ÉCOLES POPULAIRES SUPÉRIEURES ET INSTITUTS D'OUVRIERS
ses inférieures, et qui appelait comme conséquence le désir de donner à ces classes de la société une éducation civique supérieure. La première école populaire supérieure de Suède fut ouverte en 1868, & Hvilan en Scanie: elle fonctionne toujours, et on peut la considérer, & beaucoup de points de vue, comme une école-mère pour les autres. Aujourd'hui nous en avons en tout 29.
En règle, ces écoles sont situées à la campagne. La plupart possèdent maintenant en propre leurs locaux, avec des logements pour les maîtres et pour une partie des élèves; le reste des élèves logent dans des maisons voisines. A quelques écoles sont annexées des salles de gymnastique, qui ordinairement servent aussi de locaux pour les réunions importantes de la population de la région.
L'école populaire supérieure de Lunnevad, en Ostrogothie.
La plupart de ces écoles sont, depuis leur fondation, des entreprises privées; cependant elles sont presque toujours soutenues par les deniers publics et reçoivent des subventions tant du conseil général et de la société d'économie rurale que de l'Etat. Un comité directeur est formé par les autorités et les sociétés qui contribuent à l'entretien de l'école; mais des pouvoirs étendus sont laissés au directeur^ et l'activité du travail dépend beaucoup de sa capacité personnelle. En effet, il n'y a pas de programmes d'études nettement déterminés, et pas d'examens de sortie.
Le directeur est le plus souvent un homme qui a fait ses études à l'université; le» autres professeurs (au nombre de 1 à 4 pour chaque école) sont des candidats en philosophie, des ingénieurs, des agronomes ou des officiers.
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On reçoit comme élèves des jeunes gens âgés d'au moins 18 ans accomplit (l'âge moyen est entre 20 et 22 ans), ayant passé par l'école primaire, et pouTUil présenter des attestations de bonne vie et mœurs. Il n y a pas d'examen d'enti Pendant la période de 1868/98, le nombre total des élèves-hommes a été 15,499 (en moyenne 27 par an dans chaque école); en 1898, il y en avait Sl^ soit une moyenne de 29 par école.
V enseignement comprend une ou deux années d'études, mais ces aimées feront essentiellement de caractère, de telle sorte que la majorité des élèves 8^ tiennent à la première année. L'enseignement est donné principalement sons fonai^ de leçons faciles à comprendre, altomaut avec des interrogations, avec la lecture e%' l'explication des livres de classe, la démonstration et l'explication du matériel leçons de choses, des devoirs écrits, des répétitions scrupuleusement exactes des aâsen»^ blées communales et des sessions des comités exécutifs, etc. D'après la moyemiQ' calculée pour quelques écoles anciennes et importantes, pendant l'aimée scolaire nov. 1897 — avril 1898, voici, pour la première année d'études, le temps consacté aux différentes matières d'enseignement: langue maternelle, 186 heures; histoire^ 80; géographie, 57; administration d'État et communale, 56; économie rurale, 29; sciences naturelles et hygiène, 120; calcul, 85; géométrie, arpentage et niTelto*.. ment, 45; comptabilité, 47; tracé des plans et dessin linéaire, 68; écriture, 46; V chant, 46; gymnastique, 69; il faut y joindre la lecture d'oeuvres littéraires, dcaa exercices de discussion, des assemblées et, dans quelques écoles, le travail manud» ;'
Les cours de deuxième année, qui sont plus pratiques, comprennent dei ' notions d'agronomie, d'élevage, d'économie forestière. Dans 12 de nos écoles, cetta deuxième année est transformée en un véritable cours d'économie rurale, et l'État fournit une subvention spéciale pour l'entretien de ce cours; pour plus de détail% nous renvoyons à ce qui est ^it plus loin des établissements d'enseignement agncolau
Une subvention de l'État a été accordée, dès 1872, aux écoles populaires supérieures. A partir de 1878 elle est fixée à un maximum de 2,000 cooroniica pour les écoles avec une année de cours, et à un maximum de 3,000 conroimet pour les écoles pourvues de deux années, mais avec cette condition que le quait au moins des élèves de première année passeront en deuxième. £n 1898, la contribution totale de l'État s'élevait à 74,620 couronnes, mais il faut y joindre^ depuis 1883, une subvention annuelle de 15,000 couronnes pour les élèves pea fortunés. La contribution scolaire exigée des élèves varie entre 15 et 80 couronnes*
On a organisé aussi des cours populaires supérieurs pour les élèves^ femmes. Comme nous l'avons déjà dit, les cours pour hommes ont lieu pendant le semestre d'hiver (de novembre & avril); une idée toute naturelle fut de consacrer l'été à des cours pour les femmes. On inaugura ce système en 1873 à l'école de Hvilan, mentionnée ci-dessus, et cet exemple a été de plus en plus suivi. En règle générale, ces cours sont dirigés par le directeur des cours pour hommes, secondé par sa femme, et assisté d'un nombre suffisant de maîtres, ou bien aussi d'institutrices spécialement désignées.
