Marteau m fer
Smâl. \.
i. Tenaille»
Siiderm. \.
140 8 l'. LE DBBHIEB AOE I)[I FER.
en fer, ainsi qu'un crochet très-fort, probablement pour une balance, deux petite moules en bronze pour y fondre ou y presser dee ornemente, trois petitee fibulee en bronze {= f. 101) encore réunies, fondues dans le même moule, et évidemment dane le même état qu'à leur sortie du moule; d'autres broches et des clefs en bronze et en fer, dont quelquee-unea paraiaeent être usées et se trouvaient probablement \k pour être réparées ou refondues, tandis que d'autres ne sont qu'à moitié achevées; on peut donc y voir, comme dane les trois fibules mentionnées cideasus, des échantillons de la dextérité artistique du forgeron qui avait enfoui ces objets pour une cause h nous inconnue. '
Lf titre de aforgeron» était donné k cette époque à tout homme expert dans le travail des métaux. Les sagas mentionnent, il est vrai, les nains (dvergur) comme singulièrement habiles dans l'art de forger, mais elles montrent aussi qu'il existait dee forgerons d'une nature plus humaine, et que ceux-ci jouissaient d'une grande réputation. On peut le voir déjà par la saga de Vôlund (le Wieland des Allemande), et par la circonstance que le Rigsmàl nomme l'un des fils des paysans nés libres »Smed» (forgeron), nom que nous trouvone aussi sur quelques pierres runiques, comme p. ex. sur la pierre érigée près de l'église de Gârdby dans l'île d'Oland. En outre, les sagas islandaises font mention de plusieurs rois et d'autres hommes puissants qui forgeaient eux-mêmes leurs armes. Skallagrim, le
' 11 peut être intéressaut d'ajouter ici que la ferme but les terres de laquelle iXK objeta furent trouvés, porte, dans le dialecte gotlandùs, le nom de &ai«> (cf. l'anglais tmith), c.-â-d. la ferme du foi^eron, H se peut, snns doute, que ce soit an simple hasard, maie il est aussi possible que la ferme ait reçu son nom de la circonatance qu'elle fut habitée à l'époque pajenne par un foi^roa, ou peut-être par plusieurs foi^ierons, de père en fîlfi.
père du célèbre Bgil, et l'un des principaux Islandais de son temps, travaillait lui-même dans sa forge et nmartelait le fer.»
On est parfois trop disposé a attribuer !i nos ancêtres un amour, primant toutf' autre chose, pour les aventures attrayantes et le butin i'acilement gagné des couraes maritimes, et l'on se figure volontiers qu'ils méprisaient totalement les occupations de la vie pacifique, les abandonnant aux sei-fs, qui étaient indignes de prendre part au rude jeu des armes. Cette manière de voir est en contradiction flagrante avec ce que nous savons de la vio de nos ancêtres au temps des vikings. Nous n'avons qu'il citer pour preuve la description donnée par l'Edda des occupations du fils du paysan libre;
Il apprit maintenant et à bâtir des granges,
à dompter les boeufs h faire des cardes
et à fabriquer des araires, et ïi diriger la charrue h charpenter (construire) des etc.
maisons
Et Snorre raconte du roi Sigurd Syr de Kingerike, déjh mentionné, que le message de l'arrivée inattendue d'Olof trouva le roi dans un champ, où il avait «beaucoup de serviteurs, dont quelques-uns coupaient l'orge, d'autres la transportaient aux meules ou dans les granges. Le roi et deux hommes avec lui allaient tantôt dans le champ, tantôt dans les lieux où l'on mettait la graine.» Cela montre comment le travail était tenu en honneur.
Aux industries les plus importantes appartenaient alors, comme de nos jours, l'élevage du bétail et l'agriculture. Depuis longtemps déjii, depuis près de 2000 ans avant la clôture des temps payens, la Suède possédait,
,,:,Goo'^lc
142 3 C. LE DERHIBB AOE UV FER.
nouB l'avons vu, presque tous nos animaux domestiquée les plus importants, le chien, le cheval, le boeuf, le mouton, la chèvre et le porc. J'ai déjà signalé qu'en fait de volailles, on avait la poule et l'oie.
L'apiculture avait une certaine importance, principalement parce qu'il fallait beaucoup de miel pour le mjôd ou hydromel. Le Vermland est particulièrement célébré pour sa richesse en abeilles. On a trouvé, dans une sépulture gotlandaise de la fin de l'époque payenne, une élégante fibule, actuellement conservée au Musée National. Elle est ■en bronze doré, et contient encore un morceau de eîre, teint en verd par l'oxidation du bronze. — Après l'introduction du christianisme, l'apiculture devint encore plus importante, car il fallait fournir des cierges aux églises.
