SÉPULTURES
D'autres sépultures de la période qui nous occupe, contiennent des restes de corps incinérés.
Cette période, avant la fin de laquelle non-seulement le Gôtâland, mais encore les côtes du Norrland étaient habitées Jusqu'au Medelpad (62° de lat. N.), paraît se rapprocher en général un peu plus de la première que de la dernière période de l'ftge du fer, quoique l'on puisse constater plusieurs points de contact avec celle-ci. Tels sont, p. ex., la forme des poignées d'épée (cf. fig. 93 et 117), le goût des entrelacements en forme de serpent (fig. 96) ', etc.
96. PartÛ! du bord d'un umftei» de la mêine forme que la fig. 95. Ppl. |.
' ^Drakêlingeni. entrelacements de drageon ou de serpent, motif d'ol mentstion favori des ]>opulHtioiig scandinares de l'âge du fer.
Dçi,l,zedl!vG00glc
O. Le dernier Age du fer ou la période des vlklngs.
(De I-u 7Da SDvlcan, Juqn-k U dcrnSèrs molUd dn Illim« dède.)
La dernière partie de l'âge du fer comprend à peu près les mêmes eiècles que le temps dit fides vikinga» (vikingatiden). Il est loisible, sans doute, de parler d'expéditions maritimes fûtes par les vikings {vikingatâg), ou, du moins, de se figurer de ces expéditions, avant le 8:ème siècle, si l'on donne ce nom à toute course maritime ayant la guerre et le pillage pour but. Mais ces expéditions suédoises primitives, à l'égard desquelles l'histoire est & peu près muette, ne se sont pas, sans doute, étendues plus loin que la Baltique et les frontières du Nord', et elles n'ont pas eu l'importance historique des campagnes maritimes postérieures, dans lesquelles les urois de la mer» (sjôkonungar) des pays Scandinaves osaient s'attaquer aux vieux états civilisés du sud et de l'ouest de notre continent. Ce fut, d'après la chronique anglo-saxonne, en l'an 787 que les navires des viHngs Scandinaves se montrèrent pour la première fois sur les côtes de l'Angleterre,
Le dernier âge du fer se distingue au reste par un autre événement historique important, la réunion des provinces de la Suède en un royaume sous le sceptre du roi d'Upsal, A peu près vers la même époque (environ l'an 900), Gorm le Vieux devint le premier roi général du Danemark, et Harald H&rfager (Harald aux beaux cheveux} soumit toute la Norvège à sa domination.
■ Les chanta d'Ossian Bemblent indiquer des relationa très-anciennes entre le Bohnslâii et l'Écoese. Uais, à cette époque, le Bohuel&n était encore terre norvégienne.
SOURCES DB l'histoire BUtiDOISB FENDikHT CETTE PERIODE. 119
Rares sont les sources de l'hUtoire pendant la pi^riode des vikings, quoique dix siècles seulement la séparent, de nous'. Nous ne possédons aucune chronique suédoise datant des temps payons, ou même seulement des premiers siècles de notre époque chrétienne; h, peine rencontronsnous avant Olof Skôtkonung, le premier roi chrétien de la Suède, quelque courte liste de rois, peu authentique en outre par son origine relativement récente. D'autre part, les inscriptions runiques, si importantes pour la connaissance de notre langue ancienne, ne noua apprennent que fort peu de choses sur notre histoire politique.
A l'égard des documents, écrits, nous sommes donc presque exclusivement réduits h, des sources étrangères, parmi lesquelles les taagasjt ^ islandaises occupent, comme l'on sait, la première place. Nous ne devons pas oublier, toutefois, qu'elles ne datent, dans leur état actuel, que de 250 ans environ après le baptême d'Olof Skôtkonung, et qu'en outre, en tant que sources étrangères, elles doivent être employées avec une certaine précaution.
