur habileté. Dans
^ Établissements tant civils que militaires (les maisons d'accouchement, les hôpitaux pour enfants et les hospices d'aliénés non compris). — • Parmi les vénériens admis, la mortalité annuelle a été pendant les sept périodes quinquennales: 10*0, 8*7, 13*0, 8'4, 6 3, 4 9 et 4*4 ^/oo. Le nombre total des vénériens admis a été pendant les mêmes périodes, •en moyennes annuelles sur cent mille habitants: 118, 144, 94, 92, 115, 88 et 91.
SANTÉ PVBLIQDB ET SERVICES MÉDICAtlX.
Tabl. 36.
Tj€b honpicea
(Valiénéa, ^
A la * fin de Tannée.
Places
des hospices.
Sur cent mille hab.
Moyennes des années.
Nombre
moyen
des
malades.
Journées d'entretien.
Aliénés admis.
Guéris.
Décès.
Dépenses en couronnes. *
ISJO....
En 1897..
certains cas exceptionnels, ces sages-femmes ont le droit d'employer les instruments chirurgicaux dans Texercice de leur métier. Au cours de Tannée 1897, il a été fait par les sages-femmes de première classe 506 accouchements chirurgicaux.
Dans les maternités suédoises, pendant les périodes quinquennales de 1861/65 à 1891/^, les moyennes annuelles des malades secourues ont été respectivement de: 1,146, 1,505, 1,466, 1,823, 2,591, 3,381 et 3,899; en 1897 on en a soigné 4,517. Voici maintenant les chiffres de la mortalité des mères pendant les susdites périodes quinquennales: 66m, 48*8, 41*9, 17-8, 6*2, 4'8 et 6'o Voo; en d'autres termes, on constate une amélioration énorme.
La Suède a encore conservé une survivance de l'ancienne profession de barbier-étuviste: c'est la profession de chirurgien-barbier (fâltskâr). Elle est représentée pour le moment par une centaine de chirurgiens environ, répartis dans les différentes villes du royaume. Après un temps d'études un peu supérieur à un an, suivi d'un examen, on leur accorde l'autorisation de panser les plaies, de traiter les abcès externes, etc., bref, de pratiquer ce qu'on appelle la petite chirurgie, et aussi le droit de donner les premiers secours dans certaines espèces d'accidents, tels que: hémorragies, entorses, fractures. Cette institution, qui est vieillie et qui paraît désormais superflue, a été condamnée à mort par le décret royal de 1896 sur la suppression de l'examen de chirurgien-barbier: on procédera par voie d'extinction.
A la fin de 1896, on comptait dans le royaume 768 iDArmières pourvues d'une instruction spéciale: sur ce nombre, 451 étaient attachées à des hôpitaux, à des infirmeries, à des asiles d'aliénés et autres établissements, 255 (dont la moitié à Stockholm) servaient à la garde des malades chez les particuliers, dans les villes; il y en avait 26 à la campagne pour les services communaux, et enfin 36 attachées au service particulier des usines ou à d'autres places de ce genre. Pour améliorer le fonctionnement des services médicaux dans les campagnes, on considère que la premièï^ chose à faire sera de placer une infirmière instruite dans chacun des districts (au nombre d'environ 270) relevant des médecins provinciaux. On prend pour élèves-infirmières des jeunes filles pourvues d'une solide instruction
* Y compris les asiles. — * En 1900 environ 6,070 places, soit 118 sur cent mille hab. — * Nombre des journées d'entretien, divisé par 365. — ^ Sans les frais de bâtiments nouveax.
préliminaire et d'une éducation soignée; elles reçoivent leur instmction spéciale à l'hôpital de Sabbatsberg, à celui de Sofiabemmet, et à la maison des diaconesses, trois établissements situés à Stockholm; on les forme également dans plusienrs hôpitaux de province. La durée de l'apprentissage varie entre un an et trois ans.
Table d'opération, construite par A. Stille, Stockholm, ^^ot. GurrAF lixp- -^ ' ^ Quirr, Stockholm.
Le commerce des drogues et médicaments ne doit se faire, d'après la loi, que dans les pharmticies^ confiées à des pharmaciens diplômés. Le nombre des pharmacies est limité, et on ne peut en ouvrir une nouvelle qu'en vertu d'une autorisation spéciale du roi. Les pharmacies sont soumises à l'inspection d'hommes du métier spécialement désignée, et en outre à des visites annuelles faites par le médecin provincial en chef. D'après les dernières statistiques officielles, il y a en Suède 308 pharmacies, soit une pour 16,265 habitants (cf. tabl. 34). Pour l'instruction des pharmaciens, — qui, comme celle des médecins suédois, est très complète, — il y a à Stockholm un Institut de pharmacie. Les études durent au moins sept ans à partir du baccalauréat.
