‹ La Suède préhistoriqueChapitre 12 sur 52 · l'aqb du bsokzk · texte numérisé non relu

l'aqb du bsokzk

EoIdÏDg es Jutland, tm cercueil formé d'un tronc de cbêne fendu en deux et évidé; dans ce cercueil qui, heureusement, fut exploré par des personnes compétentes, avait été déposé un guerrier, habillé et armé au complet. Les vêtements, d'étoffe de laine, encore porfûtement conservés, sont un bonnet élevé, un large manteau à coupe ronde, une espèce de jupon et deux étroits morceaux d'étoffe de lune, qui avûent eaos doute couvert les jambes; aux pieds paraissaient encore quelques restes de cuir, qui peut-être avaient été jadis des souliers. Le bonnet est d'une épùsse étoffe de laine, couverte h l'extérieur de fils de laine saillants, tous terminés par un noeud. Le jupon était retenu par une longue ceinture en laine, faisant deux tours autour de la taille, nouée par devant et se terminant en longs bouts pendants, ornés de franges. On trouva dans ce cercueil primitif un autre bonnet en laine et un chah de la même étoffe, également orné de tVanges, dont l'une des moitiés était enroulée pour servir de coussin sous la tète du mort. Une peau, probablement de boeuf, avait constitué l'enveloppe extérieure de tous les objets renfermés dans le cercueil. Si les vêtements de laine se distinguaient, comme on l'a vu, par leur excellent état de conservation, le corps était, par contre, presque entièrement détruit; même la charpente osseuse était dissoute. La chevelure noire et la cervelle protégée par le bonnet étaient seules conservées; la forme de la cervelle était encore reconnaissable. A gauche du corps se trouvait une épée en bronze dans SB gaine de bois revêtue de cuir. On voyait aux pieds une boite de bois ronde, en renfermant une plus petite dans laquelle se trouvaient, outre le bonnet de laine mentionné en dernier lieu, un peigne en corne et un couteau de bronze. Le couteau, d'une forme semblable à celle

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de nos rasoirs, avait peut-être servi au même usage que ceux-ci,

La valeur de cette trouvaille remarquable est sin- 1 gulîèrement augmentée par la découverte d'un costume | complet de femme de la même époque, retiré dix ans I plus tard, en 1871, d'un autre tumulua danois, celui de -^ Borum-Ëshâi, près d'Arhua en Jutland. Ici, de même, le ' corps était enfermé dans un cercueil formé d'un tronc de chêne fendu eo deux et évidé. Le fond du cercueil était recouvert d'une peau brute, probablement de vache ou de boeuf. Sur celle-ci se trouvait un grand manteau trèsordinaire, tissé d'une laine grossière mêlée de poil de bêtes à cornes, et dans laquelle le corps avait été enseveli. Le squelette, bien conservé, montrait que le tombeau était celui d'une femme. La chevelure, très-loiigue, avait sans doute été retenu au moyen d'un peigne en corne, que l'on trouva à côté du corps. La tête était couverte de la réaille de laine d'un beau travail, que l'on voit au haut de la 6g. 52. On découvrit en outre des restes d'une autre résille pareille. La morte était vêtue d'un costume entier en étoffe de laine, se composant d'une tunique à manches et d'une longue jupe (fîg. 52). Le tissu était identique à celui de l'étoffe déjà décrite des tombeaux de Etômmestorp et de Treenhôi. La tunique, cousue bous les manches et au dos, est ouverte sur le devant, où elle avait été fixée au moyen d'un cordon ou d'une petite agrafe en bronze trouvée dans la bière, tt moins que cette agrafe n'ait servi à retenir le manteau. La couture grossière du dos de la tunique semble indiquer que celle-ci était i, l'ordinaire recouverte par le manteau. La jupe était retenue autour de la taille par deux cordons de laine, l'un grossier, l'autre fin. Ce dernier est tiaaé de laine avec

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56 2. l'aoe du bbonze.

mélange de poil de bêtes à comea, formant trois Btriea ou bandes dont celle du milieu parait avoir eu une autre couleur que celles desbords.

Il se termine en deux houppes épaÏGBes et élégantes.

Outre l'agrafe àéjk mentionnée, le cercueil contenait, en fait de parures en bronze, un anneau ou bague en spirale, deux bracclet-s et « un grand anneau tordu

(pour la tête ou le cou).

On peut signaler, comme une circonstance remarquable, la trouvaille, à côté de ce corps de femme, d'un poignard en bronze, k mancbe de corne, de mêmeque celle d'une grande et de deux petites plaqifes rondes en bronze élégamment ouvrées, avec une pointe saillante au milieu. Il est probable que la première au moins de ces ' plaques a jadis appartenu à un bouclier.

Comme il est diffi- 62. Habillement de femme, en laine, -i . -i ■ i

troHcé ù Bmvm-Ethôi, Jntlanà. cile de décider positive-

ment, daoB la plupart des cas, ai un cercueil de l'âge du bronze a contenu le corps d'un homme ou celui d'une femme, je ne suis pas à même de citer pour le moment d'autre trouvaille parfaitement authentique d'arme dans un tombeau de femme, datsnt de cette période. Je dois cependant mentionner la découverte d'un poignard en bronze dans un cercueil en cbéne du tumulus de Dragshôi près de Elbe (Danemark), et la circonstance que la longue chevelure remarquablement bien conservée du corpe auprès duquel était placé ce poignard, semblait plutôt indiquer un squelette de femme qu'un squelette d'homme. En général, on a été " disposé jusqu'ici à considérer comme tombeaux d'hommes, tous ceux qui contenaient des armes; l'expérience de Borum-Eabôi noua montre toutefois que cette opinion n'est pas toujours correcte, du moins si l'arme est un poignard. Il est par contre impossible, pour le moment, de faire une objection quelconque à l'opinion que les tombeaux dans lesquels on a trouvé des épées en bronze ont contenu des corpa d'hommes.

L'intéressant indice que nous fournit la trouvaille de Borum-Eshôi sur l'existence d'amazones pendant l'âge du bronze Scandinave, reçoit une certaine probabilité de la circonstance qu'il est fait mention d'amazonea chez plusieurs peuples de la Méditerranée, à une époque où ces peuples avaient à peu près la même civilisation que les Scandinaves de l'âge du bronze. Cela nous rappelle en outre les récits que nos sagas nous font de ces femmes guerrières (sakôldmur», vierges au bouclier) accompagnant les armées dans la dernière partie de notre époque payenne.

Le costume des femmes de l'âge du bronze se composait donc des deux mêmes parties principales, la jupe et la tunique ou le mantetet, que de nos jours, du moins

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