‹ La Suède préhistoriqueChapitre 39 sur 52 · C. LE DERNIER »GE DU KKR · texte numérisé non relu

C. LE DERNIER »GE DU KKR

enveloppé dans des Unges de soie; et le tumuhis déjà mentionné de Mammen en Juttand nous a fourni une ceinture et divers autres objets bien conservés, en soie brodée d'or et d'argent. A la même trouvMlle appartient aussi un manteau en laine, avec des broderies représentant des figures humaines, des lions, une élégante guirlande de feuilles, etc. Il est toutefois impossible de décider si ces ouvrages d'apparat ont été confectionnés dans le Nord, ou si ce sont des produits étrangers.

Cependant, les étoffes ordinaires de laine et dé toile étaient les produite de l'industrie domestique indigène, comme nous le prouvent entre autjeB les débris des instruments employés il leur confection, que fournissent souvent les trouvailles de cette période. Ainsi, l'on a trouvé parfois des peignes de lin et les poids au moyen desquels la chaîne était tendue au métier. On ne peut naturellement pas s'attendre k ce qu'autre chose que les parties en pierre et en métal des métiers etc. ait pu résister k la dent du temps; mais les fuseaux et les métiers de la forme antique conservés jusqu'aux temps historiques et même jusqu'à nos jours dans les localités écartées, montrent comment les femmes du Nord filaient et tissaient il y a dix siècles. Le rouet, qui souvent n'est plus, à l'heure actuelle, considéré dans les villes que comme le souvenir d'une industrie domestique de temps disparus, était probablement encore inconnu. On employait en leur place des fuseaux, comme vingt siècles auparavant en employaient les femmes grecques chantées par Homère, et comme en emploient encore de nos jours les femmes des localités les plus éloignées de la Dalécarlie. De petites fusaïoles en pierre, en argile, quelquefois même en ambre (Ant. Suéd., fig. 491 et 492), présentant une ressem-

blance parfaite avec celles des fueeaux modernes, se rencontrent souvent dans les trouvailles suédoises des siècleB payens.

Pour servir ii la description de l'industrie domestique et de la vie domestique des temps paasés, et comme une preuve de la circonstance que les femmes des hautes classes de cette époque lointaine mettaient elles-mêmes la mtùn aux travaux de la maison, nous nous permettons de citer une strophe du Rigamâl, où il est dit, des époux visités par Rig {le dieu Heîmdal déguisé), et représentant la noblesse du pays:

Là était le père de famille, cordait un cordon d'arc, pliait l'ormeau pour un arc et «taillait» des flèches; mais la femme de la maison pensait à ses bras, repassait du linge et empesait des manches.

Le costume des hommes se composait en général des mêmes partie* que de nos jours: une chemise, des braies, des bas, des souliers, une tunique («kjarteb, jupon), retenue par une ceinture, et, sur le tout, une cape ou un manteau. La tête était couverte d'un bonnet ou d'un chapeau. La forme de ces divers effets d'habillement, brillant souvent de couleurs éclatantes, était sans doute aussi k peu près la même que de nos jours. La tunique ne paraît toutefois pas avoir été entièrement ouverte par devant comme nos redingotes modernes; elle ressemblait donc probablement assez à une longue blouse. Le manteau était ordinairement retenu par une tibule.

134 3 C LE SBBHISR AOE DU FBB.

CeB données sont, il est vraî, empruntées aux sagas islandaises, mais la preuve qu'elles peuvent aussi s'appliquer à la Suède, est fournie entre autres par les reproductions de costumes suédois que l'on trouve sur plusieurs pierres runiques de la ëd de l'époque payenne ou du commencement de l'époque chrétienne; ainsi, sur une pierre h. Hunestad en Scanie, sur les deux côtés d'une pierre du cimetière de Leberg en Ostrogothie, sur une pierre actuellement murée dans l'église de Femebo en Gestrikland, et sur quelques-unes des Bpierres ^ images» avec inscriptions runiques, de l'Ile de Gotland. — Des données intéressantes sur le costume suédois I de cette époque nous : sont aussi fournies par les dessins remarquables gravés sur quatre plaques de ' bronze trouvées en 1870 dans un amas

99. Plaque en brm^., h figure, en relief. Ôl.\. j^ pierres à BjÔrU-

hofda, île d'Oland, et conservées au Musée National (fig. 99; voir Ant. Suéd., fig. 518—521),

Pour donner une idée plus vive du costtime !» l'époque dont nous nous occupons, j'emprunte \ Snorre Sturleson la description suivante de celui que portait le roi Sigurd Syr du Ringerike (Norvège), pendant qu'il surveillait la moisson sur ses terres, l'aut^ïmne de 1014, lorsque son beaufils Olof Haraldsson, peut-être mieux connu sous le nom de ssaint Olof», vint lui faire visite: sAinsi il est dit de ses vêtements (ceux de Sigurd)», raconte Snorre, «qu'il avait

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