Aucun pays ne peut présenter des taux de mortalité plus faibles que la Suède, ni inversement des chiffres plus élevés pour la durée moyenne de la vie. Pour expliquer ce fait, il ne suffit pas d'invoquer la situation géographique de notre pays, son climat, l'instruction gêné-
raie, notre manière de vivre, etc., mais il faut aussi tenir compte du haut degré de développement que Thygiène pnbliqne a atteint en Suède. La surveillance générale de Thygiène publique est confiée à la Direction générale des services médicaux, et dans chaque gouvernement à la préfecture. Dans les villes, Thygiène publique est entre les mains d'un comité spécial (helsovârdsnâmnden), et dans les campagnes elle est dirigée par l'autorité executive de la commune: dans les deux cas, avec le concours des médecins officiels.
Les comités d'hygiène doivent, d'après la loi, veiller à ce que la commnnc ait un approvisionnement abondant et facile en eau potable, à ce que les sources, puits et autres prises d'eau soient à l'abri des impuretés, empêcher la malpropreté dans les habitations ou aux alentours, avoir soin que les usines ou les industries ne soient pas établies, organisées ou exercées de façon à être nuisibles à la santé des travailleurs ou des habitants du voisinage, etc.
En cas d^ipidémies ou de maladies contagieuses, le comité peut prescrire au médecin compétent de visiter les lieux et d'ordonner les mesures à prendre, ou bien il notifie l'apparition de la maladie contagieuse à la préfecture, qui dél^e un médecin officiel. Pendant la durée de l'épidémie, le comité a le droit d'interdire les rassemblements trop nombreux, comme par exemple sur les places de marchés, etc., de licencier les écoles pour un temps plus ou moins long, etc. Tout médecin a le devoir de prévenir le comité compétent de tous les cas de maladies contagieuses qui peuvent se présenter dans sa clientèle: choléra, variole, typhus, fièvre typhoïde, scarlatine, diphtérie, dyssenterie et lèpre.
Chaque commune est tenue de réserver une infirmerie ou tout autre local pour l'isolement des malades atteints d'affections contagieuses. Dans la plupart des villes, on a construit de nouveaux lazarets en cas d'épidémie; on en trouve aussi, mais plus rarement, dans les communes rurales. Toute personne atteinte d'une des maladies contagieuses énumérées plus haut, doit, si le comité le décide, se faire soigner dans un de ces locaux spéciaux. Au cas oti elle se fait soigner à domicile, c'est an comité de veiller à ce que des mesures satisfaisantes de désinfection soit prises pour empêcher la maladie de se répandre. Dans les lazarets, qui sont pourvus d'étuves à désinfection, on prend toutes les mesures prophylactiques que l'on juge utiles. Dans toutes les grandes villes et aussi dans un grand nombre de petites villes, des conduites d'eau sont organisées de façon à amener de l'eau de bonne qualité. On va la prendre dans des lacs, dans des cours d'eau ou dans des puits. Les grandes villes possèdent un système d'égouts bien aménagés. Dans les villes, de même que dans les campagnes, règne en général la plus grande propreté, et c'est une chose à laquelle veillent les autorités compétentes. Pour les mesures prises contre la tuberculose^ voir plus loin, p. 227.
Pour empêcher l'invasion des maladies contagieuses de VHranger^ comme la peste et le choléra, des dispositions spéciales ont été prises. Les navires sont soumis à un temps d'observation auprès d'étaldisHements de quarantaine: ce temps d'observation est fixé à quinze jours pour la peste, à deux jours pour le choléra, et cela dans toute la période pendant laquelle l'importation de ces maladies paraît à craindre: en ce cas, le Collège du commerce publie à ce sujet one notification spéciale. Les navires contaminés par la peste ou par le choléra sont désinfectés et assainis près des susdits établissements. Notre pays en possède deux, à l'extrémité des deux archipels: celui de Fejan sur la côte est, et celui de Kânsô sur la côte ouest. S'il y a à bord des personnes atteintes de la peste ou du choléra, elles sont isolées et soignées dans les établissements de quarantaine. Les personnes qui arrivent de pays oti règne le choléra, sont soumises à un examen médical pendant les trois jours qui suivent leur arrivée.
U Suède. L 15
in. LA CONSTITDTION BT L'ADMINISTRATION DE LA SUÈDE.
Nombre des décès de variole, en 175011899.^ Sur 1 million d'hablUnts.