Le nombre total des élèves-femmes pendant les années 1873/98 s'est élevé à 5,598, soit à une moyenne de 25 par an pour chaque école; en 1898, on en comptait 591 pour 22 écoles. Les matières d'enseignement sont: la langue maternelle, l'histoire, la géographie, les sciences naturelles, l'hygiène, l'économie domestique, le calcul, la comptabilité, l'écriture, le chant, et en outre différents travaux manuels, comme le tissage. Dans quelques écoles récemment fondées en Norrland, ces cours pour femmes ont lieu l'hiver, en même temps que les cours pour hommes, et ils sont en partie communs.
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A côté de la plupart de ces écoles populaires supérieures, les élèves sortants ont formé des associations (folkhôgskolefôrbund), qui se réunissent plusieurs fois par an dans l'école, pour écouter des leçons et pour discuter des questions générales. D'ailleurs, des conférences publiques ont souvent lieu dans les écoles, ainsi que des fîtes patriotiques très fréquentées par la population du pays. Plusieurs des professeurs font les fonctions de conférenciers dans les associations de conférences qui se tiennent dans différents points de la région. Dans plusieurs écoles on a organisé ce qu'on appelle des cours d'été, qui durent une semaine ou quinze jours et sont destinés aux anciens élèves, aux instituteurs et institutrices des écoles primaires, et à d'autres intéressés; ils se font avec le concours de conférenciers populaires venus des universités ou d'autres écoles. La mission d'éducation populaire que remplissent ces écoles supérieures est donc à divers points de vue très importante et très active.
Une antre institution qui touché de près aux écoles populaires supérieures, est celle des instituts d'ouvriers (arbetareinstitut), situés dans les villes, et fournissant à leur public d'ouvriers des conférences populaires, en même temps que des facilités pour faire des lectures utiles. En beaucoup d'endroits, aussi bien dans les villes que dans les grandes agglomérations ouvrières de la campagne, on a fondé des associations de conférences, qui payent les frais de conférences que l'on propose à des professeurs choisis dans les villes universitaires ou dans d'autres endroits. Les instituts d'ouvriers et lesdites associations jouissent d'une subvention de l'Etat, s' élevant actuellement à 55,000 couronner par an. Une autre manifestation de ces efforts pour répandre une culture supérieure parmi la population adulte nous est fournie par ce qu'on appelle les cours d'été dans les universités; nous en parlerons par la suite.
On traite ici tant les écoles de VÊtat (Allmftnna Iftroverk, lycées) que les écoles privées (enskilda lâroverk, collèges libres) pour les garçons, et les établissements correspondants de jeunes filles qui, au point de vue du programme de l'enseignement, se rapprochent fort des lycées de jeunes gens.
Lycées.
Les plus anciens établissements d'instruction secondaire en Suède, comme dans la plupart des autres pays, furent les écoles de couvents et les écoles de cathédrales du moyen âge et aussi les écoles municipales subventionnées par la classe bourgeoise des villes. Après l'in-
LYCtoS.
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troduction de la Réforme disparut successivement cet état primordial de l'enseignement, mais ce ne fut qu'au temps de Gustave-Adolphe que furent fondées les premières écoles d'instruction supérieure ou gymnases.