Pour l'étude, par contre, de la civilisation de nos ancêtres, de leur vie domestique pendant les derniers siècles de la période payenne, nous sommes puissamment aidés par la connaissance plus complète que l'on possède de l'état social de la Norvège et de l'Islande vers ce temps-là, vu que, dans beaucoup de cas, il doit s'être assez ressemblé dans les pays du Nord. C'est surtout le cas, comme plusieurs preuves directes nous le démontrent, de la religion et de la théogonie de nos ancêtres. h'Edda '
' Le mot magan (cf. l'allem. Sage) avait jadia à peu près la même iienification que notre terme actuel A'M^oire, c.-à-d., un récit d'événements réels, et non d'événementa nés dans l'imagination de raiit«iiT.
' Od platât les Eddat. BL'audetme Eddai*, on sl'Edda de S«mnndi>, est ime collection d'anciens chante, faite dans le lZ:ème siècle, et qnî
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120 3 C LE DEBNIEB AOE DU FER.
ne fut, il est vrai, rédigée dans sa totalité, et conserrée qu'en Islande; mais tout montre que ce fut un trésor de chants primitifs et de sagesse pratique primitive, commun à toute la Scandinavie, même probablement à toute la race germanique, que les Islandais sauvèrent de la destruction.
Le développement de notre peuple pouvant en général être considéré comme la progression d'un état inférieur à un état supérieur, nous obtenons une foule de données précieuses sur la civilisation des temps anciens par l'étude des époques plus récentes, si nous fixons notre attention aur les nombreuses circonstances qui, par le fait même de leur simplicité, sfe montrent être des souvenirs de temps immémoriaux.
Nous trouvons toutefois la source principale de nos connaissances sur la vie des populations de la Suède à l'époque des vikings, dans le grand nombre d'antiquités de cette époque conservées jusqu'à nos jours.
Le Svitkiod (ancien nom de la Suède) de l'époque des vikingB ne comprenait pas toute la Suède actuelle. La Scanie et le Halland appartenaient au Danemark, le Bohuslân et le Jemtland îi la Norvège. La Dalécarlie et le Vermland étaient des provinces frontières contestées. . La région côtière du Norrland, jusqu'à la frontière nord de l'Angermanland, était, il est vrai, comme le montrent
nous initie à la connaiBeance de la religion et de la philosopbie pratique de nos anoêtreB, et de leurs chants héroïques. Un manu^t de cette collection longtemps oubliée, presque le seul mauuecrit ancien qne l'on en possède, fut trouvé vers l'an 1640 ches un paj«an islandais. — »La jemie Rddaii, ou sVEdda de SnoireK, est nn exposé rédigé, environ l'an 1280, par Snorre Stnrieaon, des idées cosmogouiques et religieuses ef de l'art poétique des habitants pajena du Noid.
Atehdue du fatb. 121
les nombreux tumulus que Von y rencontre, habitée au temps des vikings; maie la population y était plus récente, et probablement plus clair-semée, que dans la partie mé- ' ridionale du pays. La Finlande n'avait pas encore été réunie à la Suède.
Les DpaysB tributaires du roi du Svitbiod à la lin des temps payens, étaient donc la région côtière du iCorrland mentionnée plus haut, les trois provinces riveraines du Malai (Sudermanie, Upland, Vestmànland), la Dalécarlie, la Néricie, la Vestrogotbie et l'Ostrogothie, le Smâland, le Bleking, et les îles d'ôland et de Gotland •. La surface de l'ancien Svithiod n'était donc que d'environ 1,400 milles carrés de Suède (1,600 myriamètres carrés), ou un peu plus de la moitié de la Suède actuelle {les 1,000 milles carrés, = 1,140 myriam. carrés, de la Laponie non compris.)
L'aspect du pays a subi des transformations considérables pendant les douze siècles qui noua séparent du commencement de la période des vikings. Une grande partie du sol actuellement le plus fertile était recouverte par les eaux d'un lac, ou occupée par des tourbières marécageuses, et l'on marche maintenant h pied sec sur plus d'une passe navigable au moyen-âge, ou même à une époque encore plus récente. Ces changements ne sont pas exclusivement l'œuvre de la nature. L'homme y a puissamment contribué par le déboisement des forêts et par la foule de défrichements et de cultures nouvelles qui, surtout pendant ce siècle, ont pris la place des forêts et des marécages desséchés.
