‹ La Suède préhistoriqueChapitre 17 sur 52 · L'AGE DU BRONZE · texte numérisé non relu

L'AGE DU BRONZE

gothie. Les recherches les plus récentes ont montré que ces antiquités remarquables appartiennent h l'âge dont nous nous occupons •. Une des principales preuves à l'appui 8e trouve dans la ressemblance palpable, et qui n'est évidemment pas accidentelle, qui existe entre les épées en bronze et les épées reproduites sur les rochers sculptés. Même sï l'on ne s'arrête pas k la forme, ces dernières armes sont une preuve que les sculptures n'appartiennent pas à l'âge de la pierre, auquel les épées étaient totalement inconnues.

Enfin, nous pouvons encore tirer un indice, sinon une preuve, que ces images datent de l'âge du bronze, du fait qu'on les rencontre dans une localité très-riche en sépultures et en autres souvenirs de cet âge.

D'autre part, l'absence totale,

sur les sculptures, de runes ou

d'autres signes graphiques montre

qu'elles ne peuvent appartenir ni

h l'âge du fer ni k une époque

66, Epée ri'préKntèe t«r -ati encore plus récente. Avec une ab-

"^'^' "^U^'':?' '^'^' ^*""'^ ^' complète de tout texte

explicatif, il n'est guère admissible

que les sculptures des rochers soient l'ouvrage d'un peuple

ayant eu la connaissance de l'écriture littérale. Or, comme

, ' Voir l'article de B.-E. Hildebrand : nA quel âge appartiennent les Bculpturee des rodiers en Suèdeîn dans le Journal d'archéologie suédoise (»Antiqvarisk tidskrift fôr Sverigeo), vol. 2. p, 417 et suit.

SCULFTURli» DES BOCHERE. 71

nous le yerTOQB plus loin, les runes étaient connues déjà au commencement de l'âge du fer. Au reste, un fait qui n'est pas sans intérêt, c'est que l'une des anciennes pierres runiques du Nord se trouve préciBément dans la paroisse de Tanum (Bohusliin septentrional), la localité de la Suède la plus riche, peut-être, en sculptures des rochers.

Ainsi, les Scandinaves de l'âge du bronze connaissaient l'art de conserver la mémoire d'événements importants par l'écriture symbolique, ou par une espèce de tableaux historiques. ' Cette circonstance reçoit une importance plus grande du fait que les Aztèques du Mexique, qui, h l'arrivée ■de Cortès, se trouvaient encore en plein âge du bronze malgré leur haut degré de civilisation, possédtùent une «criture figurée, maïs ne connaissaient pas l'écriture littérale. Dans le Nord, comme au Mexique, vivait, sans nul doute, à côté de l'écriture figurée, une tradition orale nécessaire à son interprétation. Malheureusement, comme cette tradition est depuis longtemps éteinte, il n'y a guère d'espérance de pouvoir jamais déchifirer la langue obscure des tableaux historiques gravés sur nos rochers.

Aucun document écrit, national ou étranger, ne nous fournissant des données sur notre âge du bronze, et la tradition ayant même oublié l'existence d'un âge semblable, nous ne pouvons nous attendre k trouver un nombre bien ■considérable de renseignements sur la religion, l'état social, les moeurs et les coutumes des Suédois de cette époque. On a trouvé, cependant, quelques objets qui ont ^té sans doute destinés au culte religieux de l'âge en question. L'une des plus remarquables de ces trouvailles, est le petit chariot en bronze reposant sur quatre roues, qui fut découvert en 1855 dans une tourbière près d'Ystad et qui est actuellement conservé au Musée National (Ânt.

72 2. l'aob du bronze.

sui^d., f. 255). Ce chaiiot a porté jadis un grand vase en bronze, comme l'indiquent les trous de rivets que l'on y voit encore, et la comparaison avec un chariot parfaitement semblable, découvert à Peccatel dans le Mecklembourg. L'affectation de ces vases à un usage religieux parjût probable déjà du fait de la ressemblance qui parait, avoir existé entre eux et les grands chariots en bronze supportant des chaudrons, que Salomon fit placer dans l'avant-cour du temple de .lérusalem. C'est au reste constaté par les circonstances toutes particulières dans lesquelles le chariot mecklembourgeois fut découvert. A Peccatel, près de Schwerin, existent ou existaient jadis trois grands tumulus placés îi côté l'un de l'autre. On trouva dan» l'un de ces tumulus le chariot et diverses autres antiquités de l'âge du bronze. L'un des deux restants contenait une sépulture avec des ossements brûlés, et un autel carré en terre et on pierre, haut d'environ. 1 m. 50 cm,, dans lequel était muré un chaudron rond en argile cuite. A côté de l'autel, un squelette humain reposait dans une espèce de cercueil en terre cuite.

Outre le chariot de bronze d'Ystad, le Musée National possède une autre antiquité remarquable du même métal, laquelle a probablement été affectée aussi au service religieux. C'est un grand ornement en forme de couronne, trouvé en 1847 dans une tourbière des environs de Balkâkra près de Lund. Il a évidemment servi de garniture à ui» grand vase en bois, suivant toute apparence un vase de sacrifice (Ant. suéd., f. 254).

Plusieurs autres trouvailles de vases empliyés au culte ont été faites dans différentes localités du Nord Scandinave. Ainsi, l'on découvrit en 1862 dans une tourbière près de Konninge, île de Fionie (Fyen), un gi'and et magnifique vase

VASES TE SACBinCE. 73

en bronze dans leque! étaient déposés 11 vases en or ii longues anses. Ces vases, qui datent de la dernière période de 1 agedu bronze, ont sans doute servi dans un temple, vu qu'ils étaient trop précieux pour être affectés à des usages domestiques et profanes. On connaît aussi de la Suède deux vases en or pareils de l'âge du bronze, mais sans anses (Ant. suéd., f. 249). Il est possible que quelques-uns des vases à suspension en bronze (=■- fîg. 67), assez fréquents en Suède, ont servi de lampes dans les temples ou ont été employés à d'autres usages religieux.

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