La céréale la plus commune était l'orge, mais l'on «ultivait aussi l'avoine, le seigle et un peu de froment. Une strophe du Rlgsmâl citée plus haut, mentionne les »painB minces (galettes) blancs de froment».
Les années de disette et Les famines étaient assez fréquentes, et le seul remède qu'on leur opposait était des offrandes plus riches aux dieux irrités. Si rien n'y faisait, on avait recours aux sacrifices humains, et nous nous rappelons ce récit de l'ancienne saga, où il est dit que les Sveare (les Suédois d'alors), après plusieurs mauvaises années oonsécutives, sacrifièrent leur roi aux dieux, qui paraissaient ne pas vouloir être appaiséa par une 'moindre victime.
Il ne nous a naturellement pas été conservé beaucoup d'outils agricoles de cette époque. On a cependant trouvé parfois, outre des haches, des fers de charrue, des faucilles (fig. 115) et des faux.
La graine était battue avec des fléaux et moulue, du moins dans la règle, au moyen de moulins à bras, travail
AORICULTUBE. 143
qui, suivant la sagn de Fjolner, était réBervé aux femines
Lee plus anciens moulinE consistaient en un bloc de pierre avec un grand évidement ovale, dans lequel la graine ^tait écrasée à la main au moyen d'une pierre ronde. On rencontre souvent de ces moulins primitifs, qui paraissent avoir été employés jusqu'à une époque récente dans les localités écartées. Mais l'un des chants de TËdda, celui de Helge Hundingsbane (meurtrier d'Hunding), semble indiquer que l'on connaissait déjà des moulins à bras d'une construction moins élémentaire. '
11 y est raconté que Helge, pour échapper h ses ennemis, doit se déguiser en femme esclave et se mettre îl moudre. Il le fait avec une vigueur telle, que »les pierres se brisent et la caisse vole en éclats», ce qui fait dire ù l'un des ennemis:
Mieux convient
k ces mains
la poignée de I epée ^^^^ ,
que le manche du moulin.
Nous savons peu de choses du jardinage et de l'horticulture de ces t«mps-là; ils ne paraissent pas, en tout cas,
' Les moulins à eau étaient déjà coddus des RomaiiiH au temps de l'empire; mais il est difficile de décider positivement sIIb le fureni dans le Nord arant l'introduction du dirietianisme. Il sont déjà tionnés dans uob plus anciens actes sur parchemin, mais ces actes de deus siècles plus récents que la clôture définîtiTe de l'époque payenne. — Lee moulins h. vent sont probablement une invention encore ui plas récente; c'est, autant que nous le Bâchions, vers 1330 qu'il < fait pour la première fois mention en Suède,
144 îi ('. LK nURNlHK AGE Dli FEK.
avoir été singulièrement développés. Cet art ne prit sans doute son développement proprement dit que pendant le moyen-âge, au dedans des murs paisibles des couvents. Cependant, la saga des pommes d'idunà (la déesse de la jeunesse) montre que ce fruit n'était pas totalement inconnu. Et dans l'un des chants de l'Edda, Skimir, le serviteur du dieu Fro, dît ii Gerd, la tîUe des géants:
Onze pommes pour acheter tes faveurs,
j'ai ici, toutes en or; si II Frô
je veux te les donner tu promets ton amour.
Il est en outre souvent parlé do noisettes, de même que de coudraies sous lesquelles les femmes avaient coutume de se divertir l'été, pendant que les hommes étaient à la chasse.
La chasse et les jeux en plein air constituaient le principal plaisir des hommes. D'un besoin qu'elle était dans le principe pour se procurer ta nourriture nécessaire, la chasse devint bientôt un plaisir, poursuivi avec empressement à une époque où l'on cherchait le danger et où l'on aimait les exercices virils.
La chasse au faucon n'était pas inconnue, et le Nord était déjà h cette époque, comme pendant le moyen-âge, célèbre pour ses faucons de chasse. Snorre raconte, du roi Olof Skôtkonung, qu'il sortit un jour de bonne heure k cheval avec ses »éperviers» et ses chiens, et avec lui ses hommes. Quant ils lancèrent les éperviers, celui du roi tua au premier vol deux coqs des bois et immédiatement après, au second vol, trois autres coqs. Les chiens ramassaient les oiseaux à mesure qu'île tombaient. Le roi revint chez lui, joyeux de sa chasse. Dans la cour, il trouva sa iîllc venue fi sa rencontre. Il lui raconta sa chasse et lui dit: »Connais-tu un roi qui ait pris tant de gibier en si peu de