1 ces deux ilea et le Bleking étaient déjà comptés comme appartenant à la Suède, est prouvée par l'intéressant récit qu'Ottar et Utfsten firent au roi Alfred le Grand d'Âi^leterre de leur vofage en Scandinavie vert la fin da 9:ème siècle.
122 3 C. LB DBBNIEB AOB DU FEB.
NouB ignorons, comme on peut le comprendre, la gTRDâeur de la population de la Suède à la fin de la période payennè; maie l'on peut admettre, sans crainte de se tromper beaucoup, qu'elle ne s'élevait pas même au cinquième de la population actuelle (un peu plus de 4 millions d'habitants).
La plupart des villages et des fermes ou métairies dans lesquels habitaient les Suédois de la dernière période de r&ge du fer, avaient déjà leurs noms actuels, et occupaient en général le même emplacement que de nos jours. C'est ce que prouve la circonstance remarquable que l'on rencontre ordinairement k côté de chaque village le champ funéraire dans lequel repose la population payenne du village. Avant que l'on eût réussi k obtenir l'aperçu général que nous possédons actuellement de nos antiquités, on croyait que chaque collection de tumulus et de pierres levées indiquait un champ de bataille. Mais cette admission devint insoutenable k mesure que l'on constata le nombre de ces cimetières primitifs, et elle dut être totalement abandonnée quand on eut trouvé dans les tumulus une foule de tombeaux de femmes et d'enfants.
Plusieurs pierres runiques des derniers jours du paganisme nous apprennent non-seulement le nom du village ou de la manse (gàrd), mais aussi celui du propriétaire d'alors. Ainsi, sur une pierre mnique située près d'Ekolennd (domaine des bords du Malar à quelques mjTÏamètres de Stockholm), élevée par elle en l'honneur de son mari Thordjerf Gudlogsson, Gida raconte qu'elle demeurait à nHarristamB, le Harfvesta actuel; d'autres pierres mentionnent Ulf de vSkulibrb (Skàlhamra), Bjom de »Kranby» (Granby), Âgôt de eEalfatadbumB, etc. Un riche paysan ou propriétaire libre, du nom de BjarlabankiD, a
VILLAOBS. TILLBS. 123
signala, SUT non moins de cinq pierres runiques différentes, »qn'il possédait à lui seul tout Ttlby» (dans la paroisse actuelle de Tiibj en Upland, à environ 20 kilomètres de Stockholm). La circonstance qu'une foule de noms de localités suédoises datent des temps payens, est indiquée en outre, comme nous l'avons déjà vu (p. 105), par le fait que plusieurs d'entre eux sont formés de noms de divinités; c'est le cas, p. ex,, de Odensvi, Thorslunda, Prôvi, etc., désignant encore de nos jours les localités où l'on a jadis sacrifié aux dieux Âses.
Les villes suivantes sont déjà mentionnées en Suède à l'époque des vikings: Lôdôse, sur le Gôtaelf, le Gothembourg de ces temps-là, mais situé plus en amont, Skara, Falukôping, centres de la plus ancienne culture de la Veetrogothie, Kalmar, Telge, Birka (probablement sur l'île de Bj5rkd dans le Malar) et Sigtuna. 11 ne faut pas, toutefois, se faire une trop haute idée de la grandeur, de la population et de la pompe architecturale de ces villes.
A cette époque, les maisons étaient sans doute exclusivement construites en bois, l'art de fabriquer la chaux et la brique n'étant probablement arrivé dans le Nord qu'avec le Christianisme. Les demeures suédoises de la période des vikings ressemblaient sans nul doute à celles décrites dans les sagas norvégiennes, circonstance rendue très-probable par la rencontre, encore de nos jours, dans les parties éloignées du pays, de quelques maisons d'une construction parfaitement identique, connues sous le nom de , ryggâs-stugor, souvenirs de l'architecture des temps passés.
Ces anciennes demeures ne formùent à proprement parler qu'une seule pièce ou chambre (stuga), dessinant un parallélipipède rectangle, dont les longs côtés étaient trèsbas et n'avaient ni fenêtres ni portes. L'entrée, pratiquée