Le gymnase le plus ancien fut établi en 1620 à Vesterâs par'Johannes Rndbeckius. Le premier règlement scolaire spécial fut élaboré en 1649 sous l'infinence du célèbre Comenius qu'on fit venir en Suède. Ce règlement a été regardé comme un cbef d'oeuvre de pédagogie pour son temps, mais il ne fut jamais complètement mis en pratique. Dès lors, cependant, on distingua expressément entre le petit collège (trivialskolan) et le gymnase (gymnasiet), ordinairement de 4 années chacun, et cette disposition fut maintenue pendant 200 ans. Ces écoles étaient à peu près exclusivement des établissements qui préparaient à l'ÉgUse et aux fonctions publiques. Au commencement du 19°^® siècle, les langues modernes et les sciences naturelles firent une timide apparition, mais l'idée d'une réorganisation plus radicale des écoles, pour mieux satisfaire aux exigences de la vie pratique, se fit bientôt jour de plus en plus.
Pendant les années 1826/28 fonctionna le comité appelé Grand comité d'éducation, dont firent partie plusieurs des hommes les plus éminents de Suéde à cette époque, nous nommerons seulement Tegnér, Geijer, Wallin, Agardh et Berzelius. Le rapport remarquable du comité ne produisit pas d'effet immédiat, mais la question de cette réorganisation ne pouvait plus tomber, et les 70 années qui suivirent furent caractérisées par des expériences presque ininterrompues, sans qu'on ait pu jusqu'à présent réussir à obtenir un résultat tout à fait satisfaisant En 1849, le petit collège et le gymnase furent fondus en un seul établissement: le lycée^ état de choses qui est regardé aujourd'hui assez généralement comme né sous une mauvaise étoile, et dont les jours seront, peut-être, bientôt comptés. Parmi les réformes partielles qui ont suivi, il faut nommer: l'abolition du latin comme obligatoire, ce qui conduisit, peu à peu, à l'idée d'un enseignement moderne (reallinie) sans langues classiques, puis le transfert du baccalauréat des um'versités aux lycées (1862), la création du stage d'un an pour les professeurs (1866), la suppression de la plus basse classe et l'organisation d'un enseignement semi-classique (latin, mais pas de grec) en 1869.
Plusieurs comités ont pendant ce temps élaboré des projets pour des réorganisations complètes. En ce moment il y en a un, qui s'est mis à l'œuvre depuis 1899, et l'opinion publique semble réclamer un résultat avec une insistance toujours croissante. Les points essentiels sur lesquels on semble s'accorder sont: une séparation nouvelle du petit collège et du gymnase, la création d'un examen de sortie pour les jeunes gens de 15 à 16 ans, la remise des études latines, une plus grande liberté de choix des matières pour les études supérieures, en même temps qu'une part plus large pour les éléments de culture nationale.
But et nombre des lycées. D'après leurs statuts du l«' novembre 1878 actuellement en vigueur, les lycées de l'État poursuivent le double but de compléter l'éducation civique par des études d'un domaine supérieur à celui des écoles primaires, et de jeter les fondements des connaissances scientifiques qui seront développées plus tard à l'université ou dans les écoles supérieures d'application.
Pendant l'année scolaire 1897—98, le nombre, complet des lycées montait à 79, savoir: 36 donnant l'enseignement de neuf années; 22, celui de cinq années; 17, celui de trois années; 3, celui de deux années; et 1, celui d'une année. Les établissements de neuf années s'appellent grands lycées ou lycées complets (hôgre lâroverk), les établissements de cinq et
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trois années, petits lycées (Iftgre Iftroverk), les établissements de deux années on d'une année ^pédagogies-». Tout cela d'après les règlements du budget de l'État. Cependant, par les subventions des communes intéressées, l'enseignement dans les petits lycées et dans les pédagogies a été étendu, si bien que, pendant l'année scolaire mentionnée plus haut, 34 de ces établissements avaient, en fait, cinq années de cours, et 1 quatre années.
Des 36 grands lycées, 20 ont l'enseignement dans les deux sections an complet; 12 l'ont seulement pour la section latine et 4 seulement pour la section moderne (cfr p. 300). Le nombre des élèves de chacune des cinq classes inférieures est fixé à 35 au plus. Cependant, on a le droit de former des classes doubles, et c'est pourquoi il y a de grands lycées de 600 à 700, et de petits lycées de 300 à 400 élèves.
