‹ La Suède préhistoriqueChapitre 43 sur 52 · CHASSE. JEUX · texte numérisé non relu

CHASSE. JEUX

temps»? Elle répondit: «C'est une bonne chasse matinale, seigneur, que d'avoir tué cinq coqB des bois; mais ce fut encore une meilleure chasse quand Olof (saint Olof) roi de Norvège prit en un matin cinq rois et s'empara de leurs royaumes.»

Parmi les jeux en plein air, le jeu du mail (boUspelefj paraît être un héritage des temps payens. Pour jeter la paume et pour d'autres exercices fortifiants, la jeunesse de tous les environs se rassemblait sans doute parfois dans des champs de jeu spéciaux, comme cela a été p. ex. le cas dans l'île de Gotland jusqu'îi nos jours.

En fait d'instruments de musique, il est fait mention de la trompe (lur), du cornet (honi), du fifre (pipa), du violon (fiâXa), du rebocque (giga) et surtout de la harpe (karpa), l'un des instruments les plus nobles et les plus estimés. ■ SnoiTe raconte d'OIof Skôtkonung que, quand les mets avaient été apportés sur la table du roi, des joueurs faisaient leur apparition avec sdes harpes, des rebecques et d'autres instruments.» — Les scaldes improvisaient à l'ordinaire leurs chants aux sons de la harpe. On voyait souvent des scaldes, parfois de l'Islande, à la cour des rois de Suède. Ainsi, l'on raconte que quand, envoyé h titre d'ambassadeur par saint Olof chez Olof Skôtkonung, l'islandais Hjalte arriva à la cour de ce roî, il y trouva deux de ses compatriotes, les scaldes Gîssur et Ottar. Une preuve que l'ancien art poétique n'était pas inconnu en Suède, nous est fournie au reste par les inscriptions runiques en vers que nous possédons encore, comme p. ex. sur une pierre h Kartevi dans l'île d'Oland.

Comme les trouvailles funéraires nous l'ont montré, les jeux avec des dés n'étaient pas inconnus pendant la première partie de l'iige du fer (p. 98). On rencontre

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de même assez fréquemment des dés et des dames dans les tombeaux de la dernière partie de cet âge.,

Le jeu des échecs était probablement déjà connu dans le Nord pendant la période payenne. On a cru pouvoir admettre que ce jeu favori est parvenu de l'Asie dans nos contrées par la voie de Byzance, dès le 8;ème ou le 9:èine siècle, sinon même plus tôt. Charlemagne fit, dit-on, présent d'un jeu d'échecs précieux au trésor du couvent de .Saint-Denis. On possède en outre le récit d'un jeu pareil complet qu'on aurait découvert en 1750 dans un tumulus du Hedemark (Xorvége); les pièces, qui avaient été trouvées dans une étoffe de soie, n'ont malheureusement pas été conservées. Kappclons aussi la célèbre partie d'échecs jouée, en 1017, h lîoeskîldc (Danemark), entre le roi Canut le Grand et son beau-frère le jarl XJlf, et qui se termina par l'assassinat du jarl le jour suivant, dans le choeur de l'église de saint Lucius.

Plus aimé que la chasse et le jeu, était toutefois le choc violent des armes. Suivant les idées de l'habitant du Nord, les jouissances du Valhail, le paradis des Scandinaves, devaient consister en des luttes quotidiennes et puissantes, îi la fin desquelles les combattants, tant les vaincus que les vainqueurs, se réunissaient tous les soirs en un joyeux banquet dans le palais d'Odin.

Les sagas et les chants antiques fourmillent d'histoires de combats et de hauts faits propres à entourer le nom du héros d'une gloire immortelle. Nous ne pouvons pas nous arrêter ici à la description de ces faits d'armes, mais nous considérerons un instant les armes qui rendirent jadis nos ancêtres si formidables. De nombreuses trouvailles et les récits multiples des sagas nous fournirent sur ces objets des données infiniment plus complètes que sur une foule d'autres.

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Les armes défensives mentionnéee dans les sagas, sont la cotte de mailles^ le casque et le bouclier. Nous avons vu {p. 88) que des cottes de mailles artistiquement travaillées de fins anneaux en fer sont déjà connues du premier âge du fer. En outre, la fameuse «tapisserie de Bayeux», du temps de Guillaume le Conquérant, nous montre 'des cottes semblables portées par les chevaliers normands ii la bataille de Hastings on 10(î(î. Et, d'après le Grimnismâl, l'un des chants de l'Edda, les bancs de la salle d'Odin étaient recouverts de cottes de mailles. Outre

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