Les lycées sont tous situés dans les villes; leur répartition dans leâ différentes provinces est indiquée sur la carte, page 297.
Direetion des lycées. Les lycées de l'Etat, ainsi que la pluplart des autres établissements d'instruction, sont, comme nous l'avons dit plus haut, du ressort du Département de l'instruction publique. Dans ce département, il y a un bureau de renseignement supérieur et secondaire, dont le directeur (kanslirâd) rapporte les affaires de l'enseignement au ministre et fait, de temps en temps, des tournées d'inspection.
Dans chaque diocèse, l'évêque est inspecteur général (eforus) des lycées qui s'y trouvent; pour chaque lycée situé hors de la ville diocésaine, il nomme un inspecteur (inspektor). Certaines attributions dans l'administration du lycée reviennent aussi au chapitre diocésain, qui a, notamment, à nommer les professeurs. Les lycées de Stockholm ont une direction particulière, qui exerce sur eux les fonctions de cl'éphorus» et du chapitre diocésain. Un de ces lycées, la Nya Elementarskolan, qui, en qualité d'école expérimentale de l'Etat, à d'autres points de vue aussi, fait exception, obéit à une direction spéciale.
A la tête de chaque lycée se trouve un proviseur (rektor), qui, après sa demande, est nommé par le gouvernement pour un certain temps, d'ordinaire pour une période renouvelable de cinq ans. Outre ses fonctions d'administrateur, le proviseur remplit aussi celles de professeur, et a la responsabilité de l'état budgétaire du lycée. Le proviseur est assisté dn conseil des professeurs (Iftroverkskollegiet), qui, sous la présidence du proviseur, doit se prononcer sur les questions relatives à l'enseignement, à la discipline scolaire, aux finances du lycée, etc. Si en quelque question le proviseur ne croit pas devoir approuver la décision du conseil des professeurs, celle-ci est renvoyée à créphorus».
Ensel^ement. L'année scolaire commence à la fin d'août, et comprend 36 semaines, partagées en deux semestres, celui d'automne et celui de printemps. Le semestre d'automne dure environ 16 semaines, celui de printemps environ 20, y compris toutefois une semaine de congé
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& Pâques et une demi-semaine à la Pentecôte. La durée réelle de Tannée scolaire (34 V« semaines, vacances non comprises) est en Suède considérablement plus courte que dans les autres pays d'Europe; elle est par exemple de 43 semaines en Danemark, 42 en Prusse et en Autriche, 41 en France et 38V« en Norvège.
Le cours complet d'études est de 9 ans et divisé en 7 classes, dont les deux plus hautes prennent deux ans. La première classe est la plus basse. Les quatre plus hautes classes s'appellent: Sixième inférieure (VI: i), Sixième supérieure (VI: 2), Septième inférieure (Vil: 1) et Septième supérieure (VII: 2).
Élèves des classes supérieures du Lycée moderne de Stockholm.
Dans les classes I— III, tous les élèves reçoivent le même enseignement. A partir de la Quatrième, le lycée se divise en deux branches ou sections: la section latine (latinlinien) et la section moderne (reallinien), cette dernière sans latin. Dans les 4"® et 5™« classes, cependant, l'enseignement des deux sections ne diffère qu'en peu de matières, 7 heures de latin et 1 de dessin dans la section latine correspondant à 6 heures d'anglais et 2 de dessin dans la section moderne, et, de plus, les cours d'histoire étant assez différents pour que les élèves des deux sections ne puissent recevoir un enseignement simultané en cette matière. Avec la classe VI: 1 s'accentue la différence entre la section latine et la section moderne, et en même temps la section latine se subdivise elle-même en deux sections: la section A avec grec (A-linien), et la section B sans cette langue (B-linien).
LYCÉES
Dans tous les lycées, tant les petits que les grands, on suit le plan d'enseignement (révisé en 1895), dont nous communiquons le tableau ci-dessous, exception faite cependant de la Nya Elementarskolan de Stockholm, où on lui a fait subir plusieurs modifications.
TâBL. 46. Nombre des heures de classe par semaine et par matière dans les lycées^.
Matières.
Sections.